30/05/2008

M. Stauffer ment... comme les staliniens qu'il dénonce

 

Dans son blog ci-contre, M. Stauffer s'en prend vertement à la Tribune de Genève, qui nous abrite ici, l'accusant de censure. C'est son droit, il m'arrive régulièrement de mettre en cause la Julie, lorsque j'estime qu'elle se trompe ou commet une erreur. Le problème, c'est que dans le cas présent, c'est celui qui dit qui ment...

A la comparaison des deux textes cités par le lider maximo des populistes genevois, il apparaît clairement que tout ce qui concernait la votation sur les régies publiques a disparu de son texte. Censure donc. Etonnante, même si le texte était certainement trop long et qu'il fallait bien couper quelque part, pourquoi là ?

Cependant, lorsque l'on découvre le texte dans son cadre originel, ce que M. Sauffer s'est bien gardé de faire, on s'aperçoit qu'il s'agit d'une opinion croisée, sur la question des naturalisations. Elle oppose Stauffer, qui est pour la naturalisation par le peuple (donc sans possibilité d'examiner vraiment le cas de la personne), à René Longet, qui est contre. Il ne faut pas tout mélanger. Le journalisme a ses régles, la Tribune a choisi de traiter un par un les sujets soumis au vote, sous forme de débats contradictoires, c'est son droit le plus trict. Le problème des régies a été traité par ailleurs, là on parle de naturalisation. C'est donc M. Stauffer qui a faussé le jeu en essayant de détourner l'espace que lui accordait démocratiquement la Tribune de Genève.

M. Stauffer a donc menti en parlant de censure, au moins par omission. Il pratique en fait exactement de la même manière que l'extrême gauche dure qu'il dénonce dans son texte. Il saisit une info vraie, la sort de son contexte, ce qui lui fait changer de sens, et la brandit à tous vents, comme un trophée, en sachant pertinent

1) que c'est mensonger,

2) que sa clientèle populaire n'a ni le temps ni l'envie d'aller vérifier le contexte original.

 

Une radio alternative alémanique consacre ainsi une heure en espagnol, tous les quinze jours à répandre la propagande des FARC sur la région zuricoise et sur le net, dans le plus pur style stalinien. On se croirait revenu à la guerre froide. Dans leur dernière livraison, ils s'en prennent durant une heure au rapport d'Interpol sur les ordinateurs de Reyes, répétant en boucle une phrase de ce dit-rapport, qui affirme que le renseignement militaire colombien a examiné les ordinateurs sans avoir fait de copie miroir préalable, ce qui est contraire aux règles de procédure civile. Dont acte.

Mais ce que cette officine de propagande terroriste ne dit évidemment pas une seule fois en une heure d'émission, c'est que les experts d'Interpol affrment avoir eu les moyens technologiques d'établir, sans erreur possible, que les fichiers délictueux n'avaient été que consultés et en aucun cas modifiés. Ce qui bien évidemment change tout. La vérité peut prendre différentes formes. N'en présenter qu'une partie à dessein, pour induire le peuple en erreur, c'est du mensonge et de la manipulation. Et ce sont des méthodes qui en disent long sur ceux qui les emploient.

Commentaires

Les Genevois se prononcent effectivement ce dimanche, sur la gouvernance de trois régies publiques : les Services industriels de Genève (SIG), les Transports publics genevois (TPG) et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Les trois lois soumises au vote à ce sujet visent à améliorer la gestion de ces grands services publics.

Ces lois ne tombent pas du ciel. Elles s’inspirent de recommandations émises par l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) qui stipulent que le Conseil d’administration d’une entreprise publique doit avoir les pouvoirs, les compétences et l’objectivité nécessaires pour assurer sa fonction de pilotage stratégique et de surveillance de la direction. Il doit agir en toute intégrité et être responsable des décisions qu’il prend. Dans les faits, cela se traduit par moins de politique et plus de gestion et de stratégie au sein des Conseils d’administration des SIG, TPG et HUG. Pour ce faire, il sera nécessaire de désigner des personnes en fonction de leurs compétences professionnelles et non de leurs activités politiques.

Afin d’améliorer la gouvernance de ces entreprises qui disposeront de véritables professionnels et non de politiques qui sortent de séances pour appeler les médias et livrer des informations confidentielles, je vous recommande de voter oui à ces trois lois le 1er juin prochain.

Jacques Jeannerat
Député

Écrit par : Bonne Gouvernance | 30/05/2008

Point trop d'enthousiasme Messieurs les "pères de la République". Tout le monde sait que les conseils d'administration des régies ont fort peu de pouvoir et qu'en cas de mauvaise gestion il ne risque ni leur argent ni leur place. Il est vrai qu'en cas de bonne gestion, il ne gagne pas davantage non plus. A quoi servent-ils donc? La question reste ouverte. la réforme qu'on nous propose rate en tout cas sa cible. Plus sur mon blog à cette adresse: http://jfmabut.blog.tdg.ch/archive/2008/05/20/non-a-ades-regies-eunuques.html

Bonne fin de semaine.

JF Mabut

Et au plaisir de lire le secrétaire de la Chambre de commerce sur son blog

Écrit par : jf Mabut | 30/05/2008

Vous dites:
"Elle oppose Stauffer, qui est pour la naturalisation par le peuple (donc sans possibilité d'examiner vraiment le cas de la personne), à René Longet, qui est contre."
Votre argument en () est peut-être vrai dans les communes-villes, mais par contre, c'est certainement faux dans les communes rurales où tout le monde se connait depuis longtemps.
Je rappelle que l'initiative UDC permettrait aux communes de naturaliser comme elles l'entendent, mais qu'en aucun cas elle ne force les communes à naturaliser par les urnes!

Écrit par : salegueule | 01/06/2008

M. Sale Gueule,
Même dans les villages, on ne sait pas tout et les critères publics ne sont peut-être pas les bons. Ainsi des condamnations antérieures, par exemple, peuvent justifier le refus d'une naturalisation sans pour autant devoir être rendues publiques. Personne n'a et doit avoir l'obligation d'afficher son extrait de casier judiciaire sur son front, ou sa santé financière... En particulier dans un petit village où les médisances vont vite. Par contre devoir les porter à la connaissance de commissions ad hoc soumises au secret, cela se conçoit.

Mais de toute façon, les bureaux de vote ferment... nous verrons bien qui du bon sens ou de la démagogie xénophobe a gagné

Écrit par : Philippe Souaille | 01/06/2008

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