31/05/2008

Pour sauver les poissons: un gouvernement mondial

 

Tout le monde ou presque critique la mondialisation et la rend responsable de tous nos maux. Même Antoine Maurice dans son dernier édito, par ailleurs fort pertinent, sur les problèmes des pêcheurs. Mais la mondialisation c'est juste l'évolution. C'est le sens de l'histoire, le village global devenu réalité. Les moyens de communication, matériels mais aussi électroniques ont raccourci les distances à presque rien. Que nous le voulions ou non, nous sommes tous embarqués sur le même bâteau. Malheureusement, nous continuons à agir et penser en nations, comme si nous vivions chacun chez soi, chacun pour soi.

Le cas de la pêche est flagrant. Certains pays ont développé plus que d'autres des flottes industrielles qui s'accaparent les ressources halieutiques (ça veut dires les poissons) du monde entier. Il y a eu jadis les pêcheurs d'Islande qui comme leur nom ne l'indique pas étaient bretons. Tandis que les basques chassaient la baleine aux Amériques. Puis, les chalûtiers français ont passé au crible les côtes africaines, sous le nez des piroguiers.... Pas de bol, aujourd'hui, ce sont les japonais et les coréens qui sont les plus modernes et les plus efficaces. Chacun son tour. Malheureusement, les réserves en poissons s'épuisent.

Il faut donc un gendarme mondial pour gêrer la ressource. Pour éviter que certains pays ne la monopolisent et surtout pour la péreniser. Afin qu'il y ait encore du poisson à pêcher dans trente ans. C'est l'OMC qui s'y colle, en tentant d'interdire les subventions à la surpêche. Mais l'OMC se heurte de front à l'opposition résolue des Etats qui, comme la France, n'ont qu'une idée en tête: tenir leurs pêcheurs à bout de bras pour éviter une explosion sociale. Ce qui s'appelle du protectionnisme.

Le problème est très exactement là. Ce n'est pas en relevant les frontières, comme le préconisent tous ceux qui s'en prennent à la mondialisation, qu'on règlera quoi que ce soit. C'est en les abaissant davantage, en acceptant une perte de souveraineté nationale, pour que le gendarme mondial puisse imposer des décisions prises en commun.

Pour cela il faut que ces désisions soient équitables et les règles doivent changer. Le droit de veto donnant à un seul pays le pouvoir de tout enrayer doit disparaître. Il faut inventer un système de vote qui tienne compte du nombre d'habitants d'un pays – sans être une prime à la natalité – tout en considérant les contribtions matérielles à l'effort commun. Car si les pays riches n'ont pas une voix correspondante à leur poids économique, ils n'accepteront jamais d'améliorer un système qui pour l'heure les avantage honteusement. On peut penser à un système bi-caméral...

C'est un travail à long terme. Raison de plus pour s'y mettre dès maintenant, car c'est la seule solution aux problèmes du monde. Un sondage en 2007 a révélé que deux tiers des habitants, dans 50 pays riches et pauvres de la planète, approuvaient l'idée. En tant que candidat à la constituante, j'aimerais, si je suis élu, que l'on parvienne à Genève à inscrire cela comme un objectif, d'une manière ou d'une autre.

Pour en savoir plus, mon livre l'Utopie Urgente, éditions Slatkine ou en commande tgg@adavi.ch

Commentaires

Parce que l'OMC, l'ONU, etc. ce ne sont pas déjà des institutions mondiales?
Le problème, à part effectivement ce droit de veto absurde, c'est que quand certains états ne respectent pas les règles, les sanctions sont soit non infligées, soit non appliquées, soit risibles...
Je ne vois pas en quoi un gouvernement mondial pourrait faire la différence......................à moins de devenir une espèce de dictature, ce qui ne me dit rien qui vaille!
Moi quand j'entends "gouvernement mondial" j'entends Bush et son "nouvel ordre mondial",brrrrrrrrr. J'ai sûrement tort, alors expliquez-moi...

Écrit par : Olegna | 31/05/2008

Je vous parle d'un gouvernement des peuples du monde, qui soit représentatif et démocratique.
Les institutions mondiales existantes n'ont aucun pouvoir sur les Etats-nations ce qui est heureux car leur fonctionnement n'est pas démocratique. L'ONU vit sous le joug des cinq vainqueurs de la seconde guerre mondiale, il y a 63 ans, et faute de structure juridique permettant de condamner un Etat, ne connait que l'embargo ou la guerre.
Gros progrès, l'OMC dispose d'une structure juridique admise par tous de réglement des confits, et d'une voix par Etat... Mais malheureusement, chaque Etat a une voix égale (le Liechstenstein comme la Chine) et dispose d'un droit de veto qui paralyse tout.
Un Gouvernemenmt mondial, ce n'est pas tout le pouvoir à Washington, bien au contraire. D'ailleurs les Etats-Unis de Bush en sont les plus fidèles opposants, car actuellement ce sont eux qui bon gré mal gré, font office de gendarme et donc dictent leur loi. Si vous analysez un peu, vous verrez que les Néo-cons ont systématiquement savonné tout effort visant à renforcer la gouvernance mondiale. Et leurs ancêtre républicains agissent ainsi depuis le Président Wilson, inventeur de la SDN. Les plus lucides s'en mordent les doigts aujourd'hui, car ils se rendent compte que le gendarme risque d'être dépassé par les évènements, mais ils n'ont pas encore suffisamment compris.
Il fut un temps où les services secrets des Etats-Unis arrosaient généreusement des syndicats chrétiens, mais aussi gauchistes européens, pour les dresser contre les communistes. Au même titre qu'ils ont grassement subventionné les débuts de Ben Laden pour contrer l'Armée rouge en Afghanistan. Ou qu'ils ont utilisé des pays de l'Est pour fragiliser la construction européenne. Ils cherchent à miner tout adversaire potentiel.
Sans vouloir faire de la parano ou de la théorie du complot, je ne serais pas surpris d'apprendre dans 20 ou 30 ans, qu'ils ont parfois soutenu la propagande altermondialiste qui aboutit très exactement à diviser pour régner. Une pratique vieille comme le monde, mais qui apparemment marche toujours.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/05/2008

"Je vous parle d'un gouvernement des peuples du monde, qui soit représentatif et démocratique."

Ecroulé de rire de chez écroulé de rire !!!

Et pourquoi pas gratuit, laïc et obligatoire, pour faire bon poids ?

La peste soit des utopies et des utopicieux !

Votre village global n'existe pas, dommage parce que le quartier sud de l'autre côté de la Grand-Rue seraient à portée de fusil... Pour agrémenter nos week-ends.

Écrit par : scipion | 31/05/2008

Ce n'est pas d'un gendarme que le monde a besoin, mais simplement de bon sens...
Les gendarmes ne font qu'utiliser la force contre les faibles au profit des forts.
Quant au droit de vote en fonction de la représentation démographique, autant laisser à la Chine et à l'Inde le commandement...

Écrit par : salegueule | 01/06/2008

Nul besoin de répondre à Scipion, dont l'outrance parle d'elle même. Libre à lui de rester scotché aux vieux temps des guerres puniques... Plus intéressante, la réponse de Sale Gueule, qui dans son blog défend systématiquement des positions parfaitement superposables à celles de l'UDC.
Ainsi donc la démocratie c'est bien, sauf quand on est minoritaire ?
La Chine et l'Inde, Monsieur, auront de toute manière le commandement d'ici 20 ans. Sauf bien sûr à déclencher une guerre totale préventive très rapidement, ce qui était clairement l'objectif des néo-cons, l'Irak n'étant qu'un hors d'oeuvre. Heureusement, ils se sont cassés les dents sur le hors d'oeuvre.
A nous de savoir si nous voulons effectivement d'un gouvernement mondial basé sur le bon sens... et disposant d'un gendarme, comme tout gouvernement. Car je ne crois pas que la gendarmerie défende le fort contre le faible, au contraire. Elle défend l'ordre établi, c'est certain. Mais l'ordre protège le faible contre les excès du fort autant que l'inverse.
Pour autant bien sûr que le gouvernement soit démocratique c'est à dire qu'il doive procéder régulièrement à des pesées d'intérêt pour satisfaire aux besoins du plus grand monde, en cherchant à compenser les inconvénients qui en découlent pour les lésés.
Selon votre raisonnement, les Romands ou les Tessinois n'auraient aucun avenir en Suisse, puisque largement minoritaires. Il n'en est rien, fort heureusement, car nous avons des règles, écrites et non écrites, qui nous permettent de vivre ensemble, et des gendarmeries pour les faire respecter.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/06/2008

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