03/06/2008

Accepter l'apostasie

Le petit-fils du fondateur des Frères Musulmans continue à nous amuser avec son blog de la Tribune dont le but essentiel semble être de présenter l'Islam traditionnel comme un vecteur de progrès, et la lecture littérale du Coran comme une occupation humaniste. Dans sa dernière livraison, il explique donc ce que toute personne un peu documentée sait déjà, à savoir que les croyants des autres religions monothéistes ont le droit de conserver leur religion d'origine dans des territoires conquis par l'Islam. Ce moyennant tribut, ou service volontaire dans les armées de l'Islam.

Pour les animistes ou les athées, c'est nettement moins clair. De même que pour les croyants des autres religions du livre qui passeraient par là par hasard, suite à l'échouage de leur galère, par exemple. Jusqu'à une épooque très récente, ils étaient assez systématiquement réduits en esclavage. Hani Ramadan mentionne également le cas des épouses chrétiennes ou juives de musulmans, qui ont le droit de conserver leur religion. En oubliant de préciser que les enfants, eux, doivent être élevés dans la religion musulmane. Sous peine de mort pour apostasie. Tout comme les musulmans qui souhaiteraient changer de religion. Ou devenir athées. C'est bien là que le bât blesse et que son silence est impressionant...

Je connais des Genevois qui n'ont jamais dit à leur famille musulmane qu'ils avaient changé de religion, pour ne pas risquer leur peau quand ils retournent en vacances au pays...

M. Ramadan, si vous souhaitez vous profiler en humaniste, il y  a un moyen très simple. Trouvez dans le Coran la phrase qui donne le droit à tout musulman de changer de religion ou de ne pas en avoir. Et si vous ne la trouvez pas, inventez là. Après tout, votre prophète ou plutôt ses exégètes, qui ont écrit le Coran bien après sa mort, ont peut-être oublié quelque chose... Cela peut arriver à tout le monde...  

Commentaires

Meilleurs voeux pour votre campagne, cher Philippe! Votre nom inscrit sur la liste pour la Constituante est un honneur pour Genève.

Bravo pour votre billet, qui met à mal les sophismes d' H.R., qui, faut-il le rappeler, s'adonne à ses élucubrations aux frais de la princesse ?!?!?!

Bien à vous!

Écrit par : Micheline Pace | 03/06/2008

Errare humanum est, perseverare diabolicum.
Ce n'est pas l'attentat meurtrier de pakistanais, tous musulmans, qui va inciter au dialogue...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 03/06/2008

Excellent billet qui rive son clou à l'islamiste de service.
Et il n'y a pas que l'apostasie. Une musulmane n'a pas le droit d'épouser un non musulman. Une musulmane vaut deux fois moins qu'un homme en matière d'héritage et de témoignage en justice et quatre fois moins en matière de mariage. Il faut tordre le cou à ce mythe islamiste selon lequel l'islam a historiquement amélioré la condition des femmes en Arabie. L'islam en fait des non personnes entièrement soumises aux mâles, ce qui n'était pas le cas avant. La polyandrie existait par exemple.
Les islamistes ne peuvent pas accepter l'apostasie. Leur idéologie totalitaire est prétendument supérieure à toutes les autres; allah ou akbar = allah ueber alles!

Écrit par : Johann | 03/06/2008

Azzam Tamini, invité dernièrement à Genève pour un "dialogue" avec le casuiste de service cité, vous en souvenez-vous? Or, cet interlocuteur est connu pour ses prises de positions publiques en faveur des attentats suicides contre la population israélienne alors que nous venons de célébrer le 60 e anniversaire de ce nouvel état.

Aussi, la question est-elle de savoir si un intellectuel qui se respecte et qui se présente comme tel - surtout en s'appuyant sur des principes d'ouverture, de liberté et de tolérance - doit-il, après ses dérapages sur la lapidation, donner tribune à un homme qui en appelle ouvertement à la violence contre les populations civiles?

Écrit par : Micheline | 03/06/2008

Merci pour votre billet.
Je cherche depuis un certain temps à faire un commentaire du même genre sur le site de M.Ramadan, mais j'ai deux problèmes:
D'abord, je n'ai pas votre talent et ensuite, mon commentaire n'apparaît pas (ou bien plus tard...), bon de toute façon, il ne répond pas (sauf quand ça l'arrange...)
Salutations

Écrit par : Olegna | 04/06/2008

Il existe en fait bel et bien une petite phrase qui fait parfaitement l'affaire, dans le verset 2:256: "Nulle contrainte en religion."

Mais elle n'a jamais été comprise par les collèges de juristes musulmans dans le sens que lui donne intuitivement un Occidental, à cause du reste du texte. Et de l'exemple du prophète, qui a maudit "ceux qui ont mécru" à d'innombrables reprises et n'a jamais pardonné l'apostasie.

C'est le contexte, l'ambiance générale, le leitmoviv sous-jacent, qui donne le sens effectif du Coran. Et qui décide de son influence sur ceux qui lui prêtent foi. Aujourd'hui encore.

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 04/06/2008

En lisant maintenant son billet, je vois que HR cite un extrait d'une version (non définie) du Pacte d'Omar. Il faut dire ceci à ce propos (je me cite):

Il existe différentes versions de ce pacte, plus ou moins sévères, de différentes époques, citées dans différents contextes. Il est probable que le document original (en arabe) ait fait l’objet de séries de négociations entre le calife et les Chrétiens, de sorte que les versions sont parfois présentées comme une déclaration d’allégeance des Chrétiens et parfois comme une liste d’exigences du calife. Les premières tractations pourraient dater de 637 et la version de base la plus durable semble avoir été mise sous toit au IXe siècle.

Bref. Le mois passé, un auteur marocain, Abdelhamid Assassi, a cité l’une des versions les plus authentiques de ce pacte, celle relatée par Qayyim Al-Jawziyya, l’un des plus fameux juristes sunnites et commentateurs du Coran du XIVe siècle, soit à l’époque à laquelle le pacte était bien rodé et donc parfaitement en force sous la forme indiquée. Cette version peut donc être considérée comme reflétant fidèlement le sens des lois auxquelles les dhimmis devaient se soumettre sous le règne musulman. La version arabe a été traduite par MEMRI (...) et je l’ai adaptée en français. C’est une sorte d’exclusivité.

http://www.ajm.ch/wordpress/?p=764

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 05/06/2008

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