05/06/2008

Pour le CEVA

Certains milieux n'en démordent pas, ils sont décidés à tout faire pour déclencher l'avortement du CEVA. Y compris proposer un projet qui n'est pas dénué d'intérêt, le fameux "barreau sud", mais qui ne répond pas aux besoins d'irrigation de l'agglomération genevoise. Il y a vingt cinq ans, nous avons raté le coche du métro aérien. Ne ratons pas celui du sous-terrain. Plus que jamais, avec le prix du pétrole, la région genevoise a besoin de transports publics efficaces au coeur de la ville, qui va se densifier encore. En même temps, il faut préserver en surface l'espace nécessaire à la mobilité individuelle minimale. Pour cela, il faut creuser. Et relier ce sillon principal à des artères secondaires drainant le trafic pendulaire.

C''est le CEVA qui est la bonne solution, et qui fera que la valeur des appartements de Champel restera ce qu'elle est parce que bien desservis par le CEVA, au lieu de s'effondrer si le quartier doit devenir un bastion de l'automobile, devenu du coup innaccessible suite au prix du pétrole et aux mesures anti-réchauffement... Le barreau sud en revanche peut être réalisé en tram, comme voie d'irrigation secondaire, alimenté par des P+R sis à Bardonnex mais aussi en amont de Saint-Julien. De même qu'il en faut à Etrembières, reliés efficacement au CEVA, sans avoir à traverser Annemasse en voiture.  

Commentaires

Si le CEVA était conçu comme un métro circulaire avec plusieurs arrêts entre la Praille et les Eaux-Vives (et ensuite relié à Cornavin par une traversée de la Rade), il aurait toute son importance. Mais le CEVA, rappelons-le, est un projet des CFF, dont Genève croit pouvoir profiter à bon compte pour résoudre son problème de trafic, transfrontalier surtout. Ce en quoi Genève se trompe sur deux plans: d’abord, le projet sera au moins deux fois plus coûteux qu’annoncé, tant dans sa réalisation que dans son exploitation, déjà prévue déficitaire – Genève s’est engagée à combler les déficits annuels d’exploitation (et ça les citoyens ne le savent pas), preuve que le CEVA ne résoudra rien; ensuite, le projet est inefficace à remplir les objectifs pour lesquels il a été conçu. Qui pourra m’expliquer clairement comment le fait de relier la Praille aux Eaux-Vives pourrait régler le problème du trafic transfrontalier alors que ledit problème se situe essentiellement aux entrées du canton, à Bardonnex et à Meyrin principalement, mais aussi à Thônex, et à tous les petits villages en bordure du territoire (demandez aux habitants de Soral, de Chancy, et je ne parle pas de ceux de Plan-les-Ouates, ou expliquez-leur comment le CEVA va améliorer leur situation!) Reliez la Praille à Bardonnex avec un P+R relève de l’évidence pour celui qui dispose de trois neurones et d’une once de bon sens, et qui connaît bien la région Perly Plan-les-Ouates. Je me demande comment les défenseurs du CEVA expliqueront aux genevois, si le projet se réalise, son coût réel astronomique (et non pas celui budgété) et, surtout, son incapacité à remplir les objectifs pour lesquels il a été conçu – il pourrait au contraire péjorer la situation par un encouragement au trafic à la Praille et aux Eaux-Vives –; de la même manière, et pour les mêmes raisons, que l’autoroute de contournement de Plan-les-Ouates n’a pas résolu les problèmes de trafic dans le village-même, comme cela avait été pourtant annoncé à grands coups de prophéties ridicules.

Écrit par : Pierre Béguin | 05/06/2008

Oui, sans doute, mais le message qu'a laissé M. Vielliard sur mon blog, M. Souaille, montre que la question est celle du financement. Si les entreprises qui emploient les frontaliers, et leur Etat de tutelle ne veulent pas s'investir dans ces projets, si les premières préfèrent à terme délocaliser, le second à terme retrouver son calme antique, eh bien, à mon avis, rien ne se fera, car les moyens donnés aux Français ne sont simplement pas suffisants. Stigmatiser trois réverbères achetés par des municipalités élues démocratiquement, à cet égard, ne mènera jamais bien loin.

Écrit par : R.M. | 05/06/2008

Bien sûr qu'un CEVA bouclant la boucle en traversant la Rade (en même temps que les voitures et les bus), serait préférable et c'est exactement ce que j'ai écrit dans le Genevois, journal du Parti radical il y a quelques mois.
Mais il faut bien commencer quelque part.
Et l'irrigation de l'agglomération se fait aussi vers Annemasse et Versoix. C'est tout un contexte. Un lien vers Plan les Ouates, très bien, mais PLO ou Saint-Ju ne sont pas toute l'agglomération, juste une excroissance, environ 5 fois moins peuplée que celle des Chênes Annemasse...
Le CEVA va réduire les embouteillages à Bardonnex parce que si des Transports Publics efficaces sont organisés pour irriguer le CEVA, avec des parkings et des mesures de dissuasion, cela va marcher. Les radiales bien irriguées, c'est la base du transport. Le flot s'agglutine à Bardonnex parce que c'est là que c'est le plus pratique actuellement. Mais il n'y a aucune fatalité.
Le Conseiller d'Etat Cramer gère son affaire comme il l'entend sur le plan démocratique, mais le fait est qu'il y a eu un consensus de tous les partis et toutes les associations concernées, de l'ATE à l'ATS pour avancer sur ce projet. Maintenant en fonction d'intérêts personnels mal compris, certains veulent remettre l'affaire aux calendes grecques.
C'est très exactement le mauvais côté de la démocratie, lorsque quasiment tout le monde se retrouve avec un droit de veto, plus rien ne peut avancer. Et lorsque l'on commence à parler de combien ça coûte, à Genève, il est extrêmement facile de gagner en votation... Les partisans de la Traversée de la rade en savent quelque chose, qui depuis toujours recueillent plus de 70% d'adhésion de la population, mais qui sur une question mal posée et une conjonction d'intérêts particuliers ont perdu la partie jadis.
Genève a besoin d'un métro, comme d'un RER. Toute l'agglomération en a besoin. Construisons déjà celui la et commençons à penser à la suite, au lieu de vouloir tout chambouler encore une fois et ne rien faire... Durant ce temps là, les zuricois, eux avancent.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/06/2008

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