17/06/2008

Alliances électorales: le point de vue radical

L'émission Forums de la RSR du 17 juin a traité des alliances électorales futures en vue du Conseil d'Etat.

Les radicaux n'ayant pas été invités à ce débat, les autres partis ont cru bon de s'exprimer à notre place.

Le PRG les en remercie. Mais nul n'étant mieux servi que par soi-même, nous communiquons notre point de vue, arrêté en comité directeur à l'unanimité.

La position des radicaux genevois est claire, et n'a pas bougé depuis plusieurs années. Nous sommes prêts à envisager une extension de l'Entente avec les partis qui le souhaitent, si nous parvenons à nous entendre sur un socle programmatique essentiel.

Un projet gouvernemental de droite, favorable à l'emploi et à la croissance, ne peut se concevoir sans:

un soutien clair aux accords bilatéraux avec l'UE, si essentiels à notre économie et à nos emplois;

un soutien résolu au dialogue social qui permet à notre pays de bénéficier d'un marché de l'emploi souple et juste;

un certain nombre de garanties sur les messages au cours des campagnes d'élections et de votations, garanties indispensables au vu des précédents en la matière de la part de l'UDC genevoise.

Si l'UDC devait trouver ces conditions inacceptables, le PRG en prendrait acte sans reproche ni regret.

Les chances de l'Entente d'emporter une majorité au Conseil d'Etat en 2009 sont en effet excellentes.

Les électeurs accordent leur confiance à des personnalités et à des partis capables de proposer un véritable projet, en s'appuyant sur un bilan. En la matière, celui de la législature de l'Entente et des radicaux est d'ores et déjà excellent:

 

nous avons voté - contrairement à l'UDC - les budgets qui ont permis de rétablir l'équilibre des finances;

nous avons rétabli les notes à l'école primaire et modernisé le cycle d'orientation;

nous avons contribué à réduire le taux de chômage et le nombre de dossiers à l'aide sociale;

nous avons obtenu du Conseil d'Etat l'accord diminuant la fiscalité sur les PME et la classe moyenne, en particulier les familles.

Si l'UDC genevoise devait parvenir à un degré de maturité démontrant sa réelle volonté de participer à un projet gouvernemental, se désolidarisant ainsi de la stratégie d'opposition totale du parti national, la discussion serait ouverte

Commentaires

Dans l'interview publiée par la Tribune de Genève hier, l'éternel candidat battu de l'UDC fait de fines allusions à ses supposés talents de pédagogue. Rappelons lui donc qu'un bon pédagogue doit commencer par ne pas dire de bêtises. Sinon il perd toute crédibilité.
Or il semble avoir négligé quelques évidentes évidences dans son merveilleux raisonnement :
a) Le mode de scrutin, pour élire un Conseiller d'Etat, n'est pas le même que pour un Conseiller aux Etats.
b) Ce mode de scrutin a permis l'élection de MM Longchamp, Muller et Unger, en dépit de la candidature, déjà, de l'éternel candidat battu de l'UDC. Il en a été de même de sa candidature au Conseil administratif face à Pierre Maudet.
c) Les électeurs de l'UDC ne lui appartiennent pas plus qu'à aucun parti. Or un certain nombre, proches des thèses agrariennes par exemple, risquent d'être tentés par une Entente forte, qui les représente bien mieux, plutôt que par une UDC sectaire qui s'échine à diviser la droite en campant sur des positions irréalistes et extrémistes.
d) Les Genevois souhaitent majoritairement avoir comme gouvernants des personnes de consensus plutôt que des extrémistes.
e) Ce serait plutôt à l'éternel candidat battu de se demander pourquoi personne ne l'aime, ou du moins pas assez de monde pour être élu, tant qu'il joue le rôle du méchant à la récré.

L'Entente lui tend la main, pour passer du statut d'éternel candidat battu à Conseiller d'Etat élu... Pour cela, il suffit qu'il s'engage résolument sur les quelques points mentionnés ci-dessus par les radicaux. C'est assez simple à comprendre. Très pédagogique à mon avis.
Libre à lui et surtout à ses électeurs de savoir s'ils veulent préserver une majorité de centre gauche au pouvoir ou s'ils préfèrent une majorité de centre droit. Car il n'y aura pas à Genève de majorité de la droite extrême, les Genevois de toute manière n'en voudraient pas.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/06/2008

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