19/06/2008

Blocher, l'UBS et l'UE

Sacré Cristoph, il a surpris tout le monde en s'opposant au référendum sur la libre-circulation. L'explication est pourtant simple. Comme chacun sait, Christoph fut un patron d'entreprise axé sur l'export, donc il connait forcément l'utilité du libre échange. C'est aussi un pro étasunien convaincu et le copain comme cochons d'un certain Marcel Ospel, ci-devant futur ex-boss de l'UBS.

Accessoirement, il a certainement oublié d'être idiot et il est donc capable de relier deux faits entre eux. Ce qui fait défaut à un certain nombre de nos analystes et commentateurs politiques. Il se trouve qu'UBS est sérieusement dans la mouise aux Etats-Unis. Et avec elle, tout le secret bancaire helvétique. Parce que faire de la finance sans le plus gros marché de la planète où presque tout se passe, c'est juste impossible.

Lever le secret bancaire pour les USA, mais le maintenir pour l'UE, est tout aussi illusoire à moyen terme. Or du point de vue des milieux de la haute finance zuricoise, dont Blocher défend les intérêts et ceux-là uniquement, le secret bancaire est le seul véritable obstacle à l'intégration de la Suisse dans l'UE. Notamment par les bilatérales. Le reste, entre autres la démocratie directe, c'est du pipeau. Donc si de toute manière il n'y a plus de secret bancaire à protéger, autant intégrer l'UE. 

Accessoirement, l'UDC sans argent n'est rien, et Blocher le sait. Il sait aussi que l'économie ne soutiendra pas un référendum contre les bilatérales dans lequel l'UDC va perdre sa chemise et sans doute une partie de ses électeurs. Très mauvais au moment de jauger du poids de ce qui reste après le départ de l'aile agrarienne. Le retournement de veste étant toutefois un peu dur à faire avaler à certains chauds partisans, il a décidé de s'y coller, puisque de toute manière, il n'a plus grand chose à perdre.

Peu d'hommes politiques sont prêts à faire passer leurs convictions intimes avant celles de leurs électeurs. Oser le faire honore le vieux Roi Cristoph. Il est vrai que c'est plus facile à faire lorsque l'on n'a plus de mandat à conquérir...

17/06/2008

Alliances électorales: le point de vue radical

L'émission Forums de la RSR du 17 juin a traité des alliances électorales futures en vue du Conseil d'Etat.

Les radicaux n'ayant pas été invités à ce débat, les autres partis ont cru bon de s'exprimer à notre place.

Le PRG les en remercie. Mais nul n'étant mieux servi que par soi-même, nous communiquons notre point de vue, arrêté en comité directeur à l'unanimité.

La position des radicaux genevois est claire, et n'a pas bougé depuis plusieurs années. Nous sommes prêts à envisager une extension de l'Entente avec les partis qui le souhaitent, si nous parvenons à nous entendre sur un socle programmatique essentiel.

Un projet gouvernemental de droite, favorable à l'emploi et à la croissance, ne peut se concevoir sans:

un soutien clair aux accords bilatéraux avec l'UE, si essentiels à notre économie et à nos emplois;

un soutien résolu au dialogue social qui permet à notre pays de bénéficier d'un marché de l'emploi souple et juste;

un certain nombre de garanties sur les messages au cours des campagnes d'élections et de votations, garanties indispensables au vu des précédents en la matière de la part de l'UDC genevoise.

Si l'UDC devait trouver ces conditions inacceptables, le PRG en prendrait acte sans reproche ni regret.

Les chances de l'Entente d'emporter une majorité au Conseil d'Etat en 2009 sont en effet excellentes.

Les électeurs accordent leur confiance à des personnalités et à des partis capables de proposer un véritable projet, en s'appuyant sur un bilan. En la matière, celui de la législature de l'Entente et des radicaux est d'ores et déjà excellent:

 

nous avons voté - contrairement à l'UDC - les budgets qui ont permis de rétablir l'équilibre des finances;

nous avons rétabli les notes à l'école primaire et modernisé le cycle d'orientation;

nous avons contribué à réduire le taux de chômage et le nombre de dossiers à l'aide sociale;

nous avons obtenu du Conseil d'Etat l'accord diminuant la fiscalité sur les PME et la classe moyenne, en particulier les familles.

Si l'UDC genevoise devait parvenir à un degré de maturité démontrant sa réelle volonté de participer à un projet gouvernemental, se désolidarisant ainsi de la stratégie d'opposition totale du parti national, la discussion serait ouverte

12/06/2008

Tout est perdu for l'honneur... et la fête

Je dois le confesser, je n'aime pas le foot. Mais vraiment pas. Quelle que soit l'équipe qui joue d'ailleurs. Les sports collectifs en général me cassent les pieds. Cela ne m'empêche absolument pas de collaborer à la communication de l'Euro, puisque je peux avoir à m'y occuper de tout… sauf de foot !

Tout ce que j'ai retenu des matches de l'équipe nationale, c'est ce que j'en ai entendu. Qu'ils ont bien joué et vaillamment, mais qu'ils n'ont pas su concrétiser. Qu'ils ont perdu avec les honneurs. La Suisse ne sera pas championne d'Europe. N'empêche que l'Euro continue.

Il nous reste à faire savoir que nous pouvons être les champions d'Europe du fair play… et de la fête.

Noyons dans la liesse, plutôt que dans l'alcool, le dépit et la frustration. Il y a des blessures plus graves que celles d'amour propre. La fiesta continue jusqu'à la fin du mois, à la Fan Zone , pour les amateurs de bains de foules urbaines, au Fan Village, avec des concerts tous les soirs pour ceux qui préfèrent les ambiances plus familiales et champêtres, style Bâtie des vieilles années, au Fan Club, pour les noctambules acharnés.

Deux semaines encore d'ambiance festival, pour se souvenir de ce printemps 08 autrement que pour un record de pluviosité…

06/06/2008

Et si on arrêtait de se taper dessus, le temps de l'Euro ?

Si durant trois semaines, au moins, on faisait la fête vraiment, au lieu de se vanner entre voisins et de se jeter son chauvinisme à la figure ? Dans la rue, dans les blogs, dans les plats, à pied à cheval ou en vélo, partout…

Si l'on concevait la politique comme le moyen de construire et moins comme un prétexte permettant d'écraser les orteils du voisin ? On peut toujours rêver ? Oui, on peut rêver, pourquoi pas ? Sous la pluie, dans la gadoue du Bout-du-Monde le concert d'ouverture de l'Euro fut bien éclaboussant de bonheur ? Kassav au mieux de sa forme, jusque quelques kilogs, pas mal de cheveux blancs et un quart de siècle en plus.

Merci aux Antillais d'être venus enflammer Genève, malgré le froid et la grisaille. Merci à leur énergie, étonnante chez ses papys et mamies tous quinquas, qui du coup réveillaient les papys et mamies de l'assistance, qui n'avaient plus été à pareille fête depuis longtemps. Des quelques centaines de concerts auxquels j'ai assisté dans ma vie, dont au moins 5  ou 6 de Kassav il restera l'un des tous meilleurs.

Seul bémol, mais comment pourrait-il en être autrement, tant l'art est difficile et se prête parfois, mais ne se donne jamais, leurs meilleurs morceaux restent les anciens. Et l'assistance ne s'y est pas trompé qui leur a fait un triomphe. Question de compas direct, sans doute. L'emprunt du zouk à la musique haïtienne que Kassav faillit payer très cher au début des années 80, du côté de Port au prince, les haïtiens les accusant de plagiat.

Mais à vrai dire, même Tabou Combo au sommet de son art, ne tourne pas le compas comme le fsit la guitare de Jacob Desvarieux… Une guitare  touit en rythmes, qui donna du plaisir partagé à un bon millier de personnes enthousiastes sous le chapiteau du Fan Village, vendredi soir, après le discours de Mark Muller.

D'étonnement aussi, à la sortie, de croiser des CRS français en uniforme, remontant le flot en file indienne, 4 par 4, façon Coluche. Etonnement partagé, devant la démonstration de force, mais de force tranquille. Clin d'œil d'une beauté antillaise à un pays sous l'uniforme… qui lui rend un signe de tête aimable. Après tout, ils sont là pour contrer ceux qui voudraient troubler la fête et qui pourrait en avoir envie ?

C'est l'Europe en marche par-delà les frontières. Justement, je vais me coucher sans passer par la case Noah, car demain je prend l'avion à 6 heures. Direction Paris, pour assister à un colloque d'élus démocrates européens. Devant lesquels je dois m'exprimer quelques minutes sur le thème: pourquoi les Suisse ne sont-ils pas dans l'Union ? Au-delà des raisons économiques et culturelles la vraie raison de base, c'est évidemment le déficit démocratique des instances européennes. Ce que les européens ont beaucoup de mal à admettre. Parce qu'ils sont persuadés que la démocratie directe rend les communautés ingouvernables.

Mais cela ne fait rien je le leur expliquerai quand même. Parce que de petites graines donnent  parfois de jolies fleurs et que les petits ruisseaux font les grandes rivières, Peut être que petit à petit, si tout le monde leur répète, ils finiront bien par en mettre un petit peu, de la démocratie dans l'Union… Et pour une fois, je suis d'accord avec Hafid el Ouardiri. Respectons l'autre. Y compris dans sa différence

L'implosion de l'UDC

L'UDC est en train d'imploser. La frange originelle est exclue, ou quitte le navire. C'était celle des fondateurs de ce parti agrarien, pris d'assaut par une cohorte d'extrémistes qui en ont fait un siège méthodique des années durant, sous la houlette de leur leader charismatique, gros pourvoyeur de fonds. Mais ceux qui restent sont coincés par le constat de la stérilité de leur ligne d'opposition absolue. Des voix d'élèvent de plus en plus nombreuses qui poussent le chef vers la sortie, l'idée étant de se refaire une virginité. En d'autre termes, on dit se faire recoudre l'hymen. Une idée d'actualité.

Ceux qu poussent dans ce sens sont des pragmatiques plus que des idéologues et au parti radical, nous aimons bien les pragmatiques. Je n'ai personnellement aucun problème avec tous ces UDC modérés et responsables qui considèrent l'action politique comme un moyen de faire avancer les choses, pas comme le vecteur de leurs haines de l'autre, de tout ce qui est différent...

Cette autre tendance, celle des idéologues sectaires, vire assez facilement à l'hystérie dès lors qu'elle se sent attaquée. C'est une réaction naturelle des sectes, qu'elles soient religieuses ou politiques, bien documentée par la littérature psychologique et politique. Elle est représentée à Genève par un Soli Pardo qui se braque sur son coeur de cible après la défaite, tentant de former le carré avec les extrémistes qui lui restent, sans même se rendre compte que c'est précisément cela qui limite l'expansion de son parti.

Son coeur de cible étant la haine de l'étranger, il tente un odieux sophisme: noir = clandestin = délinquant = dealer. La sculpture qu'il a choisi d'incriminer est celle d'un noir qui lit. Qui effectivement, dans l'esprit de son créateur et de son mandant, est un clandestin, mais certainement pas un dealer. Un dealer ne lit pas, il deale. Pour brouiller les pistes et par un raisonnement qui est une honte pour le juriste qu'il prétend être, Pardo tente au surplus d'assimiler le-dit créateur à un nazi.

Suite à quoi on m'accuse à mon tour de défendre les dealers. Amusant. Il y a quelques dizaines de dealers qui sont des clandestins noirs à Genève et leur place est selon moi à Champ Dollon. Il y a aussi à Genève des milliers de noirs et de clandestins qui sont des gens honnêtes et respectables et c'est à eux que cette statue rend hommage. Il est odieux de les confondre. Défendre le faible et l'opprimé contre la brute et l'oppresseur fait partie intégrante de l'idéal radical. Notre Procureur Général ne s'en est pas caché, lors de sa campagne électorale, en précisant qu'il faisait une nette différence entre la petite minorité de clandestins dealers ou violents qui menaçaient notre sécurité ou la santé de nos enfants et l'immense majorité de ceux et celles qui se contentaient de travailler honnêtement à des tâches souvent ingrates. Mais nécesaires. 

Ce soir, à la Maison des Associations, l'Université populaire africaine de Genève sera créée par un groupe de journalistes intellectuels et diplomates africains, qui veulent aider les migrants africains à s'intégrer en leur facilitant l'accès à la culture. A lire plutôt qu'à dealer. Plusieurs de ces fondateurs sont de mes amis et j'en suis fier. Ils sont à Genève depuis plus d'un quart de siècle, à une époque, bénie pour les sectaires de l'UDC, où tous les dealers de nos rues étaient blancs. Même pas kossovars, mais carrément suisses. Décidément, on n'est plus chez nous ...  J'ai invité l'un des fans de Pardo, qui s'en est vertement pris à moi dans son blog à venir transmettre son savoir (il est formateur en informatique) dans le cadre de cette université. Pour l'heure aucune réponse.

05/06/2008

Pour le CEVA

Certains milieux n'en démordent pas, ils sont décidés à tout faire pour déclencher l'avortement du CEVA. Y compris proposer un projet qui n'est pas dénué d'intérêt, le fameux "barreau sud", mais qui ne répond pas aux besoins d'irrigation de l'agglomération genevoise. Il y a vingt cinq ans, nous avons raté le coche du métro aérien. Ne ratons pas celui du sous-terrain. Plus que jamais, avec le prix du pétrole, la région genevoise a besoin de transports publics efficaces au coeur de la ville, qui va se densifier encore. En même temps, il faut préserver en surface l'espace nécessaire à la mobilité individuelle minimale. Pour cela, il faut creuser. Et relier ce sillon principal à des artères secondaires drainant le trafic pendulaire.

C''est le CEVA qui est la bonne solution, et qui fera que la valeur des appartements de Champel restera ce qu'elle est parce que bien desservis par le CEVA, au lieu de s'effondrer si le quartier doit devenir un bastion de l'automobile, devenu du coup innaccessible suite au prix du pétrole et aux mesures anti-réchauffement... Le barreau sud en revanche peut être réalisé en tram, comme voie d'irrigation secondaire, alimenté par des P+R sis à Bardonnex mais aussi en amont de Saint-Julien. De même qu'il en faut à Etrembières, reliés efficacement au CEVA, sans avoir à traverser Annemasse en voiture.  

04/06/2008

Les contresens de Soli Pardo

La culture, c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale… En l'occurrence, le président de la droite xénophobe genevoise l'étale en couches particulièrement minces dans son récent billet. Ses raccourcis sont saisissants.
Les Nouba sont un peuple d'Afrique de l'Est, qui vivent nus, dont les femmes se couvrent le corps de scarifications spectaculaires tandis que les hommes préfèrent des peintures aux couleurs soutenues qui leur ont assuré une solide réputation auprès des ethnologues, des cinéastes et des photographes depuis près d'un siècle. On ne comptait déjà plus les ouvrages et les films qui leur étaient consacrés (dont l'un d'un cinéaste genevois) bien avant que la Riefenstahl ne s'en préoccupe.
Accessoirement, ils se livrent à des joutes qui réunissent toute la tribu, chaque année, dans un engouement fiévreux qui rappelle à Ousmane Saw la lutte sénégalaise, sport fétiche de son pays dont les règles sont assez proches de celles de notre lutte au caleçon.
Assimiler Ousmane Saw à Leni Rieffenstahl et plus encore au régime nazi parce qu'ils ont tous deux représentés un peuple africain qui l'a été par des dizaines de personnes c'est juste n'importe quoi. Sous la plume de quelqu'un qui quelques semaines plus tôt, prétendait glorifier Senghor, c'est carrément un outrage à la bonne foi.
Prétendre que l'œuvre de Saw glorifie des délinquants surgit de la même vaine haineuse. Le sculpteur sénégalais immortalise la destinée de milliers de jeunes africains qui chaque année risquent leur vie en tentant de franchir les bras de mer les séparant de ce qu'ils imaginent être l'Eldorado. Certains finissent noyés, d'autres dealers, et ceux qui parviennent à franchir les obstacles en restant honnêtes n'ont souvent comme perspective qu'une triste clandestinité. Saw ne glorifie rien, il constate. La plupart d'entre deux sont juste à la recherche d'une vie meilleure. Les définir en tant que délinquants dénote une sècheresse de cœur qui ne fait certainement pas honneur à l'auteur de ces tristes paroles.

29 candidats et une Constituante

En 1999, avec quelques députés radicaux, Bernard Lescaze propose au Grand Conseil la tenue d'une Assemblée constituante. Fraîchement accueillie par les autres partis, l'idée aura mis près de dix ans à faire son chemin et c'est avec une légitime fierté que 29 candidats radicaux - dont votre serviteur - ont été adoubés mardi soir. Ils porteront les couleurs du parti jusqu'aux élections et le peuple choisira, en novembre, ceux et celles qu'il souhaite voir le représenter dans cette assemblée unique.

Une Assemblée qui voit le jour moins d'une fois par siècle, c'est pour l'activité humaine un rythme exceptionnel. Celle-ci naît au moment où les profonds bouleversements qui agitent la planète ont des échos jusque dans notre petite République. Si notre aisance matérielle semble nous mettre à l'abri du besoin, notre profonde ouverture au monde et notre dépendance à l'égard de son économie, nous rendent particulièrement sensibles aux grands vents du large.

L'obligation d'inscrire notre constitution dans le cadre fédéral limite forcément les ambitions les plus folles. Mais Genève ne serait plus Genève s'il ne sortait pas de ces travaux une vision claire et résolument moderne de l'organisation sociale telle qu'on peut la rêver, telle qu'on doit la concevoir. Les Radicaux (et les Radicales, que l'on espère élues nombreuses) auront à coeur de défendre ce concept clé : Graver le durable dans le marbre constitutionnel.

Elu tête de liste à l'unanimité, Thomas Büchi s'amusait à relever qu'il lui aurait suffi de graver le durable dans le bois. Plus qu'une boutade, c'est la bonne échelle de temps pour une constitution. Ne nous leurrons pas, la notre ne sera pas éternelle, mais si elle survit un bon siècle, comme le bois, ce sera une belle réussite.

 

03/06/2008

Accepter l'apostasie

Le petit-fils du fondateur des Frères Musulmans continue à nous amuser avec son blog de la Tribune dont le but essentiel semble être de présenter l'Islam traditionnel comme un vecteur de progrès, et la lecture littérale du Coran comme une occupation humaniste. Dans sa dernière livraison, il explique donc ce que toute personne un peu documentée sait déjà, à savoir que les croyants des autres religions monothéistes ont le droit de conserver leur religion d'origine dans des territoires conquis par l'Islam. Ce moyennant tribut, ou service volontaire dans les armées de l'Islam.

Pour les animistes ou les athées, c'est nettement moins clair. De même que pour les croyants des autres religions du livre qui passeraient par là par hasard, suite à l'échouage de leur galère, par exemple. Jusqu'à une épooque très récente, ils étaient assez systématiquement réduits en esclavage. Hani Ramadan mentionne également le cas des épouses chrétiennes ou juives de musulmans, qui ont le droit de conserver leur religion. En oubliant de préciser que les enfants, eux, doivent être élevés dans la religion musulmane. Sous peine de mort pour apostasie. Tout comme les musulmans qui souhaiteraient changer de religion. Ou devenir athées. C'est bien là que le bât blesse et que son silence est impressionant...

Je connais des Genevois qui n'ont jamais dit à leur famille musulmane qu'ils avaient changé de religion, pour ne pas risquer leur peau quand ils retournent en vacances au pays...

M. Ramadan, si vous souhaitez vous profiler en humaniste, il y  a un moyen très simple. Trouvez dans le Coran la phrase qui donne le droit à tout musulman de changer de religion ou de ne pas en avoir. Et si vous ne la trouvez pas, inventez là. Après tout, votre prophète ou plutôt ses exégètes, qui ont écrit le Coran bien après sa mort, ont peut-être oublié quelque chose... Cela peut arriver à tout le monde...  

02/06/2008

Populistes, je vous ai compris

 

Je m'adresse moins ici aux responsables du mouvement populiste genevois, chez qui, pour ceux que je connais, l'égo tient lieu d'éthique, qu'à leurs électeurs. Venus de gauche, de droite ou de nulle part, vous votez pour un mouvement sans avenir, avec pour seule ambition de préserver notre passé. Or nous avons mieux à faire. Le monde change. C'est ainsi depuis la nuit des temps et l'évolution des technologies fait que cela s'accélère. Les frontaliers n'y sont pour rien, ils en sont les bénéficiaires autant que les victimes, tout comme vous. Car il y a du bon dans le mouvement, rien n'est jamais tout noir ou tout blanc. L'important, c'est de fixer des objetifs ambitieux et crédibles, en sachant que la route pour les atteindre sera longue et pénible, mais tellement satisfaisante, en dépit des accidents de parcours.

Vous en voulez aux hommes et aux femmes politiques, que vous accusez d'être responsables de la gabegie ambiante. De fait ils le sont, dans la faible mesure de leurs moyens, qui ne sont pas nuls, mais loin d'être suffisants face aux défis qu'ils affrontent tous les jours: gérer un pays, une commune, un canton, ce n'est pas une mince affaire. Et pour ma part, je trouve qu'ils ne s'en sortent pas si mal. Certes, on souffre à Genève, mais plutôt moins qu'ailleurs. Ils n'en sont d'ailleurs pas les seuls responsables: l'économie florissante et l'argent qui coule à flots y sont pour beaucoup.

Faire de la politique, ce n'est pas une sinécure, c'est un apostolat et cela ne devient rentable qu'à partir d'un très haut niveau de responsabilité. Clairement chez nous, conseiller administratif ou d'Etat. Sauf qu'avec ce qu'il faut faire pour y arriver, les compétences qu'il faut aligner, la plupart auraient eu meilleur temps de rester dans le privé...

Ils ont choisi la vie politique par goûr de servir, si cela existe, ou pour satisfaire leur ego. Le goût de plaire, d'être reconnu, de pouvoir se dire le chef aussi... Toutes choses fort naturelles que chacun ressent plus ou moins, parvenant plus ou moins à se donner les moyens de ses ambitions. Tout cela, jusqu'ici ne différencie guère les dirigeants en place de ceux qui aimeraient les remplacer, à commencer par vos propres leaders...Si ce n'est qu'au niveau des compétences réelles, c'est à dire de la capacité à prendre la bonne décision et pas simplement à dénoncer un scandale, il n'y a pas photo. Chacun sa spécialité et les vaches seront bien gardées...

Tout cela n'a rien de nouveau. Ce qui change aujourd'hui, qui explique le succès des mouvements populistes, c'est l'angoisse compréhensible face aux grands problèmes du monde, à leur conséquence sur le quotidien de tous les jours et l'incapacité des idéologies classiques, le libéralisme comme le socialisme, à incarner une solution viable et efficace. Tout au contraire, l'un comme l'autre, poussés dans leur logique isolément, aboutissent à des injustices flagrantes: surprotection de catégories assistées ou parasites d'un côté... Création d'une mini-classe de superprédateurs héréditaires, les hyperriches, aux pouvoirs inégalés dans l'histoire, de l'autre. C'est Charybde ou Scylla, sur fond de réchauffement climatique et de misère africaine à nos portes.

Cependant, entre nous, je préfère que mon fils grandisse avec la peur d'une lente fonte des glaces qu'avec la hantise d'une guerre atomique aussi définitive que brutale, comme c'était mon cas à son âge. Aujourd'hui, nous avons les moyens de résoudre tous les problèmes de l'humanité. La technologie fait des progrès tous les jours, la connaissance des phénomènes du vivant aussi. Les sciences sociales et politiques ne sont pas en reste. Le monde est aujourd'hui interdépendant et c'est un bien. La Chine aurait pu mettre les Etats-Unis à genoux, au moment de la crise des subprime. Au lieu de cela, elle les soutient à bout de bras, économiquement. Parce que c'est son intérêt, notre intérêt commun. Cette communion d'intérêts ne se dissoudra plus, même si les rapports de force évoluent et bougent.

Nous avons tous besoin d'objectifs clairs, de nouvelles frontières. En nous forçant à partager des marchés qui nous étaient jadis réservés, la mondialisation nous ferme des portes. Nous ne sommes plus les patrons du monde. Nous ne le serons plus jamais. Et ce monde n'est pas un puit de richesses sans fond. L'énergie chère et la nourriture à son juste prix vont nous contraindre à revoir certaines habitudes de confort et nos goûts de luxe. Mais la mondialisation, comme le développement durable, nous ouvrent aussi de nouveaux espaces et de nouveaux marchés. La solidarité équitable, dans le respect de l'esprit d'entreprise et de la liberté individuelle, peuvent être porteurs d'un avenir plus harmonieux.

Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est oser prendre les bonnes directions. Arrêter de se plaindre de nos frustrations et de raisonner en aigris, pour prendre nos affaires en main. Individuellement et collectivement. Il y a de nouvelles frontières à conquérir, dans le vaste monde, mais aussi à proximité immédiate, dans l'énergie renouvelable et le respect de la nature, y compris de la nature humaine, comme dans le domaine des services à la personne par exemple... Arrêtons de nous plaindre et d'attendre que l'Etat fasse tout à notre place. Osons imaginer ce que nous pourrions faire pour apporter qui notre pierre, qui notre grain de sable, au vaste édifice de l'humanité.

 

01/06/2008

L'UDC boit la tasse, mais les populistes l'emportent

A Genève, les premiers résultats sont tombés. Sur les initiatives nationales, c'est une claque vigoureuse à l'UDC, puisque sur l'ensemble des votes par correspondance, représentant près de 90% des bulletins, le NON est général à plus de 80 %!

Sur les scrutins cantonaux, le résultat est beaucoup plus serré, mais laisse entrevoir un refus des nouvelles lois qui voulaient professionaliser  les Conseils d'Administration des Régies Publiques. L'alliance des populsites et des socialistes se révèle majoritaire, de même que le renfort des populistes au centre et à la droite avait écrasé la gauche pour l'élection du PG.

Le MCG pourtant ne doit pas se réjouir trop vite. Ces voix baladeuses ne lui appartiennent pas. Elles expriment d'abord une angoisse face à la crise et un désir de conserver ce qui parait être des acquis sociaux.  Mais ce conservatisme n'apporte aucune vraie réponse aux mouvements du monde, d'autant que les cadres populistes sont incapables d'émettre la moindre idée nouvelle. La critique est facile, l'art bien plus difficile...

Il revient aux forces de progrès d'élaborer les bonnes solutions... et d'apprendre à convaincre, sans démagogie et sans mépris, mais sur de vraies propositions clairement constructives. Même si cela doit passer par des périodes de privations ou de recul de la qualité de vie,  si les  projets sont porteurs de réelles perspectives et de mieux être à terme, pour tous et pour chacun, ils peuvent séduire.