03/07/2008

Uribe a le vent en poupe

En marge de la libération d'Ingrid, la question politique essentielle qui se pose en ce moment en Colombie est celle de l'avenir de la Présidence. Jusqu'à Uribe, la constitution empêchait les Présidents de la République de se présenter à un deuxième mandat. Ce qui se révélait à l'usage contre-productif. Sans la carrotte de la réélection, il fallait énormément d'abnégation pour ne penser qu'au bien du pays et pas à ses besoins personnels. Uribe a fait changer cela par un référendum constitutionnel victorieux.

Mais la légalité de ce changement et le fait que lors de sa réélection, en 2006, des responsables paramilitaires auraient appelé à voter pour lui  font qu'aujourd'hui, la légalité de sa réélection est attaquée devant les tribunaux. Uribe a donc souhaité organiser un nouveau référendum pour confirmer de manière transparente ce que tout le monde sait en Colombie à savoir que selon les sondages, entre 3/4 et 4/5ème de la population approuvent sa politique de sécurité démocratique.

Il ne s'agit pas d'ouvrir la voie à un 3ème mandat contrairement à ce que j'avais moi-même écrit tout récemment, me basant sur les affirmations de plusieurs médias colombiens, mais uniquement de terminer son 2ème mandat, pour lequel il a été élu à une très confortable majorité. Juriste, diplômé de Harvard et ancien professeur à Oxford, Uribe aurait prévu 3 mandats lors de sa réforme institutionnelle s'il en avait eu l'intention, ce qu'il n'a pas fait. Il n'a aujourd aucun intérêt à ternir son image triomphale par une aventure de pouvoir personnel à la Chavez, alors qu'il restera dans les mémoires comme le plus grand Président qu'a connu la Colombie. Celui qui a obtenu la reddition des paras-militaires, vaincu les FARC, redressé l'économie et jeté les bases d'un Etat de droit social moderne.

Commentaires

Pardonnez moi mais ce n'est pas tout à fait exact.

Je cite :
"Le mandat d'Uribe a été remis en cause par la Cour suprême de justice parce que de paramilitaires avaient appelés à voter pour lui."

En fait c'est une autre affaire qui concerne une sénatrice dénommée Yidis Medina qui a accusée le gouvernement d'Uribe d'avoir acheté son vote pour le changement de constitution lui permettant de se représenter pour un deuxième mandat.
Cependant elle n'a obtenu aucun poste et pour se venger elle à dénoncé ce fait en s'auto-inculpant elle même de corruption.

La Cour Suprême de Justice à donc conclu que la réforme de la constitution était invalide du fait de ladite corruption, mais ceci sans entendre la défense ni de Uribe ni des ministres soupçonnés.

En conséquence Uribe a donc décidé de convoquer un référendum afin de soumettre au peuple colombien la validité de sa deuxième réelection qui court jusqu'en 2010.

Soulignons cependant que cette parlementaire à des antécédants judiciaires très douteux et qu'en outre elle fait l'objet d'une autre investigation par la justice en tant que responsable d'une séquestration par l'ELN dont elle aurait été elle même commanditaire et victime et qui l'empêche de bénéficier du verdict de détention domiciliaire émis par la CSJ.

Les problèmes de l'implication des membres du sénat avec les para-militaires est une autre affaire qui n'a rien à voir avec celle-ci.

Écrit par : Yltes | 05/07/2008

Merci de ces précisions fort instructives

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2008

Les commentaires sont fermés.