12/07/2008

Je renonce à la Constituante

J'ai finalement décidé hier de ne pas me présenter à la constituante. J'enverrai lundi ma lettre de renoncement au service concerné. 

Comme j'avais annoncé ma candidature sur ce blog, j'estime utile d'annnoncer mon retrait et de l'expliquer brièvement.  Une élection est aussi une compétition. Contre les adversaires des autres listes, mais aussi entre membres d'une même liste. Or en tant que Rédacteur en chef du Genevois, organe du PRG, je jouissais d'un avantage certain sur les autres membres de la liste Numéro 1, la liste radicale, dont j'aurais pu user à mon avantage. J'ai tendance à vouloir toujours mettre en avant la justice et l'intégrité, autant commencer par soi-même. Pour éviter les malentendus, rien de tel que de poser des barrières claires.

Par ailleurs, au-delà de mon intérêt réel pour une nouvelle constitution (je resterai d'ailleurs en contact étroit avec les futurs constituants radicaux) j'étais motivé par une expérience personnelle: je souhaitais aborder cette élection en conservant tout mon franc-parler habituel, sans peur de déplaire. J'en faisais comme une sorte de test.

Les élections se gagnent généralement de manière exactement inverse: il faut faire plaisir au plus de gens possible en évitant les sujets qui fâchent, en étant consensuel, souriant et rassembleur, en promettant la Lune ou de mettre fin au règne des méchants... Or je considère que la plupart des thèmes que je défends et auxquels je crois sont un peu trop en avance pour pouvoir convaincre à court terme une majorité. Et qu'ils peuvent même déranger bigrement. C'est un combat personnel à long terme que je dois mener personnellement. Pas dans le cadre d'une liste impliquant 30 autres personnes qui ne sont en réalité pas concernées.

 

 

Commentaires

Bravo !
Votre décision est à la fois courageuse et honnête,
merci de l'expliquer à vos lectrices et lecteurs.
Ce que vous perdez d'un côté, vous le gagnez de l'autre:
la liberté de parole n'a pas de prix.

:o)

Écrit par : Blondesen | 12/07/2008

Elle se paie cependant parfois au prix fort, en terme de renoncements professionnels et même de perte de l'être aimé qui ne supporte plus ces soucis professionnels...

Écrit par : Philippe Souaille | 12/07/2008

De toutes les manières, après lecture de votre "à propos", je me demande où auriez vous trouvé le temps, pour tout faire ... c'est donc une décision pratique, rien d'autre...

Saluez Eric Grandjean de ma part...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 12/07/2008

Votre soudaine défection doit interpeler tous les démocrates. Comment un rédacteur en chef d'un journal de parti peut-il voir une incompatibilité avec une élection? Compétition peut rimer aussi avec respect de l'adversaire et soutien à ses colistiers. Votre argument m'étonne. N'est-il pas sain d'offrir un choix au corps électoral?
Faut-il supprimer les élections (vous connaissez le slogan soixante-huitard: élections piège à cons!) et les remplacer par un tirage au sort? Voilà un beau sujet de débat pour les futures Constituants.
Quant à vos idées trop en avance, quelles sont-elles, qu'on en discute? L'art de l'homme politique n'est-il pas d'être assez modeste pour savoir adapter son pas à celui de ses concitoyens et assez audacieux et pédagogues pour les entrainer sur des chemins nouveaux?
Bien à vous

Écrit par : jf Mabut | 12/07/2008

Cher Jean-François,
C'est complètement sain d'offrir un choix. Mais je dirige le journal qui sera le premier soutien de nos candidats et cela aurait pu paraitre inéquitable. D'ailleurs par analogie, chez les radicaux genevois, le ou la secrétaire générale ne se présente pas à une élection de liste.
Tirage au sort, je n'irai pas jusque là. Le principe même de l'élection a du bon (il faut séduire l'électeur) et du mauvais (il faut séduire l'électeur). Mais c'est le moins mauvais des systèmes. Il se trouve juste que au même titre que j'estime être un mauvais commercial, parce que trop gentil avec mes amis et trop sec avec les autres, je n'aime séduire que les gens que j'ai envie de séduire... Donc je ne suis pas forcément taillé pour être élu.
Cela m'aurait intéressé de le savoir, de savoir si on pouvait être élu avec ce type de profil, s'il y avait suffisamment de gens qui avaient envie d'être séduits par mon type de discours. Mais cela comportait un risque pour mes colistiers, le (gros) risque qu'il y ait davantage de gens qui soient rebutés que séduits par mes propos parfois dérangeants.
Un risque que j'ai réalisé que je n'avais pas le droit de leur faire courir.
Quant à mes idées, en matière de politique, de fiscalité, d'écologie, de solidarité mondiale, elles sont assez largement exposées dans mon livre, l'Utopie Urgente que l'on trouve sur le net (Payot.ch), chez mon éditeur Slatkine ou qu'on peut commander par couriel à ventes@adavi.ch . En matière de morale, de religion, de moeurs et de gestion des conflits, elles sont résumées dans deux ouvrages écrits, à paraitre.
Peut-être bien directement sur Internet d'ailleurs, et vous en serez sur ce blog certainement parmi les premiers informés.
La modestie de l'homme politique dites-vous. Il se trouve que je ne suis pas certain d'en être un. Je préfère le terme d'agitateurs d'idée, voire celui sans doute un peu prétentieux, de précurseur. François Longchamp, Pascal Broulis, Gilles Petitpierre entre autres m'ont fait l'amitié de commentaires fort élogieux sur mon livre et mes idées. François Bayrou a été plus direct. "Vous avez raison, m'a-t-il dit, mais les gens ont encore besoin de s'identifier à une idée nationale, ou au mieux continentale" Sous-entendu "et moi j'ai besoin d'électeurs". Mais effectivement et je l'en remercie, comme d'ailleurs nos meilleurs politiciens radicaux romands, il fait passer peu à peu certaines de mes idées dans le public. Des idées dont je suis d'ailleurs loin d'être le seul initiateur.
Ils sont des hommes politiques. Je crois que je suis un pas en avant et que c'est très bien comme ça. Chacun son job. Mon problème concret aujourd'hui est de trouver le moyen de financer mes recherches et mon travail de fond, en amont des idées politiques.
Le Gouvernement mondial que je prône, pour résumer en deux mots, ne se réalisera pas sans un lent et patient travail des opinions publiques, qui, à priori sont convaincues du bien fondé de l'idée, les sondages le prouvent, mais hésitent beaucoup car personne n'a encore oser incarner l'idée.
Il faut je crois d'abord la faire mûrir à l'écart du jeu strictement politique et la faire diffuser sereinement dans l'opinion, avant de la lancer dans le grand bain.
Mais cela je ne le ferai pas sur le blog de la Tribune, car il faut pouvoir financer le travail en amont qu'il y a derrière... et c'est un enjeu francophone, voire mondial. Donc à moins que la Tribune ne souhaite participer financièrement, cela se fera ailleurs.
Bien à vous...
Philippe

Écrit par : Philippe Souaille | 12/07/2008

La liberté de parole vaut mieux que la langue de bois! Dommage que des gens de votre envergure ne se présente pas alors qu'on est gouvernés par des faux-culs profiteurs, vides et narcissiques. C'est de nouveau ce profil-là qui est valorisé avec votre défection.

Mais il reste vrai que dans ce panier de crabes, on peut le payer très cher même au niveau professionnel vu que n'importe qui peut nous emmerder sans raisons par ce que membre d'un parti; à part les quelques chanceux (et pas forcément les meilleurs) qui doivent leur carrière à leur parti (les noms sont bien connus!), les autres tendent à se noyer et là, personne ne vous viendra en "aide" ni ne vous écoutera.

Cette machine de guerre sophistiquée doit impérativement être renversée pour que les gentils gagnent contre les méchants!

Écrit par : Micheline | 12/07/2008

Monsieur, vous faites du prosélytisme sur vos écrits... mais plutôt que de tenter de nous fourguer toute la panoplie de vos oeuvres, pourquoi ne développez vous pas un petit peu plus vos soit-disantes idées novatrices et trop en avance sur votre temps... ( j'ai bien dit VOTRE..!!)

Écrit par : Hombre mysterioso | 13/07/2008

Chère Micheline, je ne partage pas vos propos. Il y a des gens excellents parmi ceux qui nous gouvernent. Quant à cet homme mystérieux domicilié informatiquement au comité alerte, qui si j'ai bien compris est un cache-sexe du MCG, je ne fais pas de prosélytisme, je fais de la promotion commerciale, pour vendre trois livres qui sont le fruit de deux ans de travail à plein temps. Indépendamment de leur qualité ou de mon talent, la démarche me parait légitime. Sinon je ne pourrais tout simplement plus réfléchir et écrire, me tromper et réessayer et avancer encore...

Écrit par : Philippe Souaille | 13/07/2008

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