28/07/2008

Un Temps Présent très subjectif

J'aime bien Christian Fehlbaum, que je considère comme un copain mais j'ai le regret de dire que son Temps Présent sur la Classe Moyenne était biaisé, parce que tronqué. Passe encore que les avis des radicaux genevois n'aient été que brièvement mentionnés et rapidement contredits. Sans même leur laisser le temps d'exposer le détail et les moyens à mettre en oeuvre - ils existent - pour que la mise à niveau européen de la tva soit compensée par une baisse de la fiscalité directe. Afin qu'au final, ce soient bien ceux qui consomment le plus, et donc qui en ont les moyens, qui règlent la facture.

Il y a plus grave, lorsque l'émission confine carrèment à la propagande socialiste en omettant un élément essentiel d'information. Oui, les classes moyennes sont actuellement pressurées par les charges et l'impôt, tandis que les plus hauts revenus s'envolent. Oui c'est injuste et cela doit être corrigé. Mais si l'on se contente de vouloir augmenter les  impôts des plus riches, dans un cadre national ou même cantonal, comme prétend le faire la gauche et le PS en particulier, on se tire une balle dans le pied. Les plus riches déménageront vite fait leur fortune sous d'autres cieux, c'est aussi simple que cela. Parfois, lorsque la fortune est "liquide" ils n'auront même pas besoin de déménager eux-mêmes. Et au final, l'Etat aura perdu davantage d'impôts qu'il prétendait en gagner.  C'est encore une fois les classes moyennes qui paieront les pots cassés, comme c'est le cas depuis bien longtemps.

Ne pas mentionner cela, c'est une tentative de manipulation de l'opinion et le journaliste n'est de loin pas seul en cause. Le système de Temps Présent veut que les producteurs contrôlent très étroitement le contenu et la forme des émissions. J'ai du mal à croire que personne n'ait constaté ce manque, d'autant plus flagrant que ce fut l'argument décisif des dernières votations sur la question à Genève: augmenter les impôts des riches revient à chasser ces riches et donc à augmenter l'imposition du salarié de base. Ou à réduire les prestations d'assistance.  C'est forcément un choix politique visant à valider les théses populistes du PS que celui qui a été fait par Temps Présent, sous couvert d'objectivité en interrogeant tout le monde. Mais pas avec les bonnes questions et encore moins les bonnes réponses.

Pourtant il y a une solution au problème, un problème grave de déséquilibre des richesses qui, rajouté aux problèmes écologiques, est en train de saper les fondements même de nos sociétés occidentales. Il faut parvenir à un accord mondial à minima sur la fiscalité. Qui fera du tort à la place financière genevoise dans un premier temps, mais encore plus à tous les paradis fiscaux du monde qui n'ont que l'évasion fiscale pour justificatif. Or Genève dispose de bien d'autres atouts, de son savoir faire à son cadre idyllique, pour retenir ici la gestion de fortune, même sans évasion fiscale. Sans compter que l'on ne pourra plus refuser bien longtemps à l'Union Eurpéenne ce que l'on a accordé aux Etats-Unis, même si le cadre juridique est différent.

 

Commentaires

Il est en effet évident que "Temps Présent" diffuse largement les idées de gauche...
Remarquez c'est un peu le problème de la TSR.

Écrit par : Haer | 28/07/2008

Malheureusement pas le premier exemple, et ça commence à devenir embarassant, même pour quelqu'un de gauche.

Si la TSR est une régie fédérale, et en supposant que l'ensemble des fonctionnaires fédéraux ne soient pas socialistes, pourquoi tant de subjectivité pro-socialiste?

Écrit par : Vincent | 28/07/2008

J'ai pour la première fois à votre blog et j'ai vraiment aimé! Maintenant, je vais aller ici plus souvent! Beaucoup utiles et des informations intéressantes!

Écrit par : reefer clean kit | 23/12/2008

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