30/07/2008

Côte d'Ivoire et Burkina Faso se fiancent

Hautement symbolique, la chose est passée inaperçue des grands médias européens. C'est pourtant la meilleure nouvelle politique pour l'Afrique depuis bien longtemps: la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso se fiancent. Si proches et si lointains, les deux voisins ont clairement pris modèle sur l'axe franco-allemand pour mettre un terme à leurs différends (le Burkina soutenait la rébellion ivoirienne) et se profiler comme l'axe centrale d'une Afrique de l'Ouest dont ils veulent accélérer l'intégration. Ils disent vouloir en être la « colonne vertébrale ».

Concrêtement, ils vont par exemple faire conseil des ministres commun deux fois par an... L'Afrique bouge et se réveille. Enfin. Certes la crise alimentaire est un très gros problème. Et d'ailleurs ici à Abidjan, à peine rentré de Ouagadougou, le Président Ivoirien Laurent Gbagbo devra faire face aux revendications de plus en plus fortes de ses anciens soutiens, les « jeunes patriotes » qui mènent la fronde de la rue contre la vie chère.

Mais comme le signalait un éditorialiste de Fraternité matin, le principal quotidien local (jadis quasi comparable aux notres - son directeur d'alors élu à la tête de l'union des journalistes francophones - aujourd'hui réduit aux dimensions d'une feuille de chou par six années de crise et de guerre larvée): les Ivoiriens ont compris que la violence, la rébellion et l'insécurité ne faisaient qu'aggraver la situation économique. Manhattan des Tropiques au tournant du siècle, Abidjan fait peine à voir et a rejoint la cohorte africaine des pays laminés par la violence et les soulèvements.

En Afrique, comme en Amérique latine ou partout ailleurs, la paix, la stabilité et l'existence d'un état fiable sont les conditions premières du développement économique, lui même préalable indispensable à toute redistribution sociale. L'Afrique au sud du Sahara connait actuellement un boom économique salué par les bourses locales avec des taux de croissance à deux chiffres.

Dans le domaine des services notamment. Il est bien sûr toujours plus facile d'avoir des taux de croissance record lorsqu'on part de zéro, mais l'irruption d'internet et de la téléphonie mobile ont des effets spectaculaires. La plupart de ces pays ont carrément court circuité la très coûteuse étape des infrastructures fixes. Et passent directement du primaire au quaternaire, du paysan sans charrue à l'ère du virtuel.

Aujourd'hui, il faut un groupe électrogène à côté du relais d'antenne pour le faire fonctionner, avec un réservoir enfoui et un garde en permanence pour empêcher le vol de gas-oil, mais demain ce sera un panneau solaire. Et à Abidjan, des hôtels de catégorie moyenne offrent non seulement le wifi gratuit, mais les communications téléphoniques à volonté, pour l'Europe et l'Amérique du Nord, inclues dans le prix de la chambre à 70 Francs suisses ! Car l'hôtelier, un ivoirien qui vit à New York une moitié de l'année, où il dirige une grosse boîte de sécurité informatique, a un abonnement illimté qui lui coûte à peine 30 francs par mois !

Au fait, puisque je suis en Afrique, une pensée émue pour Papa Wendo Antoine, le vrai créateur de la Rumba congolaise, auteur de « Marie Louise », mort dans la misère à 82 ans, lundi à Kinshasa, après que sa famille l'ait dépouillé de tous ses biens en profitant de sa sénilité.

Et puis aussi cette nouvelle du Ghana, où les bossus sont désormais protégés par la police. On a en effet retrouvé les corps sans vie de deux d'entre eux, bosses découpées, très vraissemblablement pour des raisons liées à un culte vaudou.

Ah et puis à part ça, pour répondre à certaines médisantes amusantes, quand la droite de la droite vient à la rescousse de la gauche de la gauche, j'ai évidemment été accepté par le grand vieux parti sur sa liste pour la Constituante et c'est moi qui ai finalement décidé de ne pas me présenter. Le Modem, dont je suis Président pour la Suisse, étant double national est issu de l'UDF, qui elle même était le fruit d ela fusion d'un courant démocrate chértien et d'un courant radical laïc, orchestré à l'époque par Françaois Bayrou. Et j'ai collaboré avec l'Ambassade de Colombie, mais le contrat d'une année est terminé depuis la fin juin. Donc tous les évènements qui ont suivi, je le sia couverts en mon seul nom.

Et puis aussi, je ne suis pas salarié du parti radical, j'ai un mandat très partiel de communication, parmi beaucoup d'autres mandats. Je suis en effet indépendant.... Reproche-t-on à un avocat président d'un parti de ne pas défendre que les membres de son parti ?      

 

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