30/07/2008

OMC : que fera Obama ?

Les protectionnistes et nationalistes de tous poils ont donc gagné. L'échec de l'OMC avait beau être prévisible, il n'en est pas moins une catastrophe pour le multilatéralisme et donc pour l'humanité. Car si les paysans, dans la foulée de Ueli Maurer, ont gagné une bataille, c'est la planète toute entière qui a perdu la guerre... ou plus exactement, qui risque fort d'avoir à en affronter plusieurs.

Des guerres économiques, tout d'abord et puis, si rien  n'est fait, militaires ensuite. Dans l'histoire, les différends économiques non résolus ont toujours débouché sur des boucheries sanglantes. La consommation augmente, les ressources disponibles sont limitées et il y a de plus en plus d'intervenants sur les marchés. Au lieu de chercher à partager équitablement, avec une vraie vision globale, les négociateurs avaient d'abord en tête leur intérêt national. Ce pourquoi ils sont payés et ce pourquoi leurs dirigeants sont élus. Cela ne pouvait pas marcher, la crise n'est pas encore assez profondément ancrée dans l'esprit des gens, qui en plus, en attribuent assez systématiquement la paternité à la mondialisation.

Il suffit de lire les blogs et les réactions sur les sites de journaux sérieux comme le Monde pour voir à quel point la mondialisation est jugée responsable de tous les maux. C'est elle, c'est vrai, qui a fait que 300 millions de Chinois sont sortis en dix ans de la pauvreté, que de grands pays comme l'Inde, le Brésil et bien d'autres, de taille moyenne, sont rentrés brusquement dans le jeu du progrès. Mais fallait-il qu'ils restent misérables? Sommes nous les seuls à avoir le droit de nous développer et de consommer ?  

Faut-il bloquer le développement des pauvres pour rester riches ? Non bien sûr, en ce qui me concerne, la réponse est claire. Et seule une refonte profonde du système multilatéral permettra de définir des règles équitables. Paradoxalement celui qui parait le mieux armé, internationalement, pour faire bouger les choses dans le bon sens, c'est Barack Obama. Il aurait le pouvoir d'imposer les choses à l'intérieur et de faire revenir (sur son seul nom et ses promesses de changement), les gouvernements étrangers à la table de négociation, autour d'un projet enthousiasmant.  Seulement, le problème c'est qu'il ne sera pas élu pour ça. Il sera même lié par ses promesses aux syndicats, traditionnels soutiens démocrates. Comment s'en sortira-il ? Osera-t-il prendre les mesures qui seules pourraient engager le monde dans une nouvelle ère, plus équitable et donc donc plus pacifique?

 

Commentaires

Bravo Philippe, pour ce message courageux. Les protectionnistes et nationalistes de tout poil ont la partie facile. Tout ce qui ne va pas est de la faute de l'OMC, ou de la mondialisation. C'est un peu le même réflexe que lorsque les Français, paralysés par les grèves et un marché de l'emploi hyper figé, font porter à l'Union européenne ("Bruxelles") le poids de leurs échecs... sans ouvrir les yeux sur le fait que la même politique européenne n'empêche pas des pays plus travailleurs (Irlande) de gagner des fortunes.
Enfin, ce repli social-nationaliste est le même qui consiste à attribuer à l'étranger la faute de notre impéritie. Merci de l'avoir rappelé.

Écrit par : Philippe Durand | 30/07/2008

Bob Woodward dit, dans un de ses derniers ouvrages, que les présidents américains mettent 6 mois à réaliser le peu de pouvoir réel qu'ils ont. Ensuite, ils se tournent vers les discours, la politique étrangère, ...

J'ai bien peur qu'Obama ne puisse pas faire beaucoup mieux.

Écrit par : Vincent | 30/07/2008

Barack Hussein Obama est grillé depuis que le colonel Khadafi le soutien...sur dailymotion et youtube, une vidéo y circule.
Tapez simplement obama khadafi, vous la retrouverez...ou encore...sur mon blog.
(cliquez simplement sur ma signature)

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 15/08/2008

Personne n'est responsable de ses soutiens, pas même Obama, et plus des 3/4 de la planète souhaite qu'il accède à la Présidence. Dans le lot, il y a forcémment des gens peu reccomandables. Parmi les soutiens de son adversaire aussi< il y a des gangsters...

Écrit par : Philippe Souaille | 15/08/2008

Un très bon billet plein de bon sens.Mais pour le paragraphe Obama,ne tombez pas,vous aussi,dans le culte de la personnalité du candidat US,en attendant de lui le messie de l'homme providentiel pour l'Humanité?

Depuis Reagan,les présidents changes,mais l'Amérique reste conservatrice.

D.J

Écrit par : D.J | 15/08/2008

Personne n'est un surhomme et encore moins un messie providentiel. Mais en certaines occasions, certains peuvent concentrer des espoirs sur leur personne qui font d'eux des symboles. Ils peuvent ainsi catalyser des énergies considérables, parfois même indépendamment de ce qu'ils sont au fond.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/08/2008

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