31/07/2008

Centriste et libre penseur

"Les ennemis de mes ennemis sont mes amis" dit-on. En vertu de ce vieil adage, M. Pardo, Président gaffeur de l'UDC genevoise, court à la rescousse d'un Conseiller national socialiste réputé, même au sein du PS, pour sa compréhension très personnelle du pouvoir. Ce faisant il diverge sensiblement de la ligne son parti, telle qu'on peut la déceler à travers la Weltwoche, mais c'est son problème.

Pour ma part, depuis plus d'une trentaine d'années que je travaille à Genève dans le secteur de la communication, je ne crois pas avoir tellement varié de ce qui me semble devoir être ma ligne de conduite: informer les gens sur ce que je crois juste. Il m'arrive de me tromper bien sûr ou de commettre des erreurs mais s'il est une chose dont je suis certain, c'est que je n'ai jamais trahi mes convictions personnelles.

J'ai été journaliste, puis conseil en communication (on dit aussi spécialiste en relations publiques), puis les deux à la fois. Je n'ai aucun problème déontologique avec cela, m'en étant déjà expliqué dans ce blog: je ne conseille que ceux dont je pense pouvoir approuver l'action, qu'elle soit politique ou économique. Si le doute s'installe, je met fin à la collaboration. Je suis donc parfaitement libre.

Contrairement à mes neuf années de journaliste encarté à la Tribune de Genève. J'y ai subi la censure de deux rédacteurs en chef successifs, pour des motifs économiques ou de copinage politique. Puis j'ai ensuite du quitter la télévision parce que j'avais orienté un Temps Présent en sens contraire de ce que m'avait demandé son producteur, sur un thème que traitait son épouse (députée socialiste) au Grand Conseil...

Après avoir été trotskyste entre 13 et 20 ans, je suis redevenu actif politiquement il y a deux ans, en Suisse, mon pays d'adoption, puis également en tant que résident français en Suisse. S'il faut me situer absolument, je dirais centre droit, mais fondamentalement, les clivages du passé ne me conviennent plus. Je suis un libéral internationaliste, centriste et libre penseur. Freisinn, en Suisse alémanique, c'est le nom des radicaux. Mon combat, ce en quoi je crois, à savoir la nécessité urgente de parvenir à une forme de gouvernance mondiale efficace et démocratique, dépasse le jeu actuel des partis.

Tôt ou tard on y viendra et je veux y contribuer dans la mesure de mes moyens, mais en attendant, d'autres problèmes politiques se posent au quotidien. Tant que je pourrais être utile au parti radical, tout en luttant pour ce en quoi je crois, je le ferai. S'il s'avère que les intérêts à court terme et à long terme divergent, ou que mes positions personnelles ou mes activités professionnelles peuvent nuire à l'audience du parti, je me retirerai. Il n'a pas besoin de moi, il ne manque pas de gens de valeur désireux d'administrer la cité, tandis que les soutiens au grand oeuvre, à l'Utopie urgente sont encore rares.

Bien des gens, parmi les mieux informés, savent que j'ai raison, que l'on court à la catastrophe mondiale si l'on ne parvient pas à transcender les frontières, mais les obstacles et les pesanteurs sont telles que bien peu y croient suffisamment pour s'engager...

Pour sa part, M. Pardo croit qu'il suffit que Libé parle de sa lubie et qu'on lui dessine un logo pour la crédibiliser. Cela n'en reste pas moins la première fois qu'on appelle à boycotter quelqu'un qui veut cesser de vous vendre ses produits...

On m'accuse également de soutenir inconditionnellement Uribe. C'est faux. Je crois ce que je vois. Et pour assez bien connaître la Colombie, je vois qu'Uribe a ramené la paix, la sécurité et la prospérité économique à un point où l'on peut désormais s'occuper sereinement de justice sociale. En face, il y a les FARC. Ces dernières refusent la main tendue par le Gouvernement colombien, qui avait pourtant accepté la proposition française d'offrir l'exil aux chefs des FARC.

Alors n'en déplaise à MM Pardo et Sommaruga, oui je soutiens Uribe contre les FARC, comme plus de 80% des Colombiens. Les FARC plafonnant à 3% d'opinion favorable... Entre les deux 17% sans opinion ou qui pensent qu'Uribe n'agit pas de la bonne manière.

Tout cela n'aurait guère d'importance en Suisse, si la direction des FARC pour l'Europe n'était pas à Lausanne. Et si la Colombie n'était pas devenu un enjeu de notre politique internationale. En France et en Espagne, on parle de la Suisse comme du « sanctuaire des FARC ». Il n'est plus question ici de neutralité politique. Pas avec un mouvement qui cumule de bien curieux records: plus gros producteur mondial de cocaïne, premier ravisseur dans le monde de personnes innocentes, premier poseur non gouvernemental de mines anti-personnelles... Il faut savoir contre quoi se bat le Gouvernement Uribe et M. Pardo devrait tourner sept fois sa plume avant de s'épancher.

 

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Souaille,

tout d'abord voir deux colosses politiques comme M. Pardo et vous s'affronter par blog interposés est toujours un exercice de lecture intéressant.

Quant à "lui avoir dessinner un logo" et que Libération parle de la démarche, vous m'excuserez mais ce mouvement est né spontanément, et n'est piloté par personne... Ensuite boycotter des produit qu'il ne voudrait plus nous vendre ?

Vous plaisantez, le pétrole arrive avant nos otages, M. Khadafi est certes un dictateur... mais il sait mieux que personne qu'un boycott de Tamoil à l'échelle Suisse et Européenne lui coûterait bien trop cher, tant en terme financier que d'image pour son pays...

Au lieu de critiquer la démarche, je vous invite à la rejoindre et la soutenir de toutes vos forces car c'est un acte de civisme. Défendre nos compatriotes, comme vous défendiez la libération de Mme Bétancourt, évidemment nos compatriotes sont moins médiatisés...

Alors aidez à sa médiatisation... bien évidemment, ce boycott va à l'encontre des intérêts du Roi de Martigny.... Radical lui aussi... mais à un moment donné, il faut faire un choix entre : ce qui est juste et les intérêts des copains.

Le Civisme c'est ça.

Alors M. Souaille, nos compatriotes sont toujours détenus en Libye, rejoignez la démarche de boycott et soutenez la de toutes vos forces, et nous savons que vous en avez...

C'est le citoyen qui vous le demande.

Bien à vous M. Souaille,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 31/07/2008

Cher Stéphane,
Merci pour lces qualificatifs flatteurs... Vous êtes sans doute doué en informatique et en exfiltrations diverses, mais l'économie est un autre domaine.
Tout d'abord, c'est Pardo, qui le premier, a parlé de boycott et plus précisément de boycotter les produits Tamoil à la pompe. Parce que jusqu'à preuve du contraire, les citoyens ne peuvent pas boycotter une raffinerie. Or l'essence vendue par les stations Tamoil représente à peine le cinquième de ce qui est raffiné par Collombey et vendu sous d'autres marques. C'est donc assez vain.
Par ailleurs la Lybie n'aurait aucun mal à vendre son brut ailleurs, car il est considéré come un des tous meilleurs au monde. Même si le boycott prenait une ampleur européenne, ce qui est encore loin d'être le cas, Kadhafi pourrait sans problème vendre en Afrique, en Asie ou en Amérique. Dois-je vous rappeler que par les temps qui courent, la solidarité internationale n'est franchement pas ce qu'elle devrait être ?
Fondamentalement, nous avons davantage besoin de pétrole que eux n'ont besoin de nous en vendre. Cela n'a rien à voir avec le roi de Martigny. En plus Kadhafi est assez frappé pour faire passer ce qu'il estime être son honneur avant ses intérêts pécuniers et il y a longtemps que lui et sa famille ne sont plus à l'abri du besoin.
Si le pétrole arrive à nouveau et si l'on dit aujourd'hui qu'il n'y a pas eu de notification officielle d'embargo, c'est juste parce que les négociations avancent, ce qui a permis aux deux suisses et à la maman marocaine de déjà sortir de prison.
Sérieusement, j'aimerais bien moi aussi que ces citoyens suisses soient sortis de là au plus tôt. Si possible sans transaction judiciaire. Mais la chose judiciaire, justement est souvent faite d'arrangements entre les parties. Et cela peut-être bien plus rapide qu'un boycott. L'accord qui se dessine semble prévoir la sortie de Lybie de tout le monde: les deux Suisses, et les deux Marocains (la mère et le frère du serviteur) en échange d'un retrait de la plainte.
Reste qu'ensuite, il faudra trouver le moyen de faire passer le message à la famille Kadhafi d'une autre manière. Par un boycott à ce moment là pourquoi pas ? Mais actuellement, ce sont les libyens qui tiennent le couteau par le manche. Personnellement, j'ai souvent payé le fait que je refuse par principe de baisser mon pantalon, y compris lorsque de lourdes pressions professionnelles sont dans la balance. Mais quand la liberté, voire la vie de plusieurs personnes innocentes sont en jeu, il faut savoir être plus conciliant.
C'est aussi la tâche des politiques d'assumer ce genre de choses et de réfléchir plus loin que le bout de son nez. Ce que l'autre "colosse" semble avoir quelque difficultés à réaliser! C'est l'une des raisons qui font que l'UDC me semble mieux à sa place à quelques encâblures du pouvoir.
C'est ce qui différencie aussi cette situation de la Colombie, où les méchants sont en train de perdre. Dans l'affaire Libyenne, nous n'avons juste pas les moyens d'aller chercher nos otages par la force.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/07/2008

Décidément, vous êtes un personnage inclassable...trostkyste, radical, modem-iste, suisse et français, désirant un Gouvernement Mondial...décidément, trop de boulets...
De plus, vous êtes complètement inconscient de votre auditoire...les suisses sont des indépendants, c'est même ainsi que la Suisse est née en 1291...
Votre livre, s'est vendu à combien d'exemplaires ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 31/07/2008

Victor, j'aime mieux être inclassable que monarchiste si vous voyez ce que je veux dire. Quant aux ventes de mon livre, certes inférieures à mes attentes, elles décollent, et commencent en France. Mais j'étais parfaitement conscient que ce combat ne serait pas facile. Il est bien possible que mon travail ne porte ses fruits qu'à la génération suivante. Cela m'embête financièrement mais ne me gêne pas moralement. Je serai dans ce cas en excellente compagnie.
En attendant, ce blog aura reçu plus de 6500 visiteurs différents ce mois, plus de 9000 visites en tout... C'est un début.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/07/2008

Mon blog à moi, à reçu plus de 11'000 visites, rien qu'en juillet...si vous voulez jouer (comme des gamins) à qui a la plus grosse...

Et tac...( 8-9'000 visiteurs uniques)...
J.-F. Mabut a publié les résultats pour une seule et unique semaine du mois de juillet...mon pauvre ami...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 31/07/2008

11'164 et 9'103, pour être exact.
Être monarchiste, oui, mais pour la Roumanie...nous en savons pourquoi...
Votre idée (gouvernement mondial) est combattue, par tous ceux qui aiment la liberté, d'ailleurs, les USA se sont créées, en contradiction totale avec le roi George V...au cas où vos connaissances de l'histoire serait ...

Méditons...

"Le prix de la liberté, c'est la vigilance éternelle." - Thomas Jefferson.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 31/07/2008

Victor, vous êtes grotesque. Je n'envisage aucune compétition avec vous. Je suis juste content de voir que ce blog enregistre peu à peu un nombre croissant de visiteurs, qui pour certains sont juste là pour s'informer (notamment un certain nombre de mes confrères et de leaders d'opinion) et pour d'autres semblent approuver mes écrits si j'en crois leurs réactions.

Je sais parfaitement ce que je devrais écrire si je voulais avoir encore davantage de lecteurs. D'ailleurs hier, mon texte sur les fiançailles du Burkina faso et de la Côte d'Ivoire n'a même pas été placé dans la rubrique "invités". Comme si la Tribune (et les lecteurs) préféraient les blogs où l'on s'étripe que ceux qui informent. Sauf quand l'info est spectaculaire, bien sûr.
Mais faire du chiffre, ce n'est pas mon intention. D'ailleurs il suffit d'effacer les traces de passage dans son ordi pour apparaître comme un visiteur neuf, alors...

A part cela, le fait que vous ne soyez pas d'accord avec moi en matière de gouvernance mondiale, vu vos outrances, ne peut que renforcer ma crédibilité. Merci. Mais peut-être que si votre Président chéri vous disait d'approuver, vous changeriez d'avis à votre tour ?

Dernière question, pouquoi je vous répond ? Parce qu'il fait gris à Abidjan et que je n'ai vraiment rien à faire d'autre. Mais ce n'est pas opportun, donc dorénavant je ne laisserais plus passer que les posts sérieux, informatifs ou drôles. Et pas les vaines polémiques. Ah et puis ausi les louanges à mon égard, parce que j'adore ça...
A bon entendeur.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/07/2008

Ô toi grand marabout, faiseur d'opinion, sache que je ne me laisse pas influencer ni par (mon ?) Président, ni par qui que ce soit d'autre...
Je suis aussi (comme toi grand parmi les grands) un libre penseur...
Maintenant et blague à part, que vous ayez des visiteurs, c'est tant mieux, les blogs sont faits pour cela...la censure par contre...

Ni Dieu, ni maître, disons nous autres, les athées, les libres penseurs...etc.
Mais sache, ô majestueux parmi les majestueux, que la Liberté a un goût très doux...un parfum enchanteur, que je me garderais de l'échanger contre quoi que ce soit...

Quant à mon coté "grotesque", c'est bien parce que je vis dans une grotte, dépourvue de tout confort...qui incite à la méditation...

Bien à vous, cher Philippe...maître Jedi, dans un monde de brutes...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 31/07/2008

Sur le fond, futur cher disciple (vous êtes sur la bonne voie), une gouvernance mondiale démocratique, c'est le contraire d'une dictature ou d'une privation de liberté. Au contraire, mettre d'accord les principales cultures du monde implique un haut niveau de prise en compte des intérêts de chacun. Tous les régimes dictatoriaux, même communistes, à un moment ou l'autre se sont appuyés sur une base nationaliste qui là ferait défaut.
Il s'agit d'étudier très soigneusement la subsidiarité, c'est à dire le niveau où doivent se prendre les décisions. En clair, au niveau mondial, très peu: la chose militaire et les armes lourdes (à fortiori de destruction massive et de haute technologie), l'environnement lorsqu'il concerne les ressources fondamentales de la planète, le développement, ainsiqu'une harmonisation fiscale minimale.
Tous les autres domaines restent de la compétence des autorités nationales, régionales ou locales.
Comparer le règne britannique sur ses colonies à un tel régime n'a aucun sens.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/07/2008

Voila un programme, qui a le mérite d'être clair, à l'instar de celui de l'UDC, qui tiens en 3 points (que certains n'arrivent pas à respecter)...
Mais, vous savez, cher maître à 36 ans, je suis sûr et certain que j'ai encore des choses à apprendre et de n'importe qui, le tout sans offenser quiconque...

J'ai beaucoup apprécie votre article, sur C. Sommaruga, d'ailleurs vous avez publié mes commentaires, je vous en remercie d'ailleurs, par le présent commentaire.

D'ailleurs, ce Sommaruga n'a pas la conscience tranquille, sans quoi, il n'aurait pas fermé les commentaires.
Mais la trouille, la peur est mauvaise conseillère...(pour tout le monde et dans tous les domaines)...tiens cela me fait penser au fait que je devrais le dire (écrire) à Babar, (Philippe Joye, pour les non-initiés)...

Jésus ne disait-il (plutôt l'apôtre Jean) : Aimez-vous les uns les autres ?

Avec mes meilleures pensées, de Genève (fidèle au poste),

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 31/07/2008

"On m'accuse également de soutenir inconditionnellement Uribe. C'est faux. Je crois ce que je vois. Et pour assez bien connaître la Colombie, je vois qu'Uribe a ramené la paix, la sécurité et la prospérité économique à un point où l'on peut désormais s'occuper sereinement de justice sociale. En face, il y a les FARC. Ces dernières refusent la main tendue par le Gouvernement colombien, qui avait pourtant accepté la proposition française d'offrir l'exil aux chefs des FARC."

Vous avez choisi votre camp,vous avez bien fait et vous n'avez pas à avoir honte.

Écrit par : D.J | 31/07/2008

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