31/07/2008

Centriste et libre penseur

"Les ennemis de mes ennemis sont mes amis" dit-on. En vertu de ce vieil adage, M. Pardo, Président gaffeur de l'UDC genevoise, court à la rescousse d'un Conseiller national socialiste réputé, même au sein du PS, pour sa compréhension très personnelle du pouvoir. Ce faisant il diverge sensiblement de la ligne son parti, telle qu'on peut la déceler à travers la Weltwoche, mais c'est son problème.

Pour ma part, depuis plus d'une trentaine d'années que je travaille à Genève dans le secteur de la communication, je ne crois pas avoir tellement varié de ce qui me semble devoir être ma ligne de conduite: informer les gens sur ce que je crois juste. Il m'arrive de me tromper bien sûr ou de commettre des erreurs mais s'il est une chose dont je suis certain, c'est que je n'ai jamais trahi mes convictions personnelles.

J'ai été journaliste, puis conseil en communication (on dit aussi spécialiste en relations publiques), puis les deux à la fois. Je n'ai aucun problème déontologique avec cela, m'en étant déjà expliqué dans ce blog: je ne conseille que ceux dont je pense pouvoir approuver l'action, qu'elle soit politique ou économique. Si le doute s'installe, je met fin à la collaboration. Je suis donc parfaitement libre.

Contrairement à mes neuf années de journaliste encarté à la Tribune de Genève. J'y ai subi la censure de deux rédacteurs en chef successifs, pour des motifs économiques ou de copinage politique. Puis j'ai ensuite du quitter la télévision parce que j'avais orienté un Temps Présent en sens contraire de ce que m'avait demandé son producteur, sur un thème que traitait son épouse (députée socialiste) au Grand Conseil...

Après avoir été trotskyste entre 13 et 20 ans, je suis redevenu actif politiquement il y a deux ans, en Suisse, mon pays d'adoption, puis également en tant que résident français en Suisse. S'il faut me situer absolument, je dirais centre droit, mais fondamentalement, les clivages du passé ne me conviennent plus. Je suis un libéral internationaliste, centriste et libre penseur. Freisinn, en Suisse alémanique, c'est le nom des radicaux. Mon combat, ce en quoi je crois, à savoir la nécessité urgente de parvenir à une forme de gouvernance mondiale efficace et démocratique, dépasse le jeu actuel des partis.

Tôt ou tard on y viendra et je veux y contribuer dans la mesure de mes moyens, mais en attendant, d'autres problèmes politiques se posent au quotidien. Tant que je pourrais être utile au parti radical, tout en luttant pour ce en quoi je crois, je le ferai. S'il s'avère que les intérêts à court terme et à long terme divergent, ou que mes positions personnelles ou mes activités professionnelles peuvent nuire à l'audience du parti, je me retirerai. Il n'a pas besoin de moi, il ne manque pas de gens de valeur désireux d'administrer la cité, tandis que les soutiens au grand oeuvre, à l'Utopie urgente sont encore rares.

Bien des gens, parmi les mieux informés, savent que j'ai raison, que l'on court à la catastrophe mondiale si l'on ne parvient pas à transcender les frontières, mais les obstacles et les pesanteurs sont telles que bien peu y croient suffisamment pour s'engager...

Pour sa part, M. Pardo croit qu'il suffit que Libé parle de sa lubie et qu'on lui dessine un logo pour la crédibiliser. Cela n'en reste pas moins la première fois qu'on appelle à boycotter quelqu'un qui veut cesser de vous vendre ses produits...

On m'accuse également de soutenir inconditionnellement Uribe. C'est faux. Je crois ce que je vois. Et pour assez bien connaître la Colombie, je vois qu'Uribe a ramené la paix, la sécurité et la prospérité économique à un point où l'on peut désormais s'occuper sereinement de justice sociale. En face, il y a les FARC. Ces dernières refusent la main tendue par le Gouvernement colombien, qui avait pourtant accepté la proposition française d'offrir l'exil aux chefs des FARC.

Alors n'en déplaise à MM Pardo et Sommaruga, oui je soutiens Uribe contre les FARC, comme plus de 80% des Colombiens. Les FARC plafonnant à 3% d'opinion favorable... Entre les deux 17% sans opinion ou qui pensent qu'Uribe n'agit pas de la bonne manière.

Tout cela n'aurait guère d'importance en Suisse, si la direction des FARC pour l'Europe n'était pas à Lausanne. Et si la Colombie n'était pas devenu un enjeu de notre politique internationale. En France et en Espagne, on parle de la Suisse comme du « sanctuaire des FARC ». Il n'est plus question ici de neutralité politique. Pas avec un mouvement qui cumule de bien curieux records: plus gros producteur mondial de cocaïne, premier ravisseur dans le monde de personnes innocentes, premier poseur non gouvernemental de mines anti-personnelles... Il faut savoir contre quoi se bat le Gouvernement Uribe et M. Pardo devrait tourner sept fois sa plume avant de s'épancher.

 

30/07/2008

Côte d'Ivoire et Burkina Faso se fiancent

Hautement symbolique, la chose est passée inaperçue des grands médias européens. C'est pourtant la meilleure nouvelle politique pour l'Afrique depuis bien longtemps: la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso se fiancent. Si proches et si lointains, les deux voisins ont clairement pris modèle sur l'axe franco-allemand pour mettre un terme à leurs différends (le Burkina soutenait la rébellion ivoirienne) et se profiler comme l'axe centrale d'une Afrique de l'Ouest dont ils veulent accélérer l'intégration. Ils disent vouloir en être la « colonne vertébrale ».

Concrêtement, ils vont par exemple faire conseil des ministres commun deux fois par an... L'Afrique bouge et se réveille. Enfin. Certes la crise alimentaire est un très gros problème. Et d'ailleurs ici à Abidjan, à peine rentré de Ouagadougou, le Président Ivoirien Laurent Gbagbo devra faire face aux revendications de plus en plus fortes de ses anciens soutiens, les « jeunes patriotes » qui mènent la fronde de la rue contre la vie chère.

Mais comme le signalait un éditorialiste de Fraternité matin, le principal quotidien local (jadis quasi comparable aux notres - son directeur d'alors élu à la tête de l'union des journalistes francophones - aujourd'hui réduit aux dimensions d'une feuille de chou par six années de crise et de guerre larvée): les Ivoiriens ont compris que la violence, la rébellion et l'insécurité ne faisaient qu'aggraver la situation économique. Manhattan des Tropiques au tournant du siècle, Abidjan fait peine à voir et a rejoint la cohorte africaine des pays laminés par la violence et les soulèvements.

En Afrique, comme en Amérique latine ou partout ailleurs, la paix, la stabilité et l'existence d'un état fiable sont les conditions premières du développement économique, lui même préalable indispensable à toute redistribution sociale. L'Afrique au sud du Sahara connait actuellement un boom économique salué par les bourses locales avec des taux de croissance à deux chiffres.

Dans le domaine des services notamment. Il est bien sûr toujours plus facile d'avoir des taux de croissance record lorsqu'on part de zéro, mais l'irruption d'internet et de la téléphonie mobile ont des effets spectaculaires. La plupart de ces pays ont carrément court circuité la très coûteuse étape des infrastructures fixes. Et passent directement du primaire au quaternaire, du paysan sans charrue à l'ère du virtuel.

Aujourd'hui, il faut un groupe électrogène à côté du relais d'antenne pour le faire fonctionner, avec un réservoir enfoui et un garde en permanence pour empêcher le vol de gas-oil, mais demain ce sera un panneau solaire. Et à Abidjan, des hôtels de catégorie moyenne offrent non seulement le wifi gratuit, mais les communications téléphoniques à volonté, pour l'Europe et l'Amérique du Nord, inclues dans le prix de la chambre à 70 Francs suisses ! Car l'hôtelier, un ivoirien qui vit à New York une moitié de l'année, où il dirige une grosse boîte de sécurité informatique, a un abonnement illimté qui lui coûte à peine 30 francs par mois !

Au fait, puisque je suis en Afrique, une pensée émue pour Papa Wendo Antoine, le vrai créateur de la Rumba congolaise, auteur de « Marie Louise », mort dans la misère à 82 ans, lundi à Kinshasa, après que sa famille l'ait dépouillé de tous ses biens en profitant de sa sénilité.

Et puis aussi cette nouvelle du Ghana, où les bossus sont désormais protégés par la police. On a en effet retrouvé les corps sans vie de deux d'entre eux, bosses découpées, très vraissemblablement pour des raisons liées à un culte vaudou.

Ah et puis à part ça, pour répondre à certaines médisantes amusantes, quand la droite de la droite vient à la rescousse de la gauche de la gauche, j'ai évidemment été accepté par le grand vieux parti sur sa liste pour la Constituante et c'est moi qui ai finalement décidé de ne pas me présenter. Le Modem, dont je suis Président pour la Suisse, étant double national est issu de l'UDF, qui elle même était le fruit d ela fusion d'un courant démocrate chértien et d'un courant radical laïc, orchestré à l'époque par Françaois Bayrou. Et j'ai collaboré avec l'Ambassade de Colombie, mais le contrat d'une année est terminé depuis la fin juin. Donc tous les évènements qui ont suivi, je le sia couverts en mon seul nom.

Et puis aussi, je ne suis pas salarié du parti radical, j'ai un mandat très partiel de communication, parmi beaucoup d'autres mandats. Je suis en effet indépendant.... Reproche-t-on à un avocat président d'un parti de ne pas défendre que les membres de son parti ?      

 

Et si on tentait une OMC à géométrie variable ?

Je ne l'ai pas mentionné hier, car pour moi cela va de soi, non seulement je crois qu'Obama va gagner, mais il faut qu'il gagne, car une chose est certaine: Mc Cain, quoique contre la torture est bien le produit du système républicain US qui depuis 1918, contre Wilson et la SDN, puis contre l'ONU en 45, s'efforce de limiter toute concession trop importante au multilatéralisme.
La suprématie économique et militaire étasunienne a fait son temps, mais ils ne l'ont encore ni admis, ni compris. Elle aura duré à peine 20 ans. Le passage à un nouvel équilibre a toutes les chances de se faire dans de très pénibles soubressauts si l'on continue sur la lancée qui vient d'aboutir à l'échec de Doha.
Je voulais signaler également l'excellente analyse de Jean-François Mabut dans son blog, et ses suggestions très intérressantes en matière de régulation. Et dire aussi à ceux qui s'en prennent maintenant aux diplomates de l'OMC qu'il y a moins de personnel dans tout le staff opérationnel de l'OMC que dans la plupart des cabinets d'avocats new yorkais qui défendent les lobbyistes qu'ils ont à affronter.
Des avocats encore mieux payés que des diplomates au demeurant.

Pour bien connaître plusieurs des gens qui sont au charbon à l'OMC, notamment l'équipe de Lamy, je peux vous dire qu'ils bossent comme des malades 20 heures par jour, WE compris, depuis des années.
Seulement, ils ont du faire face à l'union sacrée d'intétêts contradictoires: lobbyistes et leurs cohortes d'avocats, armées d'altermondialistes et de paysans subventionnés, opinion publique apeurée, le tout sans pouvoir se défendre car toute leur communication doit répondre aux desideratas contradictoires de leurs gouvernements respectifs. La quadrature du cercle. Qu'il faudra aussi briser pour s'en sortir, comme la règle du consensus, mais surtout pas au profit d'une structure élitiste style Conseil de Sécurité.
Je comprend bien la logique de Lamy qui a voulu réduire le nombre de négociateurs pour faciliter les débats. Mais la prochaine fois, il faut les faire élire/désigner/déléguer par leurs pairs et leur donner pouvoir de décision. Si ensuite quelqu'un renacle, il peut toujours sortir de l'OMC. Après tout une cinquantaine de pays n'en sont toujours pas membres...

OMC : que fera Obama ?

Les protectionnistes et nationalistes de tous poils ont donc gagné. L'échec de l'OMC avait beau être prévisible, il n'en est pas moins une catastrophe pour le multilatéralisme et donc pour l'humanité. Car si les paysans, dans la foulée de Ueli Maurer, ont gagné une bataille, c'est la planète toute entière qui a perdu la guerre... ou plus exactement, qui risque fort d'avoir à en affronter plusieurs.

Des guerres économiques, tout d'abord et puis, si rien  n'est fait, militaires ensuite. Dans l'histoire, les différends économiques non résolus ont toujours débouché sur des boucheries sanglantes. La consommation augmente, les ressources disponibles sont limitées et il y a de plus en plus d'intervenants sur les marchés. Au lieu de chercher à partager équitablement, avec une vraie vision globale, les négociateurs avaient d'abord en tête leur intérêt national. Ce pourquoi ils sont payés et ce pourquoi leurs dirigeants sont élus. Cela ne pouvait pas marcher, la crise n'est pas encore assez profondément ancrée dans l'esprit des gens, qui en plus, en attribuent assez systématiquement la paternité à la mondialisation.

Il suffit de lire les blogs et les réactions sur les sites de journaux sérieux comme le Monde pour voir à quel point la mondialisation est jugée responsable de tous les maux. C'est elle, c'est vrai, qui a fait que 300 millions de Chinois sont sortis en dix ans de la pauvreté, que de grands pays comme l'Inde, le Brésil et bien d'autres, de taille moyenne, sont rentrés brusquement dans le jeu du progrès. Mais fallait-il qu'ils restent misérables? Sommes nous les seuls à avoir le droit de nous développer et de consommer ?  

Faut-il bloquer le développement des pauvres pour rester riches ? Non bien sûr, en ce qui me concerne, la réponse est claire. Et seule une refonte profonde du système multilatéral permettra de définir des règles équitables. Paradoxalement celui qui parait le mieux armé, internationalement, pour faire bouger les choses dans le bon sens, c'est Barack Obama. Il aurait le pouvoir d'imposer les choses à l'intérieur et de faire revenir (sur son seul nom et ses promesses de changement), les gouvernements étrangers à la table de négociation, autour d'un projet enthousiasmant.  Seulement, le problème c'est qu'il ne sera pas élu pour ça. Il sera même lié par ses promesses aux syndicats, traditionnels soutiens démocrates. Comment s'en sortira-il ? Osera-t-il prendre les mesures qui seules pourraient engager le monde dans une nouvelle ère, plus équitable et donc donc plus pacifique?

 

29/07/2008

Les mensonges de Carlo Sommaruga

En réponse à un lettre de l'avocat Guy Zwahlen, la Tribune de Genève a publié deux lettres de lecteurs, dont l'une signée du Conseiller National Carlo Sommaruga. Dans laquelle il porte de graves accusations, qu'il sait être fausses et erronées, car à plusieurs reprises déjà, il lui a été expliqué, chiffres à l'appui qu'il se trompait. On pourrait s'attendre à ce que l'honnêteté intellectuelle et la rectitude morale caractérisent l'action d'un Conseiller National. Mais celui-ci préfère envoyer des lettres mensongères.

Sommaruga s'en prend à l'appareil d'Etat colombien, qui serait coupable de collusion structurelle avec les paramilitaires et responsable de l'assassinat de nombreux syndicalistes. Ce qui justifierait au passage la neutralité active à l'égard des FARC de son grand copain Gontard, puisque l'ennemi serait le diable fasciste. Or la réalité est toute autre.

1) Le Gouvernement Uribe dépense 4 millions de dollars par an dans le programme de protection des syndicalistes qu'il a initié et mis en place. Plusieurs centaines d'entre eux sont protégés. Et le nombre d'assassinats de syndicalistes a chuté spectaculairement depuis l'arrivée de Uribe.

2) Un certain nombre de syndicalistes mènent une double vie et sont des soutiens actifs des FARC ou de l'ELN. Ce qui n'est certes pas une raison de les flinguer, mais il faut informer avec exactitude. Même s'il est intolérable d'exécuter qui que ce soit et en plus sans jugement, ce n'est pas tout à fait la même chose de présenter la victime comme un honnête syndicaliste ou comme un combattant de l'ombre, complice de terroristes à des degrés divers. Carlo Sommaruga le sait fort bien et c'est pourquoi il ne parle que de leur côté face, le syndicalisme.

3) La "Fiscalia", la justice colombienne est bien loin d'être Pro Uribe comme le savent tous les observateurs, y compris à l'extrême gauche où l'on hésite pas à utiliser le résultat de ses enquêtes quand ça arrange. La Fiscalia est impartiale et mène des enquêtes criminelles pour chaque assassinat. Or tandis que les ONG présentent systématiquement un assassinat de syndicaliste de gauche comme l'oeuvre de l'extrême-droite paramilitaire, les enquêtes judiciaires délivrent une toute autre vérité. Dans de très nombreux cas, les assassinats, loin d'impliquer les paras, sont en fait des réglements de comptes entre militants de guérillas rivales, membres de l'ELN contre FARC et vice versa.

Comme aux beaux temps du Barcelone de la guerre d'Espagne, les luttes fratricides au sein de l'extrême gauche ont fait davantage de morts depuis au moins deux ans que les combats avec la police ou l'armée régulière, ou même avec les paramilitaires, démobilisés à plus 95%, la plus belle réussite du Gouvernement Uribe. Les quelques pour cent de paramilitaires restant désormais carrément versés dans le grand banditisme travaillent aujourd'hui main dans la main avec les FARC à l'exportation de cocaïne. Où l'on retrouve les mêmes ingrédients que du temps de Pablo Escobar: trafic de poudre, violence et oeuvres sociales... A la différence que le volet oeuvres sociales était apparemment nettement plus développé avec Escobar qu'avec les FARC. Assez paradoxal non ? Carlo Sommaruga devrait être plus prudent dans le choix de ses combats.

28/07/2008

Un Temps Présent très subjectif

J'aime bien Christian Fehlbaum, que je considère comme un copain mais j'ai le regret de dire que son Temps Présent sur la Classe Moyenne était biaisé, parce que tronqué. Passe encore que les avis des radicaux genevois n'aient été que brièvement mentionnés et rapidement contredits. Sans même leur laisser le temps d'exposer le détail et les moyens à mettre en oeuvre - ils existent - pour que la mise à niveau européen de la tva soit compensée par une baisse de la fiscalité directe. Afin qu'au final, ce soient bien ceux qui consomment le plus, et donc qui en ont les moyens, qui règlent la facture.

Il y a plus grave, lorsque l'émission confine carrèment à la propagande socialiste en omettant un élément essentiel d'information. Oui, les classes moyennes sont actuellement pressurées par les charges et l'impôt, tandis que les plus hauts revenus s'envolent. Oui c'est injuste et cela doit être corrigé. Mais si l'on se contente de vouloir augmenter les  impôts des plus riches, dans un cadre national ou même cantonal, comme prétend le faire la gauche et le PS en particulier, on se tire une balle dans le pied. Les plus riches déménageront vite fait leur fortune sous d'autres cieux, c'est aussi simple que cela. Parfois, lorsque la fortune est "liquide" ils n'auront même pas besoin de déménager eux-mêmes. Et au final, l'Etat aura perdu davantage d'impôts qu'il prétendait en gagner.  C'est encore une fois les classes moyennes qui paieront les pots cassés, comme c'est le cas depuis bien longtemps.

Ne pas mentionner cela, c'est une tentative de manipulation de l'opinion et le journaliste n'est de loin pas seul en cause. Le système de Temps Présent veut que les producteurs contrôlent très étroitement le contenu et la forme des émissions. J'ai du mal à croire que personne n'ait constaté ce manque, d'autant plus flagrant que ce fut l'argument décisif des dernières votations sur la question à Genève: augmenter les impôts des riches revient à chasser ces riches et donc à augmenter l'imposition du salarié de base. Ou à réduire les prestations d'assistance.  C'est forcément un choix politique visant à valider les théses populistes du PS que celui qui a été fait par Temps Présent, sous couvert d'objectivité en interrogeant tout le monde. Mais pas avec les bonnes questions et encore moins les bonnes réponses.

Pourtant il y a une solution au problème, un problème grave de déséquilibre des richesses qui, rajouté aux problèmes écologiques, est en train de saper les fondements même de nos sociétés occidentales. Il faut parvenir à un accord mondial à minima sur la fiscalité. Qui fera du tort à la place financière genevoise dans un premier temps, mais encore plus à tous les paradis fiscaux du monde qui n'ont que l'évasion fiscale pour justificatif. Or Genève dispose de bien d'autres atouts, de son savoir faire à son cadre idyllique, pour retenir ici la gestion de fortune, même sans évasion fiscale. Sans compter que l'on ne pourra plus refuser bien longtemps à l'Union Eurpéenne ce que l'on a accordé aux Etats-Unis, même si le cadre juridique est différent.

 

26/07/2008

Morale et Politique: un couple forcément infernal ?

Les explosions médiatiques de cette fin juillet ont toutes un point commun: elles emmènement le politique là où il n'aime pas aller, bien que cela soit dans son essence même d'y être: aux confins de la morale. Il n'aime pas y aller parce que qu'elle soit son attitude en pareil cas, elle lui coûtera des voix, ce que le politique déteste par dessus tout. Mais en même temps, ayant à administrer la cité (polis en grec), il est bien obligé de mettre les mains dans le cambouis des turpitudes humaines.

Un très haut fonctionnaire, chef de l'armée dont la vie matrimoniale est, pour faire court, très agitée. Ce qui au demeurant n'a rien à voir avec la conduite des affaires militaires, mais tout de même... Et un sage, notaire de province, qui ne dit pas toute la vérité à ses petits camarades. Mais qui a fait et qui fait encore rempart de son propre corps à la tentative de prise en mains hégémonique du pays par une clique d'affairistes, aux idées un peu trop carrées. Qui ont, entre autres, mené UBS là où elle en est.

Un dictateur criminel qui, après avoir – au moins – laissé ses sbires faire sauter quelques avions dans sa jeunesse, a pris la détestable habitude de conquérir les gens à la cravache. Méthode qu'il a léguée à ses enfants. Mais qui se révèle aussi un allié du monde occidental dans la lutte contre l'islamisme radical, tandis que son pays sert de vase de rétention (ou de réservoir d'expansion) aux candidats à l'émigration qui rêvent de se jeter sur nos côtes par centaines de milliers... Ce qui ne l'empêche pas d'être perçu par quelques tiers mondistes fossilisés comme un héros de la lutte contre l'impérialisme étasunien...

Un médiateur a la langue bien pendue qui a – ou non – porté enveloppes et valises. Qui a surtout, dans les discours qu'il tenait « off the record » à Genève dénigré à longueur d'années et sans objectivité un gouvernement démocratique pendant que lui-même fournissait à une bande de malfrats des éléments d'information essentiels. Des infos et conseils qui les ont renforcés, tout en accentuant le calvaire de victimes innocentes, même si je ne crois pas un instant qu'il l'ait fait en songeant sérieusement aux conséquences de ses indiscrétions.

Il a juste agi ainsi pour satisfaire son ego et nourrir ses fantasmes révolutionnaires qui, par sa bouche, semblent avoir contaminé le jugement d'une de nos sept sages. A moins qu'elle ne prouve le contraire en cessant de le soutenir, ce qui ne serait pas non plus très moral, puisqu'elle le considère comme un ami... Mais le passage semble obligé, si elle tient à son fauteuil... Ou si son parti a besoin qu'elle y reste...

Un dépeceur d'entreprises, chanteur de charme râté et politicien populiste, quoique sous étiquette centriste, qui parvient à faire payer par l'Etat français l'ardoise de près de 350 millions de nos Francs qu'il doit aux services sociaux de ce même Etat. Une dette colosale (l'équivalent du salaire annuel des 11 000 postes d'enseignants supprimés en 2008 dans l'Hexagone) due à la gestion calamiteuse des entreprises qu'il avait pris sous sa coupe. L'énergumène perçoit en sus une trentaine de millions de pourboire pour assurer ses vieux jours. Parce qu'il est un populiste du centre à succès, ce qui pourrait contribuer à abattre l'opposant No 1. Celui qui, au centre, pourrait apparaître comme l'ultime recours entre Charybde et Scylla. En matière d'accès au pouvoir et de sa conservation, le petit Nicolas ne laisse rien au hasard...

C'est justement, lui, le petit Nicolas, avocat d'affaires dans le civil, qui a suggéré le recours à un arbitrage privé dans cette affaire. Une procédure peu transparente, contraire à tous les usages et jurisprudence lorsque l'une des parties est une entité publique ! C'est ça le vrai chic: claquer 350 millions de Francs de fonds publics juste pour s'assurer de conserver le pouvoir... Mais on peut aussi considérer que l'Etat ne fait que transférer d'une de ses poches à l'autre, puisque le richissime dépeceur d'entreprises s'était utilement placé en position d'insolvabilité...

Accessoirement, pour mieux comprendre les enjeux, il faut savoir que Jean Peyrelevade, Vice-Président du Mo-Dem et conseiller économique de François Bayrou, est aussi, avec Pascal Lamy, celui qui a redressé le Crédit Lyonnais au prix d'une gestion rigoureuse qui avait fait éclater au grand jour les impéréties cavalières du système Tapie. François Bayrou, de son côté, veut faire de l'intégrité un enjeu politique. Est-ce réaliste ? C'est en tout cas une belle démarche, qui mérite d'être tentée.

Cet inventaire de la semaine, que même Prévert n'aurait pu imaginer, est caractéristique de la politique et c'est détestable. Pour le citoyen de base, à qui l'on enseigne depuis l'enfance à se bien conduire, ces turpitudes sont dégoûtantes. Mais la politique peut elle se mener en conservant tous les jours ses mains propres sous des gants blancs? Ne faut-il pas accepter d'ôter les gants et de se salir les mains, parce que « ceux d'en face », ne vous font aucun cadeau, qu'il s'agisse d'affairistes véreux ou de dictateurs vérolés ? Le problème, c'est que si l'on accepte de franchir le pas une fois, par exemple pour sortir de prison deux hommes d'affaires suisses injustement accusés (pour le moment uniquement d'immigration illégale ce qui n'est pas encore très grave) où situera-t-on la limite la prochaine fois ?

C'est typiquement une question de morale et c'est bien ce qui fait défaut dans le monde d'aujourd'hui. On peut vivre sans dieu, mais pas sans morale. Celle ci allant de pair, à mon avis, avec la transparence. Mais mon avis est certainement un peu naïf...

25/07/2008

Le contenu des disques durs qui accusent Gontard

Enfin, voici ce que contenait, au sujet de Gontard, les disques durs de l'ordinateur de Raul Reyes. On y apprend des choses étonnantes, comme le vrai nom du chef des FARC pour l'Europe, qui vit à Lausanne, comme d'ailleurs un bon nombre d'enfants des membres du Secrétariat Général des FARC, en plus de ceux qui ont fait leurs études à l'IUED. On y découvre aussi que, selon les copies de couriels reçus par la Weltwoche, c'est apparemment Gontard qui a appris aux FARC les liens privilégiés qui unissaient Ingrid Betancourt et Dominique de Villepin, peu après son discours à la Tribune de  l'ONU. En insistant sur les bénéfices politiques que les FARC pouvaient en tirer...

Si ces infos sont exactes, on peut en conclure que c'est Jean-Pierre qui a fait d'Ingrid une star mondiale... Elle peut lui dire merci, à Jean-Pierre, qui en plus de jouer double jeu auprès de la famille d'Ingrid, cumule un nombre impressionnant de sièges de conseils d'administration et de comités d'ONG diverses... Certes moins rémunérateurs que des CA de multinationales, mais mis bout à bout avec son salaire de l'IUED et les frais alloués par la Confédération pour aller se promener dans la jungle équatorienne... Je vous raconterai un jour les chambres en marbre et la pisicine olympique du 5 étoiles de Lago Agrio, un trou perdu à la frontière équato-colombienne où ne logent que les trafiquants, les agents de renseignement et... les invités de la Croix Rouge! Intermédiaire, c'est un job en or... Mais trêve de plaisanterie, vous trouverez ci-dessous le lien pour 4 articles explosifs de la Weltwoche, traduits en français.

Je dois dire que la Weltwoche n'est pas ma lecture favorite, mais là il s'agit de faits, pas de commentaires ! Et l'on a vraiment hâte d'entendre les explications de Berne et de Gontard. Plus exactement, les faits, tels que relatés, sont autrement plus graves qu'un simple paiement de rançon. Il ne s'agit ni plus ni moins que de collusion objective et de conseils avisés. Qui permettent aux FARC de marquer des points. A leur lumière, on interprète différemment la soudaine libération de huit otages par les bons soins du CICR, une dizaine de jours seulement après leur enlèvement. Une performance rarement atteinte auparavant. On se dit que les FARC ont un sérieux besoin de ramener la Suisse, le CICR et les négociateurs dans le jeu et que c'est là le meilleur moyen. A noter que les otages capturés au Choco étaient de pauvres citoyens lambda. Plus coûteux à retenir qu'à relâcher. Les FARC ont tout de même gardé les deux seuls otages capturés qui avaient de la valeur, deux enfants en l'occurrence. Je ne suis pas certain que le CICR ait bien raison de se vanter de ce genre de résultat...

La Weltwoche a pour habitude d'être sûre de ses sources. On le lui souhaite. Mais maintenant que tout ceci est sorti au grand jour, si jamais elles sont fausses ou partielles, le seul moyen de le prouver, c'est en acceptant d'aller au procès...  Voici donc le lien, où l'on apprend aussi, par le menu, le déroulement de l'opération sauvetage d'Ingrid, les radios truquées vendues aux FARC et l'identité de la guérillera retournée. Incroyablement instructif.

 http://www.weltwoche.ch/artikel/?AssetID=20436&...

24/07/2008

Kadhafi: quelles cartes dans quelles mains?

Kadhafi est un truand récidiviste, on le sait. La meilleure preuve que la plainte des deux domestiques était spontanée, et non préméditée pour obtenir un visa, se trouve en Libye, retenue elle-aussi. C'est la mère du serviteur marocain, venue pour le visiter au mauvais moment... Il serait pertinent de l'inclure dans les négociations, mais le DFAE l'osera-t-il ? Cela ferait incontestablement monter les enchères. Et bien malin qui peut prédire quelle sera l'attitude de Mohammed 6, le roi du Maroc, dans cette affaire. Solidaire de ses ressortissants et au passage des Occidentaux, ou d'un chef d'Etat voisin et influent, paradoxalement perçu comme un défenseur des opprimés arabes ?

S'il prend la défense du serviteur marocain, il faudra au Roi du Maroc une bonne campagne de communication interne, vis à vis des islamistes, pour expliquer que dans l'histoire, les Européens sont les défenseurs des pauvres. Sa chance est que Kadhafi, dernier des grands leaders nationalistes arabes, est assez mal vu des islamistes. Ce qui lui a valu le pardon des USA.

On peut espérer que sans attendre, le DFAE a contacté M6, comme on le surnomme, pour faire front commun. Et suggérer à Micheline Calmy-Rey de prendre langue avec son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, son partenaire dans l'affaire colombienne. Ce fin connaisseur du monde islamique a été longtemps ambassadeur au Maroc. La France aussi doit être mise dans le bain. Un appui européen discret mais ferme dans cette affaire ne sera pas de trop. 

L'UE et le Maghreb à la rescousse, voilà qui ne va pas faire plaisir au Président genevois de l'UDC, qui appelle en solitaire au boycott des produits Tamoil. Une démarche assez risible, qui ne profiterait qu'aux concurrents de la pétrolière libyenne, sans lui causer de grands torts. En ces temps de pétrole cher, c'est plutôt nous qui sommes demandeurs et surtout, la plus grosse partie du pétrole que nous vend la Libye est raffinée par ses soins en Suisse avant d'être revendue à d'autres compagnies. Impossible donc à boycotter par le grand public qui ne sait pas d'où vient l'essence qu'il achète.

De plus, rentrer dans ce schéma appelerait des mesures de rétorsion immédiate à l'égard de nos entreprises là-bas, ruinant plusieurs années d'investissement. Quand bien même Tamoil devrait se retirer de Suisse, Kadhafi trouverait immédiatement des acquéreurs à bon prix pour ses insfrastructures et ses parts de marché. Beaucoup plus facilement que les investisseurs suisses en Libye, les ABB, Nestlé et Cie, qui devraient faire une croix sur leurs efforts. Ils peuvent certes se le permettre, mais est-ce le but ?

La démarche de l'UDC est donc aussi vaine que stupide. Dénoncer un scandale est une chose, à la portée de tout le monde ou presque. Y apporter une réponse pertinente est autrement plus compliqué et c'est le rôle des politiques sérieux. Qui doivent entre autres réfléchir et se renseigner avant de proposer des actions sur un coup de tête.

Si tout le monde s'accorde sur la fermeté, concrètement, que peuvent les négociateurs helvétiques, dont on connait par ailleurs l'entregent et la pugnacité? Seuls, pas grand chose. Bien que cela soit profondément injuste, c'est plutôt Kadhafi qui a les cartes en main, et le vieux renard le sait. Très vraisemblablement, la caution de la justice genevoise – d'un montant ridicule, soit dit en passant pour l'énergumène - sera compensée par un discret versement au moins équivalent en Libye. Mais le bras de la justice devra passer à Genève. On imagine mal un verdict de complaisance, même si ce qui compte d'abord, pour les victimes, plus que la condamnation de leur bourreau, c'est d'abord de mettre leurs proches et eux-mêmes à l'abri de la vindicte libyenne.

La mobilisation internationale sera forcément limitée au vu des enjeux, sommes toutes mineurs. Toutefois, la condamnation à des peines de prison fermes, même légères compte tenu des faits, du fils Kadhafi et de son épouse, assortie de mandats d'arrêts internationaux, restreindrait très sérieusement leur liberté de mouvement... Voilà peut-être la seule arme dont disposent les négociateurs helvétiques. Qui suppose une Justice à l'écoute des desiderata du Souverain, ce qui n'est pas très sain... Mais c'est aussi au Pouvoir judiciaire de prendre ses responsabilités dans cette affaire.

Cette affaire en soi bénigne, peut devenir un cas d'école d'un changement d'ère. La communauté internationale doit apprendre à fonctionner selon des principes qui sont ceux du droit, un droit international minimal, mais équitable, et non plus de la loi du plus fort. Mais paradoxalement, pour pouvoir appliquer ces justes principes, la communauté internationale doit prendre conscience de sa force à l'égard des tyrans locaux, et de ses obligations à l'égard des plus faibles. Ce qui signifie cesser d'interpréter systématiquement la loi en faveur des intérêts occidentaux et être capable de déclencher le grand ramdam aussi bien pour la mère d''un pauvre serviteur marocain, retenue en Libye, que pour deux cadres helvétiques...

23/07/2008

Deux nouveaux otages à Tripoli

Les Kadhafi sont des gangsters, ce n'est pas une découverte. Ils pratiquent la rançon avec un art consommé, digne des plus grands pirates barbaresques, mais sans honneur. Du calvaire des infirmières bulgares au récit de Mnemona Hinterman, journaliste de la télévision française qui réchappa d'un viol par le chef d'Etat Lybien en se prétendant impure (en période de règles, donc intouchable), en passant par Lockerbee et l'appareil d'UTA,  les monstruosités s'accumulent. Sans oublier les conflits armés du Tchad.

Kadhafi est directement responsable d'autant de morts que l'effondrement des Twin Towers, mais lui en plusieurs fois. Ce qui explique sans doute qu'on lui ait pardonné. Et puis ce n'était pas aux Etats-Unis. Maintenant, la question est: comment va-t-on faire pour tirer d'affaire les deux pauvres citoyens suisses retenus à Tripoli ? Que va-t-on lâcher en échange ? Qui va-t-on envoyer là-bas pour tenter une médiation ? On pourrait essayer Carla, peut-être qu'avec une petite chanson… Ou Micheline, avec les Trois Cloches ?

Je crois sincèrement qu'il y a des oppositions et des conflits qui se résolvent par la négociation. Et d'autres par la fermeté. Sinon cela ne s'arrêtera jamais. Nos autorités sont décidément bien naïves. Et si le fait de se camoufler en ONG pour libérer des otages retenus depuis 6 ou 10 ans est un crime, comment appeler celui de capturer des innocents pour venger le déshonneur d'un fils à papa très pourri et très gâté ?   

Attrape gogos

J'en ai déjà reçu de toutes les couleurs, des filles de ministre éplorées, des hommes d'affaires inquiets du fisc, des escrocs en tout genre vous promettant monts et merveilles en échange d'une petite avance. Mais la version ci-dessous, à savoir: "Je vais mourir, je n'ai pas d'héritier, pourquoi pas vous?", je dois dire que c'est la première fois. Etonnant même que personne n'y ait songé avant. Le pire, c'est qu'un certain nombre de gogos vont se laisser prendre... Je vous la laisse déguster.

 

Bonjour .

Je suis Monsieur Bruno Amani, né le 18 janvier 1946. Je souffre d’un cancer de la prostate qui est en phase terminale, c'est à dire que je suis condamné à une mort certaine.
Mon médecin traitant vient de m’informer que mes jours sont comptés du fait de mon état de santé dégradé.

Ma situation matrimoniale est telle que je n’ai ni femme et encore moins des enfants à qui je pourrais léguer mon héritage.
C’est pour cela que je voudrais de façon gracieuse, et dans le souci d’aider les démunis, vous léguer mon héritage s’élevant à une valeur de 5 millions d'Euros afin que vous puissiez vous en servir pour aider les pauvres, les sans-abris, les démunis.
Je voudrais que vous me communiquiez les informations suivantes :

1 - votre nom complet
2 - votre adresse exacte
3 - votre numéro de téléphone direct et, si

possible, votre numéro de fax. Je compte sur votre bonne volonté et surtout le bon usage de ces fonds pour votre œuvre.

DIEU vous bénisse.
Mr Bruno Amani

22/07/2008

OMC: sous les cartes, le prix du succès

Doha va échouer, c'est certain, à moins d'un changement radical des mentalités de nos gouvernants. Un bouleversement malheureusement aussi soudain que peu probable, car contre-nature. Les négociateurs engagés sont tous au service de leur Etat ou groupe d'Etats. Et tous considèrent l'intérêt général global comme une vue de l'esprit.

Or c'est l'intérêt général global qui à moyen terme nous permettra à tous de vivre mieux, plus harmonieusement et avec moins de risques. Mais d'abord il faut accepter des sacrifices de taille... et changer la longueur d'ondes de nos raisonnements.

Le déséquilibre croissant entre pays riches et pays pauvres est une bombe atomique à retardement. En réaction à notre égoïsme, les mentalités sont en train de changer profondément en Afrique et s'il est désagréable d'avoir de pauvres mendiants à sa porte, c'est encore pire d'y avoir des cohortes de pauvres hostiles. Tôt ou tard fanatisés par Al Qaïda.

Certains pays, dit émergeants, sont en train de passer du statut de pauvres à celui de riches, ce qui soutient la croissance mondiale. Sans eux, nous aurions plongé dans une crise, style années 30. Mais cela augmente la pression écologique sur les ressources de la planète. Les matières premières ne sont pas en quantité illimitée, et la Terre ne peut absorber davantage de pollution. Notre niveau de vie de classe moyenne occidentale n'est donc pas extensible à l'ensemble de l'humanité. Pas sans une révolution technologique en tout cas.

Donc il faut partager. C'est à dire que nous, occidentaux, devons recevoir un peu moins et donner un peu plus. L'alternative est simple: c'est la guerre tôt ou tard. Une guerre totale et sale, dans une logique d'extermination que nous ne sommes pas prêts à assumer et pas non plus à gagner. L'expérience des Etats-Unis en Irak montre que la suprématie technologique ne fait pas tout.

Le problème, c'est que même si les négociateurs, à l'OMC, sont assez conscients du tableau, aucun gouvernement ne souhaite tenir ce discours à son opinion publique. Les journalistes ont beau expliquer que l'Afrique se meurt et a besoin urgeamment d'une transfusion, personne n'est prêt à donner son sang. Du coup, on se prépare à tout faire capoter, sous de faux prétextes.

 

Doha exige des pays riches de réduire drastiquement les subventions massives à leurs agricultures, qui faussent la concurrence et sont l'une des causes de la crise alimentaire mondiale. Bien davantage qu'un remède, contrairement à ce que prétend Michel Barnier. Les premiers bénéficiaires en seraient évidemment les pays émergeants gros producteurs agricoles, à savoir l'Amérique Latine. Dont il est au demeurant pertinent de favoriser l'émergeance, d'un point de vue occidental, car ils nous sont très proches, culturellement. Les pays les plus pauvres, notamment l'Afrique bénéficieraient également de cette ouverture des marchés, car la production agricole est actuellement leur seule richesse, en dehors des matières premières, pour ceux qui en ont.

En dehors du riz, les pays d'Asie n'ont pas vraiment vocation à devenir de gros exportateurs agricoles, ayant déjà à nourrir leurs propres populations, fort nombreuses. De leur côté, les riches pays occidentaux s'obstinent à exiger devantage de baisse des taxes à l'importation sur les produits industriels, ce qui profitera d'abord... aux pays émergeants d'Asie et en premier lieu à la Chine, devenue l'usine du monde. Cela n'est pas forcément le but à atteindre, si l'on veut éviter d'accentuer les déséquilibres... et de doper la pollution.

Il semble bien qu'il y ait donc là une forme de mauvaise foi des pays riches, dont la Suisse, à exiger des concessions qui ne nous profiteraient qu'en 2ème rang... mais dont on sait qu'elles ont de fortes chances d'être refusées, ce qui nous permettrait de ne pas réduire notre subventionnement de l'agriculture.

La pression sur les services est plus pertinente. Il est légitime d'essayer de préserver nos positions dans des domaines qui en plus ne polluent pas. Mais sans exagération non plus. Les émergeants comme les plus pauvres doivent pouvoir tirer leur épingle du jeu et nous rattraper. Il serait malsain de nous accaparer tous les domaines les plus juteux. Nous autres pays riches venons de profiter de plus d'un siècle de prospérité inégalée, qui a survécu à deux guerres mondiales. Il est temps de faire tourner un peu le gâteau.

Il s'agit moins d'assister les pauvres que d'aménager les règles pour qu'ils puissent concourrir à armes égales. Ce qui pour l'heure n'est pas le cas.   

 

 

 

19/07/2008

Couchepin et Uribe

Si ce n'était pas aussi triste, du point de vue de la déontologie journalistique, il y aurait de quoi en rire. L'acharnement d'une partie de la presse helvétique à l'égard de la Colombie est un cas d'école: tous les racontars, fausses rumeurs, scoops bidons et chiffres manipulés sont reproduits sans nuance dès lors qu'ils peuvent servir à critiquer le gouvernement. Aux propos duquel on n'accorde guère de crédit, depuis trop d'années.

Ainsi, l'entretien de vendredi, entre Alvaro Uribe et Pascal Couchepin, qui se sont parlés au téléphone, en tant que Présidents en exercices, est présenté de manière assez tronquée. En fait, ils se sont assurés de leur désir mutuel de poursuivre et d'approfondir les relations bilatérales. Ce coup de téléphone était à l'initiative du Président Uribe, mais faisait suite à une lettre de félicitations envoyée par le Président Couchepin, qui emploie le terme de teroristes à l'égard des FARC, conformément aux options retenues par l'ONU et l'UE. A noter que Martine Brunschwig Graf avait reccomandé à Micheline Calmy-Rey de décrocher son téléphone, pour appeler Alvaro Uribe. 

On peut également remarquer que lorsque la Colombie a décidé de mettre fin à l'intermédiation des trois pays, la France et l'Espagne en ont pris acte sans barguigner. Qu'un pays souverain ait besoin d'aide ou non, c'est tout de même à lui d'en décider. Prétendre poursuivre, de manière unilatérale, est assez peu diplomatique... Cela met la Colombie, très respectueuse des usages et peu soucieuse de se mêler de politique intérieuire suisse, dans une situation très inconfortable. 

Pour en revenir à la presse, utiliser une marche pour la libération des otages, largement appuyée par le Gouvernement colombien, pour promouvoir une action anti-gouvernementale, il n'y a qu'ici que cela arrive! Réunir une trentaine de familles, dont celle d'Ingrid, pour critiquer la politique du Gouvernement et en faire un film, largement vanté dans les pages de la Tribune, c'est assez facile, mais cela ne dit rien des plus de 80% de la population, y compris nombre de familles d'otages qui approuvent la politique gouvernementale. Plusieurs de ces familles ont d'ailleur signé un papier autorisant le Gouvernement a utiliser les armes pour tenter de libérer leurs proches. Pourquoi n'y en a-t-il aucune dans ce film de propagande, heureusement refusé par les chaînes publiques ? Quant au nombre d'otages invoqués, il comprend visiblement toutes les personnes disparues, dont la plupart sont estimées mortes aujourd'hui. Les estimations réalistes parlent plutôt de 700 personnes vivantes encore détenues. Ce qui est beaucoup trop. 

Y en aurait-il eu moins si l'on avait agi autrement ? Bien des Colombiens le pensent aujourd'hui. L'idée, c'est que s'îl n'y avait ni intermédiaires pour marchander, ni rançon, il n'y aurait plus d'otages. Au début, plusieurs sans doute auraient été assassinés, d'autres relâchés, puis les gangsters et les terroristes auraient arrêté de recourrir à un moyen qui ne rapportait rien. Au lieu de celà, on a mis le doigt dans un engrenage mortel, qui a causé d'énormes dégats en vies humaines. Bien plus que si l'on y avait mis tout de suite le holà. Briser ce cycle infernal, c'est ce que le Gouvernement colombien essaie de faire. Et le nombre de personnes enlevées n'a jamais été aussi faible depuis quinze ans...    

 

 

18/07/2008

De l'OMC à l'UBS: Genève

J'ai rarement vu un article aussi corsé en mauvaise foi que celui de Michel Egger, analyste et porte-parole de plusieurs ONG dans la Tribune d'aujourd'hui sur les accords de Doha. Il cite par exemple Michel Barnier, Ministre français de l'agriculture, à l'appui de ses thèses protectionnistes comme si cela devait signifier quelque chose, sous prétexte que Barnier est ministre d'un gouvernement de droite... Mais le protectionnisme est un rétrécissement de l'esprit aussi répandu à droite qu'à gauche.

Plus spécifiquement, Barnier est le défenseur et le porte-parole du lobby agricole français... qui constitue l'un des trois principaux obstacles à la conclusion d'un accord devant l'OMC. Les deux autres étant le lobby agricole étasunien... et le groupe des pays les plus protectionnistes en la matière, menés par la Suisse et le Japon. Sur ce combat là, Sarkozy et Bové sont en parfaite symbiose.

La prise de parole des organisations altermondialistes au nom des paysans du sud est éminement suspecte. Au point que certains se demandent si cela ne va pas plus loin que la simple collusion objective, tant le lobbyisme des uns fait écho à l'activisme des autres. Or les sommes en jeu sont considérables. Les organisations d'aide au développement sérieuses, telle OXFAM, qui se préoccupent d'aider à produire plutôt que d'assister, ont un discours tout différent. Il est évident que la baisse des droits de douane dans les pays du nord est une chance pour les agriculteurs du sud. Même si localement cela peut perturber certaines productions: la banane africaine et plus encore antillaise va souffrir de la concurrence de la banane latino-américaine par exemple. Mais à terme, le marché devrait permettre de produire ce qu'il faut là où il faut pour être efficace. Quitte à aider pour améliorer les infrastructures de transport en Afrique, par exemple.

Dans la série mauvaise foi, Egger dénonce l'importation massive, au sud, de céréales largement subventionnées du nord. Evidemment que c'est une calamité qui déstabilise les marchés locaux. Mais outre qu'elle est encore plus déstabilisante lorsque les dites céréales sont distribuées gratuitement sous couvert d'aide alimentaire par ces mêmes ONG du nord, l'un des buts des accords de Doha est précisément de mettre fin aux subventions perçues par les paysans du nord, qui représentent plusieurs fois le montant de toute l'aide mondiale au développement.

Il faut savoir ce que l'on veut et la gauche altermondialiste, qu'elle soir caviar ou bien pensante, doit apprendre à appeler un chat un chat. Elle ne peut pas prétendre faire plaisir à tout le monde. Le gâteau de la richesse n'est pas extensible à l'infini, et quoiqu'on en dise, aussi abérrantes qu'elles soient, les fortunes des hyperriches ne représentent qu'une poignée de cerises sur le-dit gâteau. Nous autres, classes moyennes et populaires du nord, concentrons l'essentiel des richesses de la planète. Et produisons l'immense majorité des déchets. La bourgeoisie des pays émergeants nous rejoint peu à peu, mais un Rmiste français gagne toujours dix fois plus qu'un fonctionnaire d'un pays d'Afrique noire... Une caissière à la Migros 50 fois plus que son homologue togolaise... Sans que le coût de la vie diffère en dehors de la nourriture de base.

Alors même si un Ospel gagnait 800 fois plus qu'une caissière à la Migros (donc 40 000 fois plus qu'une caissière togolaise !), il n'y a qu'un Ospel et des dizaines, des centaines de milliers de caissières à la Migros, d'ouvriers du bâtiment, de chômeurs, de petits et moyens fonctionnaires, de journalistes et autres travailleurs honnêtes... Loins d'être riches, tous demain devront partager et consommer autrement si l'on veut rétablir un équilibre sur la planète, sans faire exploser son enveloppe écologique.

Lorsque la gauche aura le courage de tenir ce discours, elle aura mon estime, pour l'heure ce n'est que verbiage et propagande. Bien sûr qu'Ospel et les siens devront s'y mettre aussi. Je pense notamment au moment de la transmission de l'héritage... Mais il faut à mon sens laisser faire le marché et l'initiative individuelle dans le laps de temps d'une vie humaine, tout en contrôlant et corrigeant là où c'est vraiment nécesssaire. Pour être efficace, ces corrections ne doivent plus être envisagées au niveau national. Il faut penser global. Parce que le village planétaire, nous sommes en plein dedans.

Les déboires, prévisibles, d'UBS aux Etats-Unis, comme le sont ceux qui suivront forcément avec l'UE, sont la preuve éclatante de ce que la normalisation mondiale a commencé, parce qu'il n'y a pas d'autre solution, en dehors d'une guerre mondiale. Dont les conséquences pourraient être tellement catastrophiques que personne de censé n'en veut. Dans cette perspective, qui inclut la fin des paradis fiscaux, ou en tout cas une sacrée révision à la baisse des privilèges qu'ils pouvaient accorder, la Suisse et Genève ont une carte à jouer.

Celle de capitale mondiale, que notre ville est déjà, l'OMC, l'OMS, l'OMM, le BIT et Cie étant autant de ministères. Mais celle de capitale de la finance aussi, non plus par les attraits du secret bancaire, mais par ceux, intrinséques, de notre qualité de vie, de la qualité de nos services et de nos personnels en la matière, ainsi que de nos infrastructures... et là, il y a du boulot! Lorsque les banquiers privés genevois jettent sur la table un institut de formation bancaire de très haut niveau, ils vont dans le bon sens. C'est cela qu'il faut mettre en avant, car même sans secret, il y aura toujours des banques demain...

Et puis pour l'heure nous disposons encore de ressources financières considérables, que nos banquiers peuvent orienter dans telles ou telles directions. Certains d'entre eux ont clairement choisi le parti d'Al Gore et du transfert massif vers l'énergie renouvelable, d'autres explorent toutes sortes d'autres pistes. Tous ont raison: Genève doit rester à la pointe de la recherche et de l'innovation, pour aider à construire le monde de demain.

17/07/2008

Uribe et le CICR

Les lecteurs hispanophones trouveront ci-dessous la déclaration intégrale du Président de la république colombienne, suivie du communiqué du CICR, à Bogota qui lui a répondu sur ce que l'on pourrait appeler le ton de l'apaisement.

Il en ressort plusieurs points importants, que je vous résume:

Le Président et les chefs de l'armée, en autorisant l'opération avaient expressément interdit l'usage de sigles ou de références à des organisations existantes, notamment le CICR. Une organisation factice a même été créée spécialement pour l'occasion, avec ligne de téléphone et site Internet.

Aucun des soldats participants à l'opération n'était armé.

Malheureusement, l'un des officiers participants, inquiet devant la quantité de guerilleros en armes autour de l'hélioptère, a endossé un gilet arborant les emblèmes du CICR qu'il avait amené avec lui dans son sac, contrevenant aux ordres.

Ceci explique les démentis formels dans un premier temps, car les chefs de l'Armée et le Gouvernement partaient du principe que leurs ordres avaient été suivis, jusqu'à ce qu'une enquête interne révèle la vérité. 

Le Président Uribe a présenté personnellement ses excuses et celles de son Gouvernement à la délégation du CICR à Bogota.  

Le Président Uribe tient à rappeler à tous les représentants des Forces armées du pays que la politique de sécurité démocratique doit rester dans le strict cadre de la légalité et totalement transparente.  Il assume cependant la responsabilité de l'erreur commise par un homme placé sous ses ordres. Une erreur grave, car la Colombie veut et doit respecter les droits de l'homme et cet acte rejaillit de manière négative sur le pays et sur toute l'opération.

Une opération qui en dehors de cela est un succès éclatant et envoie le signal clair que si le Gouvernement veut la libération des séquestrés, il ne souhaite pas faire couler le sang. C'est un message à l'égard des FARC, les invitant à réfléchir à la paix.

Compte tenu de tout cela, le Président demande aux participants à l'opération de pardonner à leur compagnon, qui a failli dans des conditions délicates. Son nom ne sera pas révélé.

De son côté, le CICR rapelle que son emblême et son identitié ne doivent en aucun cas être utilisés de manière abusive, et qu'il lui incombe de rester neutre et impartial pour conserver la confiance de toutes les parties en conflit.

 

   

 


 

 

Julio 16

 

 

Declaración del Presidente Álvaro Uribe Vélez sobre la ‘Operación Jaque’

Bogotá, 15 jul (SP). “Antes de referirme con gratitud y con entusiasmo a los temas para los cuales generosamente nos ha convocado el señor Gobernador (de Cundinamarca, Andrés Gonzalez) esta mañana, permítanme expresar al mundo, a la comunidad nacional e internacional, la opinión del Gobierno de Colombia sobre el tema de uso de emblemas en la ‘Operación Jaque’.

La ‘Operación Jaque’ fue concebida, planeada y ejecutada con el fin de rescatar a Ingrid Betancourt, tres estadounidenses también secuestrados y 11 soldados y policías. Algunos llevaban más de 10 años en poder de los captores de las Farc.

La operación se autorizó, porque existía un riesgo mínimo para la vida de los secuestrados. Ninguno de los integrantes del equipo del Ejército que realizó la operación, ninguno fue armado, con el fin de evitar cualquier intercambio de disparos. Recordamos, no hubo disparos.

También quiero recordar que los guerrilleros que quedaron en tierra, contra ellos no se hizo un solo disparo. Se respetó su vida totalmente, como estaba definido en el planeamiento de la operación.

Para la operación se estableció una fachada de una misión humanitaria internacional ficticia, con una página web y una línea telefónica, y se dieron órdenes claras y perentorias, a lo largo del planeamiento de la operación, que no se suplantaran organizaciones humanitarias internacionales.

El Ministro de Defensa (Juan Manuel Santos), el general Freddy Padilla (de León) Comandante General (de las Fuerzas Militares), el general (Mario) Montoya (Comandante del Ejército) y mi persona, en las previas reuniones de planeamiento para autorizar la operación, definimos, claramente, que no se podían suplantar organismos internacionales humanitarios.

Luego de noticias de prensa sobre la supuesta aparición de un emblema de la Cruz Roja Internacional, se ordenó una investigación interna.

Fui informado, al atardecer del día lunes (14 de julio), cuando regresábamos de un Consejo de Seguridad en la ciudad de Nieva, y se me confirmó la información esta mañana sobre el resultado de la investigación.

Esa investigación dio como resultado que un oficial, equivocadamente y contrariando las órdenes dadas, reconoció que producto de su nerviosismo, al observar la cantidad de guerrilleros armados alrededor del helicóptero, se puso sobre su chaleco un peto de tela que llevaba el símbolo del Comité Internacional de la Cruz Roja.

Este oficial, al confesarle ese error a los Altos Mandos, ha dicho que cuando el helicóptero se aprestaba a aterrizar, el vio tal cantidad de guerrilleros, que se puso en una situación de mucho nerviosismo, que temió por su vida y que sacó el pedazo de tela con los símbolos del Comité Internacional de la Cruz Roja, que llevaba en su bolsillo, y lo puso sobre su chaleco.

Lamentamos que esto hubiera ocurrido.

El Ministro de la Defensa, doctor Juan Manuel Santos, y los Altos Mandos se reunieron esta mañana con el representante del Comité Internacional de la Cruz Roja, para darle las explicaciones y presentarle las disculpas.

El Ministro de la Defensa no nos acompaña en este acto, porque ha debido cuidar su salud por un principio de neumonía.

He solicitado al general Freddy Padilla de León (Comandante General de las Fuerzas Militares), después de las investigaciones jurídicas, que dada la circunstancia de que nuestros hombres no iban armados, no dispararon, no podían hacerlo, los grupos contingentes que teníamos cerca no dispararon contra los guerrilleros que quedaron en tierra, dado el hecho de que el oficial ha reconocido ante sus superiores el error que cometió y dados otros elementos jurídicos, no lo debemos sancionar. Asumo la responsabilidad.

Le vamos a pedir, sí, a este oficial, que tenga un gesto de valor y le pida a sus compañeros de operación que le perdonen. Que así como nosotros, en el Gobierno, pedimos al Comité Internacional de la Cruz Roja que nos perdone, él también lo haga. Por respeto a nuestras Fuerzas Armadas que adelantaron esa operación sin disparar, con total cuidado para preservar la vida de los secuestrados y también para dar una señal en el respeto a la vida de los secuestradores, por respeto a nuestras Fuerzas Armadas pido que el nombre del oficial que cometió ese error, se mantenga en reserva, para no afectar su carrera y para premiar su capacidad de decir la verdad.

El señor Vicepresidente de la República (Francisco Santos), esta mañana, desde el extranjero, dijo que no se habían portado estos emblemas, como lo he dicho yo en varias ocasiones, porque era la orden, era lo definido.

He llamado ya al señor Vicepresidente a decirle el resultado de esta investigación.

También el Comandante de la Policía, el señor general Óscar Naranjo, al entrar esta mañana a este recinto expresó lo mismo. No sabía el resultado de la investigación y yo, al saludarlo aquí, le dije: ‘General, hay esta investigación y se le va a contar al mundo y a la Patria’.

Llamo a todos los soldados y policías de la Patria para que honremos la Seguridad Democrática; demos motivos de orgullo a nuestros compatriotas, con una Seguridad Democrática eficaz y totalmente transparente.

Que este error sea un motivo de reflexión para que en Colombia haya un compromiso de total respeto a los derechos humanos.

Como Presidente de la República, Comandante Constitucional de las Fuerzas Armadas; responsable, en última instancia, de la ‘Operación Jaque’, asumo la responsabilidad política por este error.

Y pido que se tenga en cuenta que no era una operación de ataque, sino de rescate. Que fue una operación en la cual se definió no disparar un tiro. Que fue una operación en la cual, al éxito del rescate de los secuestrados, se sumó el éxito de no haber disparado contra los terroristas que quedaron en tierra, para dar unas señales claras, que queríamos la liberación de los secuestrados, que no buscábamos sangre. Que queríamos proteger la vida de quienes allí quedan como secuestrados y que queríamos enviar un mensaje a las Farc, que queremos eliminar el secuestro y el terrorismo y que queremos que las Farc reflexionen sobre la paz.

Da más tranquilidad decir la verdad que permitir la especulación, sobre todo cuando los Altos Mandos y el Ministro (de Defensa) han conocido la verdad, que me la han transmitido.

La Política de Seguridad Democrática se honra más admitiendo la verdad que eludiéndola. En los términos dichos, asumimos la responsabilidad y pedimos a las Fuerzas Armadas de Colombia corregir y avanzar.

Muchos compatriotas me han preguntado: ‘¿Y usted por qué asume las responsabilidades? Es la única manera de construir confianza. Si el Presidente de la República, Comandante de las Fuerzas Armadas, no asume las responsabilidades, no se crea, en las Fuerzas Armadas y en cada uno de los integrantes, ese acervo de confianza que se requiere para que tomen estas iniciativas y para darle, definitivamente, la paz a Colombia”.

 

 

 

 

 

       

 


 

Comunicado de Prensa de la Cruz Roja

El Comité Internacional de la Cruz Roja (CICR) toma nota de la declaración del Presidente de la República, Álvaro Uribe Vélez, según la cual reconoce que un oficial de la Fuerza Pública que participó en la operación 'Jaque', portó un peto con el logo del CICR y el emblema de la Cruz Roja. 

Como guardián del derecho internacional humanitario (DIH), el CICR recuerda que el uso del emblema de la Cruz Roja está específicamente reglamentado por los convenios de Ginebra y sus protocolos adicionales. El emblema de la Cruz Roja tiene que ser respetado en todas circunstancias y no puede ser usado de manera abusiva.

Además, el CICR reitera la importancia del respeto del emblema de la Cruz Roja como un signo protector que permite a sus representantes acceder a las zonas más afectadas por el conflicto armado y llevar a cabo sus actividades de protección y de asistencia a sus víctimas.  El CICR, organización humanitaria neutral e imparcial, debe tener la confianza de todas las partes en conflicto para llevar a cabo su acción humanitaria.

Bogotá, D.C., 16 de julio de 2008

 

16/07/2008

Affaire Gontard: la réponse de Bogota

Suite à la note de protestation transmise par l'ambassadeur de Suisse à Bogota hier, au sujet de la possible inculpation de Jean-Pierre Gontard,  le Vice-Chancelier (Ministre des affaires étrangères) colombien a fait publier le communiqué suivant, que je vous traduit:

DECLARATION DU VICE-CHANCELLIER CAMILO REYES:

 « Le Gouvernement suisse s’est exprimé, aujourd’hui, en estimant qu’il y avait eu une attaque de la Colombie à l’encontre de la Suisse, au sujet de l'information parue dans la presse selon laquelle la ‘Fiscalía General de la Nación’ (NB: l’équivalent du Procureur Général à Genève) pourrait éventuellement ouvrir une enquête à l’encontre de Mr. Jean Pierre Gontard.

Nous voudrions tout simplement rappeler que ceci n’est en rien une attaque contre la Suisse. En aucun cas. Par ailleurs, la ‘Fiscalía General de la Nación’ est une entité totalement indépendante. Elle a simplement informé sur cette possibilité, et nous voudrions, pour notre part, raapeler avec emphase notre désir de maintenir et de développer de très bonnes relations avec le Gouvernement et le peuple suisse ».

Voilà qui a le mérite d'être clair.  Pour mémoire, même si Gontard était inculpé pour des faits que la justice colombienne estimerait devoir lui reprocher, c'est jusqu'à preuve du contraire à la justice colombienne d'en décider. Et certainement pas au Gouvernement colombien, ni au Gouvernement suisse. Par ailleurs ce serait l'inculpation d'un individu pour des faits qu'il serait supposé avoir commis, lui, pas la Suisse.

Le manque de self contrôle dont a fait preuve le DFAE dans ce dossier, foulant aux pieds toutes les règles de la diplomatie et de la séparation des pouvoirs est assez affligeant. Un certain manque de professionalisme.  

 

 

Le yoyo du pétrole et le tsunami de l'automobile

Le pétrole joue au yoyo, c'est normal, mais la crise s'installe. La correction survenue hier sur le pétrole était prévisible, d'ailleurs un excellent banquier de mes amis (pas de pub) l'avait prédit il y a deux jours. Les Etats-Unis, premier consommateur mondial, tiennent la clef du marché et le jour où ils déstockeront leurs réserves les cours vont baisser. Mais là il ne s'agit pas d'une mesure d'Etat. C'est la bonne vieille loi de l'offre et de la demande qui réajuste: les citoyens étasuniens de base sont affolés par la montée des cours de l'or noir, que les sheiks arabes maintiennent à la hausse pour compenser la baisse du dollar... Que Washington maintient à la baisse pour contrer Pékin qui refuse de faire monter le yuan (ce qui ferait monter les prix des produits chinois) et pour réduire la valeur de l'ardoise colossale - libellée en dollars - que les Etats-Unis ont en Chine...

Donc affolés, les étasuniens réduisent leurs déplacements et mettent moins de pétrole dans les gros réservoirs de leurs grosses voitures. D'où la baisse actuelle. Mais ils achètent aussi moins de grosses voitures. Les ventes de cabines avancées, de Hummer et de SUV se sont écroulées, tandis qu'une hybride d'occasion s'arrache en quelques minutes... Réajuster les lignes de production va prendre un certain temps, au minimum plusieurs mois, qui vont faire très mal aux constructeurs d'Outre-Atlantique. GM a déjà annoncé son premier plan de licenciements. Malheureusement, l'industrie automobile avec tous ses sous-traitants et tout ce qui tourne autour (entretien, routes, pièces détachées, etc... ) mais aussi tout ce qu'elle permet en termes de déplacements (du sport au shopping) reste le moteur numéro un de nos économies et plus encore aux Etats-Unis. Ajouté aux Subprime, qui ont fait très mal aux banques, mais aussi à des centaines de milliers de ménages, le phénomène a tout de la lame de fond. Qui pour l'heure est en train de reculer et se prépare à fondre sur la plage. Planquez les serviettes et courez vous mettre à l'abri ? Peut-être bien, oui, mais en même temps, une fois la vague passée, dans les débris jonchant le sol, il faudra bien reconstruire...

C'est toute la beauté du marché. La société humaine va s'adapter à la nouvelle donne, pour reconstruire autrement. Plus écolo, plus durable, avec moins de déplacements donc plus proche des gens. Moins de consommation d'énergie et de matières premières, plus de valeur travail et d'emploi de proximité. Le marché va être plus vert que les verts... Ceux qui sauront monter dans le train avant son départ seront forcément les mieux servis pour le voyage.

15/07/2008

Ingrid et Arjan, un trend à la hausse

Ingrid Betancourt et  Arjan Erkel ont un point commun: ils sont été otages. Un point commun de plus en plus répandu sur la planète et cela ne va pas s'arranger. Dans les ¾ des pays du Monde, les ressortissants du dernier quart sont de plus en plus perçus d'abord comme des portefeuilles ambulants. Le drame de la Colombie étant d'avoir à domicile des villes à l'opulence et au mode de vie carrément européens, au milieu de campagnes qui pourraient être en Afrique, du point de vue niveau de vie. Mélange exotique et culturellement très riche, mais bigrement explosif.

La crise qui s'installe partout dans le monde ne va rien arranger. Et les barrières que l'on élève à l'immigration ne font qu'accentuer le problème, en cantonnant les gens chez eux d'une part, en élevant nettement le taux d'agressivité général à l'égard des occidentaux d'autre part. J'ai été halluciné par la haine froide que je sentais poindre chez ce fonctionnaire du consulat d'un pays d'Afrique à qui je demandais un visa de 15 jours la semaine dernière. Demande de visa accompagnée de procédures administratives inconnues jusqu'alors. Du moins dans ce sens, car les Africains, eux, ont l'habitude de ces vexations lorsqu'ils doivent venir en Europe.

Les petits malins qui répondront, tant mieux et chacun chez soi se trompent lourdement. Même si nous cessions de leur envoyer des touristes, puis des humanitaires, il faudra bien continuer de leur envoyer des hommes d'affaires. Nous avons besoin de leurs matières premières. Nous habitons sur la même planète. Même les épidémies ont plus de chances de naître dans des milieux moins bien protégés du point de vue sanitaire, dont le les climats sont autant de bouillons de culture. Or les épidémies se jouent des frontières.

Et la pollution qui se développe là-bas aussi, sans moyen pour y faire face, nous concerne également.  Bref, l'autarcie, à notre stade de développement est un vœu pieux. Il faut donc prendre en charge leurs problèmes. Efficacement, avec de vrais moyens. L'argent parti en fumée dans la débâcle des Subprime représente actuellement entre 15 et 30 fois le volume annuel total de l'aide au développement. On imagine l'amélioration du niveau de vie et donc de la sécurité globale qu'une affectation plus adéquate de cette manne aurait pu engendrer. D'autant que l'argent aurait été investi et non pas brûlé.

Ce constat de l'insécurité mondiale croissante implique aussi l'adaptation de nos mœurs, notamment juridique. Il me parait évident que la responsabilité d'une rançon incombe à l'organisme ayant expédié l'otage sur le terrain, plutôt qu'à son pays d'origine qui n'a rien à voir, sauf bien sûr si l'otage est en service commandé pour son pays. Cela vaut aussi pour les journalistes. C'est à l'organe de presse de payer, s'il y a rançon.

D'un autre côté, si la mission peut être considérée comme d'intérêt public mondial, on pourrait imaginer un fonds spécial d'indemnisation, en fonction de certains critères. Mais c'est là mettre le doigt dans un engrenage dangereux qui ne ferait que favoriser et banaliser la prise d'otages… le TF a donc eu raison. Entièrement.

13/07/2008

Les FARC et le parrain de la coopération

Les hasards de l'actualité font bien les choses. En France trois hommes viennent d'être arrêtés pour avoir enlevé un petit patron, l'avoir détenu dans de pénibles conditions et avoir tenté de faire chanter sa famille qui était prête à verser une rançon. Si ça se trouve, ces hommes avaient une sorte de motivation idéologique. Ils voulaient prendre aux riches (le patron) pour donner aux pauvres (eux-mêmes). C'est très exactement ce que faisaient les FARC. Qui durant des décennies ont brassé des centaines de millions de dollars annuellement, sans que jamais ils ne redistribuent quoi que ce soit aux paysans pauvres qu'ils prétendaient défendre.

En revanche, tous les témoignages dépeignent les conditions très au-dessus de la moyenne colombienne dans lesquelles vivaient les grands chefs des FARC et leurs familles, lorsqu'ils sortaient de la jungle. Ce qui arrivait bien plus souvent qu'on pourrait le penser. Ainsi, ils envoyaient leurs enfants faire leurs études en Suisse, tout comme les plus grands bourgeois du pays. La seule différence, c'est que les rejetons des grands bourgeois fréquentaient l'EPFL ou HEC, tandis que ceux des FARC étudiaient chez Jean-Pierre Gontard. Et ce n'est pas la Confédération qui payait.

Les parrains de la maffia, qui pratiquaient le racket, comme les FARC, payaient eux aussi les meilleures études à leurs enfants pour en faire de brillants avocats... Mais cela n'a rien à voir avec Robin des Bois. Les trois malfrats parisiens ont été arrêtés, ils seront jugés et condamnés. Il en irait de même en Suisse et c'est justice.

La logique de la médiation suisse en Colombie, sa finalité aurait du être de parvenir à une telle issue. Comme les médiateurs de police qui interviennent dans les prises d'otages. Mais ce n'était pas le cas. La logique de Jean-Pierre Gontard était d'offrir aux FARC un territoire, l'impunité et un dialogue d'égal à égal avec l'Etat colombien. Parce qu'il se trompait dans son analyse. Il voyait en combattants révolutionnaires ce qui n'était qu'une bande de malfrats sanguinaires. Il est à mon sens regrettable que la Confédération l'ait suivi sur ce terrain et continue de persister à le faire.

La médiation en Colombie n'a rien à voir avec la médiation du Moyen-Orient par exemple. Un seul peuple, des droits politiques absolument égaux pour tous, une bande purement criminelle, dont les déclarations idéologiques sont démenties toujours dans les faits... même le Hamas, ou le Hezbollah, dont je suis très loin de partager les à prori religieux, ne rackettent pas leur peuple et les pauvres, comme le font les FARC. Au contraire, ils redistribuent et mettent en place des structures sociales qui font leur force...

Je ne crois pas un instant que Jean-Pierre Gontard ait agi par goût de lucre ou pour de mauvaises raisons. C'est son raisonnement qui était mauvais. Mais il s'est enferré durant des années, creusant méthodiquement le sillon à chaque voyage dans la jungle pour ne pas avoir à reconnaître son erreur. Il est l'exemple parfait de l'aveuglement idéologique. Accessoirement ses méthodes ne sont pas non plus franchement démocratiques et font une vitrine douteuse à la Confédération.

Ainsi la Fédération Genevoise de Coopération, qu'il a créé, rassemble plusieurs ONG actives dans l'aide au développement, qui doivent passer par elle pour obtenir des subventions du Canton et, de plus en plus, également de la DDC à Berne. Des fonctionnaires de cet organisme fédéral, que l'on me dit frais émoulus de l'IUED y expliquent carrément, mais toujours oralement, à des ONG reconnues, travaillant depuis des années, que si elles veulent continuer à toucher des subventions, il faut passer par la FGC. Sans le moindre début de base légale à cela.

Comment un organisme purement privé peut-il prétendre agir en monopole pour distribuer de l'argent purement public à d'autres institutions privées ? Avec tous les risques de clientélisme et de favoritisme politique que cela représente ? Parce qu'on ne devient pas comme cela membre de la FGC, il faut être adoubé par deux parrains déjà membres travaillant dans le même domaine. Qui savent qu'ils devront ensuite partager le gâteau des subventions avec leur filleul, ce qui ne simplifie pas les choses...

En plus des subventions, il y a des postes à pourvoir. Il y a des organismes dépendants de la FGC où l'on ne peut pas être employé si l'on écrit que les FARC sont des gangsters et des terroristes. C'est très exactement le motif avancé récemment pour refuser au final une candidature qui avait été sollicitée pour son expérience et à priori sa compétence !

On est neutre entre deux Etats ou entre deux communautés, voire entre deux bandes rivales qui s'affrontent comme les FARC et les Paramilitaires, mais pas entre un Gouvernement démocratiquement élu et une bande de gangsters et de tortionnaires. C'est là tout le hiatus de la médiation suisse.

Par ailleurs et c'est essentiel, l'aide au développement et à la coopération est pour moi une priorité absolue. Mais elle doit être assainie et surtout elle doit être plurielle. Il ne saurait y avoir une seule vérité. Surtout pas celle d'une idéologie qui a failli dans le monde entier. Comme en matière culturelle, toute attribution de subvention porte les germes du clientélisme, du favoritisme et du copinage et se transforme fatalement en goulot d'étranglement de la diversité. C'est pourquoi il faut faire éclater le système en recourrant massivement au privé. Comme dans le domaine culturel. Sans pour autant supprimer l'aide publique, car le poids de certaines fondations privées, aux Etats Unis ou dans le système onusien peut devenir inquiétant.

Il faut les deux, de l'aide publique et de l'aide privée. Mais séparément.

Il faut faire assurer par l'Etat (ou les collectivités publiques) des projets d'infrastructure d'intérêt général directement en lien avec les autorités publiques des pays concernés... Et doper l'aide privée par le biais de la défiscalisation, en laissant au donateur l'entière responsabilité du choix de ses projets bénéficiaires. Quitte à contrôler à posteriori par des expertises qui doivent être publiques et donc attaquables en justice.

Ce sont là des modes de fonctionnement simples et clairs qui devraient pouvoir être inscrits dans la constitution.

A part cela, n'étant plus dans le secret des dieux, il y a un truc que je ne comprend pas bien dans l'histoire de la rançon Novartis. Chronologiquement, les Colombiens affirment que le nom de Gontard est associé à des remises d'argent dans l'ordinateur de Reyes. Et que cet argent a été retrouvé au Costa Rica. Là-dessus quelqu'un (qui ?) dit "ah mais oui, c'est de l'argent versé pour une rançon". Ce qui est tout de même moins grave que si c'était un financement direct ou pourquoi pas, le fruit d'un traffic de drogue qu'aurait véhiculé le médiateur suisse.

D'après la presse, Gontard reconnait aussi avoir ramené aux FARC, de Suisse (où réside une importante antenne du mouvement et peut-être quelques fonds secrets ?) des enveloppes dont il ne connaissait pas le contenu... Des enveloppes grosses comment ? Entre un médiateur et un porteur de valises pas forcément diplomatiques, il y a tout de même une marge.  On apprend maintenant que l'histoire de la rançon est bidon. Et l'ats présente cela comme disculpant l'émissaire suisse. Mais si cet argent, qui a tout de même été retrouvé au Costa Rica, n'était pas le fruit d'une rançon, c'était quoi ? Et pourquoi Reyes a-t-il écrit dans son ordinateur que c'est Gontard qui avait amené l'argent ? Nos journalistes sont décidément bien peu curieux. 

12/07/2008

Je renonce à la Constituante

J'ai finalement décidé hier de ne pas me présenter à la constituante. J'enverrai lundi ma lettre de renoncement au service concerné. 

Comme j'avais annoncé ma candidature sur ce blog, j'estime utile d'annnoncer mon retrait et de l'expliquer brièvement.  Une élection est aussi une compétition. Contre les adversaires des autres listes, mais aussi entre membres d'une même liste. Or en tant que Rédacteur en chef du Genevois, organe du PRG, je jouissais d'un avantage certain sur les autres membres de la liste Numéro 1, la liste radicale, dont j'aurais pu user à mon avantage. J'ai tendance à vouloir toujours mettre en avant la justice et l'intégrité, autant commencer par soi-même. Pour éviter les malentendus, rien de tel que de poser des barrières claires.

Par ailleurs, au-delà de mon intérêt réel pour une nouvelle constitution (je resterai d'ailleurs en contact étroit avec les futurs constituants radicaux) j'étais motivé par une expérience personnelle: je souhaitais aborder cette élection en conservant tout mon franc-parler habituel, sans peur de déplaire. J'en faisais comme une sorte de test.

Les élections se gagnent généralement de manière exactement inverse: il faut faire plaisir au plus de gens possible en évitant les sujets qui fâchent, en étant consensuel, souriant et rassembleur, en promettant la Lune ou de mettre fin au règne des méchants... Or je considère que la plupart des thèmes que je défends et auxquels je crois sont un peu trop en avance pour pouvoir convaincre à court terme une majorité. Et qu'ils peuvent même déranger bigrement. C'est un combat personnel à long terme que je dois mener personnellement. Pas dans le cadre d'une liste impliquant 30 autres personnes qui ne sont en réalité pas concernées.