15/08/2008

Des Libérations bienvenues

Ainsi donc, Kadhafi a fait libérer la mère et le frère du serviteur marocain qui avait porté plainte contre son fils et les a laissé quitté le pays. C'était un préalable nécessaire au retrait de la plainte à l'encontre de son garnement de fils... qui seul pouvait permettre à la justice genevoise de classer l'affaire. Dans cet ordre, c'était aussi le meilleur moyen, pour tout le monde, de sauver l'honneur et donc de sortir de cette crise la tête haute. Ma petite fierté à moi est d'avoir été le premier a expliquer ce shéma dans ce blog... Reste que Kadhafi a prouvé une fois encore la relativité du droit international et sa faiblesse devant la loi du plus fort, tandis que la justice genevoise a tout de même rappelé également qu'il y avait des règles à respecter lorsque l'on entendait se promener en Europe, en Suisse et à Genève en particulier. Et que même fils de sheik ou de dictateur, on ne pouvait pas faire n'importe quoi. C'est malgré tout une excellente nouvelle.

Excellente nouvelle également, la libération de ce vieux monsieur amoureux et malheureux, qui a préféré supprimer son épouse atteinte d'Azheimer avant de tenter, en vain, de la rejoindre dans la mort. Le témoignage d'une jeune femme vaudoise dans ce numéro est parlant. Pour vivre, pour la 2éme fois, cette tragédie, parmi mes proches, même si j'ai la chance immense de n'être pas en première ligne, je puis confirmer la douleur qu'elle représente pour l'entourage et les enfants, mais aussi pour la personne elle-même, tant qu'elle se rend compte de ce qui lui arrive.

Cette déchéance est une épreuve particulièrement pénible tant qu'il demeure des périodes de lucidité. Dans les deux cas que j'ai connu, la personne parlait régulièrement de finir sa vie, exprimait quotidiennement le désir d'être morte et dans les deux cas, catholique, n'osait pas franchir le pas. Après, il y a un cap à passer, qui fait qu'il n'y a même plus de conscience exprimée de la déchéance, juste des petites stratégies enfantines tentant d'expliquer, justifier ce qui arrive, mais aussi, pour l'entourage, le sentiment d'un immense gâchis, d'une perte considérable de temps, d'énergie et d'argent (pour la société plus encore que pour la famille). Tout cela pour rien, hormis peur-être quelques moments sursistaires de tendresse grappilés ici ou là, mais au prix de tant de souffrances...

Tout cela pour un phénomène qui n'est pas naturel, car dans la nature, quelqu'un qui souffre d'Alzheimer et n'est plus capable de subvenir à ses besoins disparait, naturellement. Que l'on ne vienne pas me parler de morale ou de solidarité. Personne n'en profite et surtout pas la personne la plus concernée, la malade, qui subit un véritable calvaire psychique, puis ensuite physique donc une douleur perpétuelle, lorsque les défenses psychiques ont rendu l'âme. Il me semble qu'aussi brutal que cela puisse paraitre, il y a un moment où il faut peser le pour et le contre. C'est tout le contraire de la barbarie. Les religions datent d'une époque où ce genre de chose n'existait pas. Le problème n'existait pas. Aujourd'hui, il existe et les religions du passé, sur lesquelles se fondent le droit en la matière, ne me semble pas le meilleur moyen d'y répondre.

 

Les commentaires sont fermés.