18/08/2008

La mer se meurt... Que faisons nous ?

L'asphyxie des eaux maritimes menace les zones côtières. Partout où le peuplement et l'activité humaines sont intenses. Le lien de corrélation est évident, il suffit de regarder une carte. Là où les rejets de nos déchets et de nos engrais sont importants, les mauvaises algues progressent et avec elles des bactéries qui pompent tout l'oxygène disponible.
Du coup la vie marine habituelle recule: petits poissons, crustacés et mollusques se font rares. Comme évidemment leurs prédateurs: cabillauds, thons, dauphins, tortues de mer, tout ce qui se nourrit notamment de jeunes méduses... qui elles mêmes prospèrent en ce gavant de bactéries nocives... Du coup, les méduses pullulent dans toutes les mers du monde!
A Signy, près d'Abidjan, fin juillet, j'ai sorti de l'eau une belle tortue en train de s'étrangler, le cou pris dans les mailles d'un morceau de filet de pêche. En vain, elle est morte avant que nous soyons parvenus à la délivrer. Sur la côte basque, en cette mi-août, les dépressions ont amené le gros temps... et des méduses en pagaille, de deux espèces différentes, ce qui ne s'était jamais vu de mémoire de MNS. Les valeureux Maîtres Nageurs Sauveteurs, indispensables sur ces côtes où les rouleaux dépassant 3 mètres de haut se mêlent aux courants pervers des bayines. Des méduses urticantes, qui affolent les baigneurs.
Les déréglements de l'écosystème sont considérables. A moins d'apprendre à se nourrir de méduses, ou de trouver le moyen de transformer à peu de frais les algues nocives en pétrole, nous allons en payer le prix.
Dans le même temps, la Chine olympique nous rappelle que la concurrence et l'émulation sont les meilleurs moteurs au monde. Multipliant les paradoxes, la Chine parvient à stimuler la concurrence entre les individus comme nulle part ailleurs, tout en canalisant l'énergie qui en résulte exactement dans la direction souhaitée par son gouvernement, par ailleurs officiellement taxé de communisme.
L'exemple chinois fait froid dans le dos. Mais il serait faux de rejeter en bloc tout ce qu'il peut nous enseigner.
Notre civilisation a des problèmes. De gros problèmes. Pour espérer s'en sortir, il faut optimiser la gestion des ressources et de l'intelligence humaine. C'est à dire définir des objectifs clairs pour l'humanité toute entière, et s'organiser pour les atteindre en laissant libre cours à l'initiative individuelle, pour autant qu'elle aille dans la bonne direction. J'y reviendrai.

Commentaires

...et ce qu'il y a d'inquiétant aussi, c'est que COUSTEAU et TAZIEFF nous ont avisé depuis plus de 20 ans de ces dégradations, avec des documentaires à la clé !
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Écrit par : coucou | 18/08/2008

Quand quelque chose n'est la propriété de personne,tout le monde s'enfout.Prenons le problème de la surpêche,les pêcheurs ne sont pas propriétaires des poissons qu'ils pêchent,leurs raréfactions n'est pas leurs problèmes,mais celui de l'état.Al'état de trouver des solutions,mais des solutions,qui ne concerne en aucuns cas leurs cotas de pêche.

Les vaches,moutons,poules etc,ne sont pas en voie de disparition,leurs propriétaires n'auraient aucuns intérets de les décimer.

Je peut comprendre qu'il serait dufficile de privatiser les océans,mais quand il n'y a pas de volonté des pouvoirs publics,c'est la porte ouverte à l'incivilité.

La dernière marée noire sur les côtes américaines,à permis un déclic des autorité de ne plus accepter dans leurs eaux territorials les navires poubelles pétrolier en l'occurance,par des inpections automatiques des gardes côtes.En Europe,il n'y a rien en ma connaissance.Peut-être après la dixième suivantes de marées noirs.

D.J

Écrit par : D.J | 18/08/2008

Génial. Un diagnostic impeccable : "on fout tout en l'air". Et comme remède, on prescrit "la concurrence" (forcément effrénée), soit précisément l'un des maux qui a tout foutu en l'air. Avec pour exemple, la Chine, au bord du krach écologique, qui est devenu la plus grande machine à détruire de l'histoire de l'humanité.

Merci Philippe Souaille pour ce grand moment d'humour (noir) absurde!

Écrit par : Sandro Minimo | 19/08/2008

"concurrence et l'émulation sont les meilleurs moteurs au monde"
Excellente réfléxion, sauf que ces moteurs, malheureusement, sont utilisés à mauvais escient, dans le mauvais sens...

A quand la concurrence...pour les installations de désalinisation, panneaux solaires photovoltaïques, cessation de la sur-péche, sur-consommation...la reforestation ?

La personne ne se bouscule au portillon...
Le constat, lui, est clair...les solutions...attendues...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 19/08/2008

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