27/08/2008

Tutti frutti mondial

 

Bonnes et mauvaises nouvelles

Les manoeuvres de la flotte étasunienne au large de Tiflis n'annoncent rien de bon, d'autant qu'elles n'impressionent pas grand monde. Pour gérer cela, il nous faudrait un Villepin, doté d'un vrai flair politique international, mais l'on n'a qu'un avocat d'affaires atlantiste qui se fait rouler dans la farine et qui remercie, satisfait du moment qu'il a de quoi alimenter son opinion publique...

La banque mondiale annonce une baisse spectaculaire du nombre de pauvres en Asie, tandis qu'ils continuent d'augmenter en Afrique. On sait pourquoi, je le rappelais dans ma chronique malthusienne il y a 3 semaines. Le taux de croissance démographique est supérieur au taux de croissance économique, qui pourtant oscille d'un pays à l'autre entre 6 et 9%.

Le problème, c'est que la Banque Mondiale se base sur des chiffres de 2005, soit nettement avant la crise alimentaire et l'augmentation considérable du prix des biens de première nécessité. A long terme, il est très sain que les prix des pays les plus pauvres rattrapent les notres, car cela réduit le gap abyssal qui nous sépare. Mais en attendant que les salaires et les revenus suivent, ce qui se fera, mais sans doute trop lentement, les populations trinquent.

Il faut absolument prévoir des systèmes d'accompagnement et cela fait partie du job de l'OMC. La bonne nouvelle, c'est que l'organisation genevoise ne baisse pas les bras et que Pascal Lamy, un temps au bord du découragement, a repris son bâton de pèlerin et fait le tour des capitales mondiales, recevant une écoute attentive en Inde, à Washington et à Pékin (Oui, Pékin et Tiflis, après tout, on n'écrit pas London, ni Bern, non ?). Il est tout à fait significatif que les plus demandeurs d'un accord soient les gouvernements des pays africains, qui savent que le maintien de leur croissance en dépend.

 

Colombie: plutôt Al Qaïda ou N'dranghetta ?

Le communiqué emprunté publié hier par le DFAE peut figurer dans les anthologies de la langue de bois. Tout en prétendant préciser la pensée de la cheffe du Département, il dément ce qu'elle disait la veille à ses ambassadeurs. A savoir que l'on doit négocier avec tout le monde, même avec Al Qaïda. Ce qui a causé quelques remous, non seulement dans la fonction diplomatique helvétique, mais aussi dans les chancelleries du Monde entier.

En fait, Micheline Calmy Rey ne pensait pas vraiment à parlementer avec Ben Laden, qui ne le lui a d'ailleurs jamais demandé et qui n'a aucun intérêt à négocier avec nous. Pas plus qu'avec quiconque d'ailleurs, ce qui accroit sa dangerosité. MCR voulait simplement justifier ses négociations avec l'Iran et surtout avec les FARC, en citant un exemple encore plus monstrueux. Encore qu'au nombre total de victimes civiles innocentes, le gouvernement des Pasdaran et le secrétariat général des FARC aient tous deux devancé la nébuleuse wahabite, mais en nettement plus de temps.

Il se trouve que ce qui compte, dans l'imaginaire collectif, ce n'est pas la précision du décompte macabre de pauvres hères à l'autre bout du monde. Ce sont les images spectaculaires répercutées à satiété par nos petits écrans. Sur ce plan, Al Qaïda est imbattable. Pour longtemps, espérons-le. Accessoirement l'Iran, Etat souverain de 80 millions d'habitants est doté d'un gouvernement élu. Même si les vrais opposants n'ont pas le droit de se présenter, cela légitime tout de même le dialogue. Quant aux FARC, contrairement aux sbires de Ben Laden, elles n'ont aucune vocation à venir nous embêter chez nous. Certes, elles attaquent un peu nos entreprises, là-bas, mais lorsqu'on est très marqué à gauche, peut-on réellement être mécontent qu'une grosse multinationale, même basée en Suisse se fasse rançonner ?

Toutefois, pour justifier son attitude conciliante à l'égard des FARC, MCR se trompe de comparaison. Ce n'est pas Al Qaïda qu'il fallait citer. C'est à la maffia, la n'dranghetta, la camorra... Des organisations criminelles qui tuent, rançonnent, assassinent et se livrent au trafic de drogue. Et qui jadis prétendaient protéger les pauvres de l'oppression... Qui sont beaucoup plus proches des FARC, à qui d'ailleurs elles achètent leur cocaïne, comme la n'dranghetta qui tient le marché européen.

Si elle avait pensé aux maffias, MCR se serait rendue compte du bug contenu dans ses propos. Parce qu'avec ces organisations là, les démocraties ne négocient pas. Ce serait illégal de le faire. Et si la Suisse abritait ouvertement leurs délégués et offraient des bourses universitaires aux enfants des parrains, elle attirerait sur elle de lourds soupçons des autres nations.

 

Pour autant, peut-on s'opposer au dialogue, lorsqu'il sauve des vies ? Bien sûr que non. Mais il faut conserver toujours à l'esprit certaines limites. D'abord que l'accord éventuel doit sauver davantage de vies qu'il n'en coûte, et ce à long terme. Car s'il est perçu comme un aveu de faiblesse, il encourage directement la violence et le terrorisme. Par ailleurs, les victimes ont aussi droit à réparation... tout en admettant que si le deal est l'impunité contre la vie d'innnocents, il est normal de se demander si l'exigence de justice reste pertinente...

 

Faire tout, mais pas n'importe quoi, pour sauver des vies

Cela ne peut être tranché qu'au cas par cas. D'où l'importance de rester le plus juste et impartial possible. En dehors de tout parti pris politique ou autre, le premier critère doit être le bien-être des populations concernées. Or sur ce plan, dans ses discours sur la Colombie, Micheline Calmy Rey cherche à noyer le poisson.

Elle cite régulièrement comme seul exemple de réussite l'accord de 2001, négocié à Genève. Or il accordait officiellement aux FARC le contrôle d'un territoire, ce qui fut vécu comme une catastrophe nationale en Colombie. Elle aboutissait de fait à la création d'un mini Etat criminel. Dans toutes les négociations ultérieures auxquelles a participé le négociateur suisse, cette exigence est revenue comme un leitmotiv, systématiquement refusée par le Gouvernement Colombien. Le négociateur était-il neutre ou a-t-il participé à maintenir cette exigence irréaliste ?

On peut comprendre le désir mégalomane d'un négociateur à obtenir pour ses protégés un territoire à gérer, lorsqu'il a lui-même formé leurs jeunes élites à la gestion de territoires dans son institut universitaire d'études du développement... Mais ce serait clairement sortir de son mandat de négociateur. De même que de renseigner les FARC sur la valeur d'échanges des otages qu'elles détiennent, ce qui semble avoir été le cas.

Nombreux sont ceux qui revendiquent aujourd'hui l'instauration d'une sorte de gouvernance mondiale des ONG, dans laquelle le Tribunal Pénal International tiendrait une place fondamentale alors même qu'aucune légitimité démocratique mondiale n'est envisagée. En clair un Gouvernement mondial du politiquement correct et des juristes. Cette tendance est fort bien représentée à Genève, mais aussi au plus haut niveau du DFAE, car perçue comme le moyen de faire pièce aux grandes puissances. Mais elle présente deux inconvénients majeurs: elle n'instaure aucune forme réelle de contrôle populaire de la légitimité des ONG et de leur travail, et aucun contre-pouvoir démocratique au judiciaire, qui en a pourtant besoin.

De surcroît, les plus fervents artisans de cette révolution à basse fréquence ont conservés de leurs jeunes années gauchistes une vision manichéenne du monde, dans laquelle le gars au pouvoir a tous les torts (sauf s'il est de culture marxiste) tandis que les mouvements de résistance ont toutes les excuses.

 

Justice et pragmatisme

J'ai souvenir qu'après la Conférence nationale du Togo, le Président Gnassingbe Eyadema se disait prêt à décrêter l'amnistie et à organiser des élections générales, à condition de pouvoir s'y présenter. L'opposition, appuyée par les ONG et le gouvernement allemand, lui refusait ce droit, prétendant interdire son parti et le faire juger comme criminel. Ce alors qu'il était toujours au pouvoir et détenait la clef de tous les rouages de l'Etat ! Obtenir d'un despote, même éclairé, qu'il se retire pacifiquement est une chose délicate. Lui demander en plus de se mettre la corde au cou, c'est juste une imbécillité, qui a retardé d'une demie douzaine d'années la tenue d'élections dans le pays.

Toutes ces tractations sont éminement politiques et le plus souvent très discrêtes. C'est aussi une guerre de l'ombre, donc des services secrets. A ce sujet d'ailleurs, Micheline Calmy Rey joue encore sur les mots, en réclamant de Bogota une demande d'entraide judiciaire en bonne et due forme avant de s'intéresser officiellement aux responsables des FARC actifs en Suisse. Une telle demande doit être étayée de faits matériels. Qui pour certains devraient être forcément recueillis en dehors de Colombie, notamment en Suisse.

Il semble que le renseignement militaire colombien ait pu réunir certains éléments concernant par exemple du trafic d'armes. Mais la surveillance en Suisse des activités de personnes résidant en Suisse est du ressort exclusif de la police helvétique. Sinon c'est l'incident diplomatique. C'est pour éviter ce genre de problème que jadis, le statut de réfugié politique dans un pays tiers (ce qui semble être le cas des membres des FARC en Suisse, au moins de certains d'entre eux) impliquait l'interdiction d'exercer une activité politique à l'encontre de l'Etat d'origine. Cette interdiction, qui semble logique (accorder le refuge est une chose, se fâcher avec un pays étranger en est une autre) a-t-elle réellement disparu ?

Souhaitons en tout cas que la diplomatie helvétique puisse longtemps se contenter de se préoccuper de bons offices entre rebéllions ou groupes terroristes et Etats souverains... Sans avoir à jouer les intermédiaires dans un conflit armé entre grands ensembles de notre petite planète!

 

 

 

 

 

Commentaires

Je suis désolé mon cher maître, mais vous n'avez rien compris...
Micheline Calmy-Rey, bien que socialiste, est à la solde de la CIA (mais que fait Dick Marty !), elle visait à capturer Osama Ben Laden (et oui, on ne va pas écrire Oussama), et empocher les 20 millions de $ que pèse sa tête.

Ensuite de quoi, elle aurait démissionné, partant pour un pays chaud, ensoleillé, avec 20 millions, y'a de quoi se payer une retraite en or...

Et pour mieux illustrer le sérieux total de mon comm' il me faut absolument écrire :

;o) (don't worry, be happy)

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 27/08/2008

J'ai reçu plusieurs messages de colombiens ou d'amis de la Colombie, ces derniers temps, qui se demandent quoi penser des batailles juridiques de plus en plus virulentes et des scandales à répétition de la parapolitique.
Je ne me déroberai pas. Les accointances entre les paramilitaires et de hautes personnalités politiques sont une évidence en Colombie. De même que l'inégalité de la répartition des revenus. Plus exactement, la classe moyenne supérieure (professions libérales, entrepreneurs etc...) vit avec des moyens comparables aux notres et quelques très riches sont quasiment aussi riches que nos plus riches. Mais les revenus d'une bonne partie de la population sont très très inférieurs à ceux de nos pauvres d'Helvétie ou même d'Europe de l'Ouest.
C'est là ce qui différencie le plus les pays en développment des pays riches: eux ont de vrais pauvres, nous pas, car nous les assistons, tandis qu'eux n'ont pas suffisament de richesses pour le faire. Nos biens pensants affirment qu'il faudrait donc que les classes les plus aisées de ces pays partagent davantage, mais à aucun moment de notre développement, nous ne l'avons fait dans nos pays. Lors du boum industriel qui a permis notre développement, aux XIXème et XXème siècle (en exploitant honteusement les ressources du tiers monde), à aucun moment nos riches n'ont réellement partagé.
C'est l'essor économique qui a permis de faire émerger une classe moyenne suffisament nombreuse pour assumer les frais colossaux que représente la prise en charge d'une politique sociale digne de ce nom.
Pour en revenir à la parapolitique, j'ai toujours pensé et dit que la Colombie avait avant tout besoin de paix et qu'Uribe semblait le seul en mesure de la lui apporter. C'était pour ce pays, le plus important, la condition sine qua non de tout le reste. Contre la violence monstrueuse et inutile des FARC, le Gouvernement colombien était en guerre, même s'il réfute le terme. Or dans une guerre de la sorte, presque tous les coups sont permis.
Toutes proportions gardées, personne ne voudrait juger Roosevelt, Churchill et consorts pour Dresde, Hiroshima et quelques opérations secrêtes défiant toutes les lois de la guerre. Par exemple celle consistant à donner aux nazis un réseau entier de plusieurs centaines de résistants belges et chtis, tous morts sous la torture, aprés les avoir faussement informés que le débarquement se ferait dans le Pas de Calais... Des centaines de morts de l'ombre contre des milliers de vie de soldats du débarquement épargnées, et sans doute l'effet de surprise qui assura la victoire finale!
La victoire du Gouvernement sur les FARC, même si elle est acclamée par l'immense majorité de la population colombienne, suscite cependant bien des frustrations. Chez les sympathisants des FARC, mais aussi chez ceux qui auraient préféré remporter cette victoire par eux-mêmes, éventuellement d'une autre manière. Par ailleurs, la succession d'Uribe est quasiment ouverte et les couteaux sont tirés.
Place maintenant à la politique pacifique.
Il circule, parmi certains colombiens d'Europe, des listes de noms de personnes soupçonnées d'être à la solde des FARC. Pas question pour moi d'entrer dans ce petit jeu de dénonciations sordides. La Colombie avait besoin de paix pour pouvoir devenir un pays libre où l'on peut exprimer son opinion sans crainte. Où la justice peut s'en prendre au narco-trafic, où les partis politiques peuvent se présenter honnêtement aux élections. Où l'économie peut se développer suffisamment pour assurer un revenu correct à tous les citoyens. Si Uribe y parvient et il y est presque, quelque part, peu m'importe les moyens. Dans certaine slimites bien sûr, même si personnellement, je crois que j'aurais toujours essayé de faire en sorte de ne pas me salir les mains.

Écrit par : Philippe Souaille | 27/08/2008

Bien ô maître chéri, nous le savons qu'il y a des pertes collatérales, pour la réussite de la Cause.
Ingrid Betancourt, avait annoncé officiellement son retrait de la vie politique.
Qui d'autre est sur les rangs à la succession d'Uribe ?

Bien à vos,

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 27/08/2008

Excellente question, mon cher futur disciple encore que je ne suis pas du tout certain que notre cause soit bien la même lorsque je lis vos propos sur d'autres blogs...
A vrai dire, Ingrid me semble hors jeu en Colombie et l'a d'ailleurs toujours été. Le Maire de gauche de Bogota, Samuel Moreno, a ses chances, de même que Sergio Fajardo, le très brillant ancien maire de Medellin, plus proche des uribistes, s'il se présente. Le problème c'est qu'en gros une bonne dizaine de candidats de valeurs, dont plusieurs ministres sont actuellement en situation de briguer la succession, rien que pour la droite et le centre.
Jusqu'à la semaine dernière, j'aurais dit que celui qui serait adoubé par Uribe aurait toutes ses chances, ce qui assurerait une continuité bien venue au mouvement de transformation de la Colombie. Mais la manière dont Uribe réagit en ce moment aux attaques dont il est l'objet le dessert. La tentation est grande, pour une certaine droite, comme à gauche d'ailleurs, de traiter en ennemi tout ce qui n'est pas complètement d'accord avec vous. C'est à mon sens un vrai tort, qui se paie cash lorsqu'on est acculé.

Écrit par : Philippe Souaille | 27/08/2008

"aux XIXème et XXème siècle (en exploitant honteusement les ressources du tiers monde), "
Le Tiers-Monde existait-il ? ces hommes et ces femmes nus, habitant sous des huttes faites de bric et de broc, sans écriture, sans roue, se massacrant parmi avec une constance digne d'éloges vu leur qualité de vie, dont les seuls loisirs consistaient à construire des maisons avec la tête de leurs voisins immédiats, ces gens-là faisaient-ils partie du genre humain ?
Vous prétendez le savoir aujourd'hui, mais le savoir aujourd'hui ne demande pas beaucoup de mérites...
Alors les Européens auraient du partager les diamants de Kimberley avec les obscurs tribus proto-humaines ou post-simiesques de la région ? Mmmoui, très intéressant. Vous devriez prendre le premier avion pour Bagdad pour dire aux Américains de partir immédiatement. Ce serait appliquer vos théories dans l'actualité...

Écrit par : Géo | 27/08/2008

Géo, j'ai bien failli censurer votre propos qui le mérite mille fois. Comment oser vous nier le fait que vous soyez un odieux raciste lorsque vous osez dénier à un tout peuple, quel qu'il soit, la qualité d'être humain ?
Je l'ai mis finalement pour vous rappeler 2 ou 3 choses, parce que tout ce que vous dites par ailleurs n'est pas toujours stupide, loin de là. Et aussi parce que j'ai l'intuition qu'à l'instar d'un certain nombre de personnes parmi les plus véhémentes dans ces blogs, vous devez avoir un sérieux problème d'alcool qui obscurcit votre jugement.
1) A défaut de mettre des têtes de morts sur les murs de ses huttes, notre merveilleuse civilisation occidentale du XXème siécle a entassé les cadavres comme aucune autre avant elle. Elle avait aussi, quelques temps auparavant, poussé le raffinement très loin, tant dans le massacre des populations indigènes que dans la torture individuelle des leaders récalcitrants.
2) Si les Etasuniens n'étaient pas entrés dans Bagdad, comme Bush père avait très intelligemment refusé de le faire, cela aurait économisé la vie de quelques centaines de milliers de personnes. Et l'Iran serait moins fort. Et peut-être bien que s'ils en partaient au plus vite, la situation ne serait pas pire qu'aujourd'hui. Alors que nos ancêtres sortaient à peine de leurs grottes et suspendaient encore les crânes de leurs victimes à l'entrée de leurs huttes, ceux des irakiens inventaient l'agriculture, le code pénal, l'écriture, l'administration, la signature par sceau... entre autres...
L'esclavage aussi, car rien n'est jamais noir ou blanc.
Et si je ne pense pas que l'esclavage en tant que tel puisse justifier à lui seul la situation actuelle de l'Afrique, pas plus que la colonisation d'ailleurs, ils y ont puissament contribué. Même s'il existe aussi des facteurs endogames, intrinséques aux cultures africaines et à la géographie du continent.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/08/2008

Cher Philippe,

Je vous prie sincèrement de croire que je ne suis pas le nouveau Jacques ... Dutronc.

"Excellente question, mon cher futur disciple encore que je ne suis pas du tout certain que notre cause soit bien la même lorsque je lis vos propos sur d'autres blogs..."

Il ne s'agit pas de ma "liberté" d'aller et venir, mais bien plus de celle de faire ouvrir les yeux ... et le cœur ... de certains.

"La tentation est grande, pour une certaine droite, comme à gauche d'ailleurs, de traiter en ennemi tout ce qui n'est pas complètement d'accord avec vous. C'est à mon sens un vrai tort, qui se paie cash lorsqu'on est acculé."

J'ai été tellement surpris, d'entendre le discours d'Astrid Betancourt, sur le plateau de Pascal Décaillet, s'en prenant au président élu, de tous les colombiens, je pensais qu'elle voulait l'assassiner médiatiquement.
Uribe n'est pas le ben Laden, que Micheline Calmy-Rey aimerait rencontrer, même si elle, MCR, s'est rétractée...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/08/2008

"lorsque vous osez dénier à un tout peuple, quel qu'il soit, la qualité d'être humain ?"
Lisez mieux, svp : ce n'est pas le débat actuel, c'était le débat de ces temps-là...
J'ai écrit : "Vous prétendez le savoir aujourd'hui, mais le savoir aujourd'hui ne demande pas beaucoup de mérites..." Un peu comme le débat sur le comportement de la Suisse pendant la dernière guerre...

Pour Bagdad, idem. Vous vous prétendez chevalier tiers-mondiste aujourd'hui, mais sur un sujet dépassé. C'est pourquoi je vous renvoie à Bagdad : allez expliquer cela aux Américains aujourd'hui, cela correspondra à l'énergie qu'il eût fallu pour empêcher les rois nègres de vendre comme esclaves leurs voisins et aux petits européens assez courageux pour arriver sur ces rivages de les acheter.
Vous êtes sûr que c'est moi qui ai un problème d'alcoolisme ou bien, pour des raisons qui m'échappent, vous ne lisez pas avec suffisamment d'attention les commentaires à vos billets ???

Écrit par : Géo | 28/08/2008

Cela dit, Philippe Souaille, vous ne répondez pas à la question. Vous faites partie de ces gens qui tombent sur un neck diamantifère, les cailloux par terre sont des diamants. Alors vous courez chez ces gens qui habitent là depuis la nuit des temps et vous leur annoncez qu'à partir de maintenant, ils sont riches au delà de toute expression.
Qu'est-ce que vous êtes bon, Philippe Souaille ! Le monde entier admire votre générosité...

Écrit par : Géo | 28/08/2008

OK, j'admet avoir lu un peu rapidement votre propos qui n'était toutefois pas d'une clarté limpide. Au XIXème siècle, le discours occidental dominant considérait effectivement les peuples autochtones comme inférieurs, même s'il y eut toujours quelques rares individus professant un avis différent. Cela n'enlève rien au fait que l'Occident s'est développé sur le dos de ces peuples.
N'ayant jamais trouvé de mines d'or ou de diamants sous mes pas, je ne sais pas ce que je ferais. Sans doute que j'en prendrais une partie et que je partagerais le reste.
Il est clair que le découvreur, ainsi que l'investisseur et l'entrepreneur ont droit à des parts substantielles. Mais les propriétaires légitimes aussi. Surtout lorsqu'on leur fait faire le sale boulot sous le fouet... Et clairement, à l'heure de la répartition des retombées financières de ce qu'on extrait de leur sous-sol (entre autres), les africains sont lésés depuis bientôt deux siècles.
Ah, et puis j'oubliais, dès 1789, il y eut de sgens en France pour s'élever contre l'escalavage, puis en Grande-Bratagne, aux Etats-Unis et même aux Brésil. Cela prit près d'un siècle et consuma réellement beaucoup d'énergie et même pas mal de vies humaines, mais finalement l'esclavage, cette injustice suprême, a été interdit partout. Sauf dans certains pays arabes...
J'ai la prétention de me battre, par mes écrits, dont je vis, pour ce en quoi je crois. Notamment l'égalité entre les êtres humains et l'établissement d'une forme d'équité entre eux tous, au moins au départ. C'est un combat sans fin, parti du fond des âges, mais si personne ne l'avait mené jusqu'à nous, nous serions toujours dans nos huttes à nous fracasser le crâne pour nous repaître de la cervelle de nos ennemis.
Echanger nos points de vue sur un blog me semble tout de même plus constructif.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/08/2008

Certes. Et merci d'avoir fait paraître mes réponses.
Je vois les relations entre l'Europe du XVIème et suivants et l'Afrique en termes de thermodynamique socio-économique. Sans isolation, un corps chaud échange avec un corps froid. A l'échelle de ces échanges entre grands corps sociaux, nos grands systèmes moraux ne résistent guère. Pensez à la dernière guerre, au peuple allemand, peuple fin, cultivé et civilisé s'il en est, entraîné par un fou furieux dans une barbarie sans limite...
La mise à jour de l'Afrique, dont l'étymologie est sauf erreur "pays séparé" (par la naissance du Sahara), s'est fait dans la violence et la brutalité, il n'y a pas de doutes là-dessus. Violence à la mesure des conditions africaines de cette époque "in the heart of darkness". Quand Stanley traverse l'Afrique d'Est en Ouest, son expédition part de Zanzibar avec 500 personnes et ils sont trois survivants à l'arrivée...
La fièvre jaune tue les colons comme des mouches, ainsi que le palu et les infections intestinales...
Tout cela ne rend pas très tolérant. On veut rester le moins longtemps possible et faire de l'argent le plus vite possible. Ne pas l'oublier quand on tient des discours tiers-mondistes dans un salon d'hôtel luxueux et surtout climatisé...

Écrit par : Géo | 28/08/2008

J'éspère que ce n'est pas à moi que vous pensez en parlant d'hôtel climatisé, parce que j'adore ça, surtout avec piscine, mais en général c'est tout de même après avoir passé quelques jours en brousse, au village ou dans la jungle. Même si les conditions ont évolué depuis Stanley.
Sans vouloir pinailler, il est tout de même étonnant de vous voir parler de mise à jour de l'Afrique. Le propos dit bien ce qu'il veut dire, et il est très européocentrique. L'Afrique existait bien avant Stanley, avec sa logique propre et son rythme à elle, et elle bénéficiait comme tout le monde de la lumière du jour.
Quant à la fièvre jaune et au palu, on peut aussi y voir la barrière protectrice qui durant des siècles de conquêtes sauvages européennes a confiné nos ancêtres blancs sur les côtes en les empêchant de s'enfoncer à l'intérieur du Continent Noir. Ce qui a sans doute sauvé les populations africaines d'une exterminantion radicale. Les populations autochtones d'Amérique et d'Amérique anglo-saxonne en particulier ont eu moins de chance... Parce que le climat y était plus sain...

Écrit par : Philippe Souaille | 28/08/2008

"Ce qui a sans doute sauvé les populations africaines d'une exterminantion radicale." Ceux qui se sont opposés à la colonisation ont tout de même été régulièrement massacrés. Les affrontements Zulus - Afrikaners, Bororos - Allemands et les ravages en Afrique de l'Ouest par ces deux capitaines fous, et beaucoup d'autres. La fièvre jaune n'explique donc probablement pas tout. Et n'oubliez pas les colonies portugaises. Huambo s'appelait Nova Lisboa et Salazar voulait vraiment en faire sa nouvelle capitale. Il n'y aurait pas eu beaucoup de places pour les Africains "de souche" là-bas...

Vous avez raison sur l'européocentrisme de "mise à jour", mais franchement, je crois qu'aujourd'hui, la très grande majorité des Africains est contente de jouir (un peu et mal, mais c'est leur faute) de progrès techniques. Des routes, des télécommunications avec le portable qui apporte des avantages incroyables, des hopitaux (oui, je sais...), des dispensaires, des centres de santé, des points d'eau moderne (même si la pompe à motricité humaine reste un instrument très problématique...). Avant la colonisation, les populations étaient trop isolées et à la merci de toutes les calamités naturelles. D'où les migrations internes perpétuelles avec les conflits que cela ne peut qu'engendrer.

L'Afrique existait avant la venue des Blancs mais a beaucoup souffert de son isolement du reste du monde. Ce qui fait les civilisations, ce sont les échanges. Les civilisateurs, ce sont les marchands en tout premier lieu...

Écrit par : Géo | 29/08/2008

Heureux de voir que sur le fond nous sommes d'accord.
Et bien sûr que les Africains d'aujourd'hui sont très contents d'utiliser des autos et des portables, du moins ceux qui en ont les moyens. Et qui sont de plus en plus nombreux.
Ce qui est bien, c'est que d'une part ils sautent une étape coûteuse en infrastructure, par exemple en matière de télécom (48% des ivoiriens ont un portable pour moins de 10% une ligne fixe) et qu'ils se révèlent - lorsqu'ils en ont les moyens - extrêmement créatifs en informatique.
Comme par ailleurs, il reste de l'espace et des matières premières en Afrique, que le taux de croissance dans les services atteint 14%, il devient réaliste de penser que les futurs pays émergents seront au sud du Sahara...
Ce n'est plus tout à fait un rêve... et il peut rapporter gros.
A part ça, évidemment la fièvre jaune a elle seule n'explique pas tout :-). Il ya le palu aussi, les historiens ayant mis en rapport le début de la pénétration réelle de l'Europe en Afrique avec la découverte de la quinine...

Écrit par : Philippe Souaille | 29/08/2008

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