28/08/2008

Genève déménage

Non Genève ne se délocalise pas... Mais elle s'aménage en dépit du bon sens.  La construction au coin de l'Avenue Blanc de logements assistés, au coeur de la Genève internationale me parait une absurdité économique, dictée par d'évidentes raisons électoralistes: la gauche extrême et son magistrat Pagani cherchent à récupérer leur clientèle habituelle d'assistés sociaux, qui votent de plus en plus MCG.

Il aurait cependant été bien plus malin d'y construire des logements deux ou trois fois plus chers pour les internationaux. La Genève internationale continue de se développer et les fonctionnaires des OI, comme des Missions, mettent des mois avant de trouver un logement à l'autre bout du canton. Ce qui les force à utiliser une voiture, alors qu'ils seraient ravis de pouvoir aller à pied au boulot.

Avec l'argent récolté, la Ville aurait pu construire deux fois plus de logements ailleurs, à la Praille par exemple, en des lieux bien connectés aux transports publics et plus proches des lieux où travaillent les classes défavorisées.

Pour avoir une vraie politique sociale, il faut en avoir les moyens et ne pas se voiler la face. Il y aura toujours quelques riches, baucoup de pauvres et une masse d'entre-deux. Soulager l'existence des plus pauvres est une chose, brimer celle des plus riches en est une autre. Soyons pragmatiques plutôt qu'idéalistes. Le temps d'un Ambassadeur, d'un haut-fonctionnaire ou d'un cadre supérieur de multinationale vaut beaucoup plus que celui d'un simple employé et bien sûr que d'un assisté. Parce qu'il bosse plus, nettement plus en termes d'heures par semaine, et que donc il a moins de temps disponible et qu'en plus ce temps lui est payé plus cher. Or son salaire, c'est tout le monde qui le paie, par le biais des impôts pour un fonctionnaire, en consommant donc en achetant les produits de son entreprise pour un cadre du privé.

S'il peut loger suffisamment prêt de son travail, il ira à pied, parfois en vélo, mais rarement en transports en communs, sauf si ceux-ci sont particulièrement pratiques pour lui. Si l'on veut réduire la pollution en ville, il faut commencer par y construire des logements de luxe, notamment dans le quartier des banques et des organisations internationales, comme dans tous les centres villes prestigieux du monde, et attirer les classes populaires en dehors de l'hypercentre, près de leurs lieux de travail et de consommation, en leur assurant sur place les meilleures connections TPG et des logements décents subventionnés... Grâce aux bénéfices réalisés sur les logements luxueux de l'hypercentre. 

Dans le même ordre d'idées, l'interdiction programmée des véhicules les plus polluants au centre ville est juste une mesure populiste stupide. Repoussée à 2010-2012, pour réduire l'un de ses effets les plus idiots, à savoir que la vieille deu-deuche de l'écolo du coin pollue davantage qu'une Ferrari moderne ou même qu'un Hummer. De même que s'il est vrai que les scooters 2 temps polluent beaucoup (proportionnellement à leur cylindrée, bien plus qu'une voiture, mais seulement en proportion de leur cylindrée) les 4 temps fonctionnent exactement comme une auto et les 2 temps seront bientôt bannis par les normes européennes. Quant au bruit, vrai problème, il suffit de leur mettre les pots d'échappements ad hoc pour les rendre silencieux. Sans compter que la Chine vend des scooters électriques à 1000 Francs...

Bref, on va déplacer les fêtes de Genève pour contourner le ramaddan, et on va interdire aux jeunes princes arabes d'y parader sur les Quais dans leurs Lambo vert pomme criard... Intelligent ! Pour ma part, et à titre personnel, vu que le surcroit de pollution généré par les grosses cylindrées du canton reste somme toute modeste face au problème global, je préconiserai exactement l'inverse en appliquant le principe du pollueur payeur bling bling: vous voulez une auto très chère et polluante, vous pouvez l'avoir. Mais vous en payez deux fois le prix en taxes qui vont servir à lutter contre la pollution ailleurs, là où cela sera bien plus efficace. Comme le but est de frimer, le frimeur acceptera de payer, car cela reste un acte volontaire qui valorise même le côté signe extérieur de richesse... Contrairement à un impôt invible mais obligatoire sur le revenu... ou la fortune... 

Cela fait certes un peu "le fric donne tous les droits", mais il ne faut pas leurrer, c'est la réalité. Ou presque. La loi doit rester au-dessus du fric. Mais elle doit avoir du sens, sinon le fric ira se faire voir ailleurs. 

Commentaires

Pourquoi y'a-t-il ce casse-tête permanent entre gens de gauche...on se le demande.

"Ce qui les force à utiliser une voiture, alors qu'ils seraient ravis de pouvoir aller à pied au boulot."

Cohérence ?
Pourtant, Robert Cramer est ... Vert ...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/08/2008

Vous êtes encore plus grave que je ne le pensais. Mettre les pauvres en périphérie et les riches au centre. Ben voilà un joli programme. Mixité sociale c'est un mot que vous connaissez? Vous voulez recréer les banlieues françaises? Et vous allez contraindre comment les riches à quitter leurs villas de Cologny pour venir vivre dans un centre-ville encombré bruyant, pollué, rendu désagréable par l'omniprésence des voitures? Par la force? Sinon c'est le goulag? C'est le pire du capitalisme et le pire du communisme mis ensemble.

Nan mais franchement, relisez votre texte... ça va la tête??? Ce qui est marrant c'est que des logements subventionnés qui hébergent des gens travaillant comme des bêtes (souvent sur des chantiers, dans les magasins ou ailleurs) sont des logements "assistés" alors que les fonctionnaires internationaux qui sont payés des fortunes colossales avec les impôts de tout le monde méritent qu'on réserve pour eux de magnifiques appartements bien au centre et qu'on déroule le tapis rouge devant leur beau vélo tout neuf...

Je m'arrête là parce que c'est vraiment too much.

Écrit par : Sandro Minimo | 28/08/2008

Je m'étonnais de ne pas encore vous avoir vu réagir...
De quelle mixité sociale parlez-vous? De celle qui règne à Cologny ou aux Avanchets ? Ou dans cette cité de l'extrême est genevois réputée parmi tous les jeunes du canton pour être "un repère trop grave de cailles qui badent parmi!"
Je connais bien des petites cités HLM de périphérie nichées entre deux zones villas, où apparemment les habitants sont ravis... Le tram ou le train a proximité, l'autoroute aussi, tout ce qu'il faut pour aller bosser.
Quant aux fortunes colossales payées aux fonctionnaires internationaux, vous délirez... D'autant que ce n'est pas vous, genevois, qui les payez mais leurs Etats respectifs. Ils sont bien payés, certes, mais nettement moins bien que le trader du coin. Pour y parvenir, ils se sont donnés le mal de faire des études longues et compliquées et sont parvenus à être sélectionnés âprement parmi des candidats du monde entier. Même s'il y a parfois quelques passes-droits et injustices dans le système, ils ne sont pas la règle.
Personne ne parle de forcer les gens à venir occuper des appartements de luxe en ville. Vous avez déjà entendu parler de l'offre et de la demande ? L'offre en appartements de standing en ville ou à proximité des OI est tellement limitée que les prix atteignent facilement la moitié du revenu d'un fonctionnaire international et que les nouveaux qui arrivent passent souvent plusieurs mois à l'hôtel, avec famille et enfants, avant de trouver quelque chose...
Tout est question de cadre de vie, en ville comme à la campagne. Il me semble normal que tout le monde puisse avoir un toit, mais aussi que ceux qui font les efforts nécessaires à s'assurer des revenus conséquents puissent jouir de certains avantages. Sinon plus personne ne fait d'efforts et on a tous un gros problème: plus de médecins, d'avocats, de dirigeants, d'entrepreneurs, de profs d'unis et de chercheurs...

Écrit par : Philippe Souaille | 28/08/2008

Entièrement d'accord avec vous et bravo pour votre courage de le dire haut et fort !
J'ai eu cette même idée à Pemba, autrefois Porto Amalia dans le nord du Mozambique. En 2000, il y avait surtout des ruines. Les plages servaient de latrines pour les autochtones. Puis le système s'est libéralisé et les habitants des campagnes qui autrefois n'avaient pas le droit de se délocaliser sont venus en masse. Sans qu'il n'y ait par ailleurs véritablement de travail pour eux. Un richissime Arabe (sauf erreur) a construit un gigantesque complexe hôtelier à 20 millions de USD sur la plage de Wimbe, mais tout autour, les autorités ont laissé se développer des quartiers de huttes qui occupent maintenant les plus belles places. Ces terres étaient propriétés de l'état, elles ont une valeur vénale extraordinaire qui auraient du profiter à tous en termes d'équipement en les cédant (temporairement, au Mozambique) à de riches étrangers.
Au lieu de cela, cet hôtel-éléphant blanc s'en trouve encore plus déprécié...
Bien sûr, ces idées sont parfaitement choquantes pour les ONGéistes qui vivent de la misère humaine...
http://www.pembabeachresort.com/default.php
Où vous ne verrez pas l'envers du décor...

Écrit par : Géo | 29/08/2008

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