13/09/2008

Un tort vraiment immoral

45 millions pour tort moral, c'est tout de même un joli pactole. Parce que comme il le disait, larme à l'oeil et cabot en diable devant les députés, son nom était devenu une insulte. Un type s'était fait traiter de "Tapie breton" parce qu'il dépeçait des entreprises en Bretagne. Comme si sa réputation de rapace dépeceur d'entreprises qu'il rachetait au bord de la faillite pour les revendre ensuite en pièces détachées n'était pas largement antérieure à son affaire avec le Crédit Lyonnais. Tellement antérieure que c'est avec l'argent qu'il avait ainsi accumulé (entre beaucoup d'autres, sur le dos des balances Testut, à Annemasse) qu'il avait pu racheter Adidas. Tout en emprunant, le gros de la somme au Crédit Lyonnais, comme à son habitude.

Donc 45 millions payés par les contribuables parce que son nom était devenu synonime d'insulte alors même que lui, bien sûr, dans sa vie, n'avait rien fait pour qu'il en soit ainsi. Blanc comme neige qu'il est le Nanard...

Juste une chose en passant, un chiffre souligné par un avocat, ci-devant député socialiste de Bresse, qui pour une fois, tape juste: pour tort moral, la veuve d'une victime de l'amiante touche en France 40 000 euros.  Une victime qui n'a fait que travailler honnêtement.

Donc une vie de citoyen normal, en France, ça vaut mille fois moins que la simple réputation - amplement méritée - d'un puissant, s'il est copain du Président. Si Genève a parfois l'aura d'une république bananière, la France de 2008, c'est pire que le pire des pays africains... Et Carla qui minaude en murmurant que ce qu'il y a de plus séduisant, dans son époux, c'est sa profonde humanité... Eh bien qu'est ce que ça doit être le reste ! Elle se bouche le nez ou quoi ? A moins bien sûr qu'il ne réserve ses moments d'humanité pour la chambre à coucher...

Ou pour ses entretiens avec le Pape... Le christianisme, la morale, aimez vous les uns les autres... tout ça! C'est vrai que si l'on prend les propos de Jésus à la lettre, les pauvres, victimes de l'amiante, vont direct au Paradis, donc ils n'ont pas vraiment besoin de compensation terrestre. Tandis qu'un richissime carnivore comme Tapie, non seulement il a connu la prison en ce bas monde, mais il a toutes les chances de se retrouver au purgatoire, voire pire dans l'autre. Donc c'est bonne justice que de lui accorder le pardon sur Terre. Et les compensations qui vont avec. C'est sans doute ce que Sarko et Benoît appellent une laïcité revisitée...

Benoît qui entre parenthèse a condamné aujoud'hui :" la soif de l'argent, du pouvoir et même du savoir!". Qui détournent l'humanité de sa quête spirituelle. En clair, restez cons et pauvres, et les veaux seront bien gardés. Au passage, ça me rapelle les propos d'un certain René Longet. Les idéologies, les fondamentalismes, les communautarismes sont la plaie de ce XXIème siècle.

Sarah Palin, Sarkozy, Bush, Benoît... l'intégrisme chrétien est à la bataille et franchement il ne sent pas davantage la rose que les intégrismes islamiques, juifs, noirs ou hindous.

Voilà pourquoi j'ai décidé d'arrêter la politique active pour me concentrer sur ce que je pense faire le mieux, écrire et dénoncer. J'ai le sentiment qu'il y a urgence, et que la politique des partis peut difficilement y répondre car elle a besoin d'électeurs et que ce n'est pas à court terme, un combat victorieux. J'ai donc démissionné de ma position de rédacteur en chef du journal et du comité directeur du parti radical, de même que de la Présidence pour la Suisse du Mouvement Démocrate de François Bayrou. Je reste membre de ces deux partis, l'un à Genève, l'autre en France et je continuerai d'écrire et de leur apporter ma contribution, car ce sont celles qui correspondent le mieux à ma conception de la libre pensée.

Mais je reprend mon entière liberté de journaliste et de polémiste, n'engageant plus désormais que moi-même dans ce que je peux avoir à dire ou à écrire. 

Commentaires

On est pour une fois entièrement d'accord.... jusqu'à ce paragraphe qui commence par "Benoît qui entre parenthèse...". Certes, condamner la quête de savoir est une position bien idiote (et pas étonnante de la part de cet obscurantiste de Ratzinger), mais condamner la soif d'argent et de pouvoir n'est-elle pas une position essentielle à adopter en ces temps où tous ceux qui ne courent pas après l'argent courent après les élections (quand ce n'est pas les deux comme les PDG...)??

La religion a des côtés insupportables, mais elle a le mérite d'être l'un des rares contre-pouvoirs à la dictature du fric qui règne...

Écrit par : Sandro Minimo | 13/09/2008

Bonjour !
J'ai commencé la lecture de votre billet avec un sourire en coin, je l'ai continuée avec un sourire réjoui et je l'ai terminée avec un grand sourire.
That makes my day !

Bravo !

:o)

Écrit par : Blondesen | 13/09/2008

Cher Sandro, je crois que pour une fois, nous sommes entièrement d'accord. Peut-être est-ce du à la culture dominante catholique dans mes origines familiales, mais si je ne crache pas sur l'argent, le "enrichissez-vous" protestant n'est certainement pas mon credo principal. Sinon, d'ailleurs je ferais un autre métier.
C'est évidemment la condamnation de la connaissance qui me choque dans les propos de ce cher Benoît. Celle de l'argent roi, je la comprend mieux, même si quelque part elle s'accommode assez bien de ce que Marx voulait dire en parlant d'opium du peuple...
Maintenant, puisque vous êtes là, je voudrais revenir sur cette histoire de décroissance.
Ce n'est pas forcément contradictoire de prêcher la concurrence et la préservation des ressources. Comme vous le remarquez vous mêmes, toutes les activités économiques ne sont pas équivalentes en matière de consommation de ressources et d'énergie, loin de là.
Par ailleurs stopper sans autre la croissance, aboutirait à une crise économique et donc sociale pire que tout ce que l'on a pu connaître. Ni la démocratie, ni la paix, ni le contrôle savamment mesuré et tant espéré de nos consommations, justement n'y survivrait.
Il faut parvenir à évoluer en douceur, en développant des sources de revenus alternatives, à basse consommation (et forte valeur ajoutée humaine) qui permettent aux gens de survivre et même un peu plus. Il faut aussi maintenir la recherche, y compris dans l'espace et dans l'infiniment petit, parce qu'elle peut nous apporter d'autres sources d'énergie. Entre autres.
Otez moi un doute: si l'on trouvait une source d'énergie non polluante et peu limitée, vous seriez d'accord de l'utiliser ou contre par principe ?
Il faut aussi bien sûr de la concurrence, par exemple en matière de recherche sur les cellules solaires, parce que c'est effectivement le moyen le plus efficace d'avancer vite.
Je connais comme vous les ouvrages comparant dans la nature la collaboration et la solidarité d'un côté, la concurrence et la lutte pour la vie de l'autre. Mais ils sont biaisés. Parce que même si dans les lichens, les algues et les mousses s'allient, c'est juste parce qu'ainsi alliées, elles parviennent à conquérir des territoires qui leur seraient interdit autrement. Et c'est la même chose pour toutes les symbioses et parasitages plus ou moins consentants. La conquête et l'élimination de la concurrence sont toujours nichées quelque part. Idem de la collaboration au sein d'une même espèce.
Les manchots qui font la tortue et tournent face au blizzard survivent mieux qu'un individu isolé. Mais au moment de la ponte, ou de la pêche, c'est chacun pour soi et seuls les plus forts survivent, c'est aussi la loi de l'espèce.
Je n'ai jamais écrit que seule la concurrence devait régner, puisque précisément je dis qu'il faut la canaliser. Je crois sincèrement que la médiation et le juste milieu sont souvent les voies les meilleures.
Pas toujours. Pour terminer sur un autre sujet qui me tient à coeur, considérant que la paix est un préalable, dans n'importe quel pays et que la violence est une plaie, je crois utile de parvenir à la paix par tous les moyens. Et que lorsque la médiation échoue durant des années et des années, il ne reste plus comme solution que la victoire rapide d'un des deux camps.

Lorsque j'ai mis les pieds pour la première fois en Colombie, le constat me semblait aveuglant: il fallait que le conflit cesse, et le plus tôt serait le mieux, par la victoire de l'un des deux camps, puisqu'ils refusaient de s'entendre.
Dès lors, tout ce qui contribuait à préserver l'existence armée de l'autre partie était une atteinte à la paix et perpétuait la violence.
Par chance, il se trouve que le vainqueur est dans le camp de la démocratie et de la liberté, même s'il a du pour cela fricoter avec le diable. Je n'aurais pas sauté de joie en sens contraire, mais j'en aurai pris acte, en songeant que les régimes communistes ne semblent guère éternels.
Certains en revanche semblent décider à vouloir sauver ce qui reste des FARC, sans admettre que leurs actes ralentissent inutilement le processus et augmentent la violence.
MCR sera-t-elle assez lucide pour entendre ce discours ?

Écrit par : Philippe Souaille | 13/09/2008

Au fait, cher Sandro, vous qui comme moi, estimez que la maîtrise de la croissance démographique est un élément essentiel si l'on veut justement commencer à réduire en douceur la pression sur les ressources, que pensez vous de l'attitude anti-contraception de ce cher Benoît, qui, au sud du Sahara, se livre à un véritable combat démographique contre l'Islam (tout aussi coupable), au préjudice évident des populations concernées, dont le premier intérêt serait précisément de réduire leur taux d'accroissement ?

Écrit par : Philippe Souaille | 14/09/2008

C'est la nature qui tranchera ce conflit...et je parie qu'elle sera très égalitaire dans le nombre de victimes.

Écrit par : Géo | 14/09/2008

Cher Maître,
Ne vous attendez pas à une réponse de la part de Sandro Minimo, sur la démographie.
Je lui ai déjà posé la question sur son blog et celui de J.-F. Mabut, aucune réponse...
Pourtant, il le sait, avec presque 7 milliards d'habitants, il y a presque 1 milliard qui meurt de faim.
Qu'en sera-t-il avec 9 milliards ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 15/09/2008

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