29/09/2008

Jeu de l'Avion: on a descendu le ravitailleur

Attention, ça se corse, le Congrès des Etats-Unis, à Washington, vient d'abattre en vol le gros porteur qui devait ravitailler l'avion. Etait-ce un Boeing ou un Airbus? On ne sait plus... Toujours est-il que l'avion de l'économie étasunienne risque d'être bientôt à court de carburant.

Comme l'expliquait un éminent économiste québecquois à une réunion de follos ultra-libéraux à laquelle j'assistais ce lundi, le plan Bush consistait à faire payer la facture au contribuable (et aux créanciers des Etats-Unis dans le monde), pour éviter que ce ne soit les actionnaires qui la paient. Juste l'inverse de Robin des Bois, donc. Le québecqois ajoutait que Bush, McCain et Obama avaient un intérêt commun dans l'histoire, qui était de planquer pour quelques années le problème sous le tapis, ce à quoi servait ce fameux plan à 700 milliards. Mais aucun d'entre eux trois ne pensaient véritablement à l'intérêt supérieur du pays à long terme. C'est à dire à 50 ou 60 ans. Encore moins à l'avenir de la planète...

Or il parait évident qu'il faut profiter de cette crise pour changer ce qui doit l'être dans les fondamentaux. Etonnament, ce n'est pas Obama qui a osé, et ce sont les Républicains qui ont fait échouer le plan.

J'hésite à dire ouvertement "qu'ils en soient remerciés", quand je pense à tous mes copains et copines qui perdent des plumes en ce moment - et il y a des cas dramatiques - mais d'un autre côté, je dois dire que sur ce coup, ma matière grise libérale et ma conscience gauchistoïde sont pour une fois entièrement d'accord: laissons la main invisible faire le ménage. Et essayons d'en profiter pour ramener un peu de mesure dans la débauche, en réinventant une régulation simplifiée, mais efficace.

 

Commentaires

Vous avez mon prix pour la meilleure image concernant la crise financière!

Écrit par : salut | 30/09/2008

"... laissons la main invisible faire le ménage"

Je la vois d'ici, cette main griffue qui va, comme à chaque fois, s'en mettre plein les poches en tirant le tout du sac des plus démunis. La main appartient à la WorldCompany, ne l'oublions pas!... Et elle a l'avoir au doigt !

Écrit par : Père Siffleur | 30/09/2008

Le problème ne date pas depuis hier. Depuis des décennies, on parle de sur endettement américain.

Pour un salaire de 100%, l'américain dépense 140%. Jusqu'à quand ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30/09/2008

J'avoue que cela fait un peu peur mais peut-être avez-vous raison. Cependant, comme le dit le Père Siffleur, ceux qui vont perdre sont nombreux et pas très riches, et ceux qui sont à l'abri sont riches et pas très nombreux. (Doux Jésus, voilà que je fais du Michel Bühler ! )
Cela ne risque pas de faire un immense boxon social ? La révolution ? Laquelle ? poujadiste ou néo-marxiste ?
Mieux vaut l'ordre que la justice...(Goethe)

Écrit par : Géo | 30/09/2008

Tranquilisez-vous, il semblerait que finalement la Maison Blanche ait promis un nouvel avion ravitailleur pour jeudi et que du coup les bourses remontent... Franchement ça doit leur faire un peu mal, de jouer au yoyo comme ça, avec tous ces trous d'air...
Sur le fond, d'accord avec vous, il me parait évident qu'il faut sérieusement repenser tout le bastringue, mais que le mieux serait de le faire posément dans le calme.
Le problème, c'est que je garde quelques touches d'analyse marxiste dans un recoin de mon petit esprit, qui me font penser que le capitalisme a toujours tendance à agir poussé uniquement par la loi du profit immédiat. Et que donc, tout le monde appelle au secours et espère l'injection de ces centaines de milliards en sachant pertinemment qu'ils ne sont pas vraiment financés et donc qu'il faudra bien que quelqu'un paie, demain, ou après-demain ou après-après-demain.
On ne fait que repousser le problème. En l'aggravant, très vraisemblablement.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/09/2008

La première remarque que m'inspire tout ce boxon, c'est que je suis infichu de comprendre où partent tous ces milliards injectés - ou non - par les banques centrales. C'est peu dire que cela me met de mauvaise humeur.

Ensuite, comme le faisait remarquer Victor D, ces maisons en Amérique ont encore une valeur non égal à zéro. Si leurs propriétaires doivent les quitter parce qu'ils ne peuvent payer les intérêts de leur dette, on a vu des cars entiers d'acheteurs se ruer sur ces bonnes affaires. Il est si pourri que cela, le crédit ? Reste à voir...

Ces dettes ont été titrisées et alors? Ce qui a été fait peut se défaire. Les mêmes petits merdeux américains qui sont venus dans les banques suisses étudier à 500 dollars l'heure ce qui restait des fonds en déshérence peuvent se mettre au travail chez eux...

Il manque un vulgarisateur pour nous expliquer tout cela...

Personnellement, j'essaie encore et toujours de comprendre les choses économiques en partant de la production des biens et des différents rapports que cela engendre dans la société. Il n'y aura jamais de meilleure approche...

Écrit par : Géo | 30/09/2008

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