29/09/2008

Le PS explose en vol à Vernier

Le MCG a gagné à Vernier et l'analyse qu'en fait le socialiste Pascal Hollenweg est proprement hallucinante d'aveuglement. D'abord souligner que l'ensemble des forces bourgeoises ne rassemble qu'un tiers des voix dans une commune à l'électorat populaire, traditionnellement ancré à gauche est d'une grande inutilité. Le centre droit, même renforcé de la droite dure et des verts est grosso modo à sa place dans une telle configuration sociologique, face à l'émergence d'un parti poujadiste.

Celle qui a bel et bien été laminée dans l'histoire, c'est la gauche, dont le MCG laboure consciencieusement et fait fructifier l'électorat, en transformant en leaders populistes d'anciens  électeurs de droite... Une gauche clairement accusée d'être celle des copains, des coquins et des bouffeurs de subventions... et qui trouve assez peu d'arguments pour le démentir. Une gauche qui est soit bête soit méchante, car enfin, il ne fallait pas être grand clerc pour comprende qu'en balançant un candidat PS dans la bataille, on ne ferait que doper les chances du MCG de placer son élu, face à une candidature plutôt consensuelle sur laquelle s'étaient ralliés quasimment tous les partis de gouvernement.

La capacité des uns et l'incapacité des autres a faire campagne a fait le reste. Maintenant au fond, il n'en demeure pas moins que le MCG pose de vrais problèmes en dehors de travers détestables.

Parmi le détestable, je veux citer la haine des frontaliers, la dénonciation systématique de scandales qui parfois n'en sont pas, l'art et la manière de prendre les électeurs pour des gogos en leur promettant monts et merveilles avec des chartes d'éthique qui devront bien être confrontées à la réalité des faits et d'une politique de gouvernement. Ils concentrent ainsi le plus mauvais côté de la démocratie: la démagogie. Elle a fait mouche dans un électorat populaire qui se sentait délaissé.

C'est justement l'un des deux problèmes que pose le MCG: les gens se sentent oubliés des partis, notamment à gauche de ceux qui sont censés les représenter et la crise n'arrange rien. En fait, ils en ont marre des partis et de la logique partisane, qui veut qu'on se serre les coudes ou qu'on se tire dans les pattes, en fonction d'une appartenance.

Le deuxième problème est que les gens sont aussi profondément lassés d'un affrontement gauche-droite qui n'a plus de sens tant les remèdes proposés sont proches... et tant à l'évidence la meilleure solution parait une mixture des deux idéologies. Mais cela, précisément, les idéologues de part et d'autre (des gens comme Hollenweg à gauche ou Nidegger à droite) refusent de s'y résoudre et emploient le même vocable en dénonçant "le centre mou". 

Pourtant, depuis le temps qu'on le dit, c'est fait, nous y sommes, nous rentrons dans une période de crise et de remise en cause des fondements de notre civilisation qui risque fort de durer un bon moment. Après laquelle plus rien ne sera comme avant. Pour faire face, dans ce genre de situation, l'union des forces de progrès et de proposition est nécessaire et vitale.

C'est un problème qui ne touche pas que Genève, mais bien sûr toute la Suisse, l'Europe et le Monde.  Le MCG a réussi a cristalliser les peurs et à se positionner comme un recours contre ces angoissantes menaces. C'est évidemment un pur mensonge. Le MCG n'a pas le début d'une idée de solution miracle. Il lui faudra bien se rallier aux solutions communes, à moins d'enfoncer Genève dans un alleingang  mortifère, vu notre dépendance absolue et totale à l'égard de nos liens à l'extérieur: la Suisse, la France, l'Europe, le Monde.

Les gens ont raison d'avoir peur. La crise économique, même si Genève s'en sort bien, les problèmes écologiques, même si nous vivons dans un petit paradis, les questions posées par le vivre ensemble, tout cela va entraîner des modifications de nos conditions de vie, probablement à la baisse, même si l'on peut, si l'on doit, imaginer des compensations. Et aujourd'hui, ni la droite, ni la gauche, dont les schémas remontent à deux siècles n'ont de solution clef en mains.  Mais c'est au centre, dans le dialogue et la concertation, plutôt que dans les vaines querelles et les rodomontades guerrières, que l'intelligence et le pragmatisme pourront élaborer les solutions pour le mieux vivre ensemble demain.  

   

Commentaires

Excellent.
Vous avez une vision pertinente de la politique et vos messages. le long de votre blog,remettent un peu d'intelligence dans le débat.
Un grand merci

Écrit par : Bertrand BUCHS | 29/09/2008

Je me joins à l'avis exprimé ci-dessus. La gauche genevoise - du moins dans les communes - se casse la gueule et on pourrait dire "tant pis". Mais si c'est pour favoriser l'émergence du MCG, je dit: "stop". Dans le fond, je souffre avec les habitants de Vernier qui sont acculés par des problèmes innombrables. Faut-il craindre, en plus, un blocage des rouages administratifs, une paralysie de la gestion communale ? J'imagine le MCG se posant en victime, car il ne pourra pas tenir ses promesses. Que va-t-il se produire alors dans les quartiers comme les Avanchets ?

Écrit par : Dixit | 29/09/2008

"Le PS explose en vol à Vernier".....OUI !!

Et le MCG s'envole en orbite....ne vous en déplaises cher Philippe...
Au fait, comment va votre beau-frère..?

David Sanchez

Écrit par : Comité Alerte | 29/09/2008

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