29/09/2008

Jeu de l'Avion: on a descendu le ravitailleur

Attention, ça se corse, le Congrès des Etats-Unis, à Washington, vient d'abattre en vol le gros porteur qui devait ravitailler l'avion. Etait-ce un Boeing ou un Airbus? On ne sait plus... Toujours est-il que l'avion de l'économie étasunienne risque d'être bientôt à court de carburant.

Comme l'expliquait un éminent économiste québecquois à une réunion de follos ultra-libéraux à laquelle j'assistais ce lundi, le plan Bush consistait à faire payer la facture au contribuable (et aux créanciers des Etats-Unis dans le monde), pour éviter que ce ne soit les actionnaires qui la paient. Juste l'inverse de Robin des Bois, donc. Le québecqois ajoutait que Bush, McCain et Obama avaient un intérêt commun dans l'histoire, qui était de planquer pour quelques années le problème sous le tapis, ce à quoi servait ce fameux plan à 700 milliards. Mais aucun d'entre eux trois ne pensaient véritablement à l'intérêt supérieur du pays à long terme. C'est à dire à 50 ou 60 ans. Encore moins à l'avenir de la planète...

Or il parait évident qu'il faut profiter de cette crise pour changer ce qui doit l'être dans les fondamentaux. Etonnament, ce n'est pas Obama qui a osé, et ce sont les Républicains qui ont fait échouer le plan.

J'hésite à dire ouvertement "qu'ils en soient remerciés", quand je pense à tous mes copains et copines qui perdent des plumes en ce moment - et il y a des cas dramatiques - mais d'un autre côté, je dois dire que sur ce coup, ma matière grise libérale et ma conscience gauchistoïde sont pour une fois entièrement d'accord: laissons la main invisible faire le ménage. Et essayons d'en profiter pour ramener un peu de mesure dans la débauche, en réinventant une régulation simplifiée, mais efficace.

 

Le PS explose en vol à Vernier

Le MCG a gagné à Vernier et l'analyse qu'en fait le socialiste Pascal Hollenweg est proprement hallucinante d'aveuglement. D'abord souligner que l'ensemble des forces bourgeoises ne rassemble qu'un tiers des voix dans une commune à l'électorat populaire, traditionnellement ancré à gauche est d'une grande inutilité. Le centre droit, même renforcé de la droite dure et des verts est grosso modo à sa place dans une telle configuration sociologique, face à l'émergence d'un parti poujadiste.

Celle qui a bel et bien été laminée dans l'histoire, c'est la gauche, dont le MCG laboure consciencieusement et fait fructifier l'électorat, en transformant en leaders populistes d'anciens  électeurs de droite... Une gauche clairement accusée d'être celle des copains, des coquins et des bouffeurs de subventions... et qui trouve assez peu d'arguments pour le démentir. Une gauche qui est soit bête soit méchante, car enfin, il ne fallait pas être grand clerc pour comprende qu'en balançant un candidat PS dans la bataille, on ne ferait que doper les chances du MCG de placer son élu, face à une candidature plutôt consensuelle sur laquelle s'étaient ralliés quasimment tous les partis de gouvernement.

La capacité des uns et l'incapacité des autres a faire campagne a fait le reste. Maintenant au fond, il n'en demeure pas moins que le MCG pose de vrais problèmes en dehors de travers détestables.

Parmi le détestable, je veux citer la haine des frontaliers, la dénonciation systématique de scandales qui parfois n'en sont pas, l'art et la manière de prendre les électeurs pour des gogos en leur promettant monts et merveilles avec des chartes d'éthique qui devront bien être confrontées à la réalité des faits et d'une politique de gouvernement. Ils concentrent ainsi le plus mauvais côté de la démocratie: la démagogie. Elle a fait mouche dans un électorat populaire qui se sentait délaissé.

C'est justement l'un des deux problèmes que pose le MCG: les gens se sentent oubliés des partis, notamment à gauche de ceux qui sont censés les représenter et la crise n'arrange rien. En fait, ils en ont marre des partis et de la logique partisane, qui veut qu'on se serre les coudes ou qu'on se tire dans les pattes, en fonction d'une appartenance.

Le deuxième problème est que les gens sont aussi profondément lassés d'un affrontement gauche-droite qui n'a plus de sens tant les remèdes proposés sont proches... et tant à l'évidence la meilleure solution parait une mixture des deux idéologies. Mais cela, précisément, les idéologues de part et d'autre (des gens comme Hollenweg à gauche ou Nidegger à droite) refusent de s'y résoudre et emploient le même vocable en dénonçant "le centre mou". 

Pourtant, depuis le temps qu'on le dit, c'est fait, nous y sommes, nous rentrons dans une période de crise et de remise en cause des fondements de notre civilisation qui risque fort de durer un bon moment. Après laquelle plus rien ne sera comme avant. Pour faire face, dans ce genre de situation, l'union des forces de progrès et de proposition est nécessaire et vitale.

C'est un problème qui ne touche pas que Genève, mais bien sûr toute la Suisse, l'Europe et le Monde.  Le MCG a réussi a cristalliser les peurs et à se positionner comme un recours contre ces angoissantes menaces. C'est évidemment un pur mensonge. Le MCG n'a pas le début d'une idée de solution miracle. Il lui faudra bien se rallier aux solutions communes, à moins d'enfoncer Genève dans un alleingang  mortifère, vu notre dépendance absolue et totale à l'égard de nos liens à l'extérieur: la Suisse, la France, l'Europe, le Monde.

Les gens ont raison d'avoir peur. La crise économique, même si Genève s'en sort bien, les problèmes écologiques, même si nous vivons dans un petit paradis, les questions posées par le vivre ensemble, tout cela va entraîner des modifications de nos conditions de vie, probablement à la baisse, même si l'on peut, si l'on doit, imaginer des compensations. Et aujourd'hui, ni la droite, ni la gauche, dont les schémas remontent à deux siècles n'ont de solution clef en mains.  Mais c'est au centre, dans le dialogue et la concertation, plutôt que dans les vaines querelles et les rodomontades guerrières, que l'intelligence et le pragmatisme pourront élaborer les solutions pour le mieux vivre ensemble demain.  

   

27/09/2008

L'Islam et les lois de la République

C'était hier la première fois que j'assistais à un prêche de Tariq Ramadan. Devant une asistance souvent très jeune, il fut brillant, maniant les concepts hardiment. On sent chez lui l'influence des lumières et de la pensée protestante, il n'a pas fait pour rien ses humanités à Genève. Il a même implicitement répondu à ma question de la veille, dans ce blog, sur la liberté d'abjurer, en précisant, je cite de mémoire, que c'était « au musulman lui-même, quelle que soit sa pratique, de se définir en tant que musulman ou non, chacun devant rester libre de le faire ». Ce qui revient à accepter l'apostasie et donc à condamner la pratique, courante en Islam de punir, y compris de la peine capitale, ceux qui abjurent. J'aurais certes préféré une condamnation plus explicite, mais enfin, c'est un début. Merci.

Tarik a par ailleurs réitéré très clairement sa condamnation des terroristes, à qui il dénie le nom de musulmans, de même qu'il prône l'égalité des droits de l'homme et de la femme. Qui soi dit-en passant n'est clairement pas assurée par le droit musulman, en qui il voit pourtant un outil de justice égale pour tous.... Mais il y a d'autres failles, béantes, dans son discours, qui font qu'en réalité, il n'a pas répondu à la question du débat, qui était au fond de savoir si les Européens devaient avoir peur de l'Islam. A titre personnel, en tout cas, il ne m'a pas rassuré.

Comme nous tous, dans son argumentation, il n'utilise que les faits et les concepts qui servent sa théorie, en négligeant les autres. Nous le faison tous, plus ou moins, mais à ce niveau, c'est impressionant d'ampleur chez un homme qui se prétend religieux et se doit donc d'être honnête. Il est à l'évidence si brillament intelligent qu'il ne peut pas ne pas se rendre compte que sa pratique n'est pas objective, donc n'est pas honnête, donc n'est pas musulmane. Sauf à admettre que le djihad tolère la subjectivité et la torsion du discours, si c'est pour la bonne cause.

Durant les ¾ de son prêche, il a donc confondu habilement immigration et immigration musulmane. Assimilant celle-ci, historiquement, à l'émigration italienne en Suisse et passant complètement sous silence le fait que les immigrés d'aujourd'hui en Europe ou aux Etats-Unis, sont très loin d'être tous musulmans et que l'immigration musulmane pose un problème spécifique, contrairement aux immigrations espagnoles, portugaises ou italiennes du passé. Elle diffère même des autres immigrations visibles d'aujourd'hui. L'intégration d'un chinois ou d'un sub-saharien chrétien peut en effet se rapporter à peu près sans autre à celle d'un sicilien ou d'un galicien. Seule la couleur les différencie, qui crée un obstacle supplémentaire auprès des seuls racistes. Heueusement, ceux là demeurent très minoritaires.

Les problèmes spécifiques de l'immigration musulmane se nomment Ouma et Charia. Ce n'est pas uniquement une différence de croyances. Les italiens et autres latins étaient catholiques, les slaves sont souvent orthodoxes. Le problème tient dans la superposiiton du fait religieux et communautaire d'une part, dans la vocation expansionniste et dominatrice de la religion musulmane d'autre part. Même les juifs d'Europe centrale, nombreux entre les deux guerres, ne posaient pas le même problème, car si leur religion tient un discours clair d'exclusion du non-juif, elle ne professe pas officiellement un discours de domination et de soumission de cet autre, non juif. Contrairement au jihad et au Coran.

Alors bien sûr, le christianisme et son enfant, la philososophie des lumières, a lui aussi été conquérant, et même sanguinaire, lors de son apogée industrielle et démographique. Mais ce n'est plus le cas. Et si je souhaite que la liberté de penser et la libre pensée se répandent dans le monde, parce que j'estime qu'elles sont les clefs du futur de l'humanité, je ne souhaite pas l'imposer. Ce serait d'ailleurs éminement contradictoire.

Ma vision de l'harmonie entre cependant en conflit ouvert avec une religion qui, elle, prône la soumission à une parole figée, jaillit (de où ?) voilà 14 siècles. Figée, en tout cas pour l'immense majorité de ses croyants, au point que Tarik, précisément, souhaite la dépoussiérer quelque peu. Ce qui est tout à son honneur, même si c'est à l'évidence une stratégie pour tenter d'enrayer l'érosion de la pratique religieuse.

A tout prendre, je préfère la stratégie de Tarik à celle de Benoît, qui lui prend le chemin inverse, et prétend resserrer les boulons du dogme. Les deux sont à mon avis vouées à l'échec, car ils tentent d'enrayer avec leurs doigts l'érosion d'une dune de sable sec... L'écroulement du mur de Berlin a pu faire illusion quelque temps, déclenchant l'impression d'un retours en force des religions. Mais c'était juste du à l'effondrement de l'une d'entre elles, l'idéologie communiste. Au final, les êtres humains s'affranchissent peu à peu des croyances inutiles, c'est à mon avis le sens, inéluctable, de l'histoire. Et c'est heureux parce que ces croyances obsolètes font plus que contribuer à nous mener à l'affrontement mondial..

La spécificité de l'immigration musulmane est donc de vouloir considérer tous les musulmans comme membres de l'ouma, la communauté dont la destinée, à l'arrivée, est de se soumettre à la charia. Or clairement, je refuse d'avoir à m'y soumettre un jour, moi ou mes petits enfants. Les filles en particulier. Parce que je veux bien croire en la volonté de réformes affichée par Tarik Ramadan, mais dans les faits, on en est encore bien loin.

Tarik reconnaît la liberté de quitter la religion, contrairement à la loi en vigueur dans les pays musulmans, mais il exclut très clairement et logiquement de la communauté, la Ouma, tous ceux qui fanchissent le pas officiellement. C'est là où le bât blesse. Parce qu'un italien qui se fait protestant ou devient agnostique reste italien. Et qu'offrir la pizza ou le couscous à sa nouvelle culture, c'est tout autre chose que de prétendre peut-être un jour imposer la loi de sa religion aux resortissants du pays d'accueil.

La démographie est clairement dans le camp de l'immigration et franchement cela ne me gêne pas. Mes enfants sont métis, j'ai grandi dans une athmosphère multiculturelle et je ne souhaite d'autre monde que celui de la diversité. Dans mon univers, les musulmans d'origine ou pratiquants ont toute leur place, même si je préfère que les dévots, de quelque religion qu'ils soient, conservent leurs convictions dans le secret de leur âme et de leur chez eux quand ils sont chez moi.

L'évolution des consciences en revanche est clairement dans le camp de la libre pensée. Statistiquement, la catégorie religieuse qui croit le plus rapidement en Suisse est celle des incroyants. Bien plus rapidement que celle des musulmans, un certain nombre d'entre eux passant d'ailleurs de l'une à l'autre chaque année. C'est ce mouvement que Tarik, comme Benoit veulent enrayer, et c'est celui que je veux encourager. Non pas agressivement, je ne veux convertir personne, mais en accompagnant simplement un mouvement naturel, celui de l'histoire de la pensée humaine, qui un jour a eu besoin de s'inventer un ou des dieux et qui aujourd'hui s'en affranchit.

Tarik se la joue libéral et c'est tout à son honneur, car c'est une position courageuse et évolutive dans une religion plutôt figée et parfois violente. Mais Tarik travaille à la cohésion de l'Ouma et la logique de l'ouma est de respecter la charia. Que se passera-t-il si demain ou après-demain, les musulmans pratiquant s'estiment assez nombreux pour réclamer l'application de la charia, ne serait-ce qu'au sein de leur communauté, comme ils l'ont déjà fait au Canada ?

Une charia light, sans lapidation ni décapitation des apostats, mais une charia tout de même ? La réponse à mon avis ne peut être que laïque: pourquoi pas, pour autant qu'aucune des lois et coutumes appliqués ne contreviennent aux lois supérieurs de l'Etat, du canton et de la commune. Et que ceux à qui elles s'appliquent demandent expressément leur application, aucune application ne devant être possible contre leur gré. Chacun doit rester libre de se dire musulman ou non, sans pour autant à voir à subir les foudres de sa communauté d'origine.

Comme pour les minarets. Oui, à condition qu'ils ne transgressent pas nos lois sur les constructions et les paysages. La vraie intégration, ce n'est pas de s'affirmer en tant que membre d'une communauté fermée, c'est que le fait qu'appartenir à cette communauté soit devenu un geste affectif, certes, mais accessoire. Un drapeau que l'on accroche à sa fenêtre un jour de match de foot, alors que tout le reste de l'année, on vit parmi les siens (c'est à dire parmi les Genevois, dans notre cas) comme n'importe quel citoyen parmi d'autres.

Tarik dit que la première génération était invisible alors qu'aujourd'hui les jeunes s'affirment et ont raison de le faire. Pas d'accord.: La première génération était discrête. Les jeunes d'aujourd'hui ont tendance à vouloir brandir leur ethnie ou leurs croyances comme un étendard. Ce, qu'ils soient helvètes, rebeus, keblas ou feuj. Sans oublier les asiatiques ou les kossovars.... C'est cela qui est dangereux et qu'il faut combattre. C'est une conséquence directe des peurs diverses que l'autre engendre. Une affirmation de soi en réaction à la négation par l'autre. Tarik et moi partageons la même analyse. Mais je ne suis pas certain que sa réponse soit la bonne. J'ai l'impression qu'elle ne peut qu'élever des frontières alors qu'il faut s'efforcer de les aplanir

26/09/2008

Le droit d'abjurer

J'ai apprécié le texte de Tarik Ramadan, dans la Tribune d'aujourd'hui. Un message d'ouverture et de tolérance, centré sur l'intégration des musulmans en Europe. J'espère juste au passage qu'il est intégralement sincère et que ce discours n'est pas la facette présentable d'une idéologie intégralement discutable comme celle que professe son frère Hani dans ces blogs.

Partant du principe que Tarik donc, est sincère, je voudrais poursuivre et préciser là où son discours s'interrompt et se fait un peu imprécis, à savoir dans la définition des efforts que les musulmans ont à faire en tant que nouveaux arrivants, pour se faire accepter dans cette société.

Société dont à priori ils apprécient les bienfaits que ce soit en terme de liberté de parole et de pensée – et de religion – mais aussi en termes d'aisance matérielle. Ce que l'on est bien obligé de rapporter à un type de construction socio-économique, le libéralisme, qui n'est pas encore parvenu à se développer de manière analogue sous le régime de la chariah. Ni à produire la même aisance.

En clair cela signifie pour moi que les musulmans doivent donc se plier aux quelques règles communes, telle qu'une laïcité stricte, ou une égalité tout aussi rigoureuse – notamment entre les sexes - qui permettent et favorisent ce vivre ensemble harmonieux.

Parmi ces efforts à faire, Tarik se contente de condamner le terrorisme et de respecter l'égalité de la femme. Il en oublie au moins un, fondamental, qui est l'absolue liberté d'abjurer et de se convertir, de changer de religion ou de renoncer à toute foi. Avec tout ce qui en découle, comme la liberté de se choisir des prénoms différemment connotés si l'on en a envie, etc... Bref qu'à la 3ème génération, puisqu'il la cite, on ne soit pas obligé de voir un membre d'une communauté, mais un citoyen comme un autre, parmi d'autres.

Je connais un certain nombre de musulmans ou de personnes d'origine musulmane qui correspondent parfaitement à ces critères et qui n'ont à priori aucun problème de socialisation, ou alors vraiment rarement, au contact de vrais fachos qui sont à combattre résolument. J'aimerais être certain que Tarik Ramadan se range parmi ces musulmans là, mais je n'en suis pas certain. J'attends une réponse claire sur l'apostasie. Peut-être à sa conférence de ce soir ?  En fait les données sont assez simples: si les musulmans d'Europe veulent être acceptés par la majorité de la population comme des citoyens comme les autres, ils doivent devenir des citoyens comme les autres. Non pas identiques, mais avec des différences et des pratiques, notamment religieuses, qui ne les opposent pas frontalement à la communauté plus vaste qui les accueuillent.

Le problème est d'ailleurs également valable pour d'autres communautés et c'est un débat vieux de plusieurs siècles. Il ne s'agit pas de forcer les gens à abjurer mais qu'ils en aient le droit s'ils le souhaitent. Que les mariages mixtes n'imposent pas forcément la conversion d'une des deux parties, que les enfants puissent choisir librement leur religion ou de ne pas en avoir etc...  

25/09/2008

On veut des placements de mère de famille

Il suffit en ce moment d'ouvrir un journal et de tout y lire, pour comprendre aussitôt dans quel monde ont vit. Mais il n'est de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre... et de pires aveugles que ceux qui, le nez dans le guidon, s'échinent à pèdaler sans s'apercevoir qu'ils foncent du mauvais côté. Ceux là croient encore qu'ils sont au pays de Candy, où l'argent pousse sur le parquet de la Bourse, où les pauvres se contentent, sans protester de bâver d'envie toute leur vie, où la Terre, bonne fille, se décarcasse pour produire tout ce dont on a envie...
D'abord l'injustice et l'inconstance: 700 milliards, d'un coup de pouce et pour un seul pays, c'est plusieurs fois le montant annuel de l'aide au développement accordé par le monde entier sur une année. Dont on peut supposer qu'elle sauve des dizaines, des centaines de milliers de vie. 700 milliards d'investissement dans les pays les moins avancés sortiraient de l'extrême pauvreté des centaines de millions de gens. Mais c'est moins important que d'éviter la faillite à quelques cols blancs, plus ou moins copains du Président... Et surtout de sauver l'épargne des épargnants, tous ces gens qui votent pour ce même Président.
Accessoirement, c'est contrevenir aux lois du Marché, la fameuse main invisible, qui dans un tel cas, reccomande de laisser crever sans pitié les joueurs invétérés et de dégraisser un peu les rentiers mal avisés. La Main invisible qui, pour les écolos tous verts, porte le nom de Gaïa, la Terre. Qui depuis avant hier, jusqu'à la Saint-Sylvestre, nous nourrit à crédit. Chaque année, c'est la même chose, mais chaque année, c'est un peu plus tôt.
Alors bien sûr, on peut refaire les calculs, et certainement qu'il y a des erreurs. On peur optimiser l'exploitation des ressources naturelles, inventer de nouveaux processus industriels, recycler davantage et apprendre à tout faire pour notre petite Planète Bleue... Mais une chose est certaine, on ne peut pas plus en changer pour une plus belle, que pour une plus grande.
On ne peut pas non plus espérer s'accaparer longtemps encore l'essentiel de ses fruits, tandis qu'au pied de la table, les cohortes affamées se contentent d'attendre nos miettes. Hier Berne a pris quelques décisions énergiques. Réduire de 10% nos retraites, pour que nos enfants puissent continuer à les payer... et augmenter de 0,4 à 0,5% la part du PNB allant au développement. C'est 25% d'augmentation, mais cela reste ridicule, de la part d'un des pays les plus riches du monde.
La baisse des retraites, c'est à Couchepin qu'on la doit et c'est tout à son honneur, contre vents et marées, d'oser la proposer, en sachant fort bien quelles conséquences cela risque d'entraîner sur sa popularité, car il a déjà donné... L'augmentation de l'aide au développement, plus timide, sert le dicastère de Micheline Calmy-Rey... Qui pourrait être nettement plus ambitieux et offensif sur la question, si son mode de gestion et d'intervention osait faire sa révolution. Assez d'assistance stérile et paralysante, place à l'investissement productif et à la motivation.
Problème, si les pays les moins avancés se développent, ils vont forcément se mettre à consommer davantage, ce qui augmentera le déficit en ressources naturelles. C'est là qu'intervient la main invisible, avec une bonne crise. Ce qui nous force, nous autres pays riches, à réduire les paramètres de nos appétits. Ce qui bien évidement ne fait pas l'affaire des partis, les populistes comme les autres, qui n'ont guère vocation à expliquer à leur électeurs qu'on a fini pour un temps de raser gratis. Un temps qui risque fort de durer longtemps, peut-être même indéfiniment.
Les vieux réflexes ont la vie dure. J'ai une amie qui dans une petite banque privée familiale, s'est spécialisé dans l'investissement durable. Les rendements qu'elle sert à ses clients ne sont pas mirobolants, mais jusqu'à présent, mois après mois, ils sont resté positifs... Des placements de mère de famille, soucieuse de sa descendance. Les placements mirabeaulants sont plus virils. Aux yeux du responsable 2ème pilier d'une autre banque privée de la place, les placements verts et équitables ne sont pas assez rentables. Ben oui, parce qu'au delà de l'intérêt légal à servir, il faut bien que la banque et le gestionnaire fassent leur beurre... et comme ils ont des goûts de luxe en la matière, ils préfèrent les placements plus rémunérateurs mais plus risqués.
Sur la durée, ils n'ont pas forcément tort. A condition que le jeu de l'avion continue. Toute la question est là. Va-t-on accepter que la main invisible, la loi du marché, nous ramène à la réalité, ici et maintenant, avec la vraie crise économique et sociale que cela suppose, ou fuir encore et repousser l'échéance quelques temps, juste le temps qu'il faut pour aggraver encore les déficits et la situation ?

22/09/2008

MCG déclic et déclin des partis

Qu'est-ce qui pousse une part croissante de la population genevoise à suivre les leaders du MCG ? Leurs leaders, notamment ceux qui s'expriment dans ces blogs, viennent plutôt de droite, souvent pourvus de la lucidité qui va avec, lorsqu'ils ne s'abiment pas dans l'extrémisme.  Hommes et femmes, beaucoup ont été meurtris par la vie et en sont sortis marqués. Pas tous aigris, mais tous désabusés.

Du côté des électeurs, la plupart sont des gens modestes, qui longtemps ont voté à gauche, mais qui voient leur niveau de vie s'effriter et les nuages s'amonceler à l'horizon. Genève, les Genevois, si sûr d'eux mêmes et de leur supériorité naturelle, sont peu à peu contraints à rentrer dans le rang de la mondialisation. Ils voudraient bien l'empêcher, conserver leurs privilèges d'avant, mais c'est juste impossible, car leurs privilèges d'avant ce n'est pas à eux-mêmes qu'ils les devaient, mais à un certain nombre d'éléments historiques, économiques et fiscaux qui les faisaient profiter anormalement d'une situation privilégiée.

On n'a jamais travaillé davantage à Genève qu'ailleurs, c'est pure illusion de le croire. En revanche l'heure de travail y rapportait davantage qu'ailleurs, grâce notamment au fait qu'ailleurs planquait ses sous chez nous, ce qui déclenchait quelques phénomènes économiques (taux d'intérêt, différentiel de change etc...) trop longs à expliquer ici. Cela, on l'a toujours caché aux Genevois, en leur faisant croire qu'ils étaient les plus beaux, les plus bosseurs et les plus intelligents. Malheureusement, ils sont comme tout le monde et le monde s'est réveillé.

Parrallèlement, comme l'argent coulait à flots, il s'est développé à Genève, sous la responsabilité croisée de la gauche et de la droite, une propension à l'assistance que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde. Deux fois plus de fonctionnaires qu'en Suisse alémanique, des logements assistés qui sont mieux que des logements de luxe dans les pays voisins, des floppées d'artistes auto-proclamés arrosés tous les matins aux subventions, des toxicomanes qui vivent mieux que des travailleurs chargés de famille, bref, tout un petit et moyen peuple qui coûte très cher à l'ensemble de la collectivité. Sauf que tout en haut de la pyramide, les très riches s'arrangent pour ne pas trop payer, avec l'accord de la majorité, car sinon, ils s'en vont, c'est aussi simple que cela.

Tout l'effort repose donc sur cette fameuse classe moyenne, et notamment sa partie aisée, pressurée d'impôts. Grâce à toute cette débauche sociale, on continue de vivre bien à Genève, mieux qu'ailleurs. Mais tout le monde sent bien que le système se craquèle de partout. Et les gens ont peur d'un grand effondrement.

Là-dedans, quelques tribuns habiles se lèvent et hurlent, d'une voix forte, désignant des scandales - c'est vrai il y en a - et surtout des coupables: les frontaliers, la gauche caviar, les dealers étrangers...   Sauf que ces scandales, certes inadmisssibles, ne sont que des épiphénomènes, face à l'ensemble du problème. Il y a du coulage dans la République et il est sain qu'il soit dénoncé. Mais les quelques dizaines de millions en cause ne sont rien à côté des sommes englouties par le budget de l'Etat et des communes pour juste fonctionner. Le fond du problème est ailleurs et le MCG n'a aucune idée de comment le résoudre sans se mettre à dos ses électeurs, car une bonne partie de ceux-ci sont aussi une bonne partie du problème.

Si l'on veut résoudre les vrais problèmes, que ce soit énergétique ou écologique ou, tout aussi essentiel, notre place dans une économie mondialisée, il faudra - qu'on le veuille ou non - se serrer la ceinture. Et cela aucun parti n'est prêt à le dire ouvertement.  Encore moins le MCG que les autres, qui se contente de désigner des coupables - si possibles étrangers, frontaliers ou dealers africains - en hurlant que c'est de leur faute

 Les partis sont coincés. Ils dépendent de leurs électeurs et d'une certaine manière leur racontent des fables. Certes les partis du centre droite moins que les autres, c'est ce qui rend leur position si inconfortable, électoralement parlant. Ce qui en fait, aussi un vivier idéal pour y recruter les cadres du MCG. Mais comme tout le monde, ils sont coincés. Personne n'a jamais été élu sur des promesses négatives. Et la marge de manoeuvre est étroite, très étroite. En plus il y a des rivalités de personnes, des jalousies, des postes à prendre en nombre limité, toutes ces machines à engendrer de la déception.

Ce qui se passe à Genève pour la Constituante est très intéressant. On y retrouve :

des gens motivés et compétents, soigneusement sélectionnés, disposant d'un programe clair et muri depuis de longues années, la Liste 1 des radicaux. Ce que le vieux système peut avoir à ofrir de mieux.

Des lobbysistes purs et durs, représentants ouvertement la classe des superriches...

Des gens de bonne foi à qui l'on a commencé par raconter que MCG, cela ne signifiait pas MCG, mais que au final, ça rime tout de même un peu beaucoup passionnément avec MCG quand même...

Une liste d'indépendants, la plus révolutionnaire, puisqu'ils sont même indépendants les uns des autres et prétendent carrément agir sans  parti... Les plus utopistes, ils ont toute ma sympathie... Même si je voterai pour la Une et plutot deux fois qu'une. 

Des membres d'associations qui croient dur comme fer que la politique, c'est les ONG plus l'énergie solaire...

Je suis impatient de voir ce que vont en tirer les Genevois.

Personnellement j'ai décidé de continuer à parler de politique sans plus en faire, car c'est le seul moyen de pouvoir dire ce que l'on pense sans avoir à avoir peur de se faire des ennemis. Certes cela m'éloigne des honneurs du pouvoir et des jetons de présence, mais cela n'était de toute manière pas mon but. J'ai l'insigne honneur et l'immense prétention de penser que je serai plus utile ainsi, en déclamant ce qui est ma vérité, sans enjeu ni aspiration politicienne.

 

21/09/2008

Facho le MCG ?

L'un de mes amis - même si je ne le connais qu'épistolairement, je suis fier de l'appeler ainsi - a tenté de m'expliquer pourquoi il était sur une liste MCG à la constituante, en affirmant notamment que ce parti n'était pas d'extrême droite. De fait il a des positions plutôt de gauche sur certains points et ne défend pas le libéralisme à touts crins. D'ailleurs en ce moment, à part une poignée de mohicans, ils sont rares à oser défendre le libéralisme sans entrave. 

Le MCG ne s'en inscrit pas moins, et je suis triste de devoir le dire à mon ami, dans une tradition authentiquement fasciste, qui s'est toujours planquée sous quelques oripeaux de gauche, ou socialisant, pour assurer en fait la conquête du pouvoir par quelques uns. Car c'est bien de cela qu'il s'agit: l'appétit de pouvoir inextinguible de tribuns à la gueule particulièrement élastique, doués généralement d'un charisme animal, un peu vulgaire à mon goût, mais bien réel.

L'une des caractéristiques essentielles du fascisme, ou du national-socialisme, c'est d'abord de désigner un ennemi, à la fois étranger et proche, afin de souder le clan contre le bouc émissaire. Pour l'UDC, ce sont les moutons noirs, l'Union Européenne et les Minarets, pour le MCG, ce sont les frontaliers. Mon ami reste étonnament muet sur cette question, elle est pourtant fondamentale, je dirais même plus, essentielle. En dehors de la stupidité qu'il y a à vouloir se débarasser de gens qui sont essentiels à l'économie du Canton (sans même parler de l'aspect répugnant de l'attitude sur le plan moral) ce comportement le relie à tous ces abrutis qui menacent de s'entretuer, ou le font tous les matins, sur la planète, entre Padaniens et Siciliens, Ossètes et Géorgiens, Serbes et Kossovars, Baoulés et Dioulas, Hutus et Tutsies, Hans et Ouighours, etc... etc... etc...

Les seuls à profiter de tout ce petchi, les grands vainqueurs, ce sont les hyper-riches, Bush et consorts en tête, qui fabriquent et vendent des armes et continuent de balader leurs capitaux par-dessus les frontières, comme si de rien n'était.

Le MCG, eapelle mon ami, est est très actif auprès de sa population. Mais c'est là encore une caractéristique essentielle des mouvements populistes extrémistes que de s'investir au plus près de leurs populations. Il faut bien convaincre l'électeur et quel meilleur moyen que de lui servir la soupe populaire? 

Il est certain que les partis traditionnels s'investissent beaucoup moins à ce niveau. Mais si la charité, la proximité et les discours démagogues au parlement séduisent les électeurs, elles ne solutionnent  en rien les problèmes de fond.. Sur ce terrain de gouvernement, les mouvements populistes sont démunis, précisément parce que les objectifs et les moyens d'une bonne gouvernance à moyen et long terme sont contradictoires avec ceux qu'impose une vision courte sur le seul lendemain matin... qui déchante!

 

 

20/09/2008

Le jeu de l'avion continue... A quand les bombardiers ?

Ainsi donc, pour donner un coup de fouet salvateur aux bourses occidentales qui s'enfonçaient dans la déprime, Bush et ses potes ont injecté un énorme paquet de dollars dans l'économie.

Ils l'ont fait aussi pour sauver les fesses de McCain, que tous les sondages donnaient perdant après l'effondrement des-dites bourses.

Le problème, c'est que ce pognon, ils ne l'avaient pas et qu'ils ont du l'inventer. Oui, quand on est à la tête d'un pays, on n'a pas d'arbre à billets, mais on a des imprimeries et du papier... Du même coup, ils ont creusé encore davantage le déficit déjà abyssal des Etats-Unis. Leur seule et unique chance de s'en tirer, c'est qu'ils tiennent leurs créanciers par la barbichette, la Chine notamment. Pékin pourrait mettre Washington à genoux, demain, si l'organe suprême du PC Chinois le désirait, rien qu'en exigant le remboursement de ses créances. Mais du même coup, en ruinant l'économie gringo, les chinois perdraient leurs débouchés, avec des conséquences désastreuses pour leur économie à eux. Les Chinois sont bel et bien montés dans le jeu de l'avion à leur tour et, pour l'instant, ils y restent.

Heureusement, parce que le jour où ils en sortent, il est à peu près certain que c'est à coups de bombardiers que les comptes vont se règler, les Etats-Unis n'ayant plus d'autre choix que de rentrer dans une économie de vraie guerre pour 1) continuer à faire tourner la machine 2) éviter de rembourser aux Chinois les sommes colossales qu'ils leur doivent et qu'ils ne pourront de toute manière jamais rembourser...  

On voit une confirmation de tout ceci à l'OMC, où les Chinois sont entrés de bon coeur, parce qu'ils avaient besoin de ce que leur apportait l'ouverture des marchés. Tandis que les Russes esssaient d'y entrer à reculons. Pour exporter leur gaz, ils n'ont nul besoin de l'accès aux marchés assuré par l'OMC, car leur gaz, tout le monde se l'arrache. Ce qui les intéresse c'est juste l'aspect cosmétique de la chose, parce qu'ils estiment, avec raison, que leur place de géant n'est pas à l'extérieur d'un organisme multilatéral aussi essentiel que l'OMC. Sauf qu'ils n'ont pas encore compris que l'OMC pouvait fort bien continuer de fonctionner sans eux. Et que nombre de pays, pas forcément alliés des Etats-Unis, préfèrent voir la Russie à l'extérieur qu'à l'intérieur si c'est pour s'y comporter comme un taureau furieux dans un magasin en porcelaine... dont chacun des actionnaires possède le droit de veto.

Il faudra donc que Moscou mette de l'eau dans sa vodka si elle veut sièger à Genève.

Ce qui ne dit rien de la poursuite du vol de l'avion fantôme... En gros, le choix qui s'offre dans quelques semaines aux électeurs étasuniens est simple:

soit ils votent Obama et peut-être auront-ils la chance de voir un Président tenter la désescalade économique et militaire en douceur, ce qui a une faible chance de marcher et d'éviter au monde une catastrophe majeure,

soit ils élisent McCain et Palin, c'est à dire l'équipe capable de creuser encore davantage le gouffre qu'ils ont sous les pieds juste pour retarder le moment de la perte du pouvoir... Ces gens n'ont aucune conscience collective. C'est "après moi le déluge", et d'ailleurs ils y croient au déluge et à la fin du monde par l'apocalypse et que dieu va venir les sauver eux...

Le problème, c'est que j'ai vraiment peur que les étasuniens choisissent la 2ème option. Quelqu'un a-t-il une idée qui pourrait les aider à changer d'avis ? 

19/09/2008

NOUVO: Le couriel rectoverso

Le festival Ciméma tous écrans va s'ouvrir bientôt, et les quelques happy few supposés y avoir droit ont reçu tôt ce matin cette délicieuse invitation à télécharger le formulaire d'accréditation. Dans laquelle on explique que :

" Le formulaire devra nous être retourné par email, fax ou courrier, complété et accompagné d’une photo d’identité portant votre nom au verso"

ce que j'essaie de comprendre depuis tout à l'heure, c'est à quoi ça sert que je mette mon nom au verso de la photo si je l'envoie par fax ou par mail... pardon, par couriel? A mons bien sûr que durant la nuit on soit parvenu à transmettre les données holographiques, sans qu'on me le dise...

 

18/09/2008

Kouchner fait le ménage

Bertrand Coq, rédacteur en chef de France24, la chaîne tout info francophione, vient de se faire virer.

Il se trouve que Coq a écrit l'an dernier un livre sur "Bernard Kouchner, l'imposture humanitaire", dans lequel il dénonce violemment le travail de l'ancien délégué des Nations Unies dans les Balkans. On imagine bien que le-dit Kouchner a très moyennement apprécié.

Christine Ockrent va prendre incessamment sous peu le job de directrice générale de la holding qui dirigera l'audiovisuel extérieur de la France, dont France 24. Cela inclut tv5 au passage, non sans d'âpres négociations avec Suisses, Canadiens et Belges pour en définir les modalités. 

Christine Ockrent aurait donc du devenir dans les jours qui viennent la patronne de Bertrand Coq, le Monsieur qui a écrit un méchant livre sur son ministre de mari...

Ce qu'on dit dans les rédactions parisiennes, c'est que le prétexte trouvé pour virer Coq est un faux prétexte. Officiellement, il s'entendrait mal avec sa rédaction justement, mais curieusement, celle-ci vient de pétitionner massivement pour le défrendre. On murmure donc, mais chut ne le répétez pas, que Coq aurait été viré uniquement pour éviter à la Reine Christine d'avoir à le faire...

Vous y croyez vous ? 

Ainsi va l'info au pays de sarko...

17/09/2008

Matu : pourquoi pas des filières différentes ?

L'idée du PDC Pfister me semble un peu extrémiste, mais très intéressante. Vouloir supprimer complètement l'enseignement des langues pour des futurs ingénieurs serait évidemment une stupidité. Mais vouloir à tout prix former des jeunes complets ou pas du tout (enfin les laisser rejoindre l'enseignement professionnel ou même quitter l'enseignement à 16 ans) est une stupidité encore plus grande dans un monde devenu si concurrentiel.

Si je suis un fervent partisan de l'humanisme et donc de l'universalité des connaissances, il est pourtant évident que l'esprit humain est limité et ne peut tout emmagasiner.  Il faut des spécialistes en sciences et techniques, des fortiches de la littérature, des polyglottes confirmés... et aussi des individus géniaux nulle part mais curieux de tout, pour jouer le rôle de passerelles... Ce qui serait plutôt mon cas.

C'est effectivement très suisse, et un peu raboteur de vouloir maintenir le plus possible une certaine forme de "middle of the road" dans l'acquisition des connaissances, là où en France par exemple, il y a depuis des décennies des bacs littéraires et des bacs scientifiques ou matheux. Sans suppression absolue de l'une ou l'autre des matières, qui restent enseignées, mais avec des coefficients très faibles et pas de note éliminatoire à l'examen final. Si vous êtes suffisamment bon dans certaines matières, vous pouvez vous permettre d'être nul dans une autre.

Le génie, ou tout simplement l'étincelle, s'accommode mal de la normalité. Le système suisse risque ainsi de passer à côté de potentialités brillantes dans tel ou tel domaine, parce que peinant à suivre dans d'autres. Et c'est regrettable. Il est vrai que les langues donnent une ouverture d'esprit et que chaque langue a son génie propre.... Mais tout le monde ne peut pas tout faire. Et franchement, dans la plupart des domaines du savoir aujourd'hui, c'est quand même l'anglais qui prime.

Le plurilinguisme suisse, notamment celui des tessinois, a longtemps constitué un avantage objectif en Europe. Mais c'est de moins en moins vrai, parce que la concurrence est de plus en plus rude, donc requiert des compétences de plus en lus spécialisées, et que, de plus en plus, tout le monde parle aussi anglais, ce qui est bien dommage pour le français mais facilite tout de même drôlement les choses.... Le seul endroit où le plurilinguisme demeure un passage quasiment obligé, c'est dans l'administration fédérale. Ce qui pose problème. Le jour où cela ne sera plus le cas, c'en sera fini de la cohésion helvétique. Mais Berne se prive parfois, de plus en plus souvent, de spécialistes qui pourraient faire merveille, dans leurs domaines, mais à qui la maitrise des autres langues fait défaut. 

C'est pour pouvoir écrire des choses comme ça, de réflexion pure, sans que cela puisse être déformé ou utilisé contre mes amis par des adversaires politiques, que je me suis retiré de la politique active, en reprenant ma posture d'observateur concerné.

16/09/2008

Finance: le point commun

Quel est le point commun entre la crise de 29, le jeu de l'avion des Orange People, la bulle Internet et l'affaire des subprime, qui plombe le réveil de nos traders en ce frais matin de septembre ?

Le virtuel.

En 29, c'est une construction triangulaire basée aur le prêt à l'Allemagne d'argent tout droit sorti de la planche à dollars, pour payer les dommages de guerre à la France et à l'Angleterre qui remboursaient ainsi en monnaie de singe l'argent prêté par les Etats-Unis pour soutenir leur effort de guerre, qui le reprêtait à l'Allemagne, pour rembourser l'échéance suivante... De la pure cavalerie, qui fatalement, un jour s'effondre.

Dans la bulle Internet, c'était la valorisation hallucinante et sans lien avec la réalité du "clic" qui permettait d'évaluer des jeunes pousses à plus de mille fois leur valeur réelle... Jusqu'à ce que le marché s'aperçoive qu'il avait la tête... et les pieds dans les nuages.

Idem avec les Subprime, les banques ont élaboré une construction purement artificielle pour donner de la valeur à des garanties qui n'en avaient aucune.

A chaque fois, le virtuel, en se déconnectant de la réalité, permet à quelques uns, parfois beaucoup, de se faire des masses d'argent, mais au bout du compte, il y a forcément un moment où il faut régler la facture. Le hic, c'est que le jeu de l'avion ne gruge que des gogos amateurs, tandis que les 3 autres attirent des professionnels censés êtres aguerris et avertis.

Pourtant, des marchés bien réels, dans lesquels investir et gagner de l'argent sans risque d'effondrement soudain de tout le business, il y en a pléthore. A commencer par tous ceux des pays en  développement, où tout reste à construire, qui ont le plus grand besoin d'investissements. Et puis chez nous, les technologies de pointe actives dans le développement durable, la recherche énergétique, etc... Pas pour en tirer des milliards du jour au lendemanin, mais pour y gagner sa vie honnêtement. En bon père de famille...Pas très glamour, mais économiquement et socialement, beaucoup plus productif.

 

 

13/09/2008

Un tort vraiment immoral

45 millions pour tort moral, c'est tout de même un joli pactole. Parce que comme il le disait, larme à l'oeil et cabot en diable devant les députés, son nom était devenu une insulte. Un type s'était fait traiter de "Tapie breton" parce qu'il dépeçait des entreprises en Bretagne. Comme si sa réputation de rapace dépeceur d'entreprises qu'il rachetait au bord de la faillite pour les revendre ensuite en pièces détachées n'était pas largement antérieure à son affaire avec le Crédit Lyonnais. Tellement antérieure que c'est avec l'argent qu'il avait ainsi accumulé (entre beaucoup d'autres, sur le dos des balances Testut, à Annemasse) qu'il avait pu racheter Adidas. Tout en emprunant, le gros de la somme au Crédit Lyonnais, comme à son habitude.

Donc 45 millions payés par les contribuables parce que son nom était devenu synonime d'insulte alors même que lui, bien sûr, dans sa vie, n'avait rien fait pour qu'il en soit ainsi. Blanc comme neige qu'il est le Nanard...

Juste une chose en passant, un chiffre souligné par un avocat, ci-devant député socialiste de Bresse, qui pour une fois, tape juste: pour tort moral, la veuve d'une victime de l'amiante touche en France 40 000 euros.  Une victime qui n'a fait que travailler honnêtement.

Donc une vie de citoyen normal, en France, ça vaut mille fois moins que la simple réputation - amplement méritée - d'un puissant, s'il est copain du Président. Si Genève a parfois l'aura d'une république bananière, la France de 2008, c'est pire que le pire des pays africains... Et Carla qui minaude en murmurant que ce qu'il y a de plus séduisant, dans son époux, c'est sa profonde humanité... Eh bien qu'est ce que ça doit être le reste ! Elle se bouche le nez ou quoi ? A moins bien sûr qu'il ne réserve ses moments d'humanité pour la chambre à coucher...

Ou pour ses entretiens avec le Pape... Le christianisme, la morale, aimez vous les uns les autres... tout ça! C'est vrai que si l'on prend les propos de Jésus à la lettre, les pauvres, victimes de l'amiante, vont direct au Paradis, donc ils n'ont pas vraiment besoin de compensation terrestre. Tandis qu'un richissime carnivore comme Tapie, non seulement il a connu la prison en ce bas monde, mais il a toutes les chances de se retrouver au purgatoire, voire pire dans l'autre. Donc c'est bonne justice que de lui accorder le pardon sur Terre. Et les compensations qui vont avec. C'est sans doute ce que Sarko et Benoît appellent une laïcité revisitée...

Benoît qui entre parenthèse a condamné aujoud'hui :" la soif de l'argent, du pouvoir et même du savoir!". Qui détournent l'humanité de sa quête spirituelle. En clair, restez cons et pauvres, et les veaux seront bien gardés. Au passage, ça me rapelle les propos d'un certain René Longet. Les idéologies, les fondamentalismes, les communautarismes sont la plaie de ce XXIème siècle.

Sarah Palin, Sarkozy, Bush, Benoît... l'intégrisme chrétien est à la bataille et franchement il ne sent pas davantage la rose que les intégrismes islamiques, juifs, noirs ou hindous.

Voilà pourquoi j'ai décidé d'arrêter la politique active pour me concentrer sur ce que je pense faire le mieux, écrire et dénoncer. J'ai le sentiment qu'il y a urgence, et que la politique des partis peut difficilement y répondre car elle a besoin d'électeurs et que ce n'est pas à court terme, un combat victorieux. J'ai donc démissionné de ma position de rédacteur en chef du journal et du comité directeur du parti radical, de même que de la Présidence pour la Suisse du Mouvement Démocrate de François Bayrou. Je reste membre de ces deux partis, l'un à Genève, l'autre en France et je continuerai d'écrire et de leur apporter ma contribution, car ce sont celles qui correspondent le mieux à ma conception de la libre pensée.

Mais je reprend mon entière liberté de journaliste et de polémiste, n'engageant plus désormais que moi-même dans ce que je peux avoir à dire ou à écrire. 

11/09/2008

René l'obscurantiste

Eh bien voilà, la boucle est bouclée, la gauche, faussement écolo s'en prend ouvertement à la recherche fondamentale qu'elle a historiquement toujours soutenu face à ces méchants capitalistes qui ne pensaient qu'à la recherche appliquée, génératrice de profits immédiats.
Dans son blog, René Longet condamne clairement le CERN et maintient que peut-être il subsiste des risques... Certes, il a raison sur un point: il y a des problèmes plus graves sur la planète que la collision de quelques protons, encore que le grain d'anti-matière qui s'échappe et finit tous par nous engloutir soit du très grand délire populiste, indigne de lui. Mais la résolution de ces problèmes coûtera beaucoup, infiniment, plus cher que le tunnel du CERN.
Cet argent, il faudra bien le prendre là où il est, c'est à dire dans la poche du milliard d'êtres humains qui mangent et consomment à peu près à satiété dont quelques milliers d'hyperriches, qui certes auront à contribuer, mais dont toutes les fortunes assemblées ne suffiraient pas. Contrairement aux revenus du milliard de consommateurs occidentaux, travailleurs, cadres, indépendants ou chômeurs, dont nous faisons partie.

Ce qui inclut désormais 400 millions de Chinois, moitié autant d'Indiens, quelques Brésiliens, moyen-orientaux, etc... Cela, René Longet le sait, mais il n'ose pas le dire à ses électeurs. Enfourcher le train d'une grande peur millénariste est tellement plus porteur.
Le budget du CERN, dans l'océan des besoins, c'est comme on dit dans le langage de la finance, peanuts. Or le savoir qu'il permettra d'accumuler pourrait bien nous aider à résoudre quelques uns des graves problèmes qu'il cite.
C'est donc faire oeuvre de bonne gestion que de le défendre ce budget et je m'étonne vraiment qu'un représentant de l'exécutif tel que lui puisse aboutir à une conclusion contraire. La politique politicienne est décidément chose assez perverse.

10/09/2008

Le monde a-t-il une fin ?

C'est donc aujourd'hui que nos ados vont savoir si le monde a une fin ou non. Les miens sont rentrés du collège la semaine dernière en racontant que les trous noirs du CERN allaient engloutir Genève. L'un, 15 ans, l'avait carrément appris en cours de sciences humaines, durant lequel une camarade de classe avait déniché le site qui en parlait sur son ordinateur. Apparemment, nulle contre-information ne fut délivrée par le prof, ce qui cause tout de même problème. L'autre 14 ans, l'avait appris à la récré. « Et Sebastien, qui est le meilleur de la classe et sait toujours tout, confirme qu'un trou noir peut engloutir n'importe quoi, comme tu me l'avais d'ailleurs expliqué toi-même, papa, au Futuroscope à Poitiers... »

« Oui, mais ces trous noirs là sont absolument minuscules, et la capacité d'absorption d'un trou noir est tout de même limitée par sa taille, sinon, il y a longtemps que tout l'Univers aurait été absorbé par le premier trou noir qui soit apparu. Tu penses bien que si on arrive à les détecter dans l'Univers, à des milliers d'années lumière, c'est qu'ils concentrent des masses considérables. Hors là, il ne s'agit que de protons isolés... Et puis tu sais, les dernières découvertes en astrophysique remettent en cause la théorie scientifique sur ce que sont vraiment les trous noirs, mais là on rentre dans la physique quantique et ça dépasse mes compétences... »

« Mais alors, les scientifiques se sont trompés ? (sous entendu non exprimé: si les astronomes se plantent, les physiciens du CERN peuvent bien le faire aussi, non?)

« C'est le principe de la science de se tromper et de tâtonner pour chercher à comprendre comment les choses se passent ».

Histoire de les rassurer, j'ai ensuite rappelé que certains illuminés avaient prétendu jadis que le corps humain exploserait s'il montait dans une locomotive lancée à plus de 40 km/h... ou que les cartographes du moyen-âge pensaient que le monde avait une fin, que si l'on y arrivait, en bâteau par exemple, on tombait de la carte ou on disparaissait.

N'empêche que la force qu'à pris cette rumeur lancée par trois farfelus me fait penser à toutes celles qui circulent en ce moment. Les gens adorent se faire peur. Les OGM par exemple. Aucune étude scientifique sérieuse n'a pu établir leur dangerosité en tant que tels. En revanche, ils posent un vrai problème économique et politique car ils tendent à asservir l'ensemble des cultivateurs du monde et toute notre alimentation aux quelques multinationales capables de les produire, dont d'ailleurs quelques chinoises et indiennes dorénavant. Mais pourquoi faire peur aux gens, sur de soi-disants risques scientifiques, au lieu de leur parler des vraies questions, comme la brevetabilité du vivant ? Parce que leur asservissement à quelques fournisseurs, ils s'en fichent ?

Ne serait-ce pas prendre les gens pour des idiots ?

08/09/2008

Bonne chance au Togo

Ainsi donc, M. Houngbo, Secrétaire général adjoint de l'ONU, chargé à ce titre de la politique africaine de l'organisation mondiale, a décidé de lacher la rampe pour se jeter dans le grand bain en acceptant le poste de Premier Ministre de son pays natal, le Togo, sous la houlette du Président Gnassingbé Faure. Lui même fils de Gnassingbé Eyadema qui dirigea le pays durant 40 ans...  ça c'est Bonne Arrivée, comme on dit à Lomé, et surtout Bonne chance, pour le pays. A condiition toutefois que Faure, contrairement à son père, lui laisse les coudées franches et du pouvoir, qu'il ne voit pas en lui que le Haut fonctionnaire au carnet d'adresses bien rempli, qui va aider à attirer sur le Togo un flux d'aides internationales, mais bien un gestionnaire compétent, comptable de haut niveau, qui pourrait aider vraiment à redresser le pays.

Car il y a déjà eu un précédent. Lors des dernières années de son règne, son despote éclairé de père avait nommé au poste de PM un très haut fonctionnaire de l'ONU, bien connu à Genève, Eugène Adoboly. Marié à une Suissesse, celui-ci était alors chef du corps commun d'inspection (la dizaine de super-enquêteurs qui vérifient en permanence et au plus haut niveau le bon fonctionnement interne des différentes organisations du système onusien). Accessoirement ami personnel et longtemps voisin à Coppet de Koffi Anann, Eugène Adoboly avait entamé sa tâche avec enthousiasme, avant de se rendre compte qu'il était sérieusement encadré par le régime et disposait d'un champ de manoeuvres grand comme un mouchoir de poche. Il avait finalement démissionné au bout de quelques mois, avec le sentiment d'avoir été utilisé (ce qui est après tout le lot d'un haut fonctionnaire qui se dévoue pour son pays), mais pas pour les bonnes raisons.

Il serait faux en tout cas de voir de l'ambition malsaine dans le choix de retours au pays de ces hauts fonctionnaires africains, arrivés dans les plus hautes sphères du sytème international. Il s'agit bien plutôt d'abnégation. Ils éprouvent le désir sincère de rendre un peu des bienfaits de l'existence à leurs pays en grandes difficultés. Je ne connais pas M. Houngbo, mais j'ai la chance de bien connaître Eugêne Adoboly et Maurice Helbongo, qui tenta lui aussi d'offrir ses compétences au Tchad, et fut sorti du jeu par Idriss Déby. L'un comme l'autre avaient incontestablement les compétences, l'entregent, les relations... et l'abnégation. Ils possèdaient déjà la maison à Genève et la retraite dorée qui constituent le rêve ultime et rarement atteint du Ministre africain lambda... mais dans un monde de petits esprits âpres au gain, ils dénotaient tellement qu'on leur a rogné les ailes... et qu'ils se sont brûlés ce qu'il en restait sous le feu des projecteurs. En dépit de tout ce que l'on peut dire des coupe-gorges que sont parfois les couloirs de l'administration mondiale, à cette école là, ils n'étaient pas devenus assez méchants pour affronter les réalités crues de la politique africaine. Accessoirement, ils s'y sont ruinés.

Espérons pourtant, car je reste optimiste, que M. Houngbo et surtout Faure, que l'on dit plus fin que certains de ses demi-frères, mais aussi que son père (qui disposait d'un charisme redoutable et d'une intuition politique en tous points remarquable), saura utiliser M. Houngbo pour l'ensemble de ses compétences de gestionnaire, en lui laissant suffisament de bride, et pas seulement pour son carnet d'adresses. Sans quoi tout cela ne sera qu'un immense gâchis de plus.   Bonne chance au Togo, donc.

  

07/09/2008

Le Modem en ordre de bataille

Je vous écris d'une petite crique toute rouge du Trayas, entre Cannes et Saint-Raphaël, où il fait un temps magnifique et règne une chaleur tropicale. Pas évident pour bosser et c'est pourtant ce que sont venus faire là les 2000 militants du Modem accourus de toute la France et du Monde entier pour participer à l'Université d'été du Mouvement démocrate de François Bayrou.

Et le moins que l'on puisse dire est qu'on y bosse. Fort. Nul combat de chefs, mais des débats d'idées. Après une année consacrée à l'organisation interne, en voie d'achèvement, le mouvement doit maintenant accorder ses violons sur le coeur de son projet en tant que parti politique: sa position dans les principaux débats de l'heure, à court et à long terme.

Subventionner ou non l'agriculture, admettre ou non le nucléaire, mourir ou non pour l'Ossétie, comment consolider l'Europe sans la fermer au monde, autant de débats fondamentaux qui ne sont pas tous encore tranchés et segmentent le parti en sous-groupes qui, heureusement ne sont pas toujours les mêmes. Chacun a son point de vue et ses opinions, en fonction de son histoire, mais réagit en individu libre plutôt quen ex-écolo ou en ancien démocrate chrétien, ou radical. Et les clivages, les lignes de fractures, ne se recoupent pas les uns les autres. C'est bon signe, la mayonnaise prend, ce qui était loin d'être évident, au vu des divers ingrédients assemblés au départ.

 Je vais pouvoir me retirer de la Présidence du Modem suisse, lors de notre assemblée générale du 27 septembre à Genève, avec le sentiment d'une mission accomplie. Mes ambitions personnelles et le sentiment que j'ai de devoir défendre mes idées, qui sont celles de l'urgente nécessité d'une gouvernance mondiale, outrepassent l'action politique au quotidien dans un cadre national ou même européen.  J'y reviendrai très prochainement.

06/09/2008

Calmy Rey s'empêtre

Il est assez étonnant qu'une politicienne aussi expérimentée que Micheline Calmy-Rey se soit laissée embarquer dans un enchaînement de bévues aussi catastrophique aboutissant à attaquer l'AFP, à tenter de faire pression sur son correspondant en Suisse, à ensuite refuser de répondre aux journalistes et au final à se faire sévèrement condamner par les associations de journalistes suisses et étrangers en Suisse. Il est vrai que même en Colombie, le Gouvernement respecte davantage la liberté de la presse... Et celle de la justice, MCR s'étant déjà signalée pour avoir demandé à Bogota d'intervenir sur sa justice pour faire cesser l'affaire Gontard.

A noter qu'en Colombie, l'ancien correspondant de l'AFP a créé un blog perso consacré à la Colombie, qui est sans doute le meilleur de la planète.

Ce qu'il y a d'intéressant dans cette affaire, c'est que peu à peu, les masques tombent. Tous les communiqués et enquêtes consacrés à la défense de Gonthard n'y changeront rien. Ils se contentent de dire qu'il n'a pas transporté l'argent, reconnaissant implicitement qu'il a vraissemblablemnt négocié la rançon. Pour les Colombiens, l'important est précisément qu'il l'ait négocié, ce qui n'était pas son rôle en tant que facilitateur, le Gouvernement ayant toujours posé comme préalable le respect du cadre légal dans lequel il est interdit de payer des rançons, pour ne pas entretenir la chaîne.

Mais le plus grave est ailleurs. Qu'il ait par exemple reconnu avoir ramené à ses anciens élèves des FARC réfugiés en Suisse des enveloppes scellées dont il ignorait le contenu. Et livré aux FARC des informations stratégiques, y compris celle leur ayant permis d'apprendre les liens personnels  d'Ingrid sur la scène internationale, ou ces conseils avisés de politique internationale, sur les divergences entre Paris et Washington pour jouer une capitale contre l'autre, etc... Bref, pour les Colombiens, il n'était pas un facilitateur, mais bien un conseiller politique, plutôt expert.

Dans ce jeu, les Colombiens n'ont rien contre Micheline Calmy Rey et rien surtout contre la politique étrangère de la Suisse. Tout au contraire, ils souhaitent avant tout maintenir des liens économiques et technologiques étroits. Ils veulent juste que cesse une attitude déplacée dans les négociations avec les FARC; attitude qu'ils attribuaient à la personnalité d'un seul, aux options politiques personnelles un peu trop marquées... et fort divergentes des intérêts de la Suisse et de l'Economie suisse, très active à Bogota.  

En voulant à toute force défendre Gontard, parce qu'en fait c'est un proche et qu'elle partage, avec la gauche genevoise, un certain nombre de ses idées romantiques sur la révolution en Amérique latine - des idées à mille lieux de la politique pragmatique et raisonnée menée par cette même gauche ici - Calmy Rey s'est enferrée dramatiquement. Elle en vient à faire la démonstration éclatante de ce que j'ai personnellement ressenti  durant l'année que j'ai passé à conseiller l'Ambassade de Colombie à Berne sur sa politique de communication.

L'impression de me heurter à un mur de préjugés et de haine fermement enracinés, bloqué à double tour, qui m'a valu des lettres d'insultes publiques de journalistes que je respectais auparavant, des engueulades homériques à la radio, des pressions professionnelles gravissimes, qui se sont soldées par la perte d'au moins deux mandats, dont un à pleine temps, sans compter une réputation de vendu parfaitement injustifiée, vu que 1) j'ai toujours écrit ce que j'avais envie et ressentait le besoin d'écrire, et 2) la Colombie est un PVD qui n'est pas riche et vu ce que j'étais payé, c'était de l'apostolat. Même pas le quart de ce que j'aurais pu demander à faire le même boulot pour une grosse boîte suisse, les ennuis en moins!

02/09/2008

Rien que des bonnes nouvelles

Rien que des bonnes nouvelles... J'ai une copine, installée en Pologne qui avait inventé là bas "Le journal des Bonnes Nouvelles" sur une télé locale, il y a une quinzaine d'années. Rien que des bonnes nouvelles, pour donner la pêche aux gens. Eh bien en voilà trois excelentes:

1) Le site de la Tribune fait peu neuve, et c'est une réussite: plus beau et surtout plus rapide, bravo!

2) Les deux serviteurs du fils de Kadhafi retirent leur plainte. Ce n'est peut être pas une super nouvelle pour la justice et les grands principes, mais c'en est une pour la raison et les deux suisses toujours retenus là bas. Espèrons que le frère du marocain dont on est sans nouvelle sera retrouvé libre et pas trop amoché prochainement...

3) Georges Clooney est à Genève pour soutenir Obama. Tant mieux, cela lui permettra de se racheter à Clooney. Car j'ai toujours pensé qu'il avait joué un rôle non négligeable dans l'envahissement de l'Irak. Involontaire, ou plutôt non mesuré, mais tout de même. Les films de Hollywood ont ceci de remarquable qu'ils dépeignent très précisément la société étasunienne, qui elle-même joue à être "comme dans les films". Et après la première guerre du golfe (mais avant la deuxième), Clooney avait joué le rôle d'un GI passablement déjanté, désobéissant aux ordres en entrant en Irak au lieu d'attendre sagement à la frontière. Là il sauvait un tas de pauvres gens très injustement traité par les sbires de Saddam, sans parvenir à les sauver tous, et jurant tel Mac Arthur, qu'il revidendrait... 

Je suis persuadé que le fiston Bush avait vu le film avec ses copains, avant le 11 septembre, et qu'il avait trouvé là le moyen de faire mieux que son père. Tout en se situant définitivemenet du côté des gentils pour la postérité et son électorat... What else ? Eh bien je crois que Clooney, qui est un bon type, doit assez mal dormir quand il repense à ce film de propagande simpliste.