05/10/2008

Wall Street aux soins intensifs: Vive les banquiers genevois

Je ne suis pas toujours d'accord avec Pierre Mirabaud, le Président genevois de l'Association Suisse des Banquiers, mais comme il est très loin d'être un imbécile, il sait adapter son avis à la réalité des faits. Et là surprise, c'est lui qui tombe d'accord avec moi.

Il y a quelques jours encore, je me gaussais dans ses lignes d'un de ses employés, qui expliquait à la presse que les investissements durables c'était bien joli, mais que cela ne rapportait pas assez. Et voilà que son big boss le contredit carrément devant les caméras de Mise au Point, en estimant qu'il faut cesser d'attendre et de servir des bonus mirobolants, et revenir aux investissments durables. Ce qui sous-entend forcément ne pas chercher à courir plus vite que la musique, à la poursuite de rendements moyens qui dépassent le taux de croissance mondiale...

De fait, le système capitaliste, en soi, n'est pas condamnable. Mais ses excès et ses déviations le sont, incontestablement. On est heureux de constater que nos banquiers genevois en conviennent implicitement. Qu'ils n'ont pas tout oublié des traditions de la banque protestante, faite tout de même de prudence et de discrétion. D'investissements et de structures conçus pour durer. Et régulés dans le sens du bien commun. A cent lieues du Bling bling dominant.

 

Commentaires

"On est heureux de constater que nos banquiers genevois en conviennent implicitement. Qu'ils n'ont pas tout oublié des traditions de la banque protestante"
Ah, ah, avait-il vraiment le choix ? Mais bon, charge à nous de leur rappeler ces belles paroles, avec la foi du pot de terre qui se lance contre un Panzer...

Écrit par : Géo | 05/10/2008

Vous avez 100% raison, cher Géo, et je ne croirais guère aux vertus de la seule éthique en la matière, s'il n'était un élément matériel qui change tout: comme vous le savez sûrement les banquiers privés, les vrais, et ils ne sont pas nombreux, sont responsables indéfiniment sur l'ensemble de leurs biens. S'ils se plantent ils perdent tout.
Du vrai libéralisme pur et dur, le contraire d'une société anonyme et plus encore des parachutes dorés. Mirabaud a d'ailleurs convenu hier soir qu'il était inadmissible que qui que ce soit touche un kopeck pour avoir coulé une boîte.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/10/2008

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