10/10/2008

La banqueroute de l'avion

Ce qui se passe désormais, et c'est là où cela devient vraiment grave, c'est que les maîtres du jeu ne sont plus les banquiers ou  les golden boys et encore moins les gouvernements. Ce sont les petits et moyens épargnants, 2 à 300 millions de par le monde, qui avaient quelques sous investis en bourse. Lassés de voir dégringoler leur bas de laine depuis quelques jours, ils mettent désormais tous une pression d'enfer sur leurs banquiers (ou leurs agents de change comme on disait jadis), pour qu'ils sortent leur argent de la bourse et le mettent en lieu sûr.

Cela ne peut bien sûr qu'amplifier le phénomène et faire baisser davantage encore les cours. Le monde entier est quasiment en état de banqueroute.

Individuellement, on ne peut reprocher aux épargnants d'essayer de sauver ce qui leur reste d'économies. Et puis l'astrologie s'en mêle. Des voyantes auraient prédit que cela continuait de baisser jusqu'à la fin du mois au moins... Bref on est maintenant complètement rentré dans l'irrationnel. Et même si tout le monde sait que l'intérêt collectif serait de faire redécoller l'avion, personne n'a envie d'être le premier à remonter dedans, car chacun sait que si les autres ne suivent pas, il est mort.

Le problème c'est que les entreprises trinquent désormais, les grosses comme les PME, à qui les banques restreignent les lignes de crédit. Résultat des courses, en dehors de quelques faillites possibles et même probables, le budget 2009 de l'Etat va se retrouver très probablement en déficit. Car même si les banques privées augmentent leur clientèle enegistrent en ce moment des rentrées d'argent, c'est davantage pour le mettre à l'abri que pour le faire travailler. Donc pas de bonus mirobolants, ni de bénéfices non plus. Ou en tout cas beaucoup moins.

Sans compter les problèmes à venir des PME, la baisse des ventes de produits de luxe... David Hiler et ses collègues feraient bien de revoir sérieusement leur copie, s'ils ne veulent pas creuser davantage le déficit de l'Etat. Le Canton de Genève n'a pas encore fini d'amortir le désastre de sa banque cantonale, il ne peut pas se permettre d'être impérvoyant dans la gestion de la plus grave crise que le monde est connu depuis près de 80 ans... 

 

 

 

Commentaires

Quand vous parlez de "faire redécoller l'avion", vous êtes cynique ou inconscient?

Écrit par : Azrael | 10/10/2008

"dans la gestion de la plus grave crise que le monde est connu depuis près de 80 ans..."

Ah bon, c'est plus grave que la 2ème guerre mondiale?
Plus grave que le génocide rwandais?
Plus grave que l'agression contre l'Irak?

Question de point de vue n'est-ce pas?

Moi je pense que plaie d'argent n'est jamais mortelle.

Écrit par : Johann | 10/10/2008

Votre propension à critiquer juste pour le plaisir vous égare cher Johann. Lorsqu'on parle de crise, dans le contexte actuel, il n'y a que vous qui ne compreniez pas "crise économique" mais "guerre, génocide" etc...
Quant à faire redécoller l'avion, il ne s'agit évidemment pas de relancer les hedge funds et autres subprime et de manière plus générale les constructions virtuelles, mais tout simplement d'arrêter l'hémorragie qui vide de son sang la bourse qui permet tout de même de faire tourner l'économie... Et sans économie, sans financement des entreprises les ouvriers ne sont plus payés etc...
Donc je ne crois pas être cynique, tout juste lucide !

Écrit par : Philippe Souaille | 10/10/2008

Les commentaires sont fermés.