14/10/2008

Un Gouvernement mondial, pour dompter la main invisible

La main invisible de l'idéologie libérale existe, mais on ne saurait lui confier sans autre la direction des affaires du monde.

L'ètre humain est un être moral. Il est taillé pour concevoir des règles visant à améliorer son existence, en tant qu'individu et en tant que groupe. Ce sont ces règles, la morale, tout autant que le main invisible, la loi de l'offre et de la demande, qui ont permis les progrès sociaux et matériels et nous ont mené là où nous en sommes. C'est à dire assez loin de l'homme des cavernes grelottant de froid dans sa grotte, qui était tout sauf un âge d'or.

Quel est le but de cette évolution? Quel objectif l'humanité peut-elle s'assigner à elle-même ? Est-ce de permettre à quelques uns de s'enrichir démesurément pendant que les autres stagnent, au mieux, ou même régressent et s'appauvrissent ? Non bien sûr. Or c'est bien ce à quoi voudraient nous mener les tenants du libéralisme le plus intégriste, des espèces de fous dangereux, quelques vieux profs (des deux sexes en Suisse) et une cohorte de jeunes étudiants au sein desquels j'ai décelé la même foi irraisonnée et cynique, le même idéalisme, la même ferveur idéologique, insensible à la réalité de la misère humaine que chez les fanatiques des pires sectes gauchistes. La seule vraie différence étant que les gauchistes se rient de la souffrance de l'individu devant la violence collective, tandis que les ultras-libéraux se gaussent de la souffrance collective occasionnée par la violence égoïste de certains individus.

Le but n'est pas non plus d'uniformiser la société pour la niveller par le bas. Car alors le progrès s'arrête, puisqu'il n'a plus le moteur de la réussite individuelle pour l'alimenter. Plus exactement, le seul vecteur de réussite individuel devient l'appareil politique, celui dans lequel on grimpe pour acquérir du pouvoir, et même parfois, souvent, le pouvoir d'opprimer ses semblables. Or l'appareil politique gère, encadre et légifère, mais il ne produit rien, il n'est pas fait pour cela. Ni biens matériels, ni inventions, ni rien... Juste des règles. Et des règles qui n'encadrent rien ne servent pas à grand chose...

A l'évidence, mais il faut sans cesse le rappeler, car on est encore loin du compte, l'humanité se doit de se fixer un cadre et des objectifs et de se donner ensuite les moyens de les atteindre. Les objectifs sont simples et basiques.

C'est paraît-il une plattitude de le rappeler, ce n'en est pas moins nécessaire: parvenir au meilleur confort possible dans le respect de l'environnement, pour le plus grand nombre, tout en préservant les capacités de recherche et d'évolution, que ce soit vers les mondes intérieurs ou en rêvant aux étoiles.

Les moyens pour y parvenir impliquent la domestication de la main invisible, pour la mettre au service des objectifs de la communauté humaine, et non l'inverse. La communauté humaine, c'est toute notre planète, qui doit être régie par un gouvernement mondial démocratique et soucieux de la liberté individuelle comme de l'autonomie des collectivités dès lors qu'elles ne contreviennent pas à l'intéret général, considéré dans son acception minimale..

Commentaires

Les bourses remontent, tant mieux, surtout si ce n'est pas un feu de paille. Ceci dit rien n'est fini. L'argent public investi a permis de stopper l'hémorragie et de redémarrer la machine. Au moins pour un temps, qui peut être très bref ou plus long. Mais pas très long. Car rien n'a été solutionné.
L'endettement ainsi créé devra être remboursé, d'une manière ou d'une autre. En fait ce sont nos enfants qui vraisemblablement devront se coltiner cette dette. En même temps que nos retraites. Cela commence à faire beaucoup.
Quelqu'un a songé à leur demander leur avis ?

Écrit par : Philippe Souaille | 14/10/2008

"La communauté humaine, c'est toute notre planète, qui doit être régie par un gouvernement mondial démocratique et soucieux de la liberté individuelle comme de l'autonomie des collectivités dès lors qu'elles ne contreviennent pas à l'intéret général, considéré dans son acception minimale.."

Si ce gouvernement mondial se fait dans le même esprit que la commission des droit de l'homme,autant rien faire du tout.Je verais mal le président chinois ou Kim Jong Il présider le parlement mondial "démocratique".

D.J

Écrit par : D.J | 15/10/2008

Le Président Chinois ou le Nord-Coréen, certainement pas, mais un Chinois ou un Coréen, pourquoi pas? Ils ne seraient pas représentants de leur pays, mais élus par l'assemblée, qui elle-même comporterait plus ou moins un élu pour 10 millions d'habitants.
Il y aurait une grosse centaine d'élus chinois, une cinquantaine d'européens, etc... Avec certains correctifs pour inciter à contrôler la natalité, et d'autres pour tenir compte des apports financiers au pot commun. Parce que sinon, les pays riches n'en voudront jamais, or le système a besoin d'eux.
Ainsi la Suisse aurait droit à son élu. Comme aujourd'hui à l'ONU (encore que certains ressortissants de certains Etats ne le respectent pas), les membres du Gouvernement prêteraient serment de représenter l'ensemble de la Planète et non seulement leur pays ou région d'origine.
Une pure utopie, mais ce sont les utopies qui font aussi avancer le monde, et qui parfois deviennent la réalité.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/10/2008

"Quelqu'un a songé à leur demander leur avis ?"

Faudrait peut-être commencer par demander l'avis de leurs parents.

Le gouvernement mondial existe. Mais on voit le résultat. Soit une bande d'incapables qui n'a rien compris à rien, soit ils continuent comme d'hab à rouler pour les superriches et ils n'essayent bien mal de colmater ce qui leur échappe complètement. L'économie n'est plus gouvernée par le politiques. Autrement ça se saurait. Et comme idéologiquement ils ne sont pas prêts de changer les règles du jeu. Conséquence: badaboum.

Et la gauche est lamentable elle aussi. Aucune idée. Le vide. Ces crétins ne comprennent même pas ce que signifie "dictature" du prolétariat.

Écrit par : Johann | 16/10/2008

Johann, je ne comprend pas d'où est tirée votre première citation ?
A part ça, le gouvernement mondial n'existe pas. Même pas en rêve. Il y a des Organisations internationales, sans réel pouvoir, qui dépendent des gouvernements, parmi lesquels 5 d'entre eux ont un droit exorbitant (sauf à l'OMC, la plus démocratique, quoiqu'on en dise, un peu trop démocratique, même puisque tout le monde y possède un droit de veto). Et puis il y a Davos, Bilderlberg et ce genre de choses, mais qui n'ont aucune légitimité gouvernementale, ce sont tout au plus des groupes de pression.
L'économie n'est plus gouvernée par les politiques. Cela c'est vrai, parce que la finance est mondiale et les gouvernements nationaux. Il faut donc qu'ils deviennent internationaux à leur tour, pour avoir le poids spécifique permettant d'imposer les décisions démocratiques... CQFD.
Quand à la gauche, heureusement qu'elle a perdu le sens de la dictature, dont on a assez vu qu'elle ne mène à rien.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/10/2008

De votre propre texte quelques lignes plus haut.

Le gouvernement mondial a beau être informel, il existe bel et bien: ce sont des gens qui se connaissent et professent la même idéologie et qui contrôlent (contrôlaient?) le monde économique sans avoir de comptes à rendre, car ils n'ont jamais été élus. Ils s'arrangent pour faire élire des doublures, des pantins.

Ne me dites pas que vous n'avez pas lu Marx et que vous ne comprenez pas le sens qu'il donne à sa dictature du prolétariat.

Quant à l'Union soviétique (pour prendre un exemple), elle n'a jamais été socialiste, c'est de la pure propagande. Lénine le savait et il l'a dit.

Écrit par : Johann | 28/10/2008

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