17/10/2008

Le secret bancaire visé par la communauté internationale

Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Elizabeth Guigou, les responsables politiques tirent à vue sur les paradis fiscaux depuis deux jours et cela n'est pas sans conséquence sur la Suisse. Toute la question consiste à savoir si elle est ou non un paradis fiscal. La réponse est... normande ! Incontestablement, la Confédération et les banques ont fait d'énormes efforts, ces dernières années, pour chasser le crime organisé de nos coffres. Efforts généralement couronnés de succès. Pas toujours certes, mais à l'impossible nul n'est tenu et sur ce terrain, nos règlementations sont certainement plus draconiennes que celles des grands pays européens par exemple...

Sur l'évasion fiscale, en revanche... Rien ne sert de le nier, elle continue de se pratiquer. Et au moment où l'on demande aux contribuables des pays industrialisés de passer à la caisse pour éviter l'effondrement du système, il est particulièrement malvenu que ceux qui vont en profiter y échappent. Si les USA et l'UE s'accordent à exiger, comme semblent vouloir le demander les Français, la levée du secret bancaire (comme l'ont déjà concrêtement obtenu les USA), nul doute qu'il faudra y passer. Ils disposent d'armes de poids, à commencer par une pression sur les banques. En les empêchant de travailler ailleurs qu'en Suisse, par exemple, voire d'échanger avec l'étranger ! C'est ce qu'avaient fait les USA, pour obtenir la levée du secret pour leur citoyens, même résidant hors des USA...

Ce serait contraire aux accord bilatéraux, mais à Berlin comme à Paris, on en parle au niveau gouvernemental, et la récente histoire des fondations du Liechstenstein n'a rien arrangé. Paris parle de dénoncer les accords sur la fiscalité ne prévoyant pas la levée du secret bancaire. Pour la place financière suisse et genevoise, ce n'est bien sûr pas une bonne nouvelle. Mais elle a les moyens de surmonter l'obstacle.

Son savoir faire, les compétences accumulées, la stabilité de la Suisse, le Franc valeur refuge, sont autant d'atouts maîtres. Ce n'est pas pour rien que l'argent a afflué dans les coffres ces derniers jours. De l'argent légal, déclaré fiscalement. La plupart du temps.

Si tous les paradis fiscaux disparaisssent, et que donc des règles du jeu claires et respectées par tous s'imposent tout autour de la planète, ne doutons pas un instant que Genève et la Suisse sauront tirer leur épingle du jeu.

Mais dès à présent, il faut commencer à s'y préparer. Le contraire serait de l'aveuglement. La somme attribuée aux paradis fiscaux est estimée à 10 000 milliards de dollars. Soit dix fois l'argent public qui vient d'être injecté pour tenter de faire reculer la crise. Une manne que tous les gouvernements auront à coeur d'aller chercher en ces circonstances.

Commentaires

Si il y a des paradis fiscaux,c'est qu'il y a des enfer fiscaux.Les deux qui sont mal placé pour faire la leçon,c'est Sarko et Guigou,qui cette dernière a mis au tapis l'èconomie française et qui à fait fuire les entrepreneurs français avec ses 35 heures.Quand à Sarko,tant qu'il n'aura pas les c... de libérer le travail de ses contraintes législatif et de redonner la vrai valeurs à l'entreprenaria privé et d'arrêter de taxer et de taxer.Celà se fera resentir quand les riches arrêteront de fuire l'enfer fiscal français.

D.J

Écrit par : DJ | 17/10/2008

Qu'est-il arrivé à l'UBS ? On peut maintenant le reconstituer. Ces derniers jours, tout le monde savait que certains retiraient leurs comptes de la grande banque, les rumeurs allaient bon train, mais on ignorait l'ampleur du phénomène. Sauf les Banquiers privés, bien sûr et de manière générale les responsables de notre système bancaire, qui étaient dans le secret des dieux.
Eux savaient ce qui sortaient des coffres de l'UBS (et dans une moindre mesure du Crédit Suisse où l'on a vu des clients retirer leurs avoirs en liquide... pour aller les entreposer dans les safe de la banque !), une véritable hémorragie, 84 milliards en quelque jours...
Ils savaient aussi ce qui rentraient dans leurs comptes, à savoir la même somme, augmentée de quelques suppléments précautionneux, venus de l'étranger.

LE VASE COMMUNIQUANT ET LE COMMERCE TRIANGULAIRE
Lorsque M. Mirabeau a déclaré qu'aucune banque suisse ne ferait faillite, il savait de quoi il parlait : c'était un message à peine codé. Destiné à ceux qui continuaient de vider le sang de la grande banque ou qui hésitaient à le faire, pour les rassurer. Mais c'était aussi l'annonce sybilline du plan de sauvetage de la banque.
C'est de l'argent public qui est investi dans l'UBS, mais il vient bien de quelque part. Les acteurs sont connus: les banquiers, en principe solidaires, mais pas vraiment philanthropes... Le Conseil Fédéral et en son sein Micheline Calmy Rey, qui avait déjà mené l'opération sauvetage de la BCG avec de l'argent public, au travers d'une fondation de revalorisation...
On met donc les actifs pourris à l'écart, pour repartir sur de nouvelles bases... et pour permettre à l'argent sorti des caisses de l'UBS d'y revenir vraisemblablement prêté, ou cautionné par les petites banques où il s'était réfugié, et garanti au passage par l'intervention de l'Etat.
Si les choses se sont passées telles que je le décris, c'est un montage financier exemplaire, sans faire marcher la planche à billets, ni augmenter les impôts, à moins bien sûr que l'argent de l'Etat disparaisse à son tour dans la fondation de revalorisation, auquel cas il devra assumer sa perte.
Du commerce triangulaire honorable, car accepter la déconfiture de l'UBS, clef de voûte de l'économie suisse aurait constitué une catastrophe retentissante pour l'économie intérieure... et une perte de crédibilité considérable à l'extérieur.
On comprend mieux aussi, l'hommage à Marcel Ospel rendu par certains banquiers il y a quelques jours et relayé ici. Au-delà de ses erreurs, et elles sont nombreuses et graves, il a su recapitaliser UBS à temps, bien avant tout le monde, ce qui lui a permis de faire face à cette hémorragie automnale.
84 milliards de Francs qui sortent des livres de compte, en quelques jours, c'est énorme.
Peu d'institution financière dans le monde auraient pu résister à cela. Vraisemblablement aucune. L'UBS l'a fait, avec le soutien de l'Etat, de l'Economie suisse... et de deux fonds souverains. Il est assez juste, quelque part, que ces premiers investisseurs-sauveteurs ne soient pas grugés, car eux n'avaient aucun intérêt direct à tirer d'affaire l'économie suisse.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/10/2008

Un petit coucou en passant à la sympathique Ariane Dayer, la perdue qui dirige actuellement le torchon du matin que vous savez, et qui a mis en bandeau de la première édition sous sa direction : "Planquez votre argent !", ce qui en langage clair signifie pour 99.99% des gens : "allez retirer votre argent de l'UBS !"
Pour ma part, j'ai mis mon argent dans le vaudou et je me suis fait faire une poupée en cire à l'image de AD (pas difficile, elle a déjà une gueule de poupée en cire !!!) et je lui plante de nombreuses aiguilles dans les endroits choisis pour leur capacité à nuire à sa santé...
J'espère que ce sera plus efficace que le plan Paulson...

Écrit par : Géo | 18/10/2008

DJ:
"Si il y a des paradis fiscaux,c'est qu'il y a des enfer fiscaux."

Oui, mais on pourrait aussi dire que s'il y a des enfers fiscaux, c'est qu'il y a des paradis fiscaux. Les deux sont liés et l'un ne va pas sans l'autre. C'est le truc de l'oeuf et de la poule.

Écrit par : Fufus | 18/10/2008

Les commentaires sont fermés.