20/10/2008

Les urnes ont parlé

Les urnes ont rendu leur verdict et il confirme deux ou trois évidences que l'on avait un peu tendance à oublier...

Pour être élu, il faut d'abord bénéficier d'une vraie notoriété, et que celle-ci s'étende au-delà de votre propre parti. Ce qui favorise bien évidemment les prises de positions consensuelles plutôt que les trublions, en dehors de quelques cas extrêmes.

Les blogs sont certes un moyen de se faire connaître, mais ils sont encore très loin d'égaler la renommée qu'apporte des années de travail politique et de médiatisation. Sur ce plan de la médiatisation en particulier, rien n'égale la télévision et une présence remarquée aux chambres. Ce qui peut, en certaines circonstances, contredire la règle précédente, tant il est vrai que la télé tend à privilégier "les grandes gueules" qui passent mieux à l'écran.

L'un des problèmes du populisme est qu'il a tendance à surestimer les voix de ceux qui protestent et qu'on entend, en oubliant tous ceux qui ne disent mot et donc consentent... et votent.

En vertu de ce qui précède, certaines listes hors parti ont dépensé beaucoup d'argent pour un résultat médiocre, si l'on considère le rapport qualité prix, ou plus exactement la quantité d'argent dépensé par élu...

Enfin, la politique, ce n'est pas que du calcul de pourcentages, du trafic d'influences et des copinages de couloirs, même si c'est aussi parfois cela. La politique, c'est d'abord prendre à coeur le bien commun, prévoir et réfléchir pour organiser et défendre au mieux la communauté. Cela ne s'improvise pas. Certaines personnes y consacrent des années, voire leur vie. Ils ont accumulé une expérience considérable. Les court-circuiter aurait juste été une perte de temps et d'efficacité.

 

Commentaires

Mes amis qui déplorent le manque d'audace des électeurs ou la gérontocratie font fausse route. Cette élection est le fruit d'une société âgée, de plus en plus âgée. N'oublions pas que le tiers des Européens aura très bientôt plus de 60 ans et que d'ici 20 ou 30 ans, cela pourrait être la moitié. La société élit naturellement qui lui ressemble, et l'impact de l'AVIVO, dans ce contexte, est on ne peut plus significatif. Le phénomène est encore accentué par le fait bien connu que les vieux votent davantage que les jeunes.
Par ailleurs, cette société âgée est suffisamment satisfaite d'elle même pour ne pas trop avoir envie de goûter au changement brutal. On sait ce que l'on a, un système certes imparfait, mais qui produit un niveau de vie à nul autre pareil sur la planète et qui semble devoir résister à tout, même aux crises économiques du siècle... Du moins pour l'instant. Paradoxalement, ces générations, qui en ont vu d'autres sont aussi moins paniquées que les plus jeunes par les grandes peurs de la période, car elles savent que l'être humain, peut faire montre d'incroyables capacités d'adaptation.
On entend toujours beaucoup plus les quelques râleurs qui donnent de la voix que la masse des anonymes qui se satisfont de ce qu'ils ont... Et qui souvent ne votent pas parce qu'ils n'en éprouvent pas le besoin. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai toujours pensé que la prospérité économique favorisait la démocratie au moins autant que l'inverse.
Quand tout va mal et que les gens en veulent vraiment au système, parce qu'il se montre par exemple incapable de les nourrir, en Afrique subsaharienne notamment, la démocratie est infiniment plus fragile.
Un peu déprimant tout cela ? Certes, encore que ce soit tout simplement le constat de la réalité et le fruit des comportements humains. Et puis, à cinquante ans passés, personnellement, je préfère vivre cela qu'une situation pré-insurectionnelle... Les gens heureux n'ont pas d'histoire dit-on.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/10/2008

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