28/10/2008

La crise et le gros défaut des théories

L'énorme défaut des théories, lorsqu'on les applique à des domaines aussi complexes et aléatoires que l'économie ou la société, c'est qu'elles ne sont jamais assez complexes pour tenir compte de tout, ce qui fatalement les conduit à l'échec. C'est le cas du socialisme et de son avatar léniniste, le communisme qui, partant du principe que les hommes sont égaux, nient l'individu et enrayent la machine. C'est le cas du libéralisme, qui tient la motivation indiviuelle pour le ressort suprême, ce qu'il est, au point d'emballer la machine...

La seule solution, c'est le pragmatisme, qui ne devrait jamais cesser de présider aux fonctionnements de la société, en corrigeant ça et là. Il faut laisser l'économie faire son travail, mais sans jamais lui abandonner toute la bride sur le coup.

Les libéraux pur et dur ayant cette fois le nez dans leurs... contradictions, font profil bas. Les socialistes en profitent pour relever la tête. Mais ils ne sont pas devenus pragmatiques pour autant, bien au contraire. Or il est évident que l'échec d'une théorie ne signifie pas automatiquement la réussite de l'autre. Ce fut la grosser erreur des Etasuniens de le croire après l'effondrement du Mur de Berlin. Ne repartons pas dans la direction inverse après l'effondrement des bourses et tentons d'examiner sereinement, pragmatiquement, ce qui marche, ce qui ne marche pas et ce que l'on pourrait améliorer.


LES LIMITES DU SYSTEME

La crise mondiale actuelle souligne plusieurs phénomènes:

  1. Il est plus sain de produire de la richesse avec du concrêt qu'avec du vent, car les chateaux de cartes fatalement s'effondrent sur eux-mêmes, quelque soit la hauteur et la rapidité que leur autorise leur légèreté.

  2. On ne peut emprunter sans cesse. Il arrive fatalement un moment où il faut rembourser... Ou ruiner ses créanciers. Pour un individu, c'est au plus tard à la fin de sa vie. Pour une société, c'est lorsqu'elle atteint les limites de son développement. Or d'une certaine manière, nous y sommes. Les limites de la planète sont en vue. La technologie peut encore améliorer le rendement, l'énergie renouvelable est une piste, il reste des mondes à explorer dans l'Espace.... Mais si nous voulons continuer, ou durer, tout simplement, il faut impérativement apprendre à canaliser notre développement.

  3. Ceux qui se sont enrichis considérablement en créant et en entretenant le maelström ne devraient pas s'en tirer sans dommage, car si l'on admet une sanction sonnante et trébuchante à la réussite, il en faut une aussi à l'échec. Sinon, comme dit Titeuf, c'est pô juste... Et ils ont entraîné dans leur débâcle non seulement les investisseurs, mais toute la société qui devra demain rembourser.

  4. Pour ramener dans le jeu le crédit nécessaire à l'économie réelle (impossible d'entreprendre ou de produire sans lui), les Gouvernements occidentaux ont parié leurs chemises. Ou plutôt les nôtres, sans rien solutionner. Sans doute fallait-il le faire, pour limiter les effets de la crise financière sur l'économie réelle. Le spectre des longues files de chômeurs devant les soupes populaires (et l'holocauste qui a suivi) a flanqué la frousse a tout le monde. Mais si l'on ne modifie pas le système, ce n'est que reculer pour mieux sauter.


LES FAUTES D'OSPEL

Pour ce qui concerne la Suisse, Marcel Ospel est clairement coupable. L'ouvrage de Myret Zaki, journaliste au Temps, raconte comment il a laissé carte blanche à sa filiale étasunienne qui s'est empêtrée dans les subprime et comment le succès lui est monté à la tête. Car bien qu'aucun homme ne soit 800 fois plus intelligent et travailleur qu'une caissière de la Migros, si on le paie 800 fois plus tous les mois, il finira par le croire. Et lorsque le pape des subprime à l'UBS, en été 2007 déjà, a senti que le vent tournait, il a prévenu Ospel, mais celui-ci l'a, en gros et en züridütsch, traité de couille molle. A l'époque, une sortie du jeu n'aurait pas coûté trop cher.

Le même Ospel, meilleur copain de Blocher, était à ce titre soutien actif d'une ligne pro-étasunienne, voire carrément néo-conservatrice. Privilégiant l'accord de libre-échange avec les USA contre l'UE, par exemple. Ce qui ne l'empêchait pas de laisser faire – au moins - les pratiques plus que douteuses de la grande banque aux Etats-Unis. Pour faire court, l'UBS avait – comme toutes les banques suisses - signé un accord supprimant le secret bancaire pour les ressortissants des Etats-Unis, où qu'ils se trouvent dans le monde... Mais en même temps, elle faisait de la retape auprès des gros contribuables, aux USA même, en expliquant aux clients potentiels combien il était facile de contourner cette obligation. Ce qui est prendre les Etasuniens pour des cons, et méconnaître l'attachement sacré qu'ils éprouvent pour leur fiscalité, comme pour tout ce qui touche à leur patriotisme. Là encore de la mégalomanie, qui a coûté très cher à l'UBS, poursuivie par la vindicte de Washington.

Le seul bon réflexe qu'ait eu Ospel, finalement, c'est d'appeler les fonds souverains à la rescousse, début 2008, lorsqu'il est devenu évident que l'affaire serait horriblement coûteuse... et de l'avoir fait juste avant que la révélation publique de l'étendue des dégâts ne bloque tout le système. Ce faisant, il a tout de même arnaqué grave Singapour (d'après certains, l'un des bras financiers de la Chine) et quelque famille règnante arabe.


LES SUISSES ESCROQUES ?

Arnaqué, le peuple Suisse le sera également, si l'action UBS ne finit pas par remonter. Dans les bancomat, les prélèvements, jadis limités à 1000 Francs sur les comptes UBS courants, le sont désormais à 520.- Mauvais signe, symptomatique d'une hémorragie en direction des autres banques qui continue... Si l'action remonte, en revanche, le peuple suisse se sera enrichi. Le Conseil Fédéral, instruit par l'expérience socialiste genevoise de la BCGe, a préféré la jouer à la vaudoise.

Pour mémoire, sous la houlette de la socialiste Micheline Calmy-Rey, le Canton de Genève a injecté, à perte, plusieurs milliards dans sa banque cantonale, aux prises déjà avec des crédits immobiliers pourris. Une subvention pure et simple, bien en ligne avec la théorie socialiste: L'Etat, la collectivité, ne peuvent se passer d'une telle institution, donc, la paient... Et continuent de la payer encore aujourd'hui, et nos enfants continueront de la payer demain, au rythme où l'on rembourse cette dette...

Dans un cas de figure semblable, le radical Pascal Broulis a certes renfloué la BCV, mais en prenant des parts, si bien que lorsque l'établissement a renoué avec le bénéfice, le Canton de Vaud est rentré dans ses fonds et même a gagné de l'argent. Le pragmatisme contre la théorie. Berne, cette fois, s'est montré pragmatique. Si l'action UBS remonte un jour, la Confédération rentrera dans ses frais. Sinon, il faudra rembourser... aux autres banques qui ont prêté. Car l'argent n'a pas disparu. Certes, avec l'effondrement des cours, il y en a pas mal qui est parti en fumée. Une grosse partie de l'argent créé artificiellement, sans réelle contrepartie matérielle. Mais il reste du vrai argent, planqué dans les coffres du monde entier. Dont une part non négligeable dans les coffres suisses.

Espérons que l'opération de renflouement de l'UBS ne servira pas, comme celle de Swissair jadis,

juste à temporiser, à payer un plan social et au final à offrir la compagnie à l'étranger. Il fallait sauver l'UBS parce que 70 000 PME y avaient leurs comptes. Il semble que celles-ci migrent en masse à leur tour, vers les banques cantonales et les caisses Raiffeisen... C'est pourquoi il est fondamental, et pragmatique, que les avoirs, actuellement « pourris » de l'UBS, mais qui ne pourraient plus l'être demain, soient mis à l'abri, vraiment à l'abri. Car si l'action ne remonte pas, c'est le dernier gage que pourra réaliser la Confédération, pour rentrer un jour, espérons-le, dans ses frais.


FINANCE MONDIALE

Ce qu'il faut changer, dans le système MONDIAL de la finance, c'est d'abord créer une instance de régulation... mondiale. Les Etasuniens n'en voudront pas, ou alors ils prétendront la diriger, rétorquent certains... Pas sûr, le très probable prochain Président, Barack Obama, pourrait bien être sur une autre longueur d'ondes, puisqu'il se dit partisan du multilatéralisme. Toutes les grandes avancées en matière de gouvernance mondiale, la SDN et l'ONU, ont été menées par les démocrates, pourtant isolationnistes, contre la volonté des Républicains.

Ensuite, et c'est impératif, cette instance devra trouver le moyen de réduire la dette abyssale qui finance notre croissance économique mondiale, par déficit étasunien interposé. De le faire avant que l'économie n'explose à nouveau, et pour de bon cette fois.


THEORIES ET PRIMES

Une chose encore, vouloir supprimer le secret bancaire tant qu'il reste ailleurs des paradis fiscaux en activité, c'est de la théorie et c'est stupide. De même que de vouloir fixer des limites aux primes des banquiers ou de prétendre empêcher l'UBS dans son ensemble d'en offrir. Une mesure qui ne s'appliquerait qu'à l'UBS ou même juste aux banques suisses ou aux succursales étrangères dans ce pays. C'est le meilleur moyen d'empêcher l'UBS de redevenir bénificiaire un jour, dans le premier cas; de ruiner toute la place financière helvétique dans le second... Et adieu les beaux impôts...

La banque et la gestion de fortune sont des activités hautement concurrentielles, et ce qui fait le succès de la place financière genevoise, c'est au moins autant la féroce concurrence individuelle et entrepreneuriale qui y règne, que le secret bancaire...

Par ailleurs une partie seulement des bonus servis l'an dernier l'ont été pour des bénéfices liés aux subprime. La gestion de fortune, dans le cas d'UBS, avait rapporté 40 milliards. Sans eux la Banque n'aurait pas tenu le choc. Les banquiers qui ont fait leur boulot correctement ont été payés conformément à ce qui leur avait été promis. Idem cette année: ce n'est pas parce que certains font de grosses bêtises qu'il faut punir tout le monde. Même dans la débâcle actuelle, il y en a qui parviennent encore à gagner de l'argent. Pourquoi les punir au lieu de les récompenser ? Le reconnaître, c'est se montrer pragmatique.

Le système des primes doit certainement être revu. Mais pas de manière impulsive et passionée, pas sous l'influx de théories enflammées, déconnectées de la réalité.

Commentaires

Si l'UBS était déclaré en faillite, il aurait beaucoup d'emplois perdus et de faillites en cascades. Mais le fait que les deniers publics résorbent les crises dont les responsables tirent leur épingle du jeu personnel n'est pas non plus juste puisque ce sera de l'argent prélevé dans les prestations sociales et les impôts...

Working-poors et chômeurs seront les premières victimes! (De plus, cette catégorie de gens est la dernière à bénéficier des prestations d'une banque.)
Aucune contre-partie n'a été proposée dans ce plan de sauvetage. C'est aussi scandaleux!

Écrit par : Salomé | 28/10/2008

Pour le moment, les victimes sont surtout les actionnaires de l'UBS et tous les épargnants, petits moyens et gros, qui ont perdu des sommes colossales à la bourse. Tous ne roulaient pas sur l'or.
Le renflouement de l'UBS a justement pour objectif de juguler la crise et de l'empêcher de s'étendre à toutes les couches de la société.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/10/2008

Dicton ju jour : Les banques c'est comme les petites culottes. Plus il y a de pertes, moins il y a de fonds propres !

Écrit par : Octave Vairgebel | 28/10/2008

Excellente analyse, M.Souaille. Quel dommage que les journalistes des medias officiels (RSR1 ou TSR) ne soient même pas capables d'en produire la première ligne...

Écrit par : Géo | 28/10/2008

J'aimerais comprendre "pragmatiquement", concrètement ce que signifie en terme de mise en application "canaliser notre développement". Est-ce une manière pudique de signifier "décroissance" ? Une gouvernace mondiale peut-elle canaliser notre développement ? La gouvernance économique évoquée tout récemment par Sarkosy peut-elle le faire ?

Quant à l'UBS penses-tu une seule seconde que son action ne va pas remonter ?

bien amicalement
Pierre

Écrit par : Pierre Losio | 28/10/2008

Belle analyse, tant poétique que réelle.
Magnifique texte.
Comme d'habitude.

;o)

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/10/2008

Beaucoup de questions Pierrot.
Notre ami commun David explique qu'il faut remplacer les activités productrices grosses consommatrices de matière première par d'autres, moins polluantes, comme les services à la personne. Comme je l'ai déjà écrit ici, aller se faire masser deux fois par semaine plutôt que de s'offrir un gros 4x4 par exemple.
Je partage entièrement cette manière de voir et je pense qu'il y a un chemin, ténu, et cabossé, qui devrait permettre d'éviter la décroissance, si l'on s'y prend bien. L'arme de la tva à taux croissant sur les produits de luxe et écologiquement non désirables me paraît essentielle
Cela implique aussi malheureusement des modifications importantes de nos modes de vie, qui doivent trouver d'autres moyens d'exprimer le confort et les signes extérieurs de richesse.
Un gouvernance économique peut y contribuer, surtout si elle est mondiale. Mais l'Europe n'est pas la bonne échelle. C'est un début, mais insuffisant. De même qu'il ne faut pas s'occuper que d'économie. Une gouvernance mondiale devrait aussi se mêler des affaires militaires, du cours des matières premières et des problèmes d'environnement d'envergure planétaire...
Mais bon j'ai un bouquin sur la question à te dédicacer la prochaine fois qu'on se voit.
Pour ce qui est du cours de l'action de l'UBS, je ne suis pas devin et en plus je n'ai pas toutes les cartes en main. je n'ose penser qu'elle ne remonte plus. Mais je ne suis pas certain que l'on puisse exclure totalement cette éventutalité. Si le mouvement des PME et des petits déposants se confirme, elle devra à tout le moins être redimensionnée.
Ce qu'a fait le plan de sauvetage jusqu'à présent, c'est sortir les actifs pourris du bilan (j'allais écrire du Liban, il est vrai ça canarde fort ces temps) pour restaurer la confiance. Mais la confiance de l'inconscient collectif, c'est comme l'amour, lorsqu'elle est partie, elle ne revient pas sur un claquement de doigt...

Écrit par : Philippe Souaille | 28/10/2008

A lire " Le Pragmatisme" de William James" disponible dans la collection Champs chez Flammarion.

Pragmatisme; l'un des rare termes de la langue courante qui provienne d ela philosophie.

Ce livre publié en 1907, a plus de cent ans et il est de nouveau, terriblement, actuel

A lire avec urgence.

Écrit par : Charly Schwarz | 28/10/2008

Karl Marx n'a-t-il pas dit "Les radicaux sont des révolutionnaires pragmatiques" ?

Écrit par : Charly Schwarz | 30/10/2008

plus de précisions:

Karl Marx «Etre radical, c'est prendre les choses par la racine. Et la racine de l'homme, c'est l'homme lui-même.»

Extrait de la Critique de “La philosophie du droit” de Hegel

Écrit par : Charly Schwarz | 30/10/2008

Privatiser les bénéfices, on connaissait déja.
Socialiser les pertes, aussi, mais un peu moins, mais cette fois enrobées du discours "De toute façon, si vous ne nous aider pas a nous relever, cela sera pire" ... PROPAGANDA !

Écrit par : Djinius | 30/10/2008

Djinius, nier le fait que s'il n'y avait pas eu sauvetage de l'UBS, les conséquences auraient été pires... Cela ne coûte rien, puisqu'il y a eu sauvetage... Cette mauvaise foi rhétorique me surprendra toujours.
Ce qui en revanche va pouvoir être prouvé sous peu, c'est que l'Etat, sans les ressources fiscales que lui apportent les riches en général et les banques en particulier se retrouve bien embêté pour financer les aides sociales aux pauvres...
Genève Place Financière évoque le chiffre de 500 millions de rentrée d'impôts en moins en provenance des banques (impôts sur le bénéfice et sur les revenus des employés).
Cela ne tient pas compte du manque à gagner de l'impôt sur la fortune qui lui aussi va être sévère. Beaucoup de mes amis fortunés ou simplement aisés ont perdu une bonne partie de leurs économies.
Au point que certains songent à vendre leur maison, que d'autres annulent leurs projets de vacances. Chacun d'entre eux, individuellement, avance des chiffres de centaines de milliers de Francs, mais aucun de ces amis n'était un hyperriche. Juste des représentants de la classe moyenne supérieure, ayant réussi, hérité d'une maison, travaillés à deux en profession libérale, ou comme patrons de PME, etc...
Au final, lorsqu'on les additionne tous, cela fait beaucoup, beaucoup d'argent. Celui qui finance l'Etat parce que précisément ces gens ne sont pas assez riches pour s'exiler dans des paradis fiscaux.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/10/2008

"Djinius, nier le fait que s'il n'y avait pas eu sauvetage de l'UBS, les conséquences auraient été pires... Cela ne coûte rien, puisqu'il y a eu sauvetage... Cette mauvaise foi rhétorique me surprendra toujours."

Mais alors, puisque les conséquence sociale d'un non sauvetage d'une entreprise vaut le prix du sauvetage, pourquoi ne pas attribuer à tous les pauvres et les chomeurs en fin de droit de ce pays un revenu de 5000.- qui leur permettrait de vivre décemment ? Cela reviendrait au même et éviterait de soutenir une entreprise et ses dirigeants qui se sont toujours montrés extrèmement méprisant envers l'Etat en période de vache grasse ! Ainsi, les conséquence sociale serait directement visibles et rentables ! Bref, la mauvaise fois rhétorique n'est forcément toujours chez les autres non ?

Écrit par : Djinius | 30/10/2008

Djinius, les conséquences économiques et sociales d'une banqueroute de l'UBS auraient été le plongeon de toute l'économie suisse. Pour deux raisons principales:
70 000 PME avaient leurs comptes à l'UBS et l'économie intérieure du pays se serait comme qui dirait purement et simplement arrêtée.
Les conséquences psychologiques sur la crédibilité de la place financière helvétique dans son ensemble auraient signifié le départ accéléré des milliers de milliards qui dorment dans nos coffres, suisses et étrangers. Retour à la case départ, au joli temps des armaillis et des mercenaires...
Pour autant, votre idée n'est pas forcément saugrenue, quoique totalement injuste et donc injustifiable: pourquoi payer des gens à ne rien faire ? Dans mon bouquin, l'Utopie urgente, je préconise une autre piste: un revenu minimal garanti à tous, de la naissance à la mort, quel que soit son niveau de revenu par ailleurs. Ainsi on supprime tous les problèmes de paliers. Ce revenu est évidemment minimal: un toit (mais pas forcément un HLM de luxe), de quoi manger des pâtes et quelques fruits, une couverture santé.
Ce revenu on le garde quoi qu'il arrive, de même que tout ce qu'on gagne en plus. Suppression de l'impôt sur le revenu, remplacé par une tva progressive sur les produits de luxe et anti-écologiques. Une Porsche, c'est au moins 100% de tva. Les pâtes et les gnocchis, 0%.
Au moment de la transmission de l'héritage chacun peut transmettre à chacun de ses enfants l'équivalent d'une maison et bien sûr la meilleure éducation. Tout ce qu'il vient en plus revient à l'Etat, le patrimoine industriel (entreprises) étant traité spécifiquement. Je penche personnellement pour la mise en vente des actions, les héritiers pouvant avoir un droit de préemption. A étudier au cas par cas.
Pour le détail, et pour le reste, lisez le bouquin :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 30/10/2008

Pour ma part, je ne comprend pas (*) pourquoi le gouvernement s'évertue à sauver l'UBS, alors qu'il suffit d'assister ses clients pour déplacer leurs avoir dans des banques saines, puis laisser le cadavre UBS se décomposer. Ainsi, l'économie s'en porterait tout aussi bien, sans devoir avancer des montagnes d'argent public.

Bref, prédire un éfondrement de l'économie dans le cas d'un non-sauvetage relève de la prévision aussi fiable que celle des économistes ... c'est-à-dire aucune fiabilité, de la science fiction ... un dicours alarmistes, qui arrange bien les banques.


(*) Enfin, si je me doute, depuis qu'on apprend que les banques graisses pour au moins 25% du budget des partis bourgeois ... les mêmes qui nous gouvernent !

Écrit par : Djinius | 30/10/2008

Djinius, vos compétences en économie semblent assez rudimentaires. La décomposition de l'UBS serait celle du symbole de la banque helvétique. Une catastrophe sans commune mesure avec Swissair, parce que l'économie suisse n'a jamais reposé sur son leadership dans l'aéronautique...
Par ailleurs, transférer les fonds des clients, qui sont investis à gauche et à droite dans le monde entier et de loin pas tous immédiatement réalisables, cela s'appelle une banqueroute et cela coûterait beaucoup plus cher que les 68 milliards utilisés pour sortir du bilan les actifs pourris. Si je me souviens bien, le montant des dépôts des clients à l'UBS est de l'ordre de 1500 milliards...
Franchement, arrêtez de penser que les banquiers sont tous des abrutis. Un certain nombre d'entre eux se sont plantés grave sur les subprime, cela ne veut pas dire que tous se plantent tout le temps. Et là, ils sont été plusieurs, parmi les meilleurs de ce pays (y compris ceux qui n'avaient rien mis dans les subprime)à réfléchir au meilleur moyen de faire.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/10/2008

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