30/10/2008

Il se passe toujours quelque chose en Colombie

L'inculpation de plusieurs dizaines de militaires colombiens, dont 3 généraux, pour des exécutions aussi sommaires qu'injustifiées a fait l'effet d'une bombe. Elle souligne ce qui est une évidence, pour tous ceux qui tentent de s'informer sans oeillères: ce gouvernement est profondément légaliste et démocrate. Son intention est d'instaurer l'Etat de droit dans tout le pays, pour toutes les catégories de la population, et il y parvient petit à petit.

Une intégrité qui l'honore et qui n'a certainement pas été l'apanage de tous les gouvernements l'ayant précédé. Qui n'est pas non plus certainement très répandue parmi ses adversaires, les divers soutiens de la guérilla, jusque dans certaines ONG ou même au sein du pouvoir judiciaire. La presse romande a encore beaucoup parlé ces derniers temps des griefs présentés par exemple par Amnesty International... Au premier chef desquels figure le qualificatif du conflit: s'agit-il d'une guerre ou non ? Nous y reviendrons.

Curieusement, on n'a pas lu grand chose sur ce qui constitue le fond du débat, depuis plusieurs semaines en Colombie et qui explique l'extraordinaire agitation tous azimuths des milieux de gauche, abondamment relayés pas certaines ONG internationales, pour allumer un contre-feu. Lors de leurs opérations commandos dans les camps des FARC, les forces armées colombiennes ont mis la main sur le fichier interne de l'organisation. Qu'est-ce que la justice va en faire? C'est là le vrai problème du pays en ce moment.

La liste recense tous les sympathisants, rémunérés grâce à l'argent de la drogue et des enlèvements, actifs dans la société colombienne. Pas les guérilleros de la jungle, mais tous les combattants de l'ombre, infiltrés dans tous les rouages et presque à tous les niveaux de la société. Plus de 9000 noms, identifiés en toutes lettres, avec même leur numéro de sécurité sociale et la liste de leurs activités paraterroristes.

9000 personnes, c'est à peine 0,025% de la population, mais ce n'est pas rien non plus. Il y a là dedans des personnes connues, ou amies de personnes connues, ceux et celles qui renseignent les ONG, des syndicalistes, des juristes, des journalistes, toute une organisation clandestine, comme telle parfaitement intégrée... et très active dans le jeu politique. Depuis des années, leur tâche essentielle, en dehors de l'appui logistique (armes et nourriture), consistait à répandre la bonne parole, à tenter d'améliorer l'image des FARC dans la population en les faisant passer pour de pauvres victimes, à justifier politiquement leur douteux combat, à infiltrer des mouvements de défense des amérindiens, des ONG soutenant des communautés villageoises, des mineurs, ou les associations de parents de séquestrés !!! Bref tout l'appareil "politique" des FARC.

Faut-il juger ces gens, désormais identifiés, et si oui, dans quel cadre ? Faut-il les faire bénéficier de la loi Justice et Paix, appliccable aux guérilleros et paramilitaires qui se rendent, alors même qu'ils ne se sont pas rendus ? L'enjeu est d'importance, car la loi Justicia y Paz limite les peines encourrues à 8 ans pour les crimes les plus graves et absout les petits délits. Pour une partie de la gauche, et notamment les copains des gens dont le nom est sur la liste, c'est encore trop.

La liste serait entâchée d'irrégularités juridiques de par ses conditions d'obtentions, ce qui la rendrait légalement irrecevable. Carrément. Ce sont les mêmes qui se plaignent de ce que la loi JyP ne serait pas assez sévère pour les paramilitaires, alors même que les chefs des FARC refusent de s'y soumettre, ne la jugeant pas assez clémente pour leurs propres méfaits.

L'étonnant est qu'Amnesty, qui sur le coup porte bien mal son nom, relaie ce combat. La loi Justice et paix s'inspire des mesures prises pour sortir de l'apartheid et elle est équitable. Près de 10 000 guérillos d'extrême-gauche en ont également bénéficié et s'en portent fort bien, en dehors du fait qu'ils ont été condamnés à mort, eux et leurs familles, par les FARC et qu'il a fallu les déménager!

Certes sur les 35 000 paramilitaires et sympathisants démobilisés, quelques 2000 ont à ce jour repris les armes (ou plutôt ne les ont jamais vraiment abandonné) et plongé dans la délinquance. Mais cette proportion est celle que l'on retrouve à l'issue de tous les conflits de par le monde et ces gangsters relèvent désormais du droit commun.

Pour autant, le Gouvernement colombien a-t-il raison de refuser le terme de guerre ? Ce n'est pas qu'une querelle sémantique. Elle recouvre d'importantes différences de traitement en matière de droit international et humanitaire, mais aussi en matière de justice interne. Un combattant d'une guerre civile n'a pas le même statut qu'un criminel de droit commun. Parler de guerre civile pour le conflit colombien apparaît plus que jamais comme un abus de langage. Mais c'est davantage que l'action de quelques terroristes isolés. La réalité est entre les deux, même si le Gouvernement a du mal à l'admettre... Et même si les FARC restent, avant tout, une organisation criminelle, qui se finance par le séquestre et le trafic de drogue à grande échelle.

On aurait aimé avoir l'avis d'Amnesty, par exemple, sur les milliers d'hectare de forêt primaire que les FARC brûlent chaque année dans des réserves naturelles pour planter la coca... Ou sur les conditions de détention des otages dans la jungle par les FARC. On a peu vu et entendu de campagnes d'Amnesty pour les faire libérer, alors que si je me souviens bien, faire libérer des prisonniers politiques, c'est la raison d'être originelle de cette organisation...

Le Gouvernement colombien mène-t-il une guerre civile ou une guerre contre le crime ? La question est bien plus délicate et complexe que ce que les jugements unilatéraux (et c'est bien regrettable) d'Amnesty International laissent présager.

 

 

29/10/2008

La crise est mondiale et le PS franchouillard

Les lecteurs de ce blog le savent, je ne porte pas Nicolas Sarkozy dans mon coeur. Cet homme là n'avait qu'une obsession, parvenir au pouvoir. Au point qu'il ne savait trop qu'en faire une fois qu'il y était arrivé. Mais j'ai été scandalisé par la mauvaise foi de Martine Aubry, sur F2 ou Tf1 hier soir, qui osait attribuer la responsabilité de la crise actuelle "à la politique intérieure de Sarkozy". Il faut tout de même être sacrément gonflée. C'est non seulement un monstrueux mensonge, c'est aussi prendre les gens pour des cons en pensant qu'ils vont la croire.

J'espère que Jacques Delors va revenir lui tirer les oreilles, à cette sale gamine. Qui, quelques instants plus tard, s'insurgeait de ce que la France soit le seul pays du monde où les heures sups coûtait aussi peu cher à l'employeur... En omettant de préciser que c'est peut-être dû au fait que la France est surtout le seul pays du monde où les travailleurs travaillent seulement 35 heures... Grâce à qui ?

A part ça, je trouve que finalement, le Sarko, face à la crise mondiale, il ne se débrouille pas si mal que ça. Certes il brasse du vent, mais son ambition dévorante fait qu'il ose placer les problèmes, et leurs solutions, à la bonne échelle, à savoir l'échelle mondiale. Sur ce coup, je ne peux que lui adresser mes encouragements personnels. Même s'il ne parvient pas à ses fins, la petite graine est semée, et va germer tranquillement. Merci.

28/10/2008

La crise et le gros défaut des théories

L'énorme défaut des théories, lorsqu'on les applique à des domaines aussi complexes et aléatoires que l'économie ou la société, c'est qu'elles ne sont jamais assez complexes pour tenir compte de tout, ce qui fatalement les conduit à l'échec. C'est le cas du socialisme et de son avatar léniniste, le communisme qui, partant du principe que les hommes sont égaux, nient l'individu et enrayent la machine. C'est le cas du libéralisme, qui tient la motivation indiviuelle pour le ressort suprême, ce qu'il est, au point d'emballer la machine...

La seule solution, c'est le pragmatisme, qui ne devrait jamais cesser de présider aux fonctionnements de la société, en corrigeant ça et là. Il faut laisser l'économie faire son travail, mais sans jamais lui abandonner toute la bride sur le coup.

Les libéraux pur et dur ayant cette fois le nez dans leurs... contradictions, font profil bas. Les socialistes en profitent pour relever la tête. Mais ils ne sont pas devenus pragmatiques pour autant, bien au contraire. Or il est évident que l'échec d'une théorie ne signifie pas automatiquement la réussite de l'autre. Ce fut la grosser erreur des Etasuniens de le croire après l'effondrement du Mur de Berlin. Ne repartons pas dans la direction inverse après l'effondrement des bourses et tentons d'examiner sereinement, pragmatiquement, ce qui marche, ce qui ne marche pas et ce que l'on pourrait améliorer.


LES LIMITES DU SYSTEME

La crise mondiale actuelle souligne plusieurs phénomènes:

  1. Il est plus sain de produire de la richesse avec du concrêt qu'avec du vent, car les chateaux de cartes fatalement s'effondrent sur eux-mêmes, quelque soit la hauteur et la rapidité que leur autorise leur légèreté.

  2. On ne peut emprunter sans cesse. Il arrive fatalement un moment où il faut rembourser... Ou ruiner ses créanciers. Pour un individu, c'est au plus tard à la fin de sa vie. Pour une société, c'est lorsqu'elle atteint les limites de son développement. Or d'une certaine manière, nous y sommes. Les limites de la planète sont en vue. La technologie peut encore améliorer le rendement, l'énergie renouvelable est une piste, il reste des mondes à explorer dans l'Espace.... Mais si nous voulons continuer, ou durer, tout simplement, il faut impérativement apprendre à canaliser notre développement.

  3. Ceux qui se sont enrichis considérablement en créant et en entretenant le maelström ne devraient pas s'en tirer sans dommage, car si l'on admet une sanction sonnante et trébuchante à la réussite, il en faut une aussi à l'échec. Sinon, comme dit Titeuf, c'est pô juste... Et ils ont entraîné dans leur débâcle non seulement les investisseurs, mais toute la société qui devra demain rembourser.

  4. Pour ramener dans le jeu le crédit nécessaire à l'économie réelle (impossible d'entreprendre ou de produire sans lui), les Gouvernements occidentaux ont parié leurs chemises. Ou plutôt les nôtres, sans rien solutionner. Sans doute fallait-il le faire, pour limiter les effets de la crise financière sur l'économie réelle. Le spectre des longues files de chômeurs devant les soupes populaires (et l'holocauste qui a suivi) a flanqué la frousse a tout le monde. Mais si l'on ne modifie pas le système, ce n'est que reculer pour mieux sauter.


LES FAUTES D'OSPEL

Pour ce qui concerne la Suisse, Marcel Ospel est clairement coupable. L'ouvrage de Myret Zaki, journaliste au Temps, raconte comment il a laissé carte blanche à sa filiale étasunienne qui s'est empêtrée dans les subprime et comment le succès lui est monté à la tête. Car bien qu'aucun homme ne soit 800 fois plus intelligent et travailleur qu'une caissière de la Migros, si on le paie 800 fois plus tous les mois, il finira par le croire. Et lorsque le pape des subprime à l'UBS, en été 2007 déjà, a senti que le vent tournait, il a prévenu Ospel, mais celui-ci l'a, en gros et en züridütsch, traité de couille molle. A l'époque, une sortie du jeu n'aurait pas coûté trop cher.

Le même Ospel, meilleur copain de Blocher, était à ce titre soutien actif d'une ligne pro-étasunienne, voire carrément néo-conservatrice. Privilégiant l'accord de libre-échange avec les USA contre l'UE, par exemple. Ce qui ne l'empêchait pas de laisser faire – au moins - les pratiques plus que douteuses de la grande banque aux Etats-Unis. Pour faire court, l'UBS avait – comme toutes les banques suisses - signé un accord supprimant le secret bancaire pour les ressortissants des Etats-Unis, où qu'ils se trouvent dans le monde... Mais en même temps, elle faisait de la retape auprès des gros contribuables, aux USA même, en expliquant aux clients potentiels combien il était facile de contourner cette obligation. Ce qui est prendre les Etasuniens pour des cons, et méconnaître l'attachement sacré qu'ils éprouvent pour leur fiscalité, comme pour tout ce qui touche à leur patriotisme. Là encore de la mégalomanie, qui a coûté très cher à l'UBS, poursuivie par la vindicte de Washington.

Le seul bon réflexe qu'ait eu Ospel, finalement, c'est d'appeler les fonds souverains à la rescousse, début 2008, lorsqu'il est devenu évident que l'affaire serait horriblement coûteuse... et de l'avoir fait juste avant que la révélation publique de l'étendue des dégâts ne bloque tout le système. Ce faisant, il a tout de même arnaqué grave Singapour (d'après certains, l'un des bras financiers de la Chine) et quelque famille règnante arabe.


LES SUISSES ESCROQUES ?

Arnaqué, le peuple Suisse le sera également, si l'action UBS ne finit pas par remonter. Dans les bancomat, les prélèvements, jadis limités à 1000 Francs sur les comptes UBS courants, le sont désormais à 520.- Mauvais signe, symptomatique d'une hémorragie en direction des autres banques qui continue... Si l'action remonte, en revanche, le peuple suisse se sera enrichi. Le Conseil Fédéral, instruit par l'expérience socialiste genevoise de la BCGe, a préféré la jouer à la vaudoise.

Pour mémoire, sous la houlette de la socialiste Micheline Calmy-Rey, le Canton de Genève a injecté, à perte, plusieurs milliards dans sa banque cantonale, aux prises déjà avec des crédits immobiliers pourris. Une subvention pure et simple, bien en ligne avec la théorie socialiste: L'Etat, la collectivité, ne peuvent se passer d'une telle institution, donc, la paient... Et continuent de la payer encore aujourd'hui, et nos enfants continueront de la payer demain, au rythme où l'on rembourse cette dette...

Dans un cas de figure semblable, le radical Pascal Broulis a certes renfloué la BCV, mais en prenant des parts, si bien que lorsque l'établissement a renoué avec le bénéfice, le Canton de Vaud est rentré dans ses fonds et même a gagné de l'argent. Le pragmatisme contre la théorie. Berne, cette fois, s'est montré pragmatique. Si l'action UBS remonte un jour, la Confédération rentrera dans ses frais. Sinon, il faudra rembourser... aux autres banques qui ont prêté. Car l'argent n'a pas disparu. Certes, avec l'effondrement des cours, il y en a pas mal qui est parti en fumée. Une grosse partie de l'argent créé artificiellement, sans réelle contrepartie matérielle. Mais il reste du vrai argent, planqué dans les coffres du monde entier. Dont une part non négligeable dans les coffres suisses.

Espérons que l'opération de renflouement de l'UBS ne servira pas, comme celle de Swissair jadis,

juste à temporiser, à payer un plan social et au final à offrir la compagnie à l'étranger. Il fallait sauver l'UBS parce que 70 000 PME y avaient leurs comptes. Il semble que celles-ci migrent en masse à leur tour, vers les banques cantonales et les caisses Raiffeisen... C'est pourquoi il est fondamental, et pragmatique, que les avoirs, actuellement « pourris » de l'UBS, mais qui ne pourraient plus l'être demain, soient mis à l'abri, vraiment à l'abri. Car si l'action ne remonte pas, c'est le dernier gage que pourra réaliser la Confédération, pour rentrer un jour, espérons-le, dans ses frais.


FINANCE MONDIALE

Ce qu'il faut changer, dans le système MONDIAL de la finance, c'est d'abord créer une instance de régulation... mondiale. Les Etasuniens n'en voudront pas, ou alors ils prétendront la diriger, rétorquent certains... Pas sûr, le très probable prochain Président, Barack Obama, pourrait bien être sur une autre longueur d'ondes, puisqu'il se dit partisan du multilatéralisme. Toutes les grandes avancées en matière de gouvernance mondiale, la SDN et l'ONU, ont été menées par les démocrates, pourtant isolationnistes, contre la volonté des Républicains.

Ensuite, et c'est impératif, cette instance devra trouver le moyen de réduire la dette abyssale qui finance notre croissance économique mondiale, par déficit étasunien interposé. De le faire avant que l'économie n'explose à nouveau, et pour de bon cette fois.


THEORIES ET PRIMES

Une chose encore, vouloir supprimer le secret bancaire tant qu'il reste ailleurs des paradis fiscaux en activité, c'est de la théorie et c'est stupide. De même que de vouloir fixer des limites aux primes des banquiers ou de prétendre empêcher l'UBS dans son ensemble d'en offrir. Une mesure qui ne s'appliquerait qu'à l'UBS ou même juste aux banques suisses ou aux succursales étrangères dans ce pays. C'est le meilleur moyen d'empêcher l'UBS de redevenir bénificiaire un jour, dans le premier cas; de ruiner toute la place financière helvétique dans le second... Et adieu les beaux impôts...

La banque et la gestion de fortune sont des activités hautement concurrentielles, et ce qui fait le succès de la place financière genevoise, c'est au moins autant la féroce concurrence individuelle et entrepreneuriale qui y règne, que le secret bancaire...

Par ailleurs une partie seulement des bonus servis l'an dernier l'ont été pour des bénéfices liés aux subprime. La gestion de fortune, dans le cas d'UBS, avait rapporté 40 milliards. Sans eux la Banque n'aurait pas tenu le choc. Les banquiers qui ont fait leur boulot correctement ont été payés conformément à ce qui leur avait été promis. Idem cette année: ce n'est pas parce que certains font de grosses bêtises qu'il faut punir tout le monde. Même dans la débâcle actuelle, il y en a qui parviennent encore à gagner de l'argent. Pourquoi les punir au lieu de les récompenser ? Le reconnaître, c'est se montrer pragmatique.

Le système des primes doit certainement être revu. Mais pas de manière impulsive et passionée, pas sous l'influx de théories enflammées, déconnectées de la réalité.

24/10/2008

Le Fédéralisme Mondial

Etonant croisement des genres. Le discours européen de certains, à droite, en particulier à l'UDC, s'infléchit heureusement après qu'ils se soient aperçus qu'une Europe un peu plus fédéraliste pourrait devenir helvéto-compatible. Et en Europe, de plus en plus de gens se disent que le fédéralisme, en ce qu'il préserve l'autonomie locale, pourrait être un bon moyen de gérer les différences.

Curieusement dans le même temps, à l'extrême gauche, le discours anti-ONU se renforce de bien curieuse manière. Issu de milieux féministes et sionistes, donc anti-islamiques, il s'élève contre le relativisme culturel et prétend vouloir imposer les valeurs occidentales - seules valables évidemment - à l'ensemble de l'humanité. Un livre vient même de sortir sur la question, qui dénonce très violemment la gestion des droits humains par le "Machin". Son auteur, Mme Markovich, est une ancienne dirigeante d'Attac, reconvertie dans la lutte contre la prostitution, qu'elle assimile sans guère de nuance au nazisme. La partie violemment sionniste de son discours est certes pris avec force réserves à l'extrême gauche, où l'on rappelle que les droits humains doivent s'appliquer à tout le monde, même aux Palestiniens, mais pour le reste sa critique de l'ONU rencontre un assentiment à la fois populiste et anti-autoritaire.

Cela confirme ce que je pense depuis longtemps, à savoir que l'altermondialisme est un mouvement ethnocentrique égoïste, qui défend les intérêts des classes populaires occidentales contre un partage des richesses et de la consommation (donc des droits de polluer) qui prennent en compte les envies et les besoins des vrais pauvres, les travailleurs et les familles du reste du monde. 

Sur le fond, il est pourtant évident que le monde a besoin de régulation dans un certain nombre de domaines. Edictées par une forme de gouvernement démocratique, ce serait mieux, mais en attendant, ce qui s'en rapproche le plus, c'est l'ONU (et l'OMC) avec son système d'organisations internationales spécialisées. Le démolir encore davantage serait à coup sûr ouvrir la boîte de Pandore de la guerre généralisée. Là où l'ONU comme les altermondialistes font fausse route, c'est que le monde n'a pas forcément besoin de régulation dans tous les domaines et qu'au contraire, l'autonomie locale qu'assure un système fédéraliste serait souhaitable.

Je pense notamment à tout ce qui a trait à la culture et au mode de vie. Lorsque le rapporteur de l'ONU Doudou Diègne estime que dénoncer la Burqa, c'est faire de l'islamophobie, il a tort. Mais cela dépend où. Il est fort dangereux, en matière de moeurs de vouloir faire évoluer les sociétés à marche forcée envers et contre elles-mêmes. La burqa n'a pas sa place en Europe et le voile, faut voir, pas en cours de gym ou à la douane, par exemple. Mais prétendre interdire la burqa en Afghanistan, c'est une bêtise crasse.

Il ne s'agit pas de laisser nos soeurs afghanes sous le joug de l'oppression masculine. Ou de laisser l'excision poursuivre ses ravages en Afrique sahélienne. Mais il faut éviter absolument les interventions autoritaires sur les us et coutumes des sociétés. Mieux vaut que ce soient les habitants des pays concernés, les femmes en particulier, qui finalement demandent et imposent le changement. Car qu'on le veuille ou non, le monde entier est influencé par le commerce et les échanges et cela ne fait que commencer.

Ma vision également est ethnocentrique, bien entendu. Je suis un occidental, féministe, humaniste et je ne voudrais pas vivre plus de quelques semaines dans un autre système de valeurs. Mais je sais aussi que je n'ai pas raison sur tout et qu'il existe, dans la sagesse chinoise, africaine ou orientale, ou même amérindienne, des éléments et des valeurs qui peuvent être supérieurs aux miens. Laissons nous le temps de nous connaître, de nous renifler, de nous interpénétrer, sans chercher à imposer son point de vue à l'autre. Cela s'appelle de l'amour et de l'intelligence et cela me semble nettement préférable au viol que représente l'intrusion violente de moeurs étrangères dans une contrée qui ne l'a pas souhaité. Peut-être même qu'il devrait en sortir un homme et une femme nouveaux, fruit de nos expériences et de nos savoirs à tous, qui soit apte à affronter les défis du futur. Car à n'en pas douter, l'humanité n'a pas fini d'évoluer. Il faut laisser le temps au temps.  

 

 

 

 

 

23/10/2008

Jean Ziegler dit des mensonges et des bêtises

Jean Ziegler ment comme il respire. En plus il ne sait pas compter. En revanche, c'est un excellent vendeur, capable d'asséner les pires bêtises avec un aplomb désarmant. Au point qu'aucun journaliste n'ose remettre en cause les énormités qu'il profère. Un ancien rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation auprès de l'ONU, prof d'Uni à Genève, on peut supposer qu'il connait son sujet... eh bien non. Il n'y connait rien. Et il ridiculise au passage l'Alma Mater. Remarquez, ce n'est pas un scoop, depuis la Suisse au dessus de tout soupçon, cela fait 30 ans qu'on sait à Genève qu'il est fâché avec les chiffres. Mais il trouve toujours de nouvelles victimes ailleurs ou fraîchement débarquées.

Pour la sortie de son dernier livre, il se répand sur tous les petits écrans francophones avec deux chiffres à la bouche: selon lui, 1 enfant meurt de faim dans le monde toutes les 5 secondes, soit 100 000 enfants par jour. Je l'ai encore entendu à midi, sur tv5, interrogé par la RTBF. Le journaliste belge n'a évidemment pas moufté. Sauf qu'un mort toutes les 5 secondes,  cela fait 17280 par jour, pas 100 000. Cinq fois moins. En une année c'est tout de même 30 millions de vie de sauvées. Ouf !

Par ailleurs, d'après les chiffres officiels, ce n'est pas un enfant, mais une personne, enfant ou adulte qui meurt toutes les 5 secondes. Ou plutôt mourrait, car ces chiffre datent de plusieurs années et diminuent de 6% par an. Ils ne meurent pas non plus de faim. Les morts de faim sont devenues rarissimes. Ces gens meurent des conséquences de la malnutrition, c'est à dire des divers types de maladie qui survienennt à la suite d'une alimentation déséquilibrée. On ose espérer que ce chiffre n'inclut pas les victimes de la malbouffe trop riche et trop grasse. En revanche les victimes d'une eau non potable, sans doute au moins en partie.  Or, assurer l'eau potable à l'ensemble de la planète ne coôuterait que l'équivalent d'une année de consommation mondiale d'eau minérale en bouteilles...

Entendons nous bien, il ne s'agit pas de nier le problème. Il n'est pas normal que l'on trouve de quoi injecter 1000 milliards de dollars dans l'économie (même s'il fallait sans doute le faire) et qu'on ne dépense pas la dizaine de milliards qui permettrait à ces 6 millions de victimes annuelles de se nourrir et de s'abreuver normalement. Un seul petit milliard suffirait d'ailleurs, au prix des denrées dans leurs pays respectifs. Ce qui coûte le plus cher, c'est l'infrastructure et les humanitaires pour amener la nourriture à bon port. C'est pourquoi (entre autres) une simple assistance alimentaire n'est pas la solution. Il faut donner les moyens à ces familles de se nourrir par elles-mêmes.

Un travail complexe et de longue haleine. Que quelque part, Jean Ziegler dessert avec ses approximations hasardeuses, son goût pour le sensationnalisme et la manière déplorable qu'il a de rejeter l'entier de la faute sur une seule des parties en présence. L'Occident certes est responsable, mais une chose est certaine, c'est que les conditions de vie n'étaient nulle part pas meilleures avant l'irruption des occidentaux. Il ne s'agit plus maintenant de rechercher les coupables, mais de trouver les solutions, pour améliorer le sort de tout le monde, sur cette petite planète qui est notre embarcation commune. Et là, Ziegler est un peu court. Très court même.

Le Chemin de la Paix - Interview du Vice-Président Colombien

Marquée par la violence, la Colombie apprend la paix. C'est un chemin difficile, dont les abords sont encore souvent minés. Les grèves du personnel judiciaire à peine terminées, les indigènes entament une longue marche de protestation sur fond de crise économique mondiale, dans un pays qui commence tout juste à émerger. Pour tous, Gouvernement comme opposition, c'est un apprentissage.

Comme en Suisse, comme en France, certains avocats, procureurs et syndicats de la magistrature sont nettement orientés à gauche, voire à l'extrême gauche. Enclins à saisir tous les prétetxes, fondés ou non, pour s'en prendre au Gouvernement. On a vu fuser des accusations lamentables dans la vénérable Genève lors de l'élection du procureur Général. Alors imaginez dans un pays pas encore complètement sorti d'un conflit armé, dont les artisans se sont attirés toutes sortes de complicités, idéologiques ou rémunérées, au sein d'une population meurtrie par la haine et la violence inqualifiable développée des deux côtés.

Maintenir la barre de la Justice dans ces conditions est une prouesse et le Gouvernement doit apprendre à vivre avec. De même qu'il doit vivre avec les revendications des peuples indigènes, en grande partie légitimes. Très souvent, les combats ont poussé villages et communautés à l'exil, et lorsqu'ils revenaient sur leurs terres, c'était pour y trouver des palmiers à huile lorsqu'elles étaient proches des voies de communication. La culture de la coca était réservée aux zones les plus inaccessibles, souvent dans des réserves naturelles, brûlant 4m2 de forêt primaire par gramme de cocaïne produit. Un désastre écologique et humain.

Les communautés indigènes réclament protection et stabilité, elles ont raison. Le Gouvernement a restauré la sécurité des villes et des zones de développement économique, il doit aussi s'occuper des populations éparses. Même si cela coûte cher. Même si l'organisation centralisée des communautés indigènes est dirigée, comme toutes celles des pays voisins, par des militants formés à Cuba (j'en ai rencontrés et interviewés) et largement financés par Chavez, l'ennemi intime. Même si les communautés autochtones représentent à peine 3% de la population, mais possèdent 27% du territoire. C'est l'équilibre écologique de la Colombie qui est à ce prix.

L'exacerbation des tensions est ecore telle, dans le pays, que les acrimonies politiques y prennent un relief inconnu ailleurs. Le Gouvernement le gère avec calme et pondération en dépit de la crise économique, qui vient ébranler ses plans de croissance au moment de redistribuer le fruit des succès engrangés ces dernières années. Le Vice-Président Dos Santos était à l'ONU à Genève, où il a notamment inauguré une exposition sur les ravages causés par la cocaïne (visible salle des Pas perdus, au palais des Nations, jusqu'au 30 oct.). Il a bien voulu répondre à quelques questions.


Q - La succession du Président Uribe est ouverte. Le ou la successeur entrera en fonction dans un an et demi. Mais on a parfois l'impression qu'il est la clef de voûte du système ?

Nous pouvons avoir confiance dans la solidité du système démocratique en Colombie, dans la force de nos institutions. Je n'ai aucun doute à ce sujet. Maintenant il est évident qu'il est souhaitable que la politique de sécurité démocratique, qui a donné d'excellents résultats, soit maintenue jusqu'à l'issue définitive du conflit. La majorité des gens en sont conscients, ce qui explique la nervosité de l'opposition. Une femme, oui pourquoi pas. La Colombie est l'un des pays du monde qui fait le plus en matière d'égalité, jusque dans nos institutions. J'imagine que les colombiennes y sont pour beaucoup. Elles seraient plusieurs à avoir les compétences pour le poste. La Ministre des Armées par exemple, mais aussi au moins deux de ses collègues ministres actuelles ou passées, comme l'ex-chancelière.


Q - Quel est l'impact de la crise mondiale ?

Il est encore trop tôt pour le dire. Notre économie est émergente, donc fragile et axée sur l'export, donc nous allons en pâtir. Mais sans doute moins que d'autres, car nous avons un grand marché intérieur de 45 millions d'habitants, en pleine croissance et nos atouts sont très diversifiés. Contrairement au Venezuela, par exemple, qui subit de plein fouet les mouvements de yoyo du pétrole. Voire la valeur de votre ressource principale doubler puis diminuer de moitié en quelques mois doit donner quelques sueurs froides dans la gestion des budgets. Il se trouve que nous exportons beaucoup au Venezuela et que nous allons le sentir aussi. Mais nous exportons également toutes sortes de produits et denrées vers de très nombreux marchés, dont la Suisse, notre 7ème marché d'exportation... Par ailleurs, nos lois sont très claires et favorisent résolûment l'investissement, tant national qu'international. Notre stabilité juridique est excellente.


Q - Justement, où en sont les relations avec la Suisse

Nous en fêtons cette année le 100ème anniversaire. Mieux qu'un mariage. Et comme dans tous mariage, il y a parfois des disputes, mais la relation est solide, basée sur des intérêts et des valeurs communes. Des dizaines d'entreprises suisses sont présentes en Colombie. Nous signons un accord de libre échange avec l'AELE. En matière de coopération, technique, de formation et d'éducation, nos rapports sont étroits et enrichissant. Bienvenue en Colombie.


Q- Comment vivez-vous les accusations répétées sur le respect des droits de l'homme dans votre pays ?

Nous répondons par la transparence et la justice. Nous avons vécu dans une situation de violence endémique depuis un demi-siècle. Pour en sortir, il faut à la fois, dénoncer, juger et pardonner. C'est un processus complexe et coûteux, mais nous le menons à bien. Toutes les affaires sont dénoncées à la justice et débouchent sur une action judiciaire, ou un non lieu, selon que l'on puisse ou non établir des faits. Et les coupables, quels qu'ils soient sont sanctionnés. Il n'y a pas d'autres manières de faire. Mais c'est long, ça prend du temps.

22/10/2008

Oui à la suppression du secret bancaire... mais pour tous

Il y a six jours, j'évoquais ici la menace lourde qui pesait sur le secret bancaire, tout en affirmant qu'il ne fallait pas la craindre. C'est certes une arme importante de la place financière suisse, mais ce n'est pas une arme fondamentale. Et si cela était, cela devrait cesser, car elle serait alors déloyale et donc contraire aux règles du capitalisme. Ce qui est vrai pour la Suisse l'est évidemment pour le monde entier, à commencer par le Royaume Uni et la France qui affectionnent les paradis fiscaux sur leurs rochers et leurs îles éparses. Même la Chine à les siens avec Hong Kong et Macau.

A armes égales, la Place financièe suisse et genevoise en particulier a d'autres atouts à faire valoir, à comencer par l'excellence de ses services, la responsabilité infinie de la vraie banque privée, la stabilité de sa politique et et de sa monnaie. Qui a fait par exemple qu'un Nouveau franc français placé en Suisse valait un peu plus d'un Franc Suisse en 1960 et un peu moins d'un quart à la création de l'Euro.

Le secret bancaire est amoral. Ce n'est qu'un outil, sans état d'âme, en principe. Il aide parfois les personnes pourchassées, justement ou injustement, par leurs gouvernements. Il a facilité les luttes pour les Indépendances et donc la décolonisation (après avoir couvert jadis d'odieux trafics), sauvé le cinéma européen en protégeant, ici, les victimes étasuniennes de Mc Carthy, abrité l'argent de quelques terroristes, y compris d'Etat et celui de nombreux gangsters, même si l'époque en semble révolue. Mais fondamentalement, il avantage les riches et même les très riches contre les classes moyennes.

Personne de censé ne remet sérieusement en cause l'économie de marché et le besoin d'assistance publique. Mais tout est dans la nuance. Aux deux bouts de la chaîne se mutliplient les injustices. L'assistance est ainsi faite que certaines personnes aidées vivent mieux que certaines qui travaillent ou ont travaillé, ce qui ne concourt pas à la motivation. Tandis que les riches bénéficient d'un plafond fiscal qui privilégie le revenu du capital ou le bénéficiaire des effets de levier que procure la fortune, au détriment de l'imposition du travail, là encore, qui elle paie plein pôt.

Les classes moyennes helvétiques défendent becs et ongles le secret bancaire en qui elles voient... le secret de leur prospérité et elles n'ont pas tort. C'est assurément une des clefs. Mais c'est aussi la cause principale de la progression fiscale si brutale qui les pénalise et les pressure... et finalement s'avère dommageable au système, car entre 10 et 20 000 francs de revenu par foyer, par tranche de 1000 francs supplémentaire, on a le sentiment que tout ce qu'on gagne en plus, ou presque, part aux impôts. Surtout lorsqu'on perd au passage l'accès au logement aidé.

Lorsque les ultra-libéraux s'étranglent en parlant de prélèvement confiscatoires, c'est assez vrai pour un dentiste allemand qui bosse douze heure par jours dans des orifices malodorants pour payer plus de 50% d'impôts. Mais cela devient de la pure provocation lorsque l'argument permet à M. Bertarelli et sa famille de ne payer que 10 milions d'impôt sur la transmission d'une fortune de plus de 14 milliards, soit moins du millième de celle-ci.

Certes les hyperriches ne sont pas assez nombreux pour que des prélèvements équitables sur leurs fortunes suffisent à solutionner tous les malheurs du monde... Mais il serait assez juste qu'ils y contribuent. A la hauteur de leurs considérables moyens. Et leurs fortunes sont suffisamment considérables pour que l'effet à en tirer soit puissant. Pour mémoire, 10 000 milliards de dollars sont gèrés off-shore, soit dix fois les sommes colossales d'argent public englouties dans les banques ces derniers jours. Off shore ne signifiant pas illégal, mais hors frontières nationales. Une grande partie de cet argent est déclaré et a payé des impôts au départ. Après expatriation, c'est moins sûr, sauf pour celui des citoyens étasuniens. En principe.

Il ne faut cependant pas se leurrer. Les sommes d'argent phénoménales que détiennent les hyperriches leur confèrent de tels pouvoirs, de tels leviers, qu'aucun gouvernement sur cette planète, pris individuellement, ne peut leur résister. Seul une alliance mondiale, idéalement sous la forme d'un gouvernement mondial démocratique, mais pour parer au plus pressé pour commencer, sous une forme intergouvernementale, peut stopper leur ronde folle autour de la planète, leur quête perpétuelle de la fiscalité tendant vers zéro...

Il est cependant impératif qu'une telle alliance soit équitable. Elle ne doit en aucun cas dissimuler une pression des grands pays sur les petits pendant qu'eux même préserverait des pratiques coupables dans quelques îles lointaines. C'est à cela que nos négociateurs doivent s'atteler dès maintenant. C'est pourquoi, sans doute, mieux vaudrait que la Suisse réintègre au plus vite les assemblées de l'OCDE pour faire entendre sa voix. La dureté en affaires, universellement reconnue de nos diplomates helvétiques, doit être utilisée à propos pour obtenir un traitement égalitaire, qui ne prétérite aucune place financière et surtout pas la notre. Car il ne faut pas se leurrer. La défense du secret bancaire en tant que tel est un combat d'arrière garde. Sans doute perdu d'avance.

La droite alémanique se fourvoie en s'y engouffrant. Au même titre que la gauche se tire une balle dans le pied à chaque fois qu'elle prétend augmenter l'imposition des plus riches sans avoir au préalable verrouillé la situation mondiale et pas seulement européenne.

Une fois cette normalisation mondiale en route, on pourra penser à réformer sérieusement un système fiscal qui date d'un autre temps. Introduire des fiscalités écologiques et la taxation des transactions financières, réduire l'imposition du travail (ce qui réduira la pertinence des délocalisations), privilégier un impôt sur la consommation fortement progressif sur les produits de luxe, etc... Tout ce qui figure dans l'Utopie Urgente.

20/10/2008

Les urnes ont parlé

Les urnes ont rendu leur verdict et il confirme deux ou trois évidences que l'on avait un peu tendance à oublier...

Pour être élu, il faut d'abord bénéficier d'une vraie notoriété, et que celle-ci s'étende au-delà de votre propre parti. Ce qui favorise bien évidemment les prises de positions consensuelles plutôt que les trublions, en dehors de quelques cas extrêmes.

Les blogs sont certes un moyen de se faire connaître, mais ils sont encore très loin d'égaler la renommée qu'apporte des années de travail politique et de médiatisation. Sur ce plan de la médiatisation en particulier, rien n'égale la télévision et une présence remarquée aux chambres. Ce qui peut, en certaines circonstances, contredire la règle précédente, tant il est vrai que la télé tend à privilégier "les grandes gueules" qui passent mieux à l'écran.

L'un des problèmes du populisme est qu'il a tendance à surestimer les voix de ceux qui protestent et qu'on entend, en oubliant tous ceux qui ne disent mot et donc consentent... et votent.

En vertu de ce qui précède, certaines listes hors parti ont dépensé beaucoup d'argent pour un résultat médiocre, si l'on considère le rapport qualité prix, ou plus exactement la quantité d'argent dépensé par élu...

Enfin, la politique, ce n'est pas que du calcul de pourcentages, du trafic d'influences et des copinages de couloirs, même si c'est aussi parfois cela. La politique, c'est d'abord prendre à coeur le bien commun, prévoir et réfléchir pour organiser et défendre au mieux la communauté. Cela ne s'improvise pas. Certaines personnes y consacrent des années, voire leur vie. Ils ont accumulé une expérience considérable. Les court-circuiter aurait juste été une perte de temps et d'efficacité.

 

17/10/2008

Le secret bancaire visé par la communauté internationale

Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Elizabeth Guigou, les responsables politiques tirent à vue sur les paradis fiscaux depuis deux jours et cela n'est pas sans conséquence sur la Suisse. Toute la question consiste à savoir si elle est ou non un paradis fiscal. La réponse est... normande ! Incontestablement, la Confédération et les banques ont fait d'énormes efforts, ces dernières années, pour chasser le crime organisé de nos coffres. Efforts généralement couronnés de succès. Pas toujours certes, mais à l'impossible nul n'est tenu et sur ce terrain, nos règlementations sont certainement plus draconiennes que celles des grands pays européens par exemple...

Sur l'évasion fiscale, en revanche... Rien ne sert de le nier, elle continue de se pratiquer. Et au moment où l'on demande aux contribuables des pays industrialisés de passer à la caisse pour éviter l'effondrement du système, il est particulièrement malvenu que ceux qui vont en profiter y échappent. Si les USA et l'UE s'accordent à exiger, comme semblent vouloir le demander les Français, la levée du secret bancaire (comme l'ont déjà concrêtement obtenu les USA), nul doute qu'il faudra y passer. Ils disposent d'armes de poids, à commencer par une pression sur les banques. En les empêchant de travailler ailleurs qu'en Suisse, par exemple, voire d'échanger avec l'étranger ! C'est ce qu'avaient fait les USA, pour obtenir la levée du secret pour leur citoyens, même résidant hors des USA...

Ce serait contraire aux accord bilatéraux, mais à Berlin comme à Paris, on en parle au niveau gouvernemental, et la récente histoire des fondations du Liechstenstein n'a rien arrangé. Paris parle de dénoncer les accords sur la fiscalité ne prévoyant pas la levée du secret bancaire. Pour la place financière suisse et genevoise, ce n'est bien sûr pas une bonne nouvelle. Mais elle a les moyens de surmonter l'obstacle.

Son savoir faire, les compétences accumulées, la stabilité de la Suisse, le Franc valeur refuge, sont autant d'atouts maîtres. Ce n'est pas pour rien que l'argent a afflué dans les coffres ces derniers jours. De l'argent légal, déclaré fiscalement. La plupart du temps.

Si tous les paradis fiscaux disparaisssent, et que donc des règles du jeu claires et respectées par tous s'imposent tout autour de la planète, ne doutons pas un instant que Genève et la Suisse sauront tirer leur épingle du jeu.

Mais dès à présent, il faut commencer à s'y préparer. Le contraire serait de l'aveuglement. La somme attribuée aux paradis fiscaux est estimée à 10 000 milliards de dollars. Soit dix fois l'argent public qui vient d'être injecté pour tenter de faire reculer la crise. Une manne que tous les gouvernements auront à coeur d'aller chercher en ces circonstances.

14/10/2008

Un Gouvernement mondial, pour dompter la main invisible

La main invisible de l'idéologie libérale existe, mais on ne saurait lui confier sans autre la direction des affaires du monde.

L'ètre humain est un être moral. Il est taillé pour concevoir des règles visant à améliorer son existence, en tant qu'individu et en tant que groupe. Ce sont ces règles, la morale, tout autant que le main invisible, la loi de l'offre et de la demande, qui ont permis les progrès sociaux et matériels et nous ont mené là où nous en sommes. C'est à dire assez loin de l'homme des cavernes grelottant de froid dans sa grotte, qui était tout sauf un âge d'or.

Quel est le but de cette évolution? Quel objectif l'humanité peut-elle s'assigner à elle-même ? Est-ce de permettre à quelques uns de s'enrichir démesurément pendant que les autres stagnent, au mieux, ou même régressent et s'appauvrissent ? Non bien sûr. Or c'est bien ce à quoi voudraient nous mener les tenants du libéralisme le plus intégriste, des espèces de fous dangereux, quelques vieux profs (des deux sexes en Suisse) et une cohorte de jeunes étudiants au sein desquels j'ai décelé la même foi irraisonnée et cynique, le même idéalisme, la même ferveur idéologique, insensible à la réalité de la misère humaine que chez les fanatiques des pires sectes gauchistes. La seule vraie différence étant que les gauchistes se rient de la souffrance de l'individu devant la violence collective, tandis que les ultras-libéraux se gaussent de la souffrance collective occasionnée par la violence égoïste de certains individus.

Le but n'est pas non plus d'uniformiser la société pour la niveller par le bas. Car alors le progrès s'arrête, puisqu'il n'a plus le moteur de la réussite individuelle pour l'alimenter. Plus exactement, le seul vecteur de réussite individuel devient l'appareil politique, celui dans lequel on grimpe pour acquérir du pouvoir, et même parfois, souvent, le pouvoir d'opprimer ses semblables. Or l'appareil politique gère, encadre et légifère, mais il ne produit rien, il n'est pas fait pour cela. Ni biens matériels, ni inventions, ni rien... Juste des règles. Et des règles qui n'encadrent rien ne servent pas à grand chose...

A l'évidence, mais il faut sans cesse le rappeler, car on est encore loin du compte, l'humanité se doit de se fixer un cadre et des objectifs et de se donner ensuite les moyens de les atteindre. Les objectifs sont simples et basiques.

C'est paraît-il une plattitude de le rappeler, ce n'en est pas moins nécessaire: parvenir au meilleur confort possible dans le respect de l'environnement, pour le plus grand nombre, tout en préservant les capacités de recherche et d'évolution, que ce soit vers les mondes intérieurs ou en rêvant aux étoiles.

Les moyens pour y parvenir impliquent la domestication de la main invisible, pour la mettre au service des objectifs de la communauté humaine, et non l'inverse. La communauté humaine, c'est toute notre planète, qui doit être régie par un gouvernement mondial démocratique et soucieux de la liberté individuelle comme de l'autonomie des collectivités dès lors qu'elles ne contreviennent pas à l'intéret général, considéré dans son acception minimale..

13/10/2008

Crise: les solutions vues de Washington

"Oops, on s'est planté, on s'excuse", a dit Bush aux responsables du G20 (les pays émergents plus l'UE). Il a l'habitude, le Georges: avant de changer son fusil d'épaule et d'être élu Gouverneur du Texas, il avait déja réussi 3 faillites successives. A chaque fois des entreprises achetées avec l'argent de papa et les conseils de ses relations. Trois boîtes en pleine santé qu'il est parvenu à couler sans rémission... Jamais trois sans quatre, comme dirait Peugeot et la dernière est de très très loin la plus spectaculaire...

Bien sûr, on ne peut pas lui coller tout sur le dos, au Georges. Cela fait huit ans que ce type dirige le pays le plus puissant et le plus endetté du monde, mais cela ne fait que huit ans... La situation n'était déjà pas géniale géniale avant son arrivée. Le problème, c'est qu'il n'a strictement rien fait pour l'améliorer, mais au contraire tout, vraiment tout, avec des talents de créativité insoupçonnables chez un tel benêt, pour l'aggraver.  

Résultat, si l'on ajoute à la dette publique étasunienne celle des assurances sociales de ce pays, on arrive à la somme faramineuse de 53 000 milliards de dollars. Soit 455 000 dollars par foyer étasunien. C'est grosso modo dix fois plus que pour un foyer genevois (en ajoutant les dettes fédérales comme l'AI à l'ardoise de 6 milliards laissée par Micheline Calmy-Rey, à qui le PS veut confier les finances fédérales...). Genève étant pourtant la ville la plus endettée d'Europe par habitant. On ne prête qu'aux riches c'est bien connu... Et voilà ce qui arrive quand les riches ne remboursent pas.

 455 000 dollars, c'est aussi dix années de revenu moyen d'un foyer américain.C'est tellement grave que certains économistes se demandent si la solvabilité des Etats qui renflouent aujourd'hui les banques ne risque pas d'être emportée dans la tourmente...

Pour faire repartir la machine, aux Etats-Unis, deux écoles s'affrontent. L'une, protectionniste, est plutôt démocrate,  même si Obama n'y adhére pas, sans trop le clamer sur les toits pour ne pas froisser les syndicats. Elle consiste à dire que le déficit est du au fait que les Etats-Unis ne produisent plus les biens qu'ils consomment. Il faudrait donc rapatrier cette production pour donner du travail à Detroit. Sauf que ces biens sont produits en Chine où la valeur ajoutée par le travail des Chinois sur la matière première est presque nulle, vu le tarif de la main d'oeuvre chinoise. Si les Etats-Unis rapatrient cette production, les prix au mall du coin vont exploser, sans que le déficit extérieur ne baisse sensiblement, car il faudra tout de même importer les matières premières.

L'autre école dit qu'il faut se serrer la ceinture, réduire par tous les moyens les déficits publics et continuer dans la voie du libre échange, en acceptant de spécialiser les Etats-Unis dans des domaines de production à forte valeur ajoutée: la finance, les services, la recherche, etc... On peut y rajouter le développement des services à la personne, pour recaser les chômeurs, même si c'est déjà bien plus développé aux Etats-Unis que chez nous...  Il va de soi que la Suisse, comme les pays les plus développés de l'UE qui l'entourent sont voués à poursuivre dans la même direction.

Cela ne signifie pas abandonner toute production. Il faut maintenir et même développer celles basées sur la recherche et les nouvelles technologies, qui sont nos spécialités, notre domaine d'excellence. Avec bien sûr des efforts accrus en direction de l'écolo-compatible. La survie dans le monde globalisé est à ce prix.

10/10/2008

Hayek, Attali... et Souaille

On va me traiter de mégalo. N'empêche, l'analyse faite hier par Hayek sur la TSR des causes de la catasrophe, tout comme les solutions proposées aujourd'hui par Jacques Attali, sur France 2, figurent en toutes lettres dans mon livre l'Utopie Urgente, paru chez Slatkine il y a... tout juste un an.

Je pense par exemple à tous nos jeunes brillants qui se sont engouffrés dans la finance, attirés par les gains faramineux et sans lien à l'économie réelle... Au point qu'on manque aujourd'hui d'ingénieurs! Ou à la nécessité d'opposer un contre-pouvoir qui soit de l'ordre d'un gouvernement mondial à la toute puissance et aux excés de la finance mondialisée. Non pas pour enrayer le sytème, mais pour le relancer en lui permettant d'évoluer de manière plus harmonieuse et canalisée, tout en ménageant les espaces de liberté nécessaires. Notamment au niveau des échanges.

C'est toujours un peu embêtant d'avoir raison trop tôt. Honnêtement, je ne pensais pas que les faits me donneraient raison si rapidement. Je pensais à 10 ou 15 ans... C'était compter sans Bush qui avait déjà connu 3 faillites, avec l'argent de papa, avant d'usurper son élection. La 4ème est la bonne...

Reste que si vous voulez vous procurer le livre, vous ne le trouverez plus en librairie, mais sur Internet, chez Payot, chez Slatkine, l'éditeur ou par un couriel à info@adavi.ch

http://www.payot.ch/fr/accueil.html

http://www.slatkine.com/cgi/run?wwfrset+2+841525105+1+2+c...

 Excellent week-end

 

Je vous joins ci-dessous quelques avis de leaders politiques…

 "L'urgence n'est pas seulement à l'utopie, mais aussi à une analyse et à une vision de la société contemporaine, de ses dérives et ses forces. Et l'intérêt des réflexions de Philippe Souaille réside aussi dans sa capacité à toujours préférer aux sentiers battus les chemins de traverse."
François Longchamp, Conseiller d'Etat chargé de l'emploi et des affaires sociales, Genève

 "Ouvrage lucide, au contenu et au style percutants, positivement provocateur, qui pose les problèmes à la bonne échelle."   Gilles Petitpierre, Ancien Conseiller National

""Utopie" vient de deux mots grecs signifiant "nulle part". Et pourtant au fil de la lecture de son "Utopie urgente", je me suis vite aperçu que Philippe Souaille ne nous emmène jamais nulle part. Pas de cul de sac, ni de faux semblants. Il nous emmène bien plutôt dans un monde d'idées et de propositions qui suscitent tantôt l'intérêt, tantôt l'enthousiasme".          Pascal Broulis, Conseiller d'Etat chargé des Finances, Vaud

J'ai lu et apprécié. Je partage globalement les différents points soulignés… A l'exception peut-être du passage évoquant le CPE. J'espère que nous trouverons un moment pour en discuter.                             Jean-Luc Benhamias, Vice-Président du Mouvement Démocrate, Député Européen.

 Très intéressant et juste. Même si je crois que les gens ont besoin de s'identifier à des ensembles dont ils se sentent membres.       François Bayrou, président du Mouvement Démocrate

 

Et de journalistes …

 "Un livre remarquable… qui démontre que les lignes politiques bougent et que les vieilles grilles de lecture doivent rejoindre le Musée des idées révolues"          Jean-Noël Cuénod - Tribune de Genève du 10.10.07

 "Sans phraséologie, avec une écriture plus journalistique qu'académique… se mêlent souvenirs personnels, considérations philosophiques et propositions politiques… Souaille est un éclectique, qui capte vite les choses et les gens."        Roland Rossier - L'Hebdo du 4.10.07

 "Souaille aime les défis… et les solutions pratiques. Rédigé sur un mode humoristique, son livre se lit très facilement"        Fathy Derder - Radio Suisse Romande "Le Grand 8" du 16.10.07

 "Un ouvrage qui évoque en termes simples et avec humour des problèmes complexes comme l'hypothèse d'un gouvernement mondial" Marina Wutholen - Léman Bleu télévision "Genève à Chaud" du 26.10.07

 

 

 

La banqueroute de l'avion

Ce qui se passe désormais, et c'est là où cela devient vraiment grave, c'est que les maîtres du jeu ne sont plus les banquiers ou  les golden boys et encore moins les gouvernements. Ce sont les petits et moyens épargnants, 2 à 300 millions de par le monde, qui avaient quelques sous investis en bourse. Lassés de voir dégringoler leur bas de laine depuis quelques jours, ils mettent désormais tous une pression d'enfer sur leurs banquiers (ou leurs agents de change comme on disait jadis), pour qu'ils sortent leur argent de la bourse et le mettent en lieu sûr.

Cela ne peut bien sûr qu'amplifier le phénomène et faire baisser davantage encore les cours. Le monde entier est quasiment en état de banqueroute.

Individuellement, on ne peut reprocher aux épargnants d'essayer de sauver ce qui leur reste d'économies. Et puis l'astrologie s'en mêle. Des voyantes auraient prédit que cela continuait de baisser jusqu'à la fin du mois au moins... Bref on est maintenant complètement rentré dans l'irrationnel. Et même si tout le monde sait que l'intérêt collectif serait de faire redécoller l'avion, personne n'a envie d'être le premier à remonter dedans, car chacun sait que si les autres ne suivent pas, il est mort.

Le problème c'est que les entreprises trinquent désormais, les grosses comme les PME, à qui les banques restreignent les lignes de crédit. Résultat des courses, en dehors de quelques faillites possibles et même probables, le budget 2009 de l'Etat va se retrouver très probablement en déficit. Car même si les banques privées augmentent leur clientèle enegistrent en ce moment des rentrées d'argent, c'est davantage pour le mettre à l'abri que pour le faire travailler. Donc pas de bonus mirobolants, ni de bénéfices non plus. Ou en tout cas beaucoup moins.

Sans compter les problèmes à venir des PME, la baisse des ventes de produits de luxe... David Hiler et ses collègues feraient bien de revoir sérieusement leur copie, s'ils ne veulent pas creuser davantage le déficit de l'Etat. Le Canton de Genève n'a pas encore fini d'amortir le désastre de sa banque cantonale, il ne peut pas se permettre d'être impérvoyant dans la gestion de la plus grave crise que le monde est connu depuis près de 80 ans... 

 

 

 

09/10/2008

Pétrole: Tripoli fait le blocus

Les deux suisses retenus à l'Ambassade à Tripoli y sont toujours. Et la situation ne s'arrange pas, en dépit des efforts de bonne volonté de la Confédération et des Genevois dans cette affaire, ainsi que des deux domestiques maghrébins, qui ont retiré leur plainte. Il semble que quelqu'un à Tripoli, veuille plus encore, et qu'il ne soit pas question de le lui accorder.

Pour faire monter la pression, Tripoli a donc décidé, pour la 2ème fois, de suspendre ses livraisons de pétrole à la Suisse. Pas trop grave, c'est juste 20% de nos approvisionnements et les prix du marché ayant chuté cela ne devrait pas poser de problème insurmontable. D'ailleurs, la première fois déjà, la menace n'avait pas été mise à exécution. Mais M. Pardo président de l'UDC genevoise, pourrait en profiter pour reconnaître que sur ce dossier, comme sur d'autres, il s'est planté, lorsqu'il prétendait menacer Kadhafi de ne plus lui acheter son pétrole...

08/10/2008

La Colombie et les droits humains

En décembre prochain, la Colombie sera le deuxième pays au monde (après la Suisse) à subir volontairement, à l'ONU, l'examen périodique universel des droits humains. Et l'unique pays en développement...

La procédure comprend de nombreuses enquêtes sur place, menées par divers organismes internationaux. Le but est de dresser un constat et de tracer ensuite les pistes qui permettront de conduire à une amélioration de la situation. Encore une fois, ce pays et son gouvernement montrent une réelle volonté de sortir de l'ornière dans laquelle ils se sont laissés enfoncer durant tant d'années.

 

07/10/2008

Merci Ospel

Avant-hier j'ai salué ici le changement de ton de Pierre Mirabaud. A mon tour de changer d'avis. A plusieurs reprises, j'ai dit tout le mal que je pensais de Marcel Ospel, mais force est de reconnaître que son dernier coup fut un coup de maître. Avant tout le monde, il a pris la mesure du grain qui s'annonçait et pris les décisions énergiques qui s'imposaient. Qu'il serait bien impossible de reproduire aujourd'hui. Aucun fond souverain n'accepterait de renflouer le capital d'une institution bancaire étrangère par les temps qui courrent. Il a eu le bon réflexe au bon moment, et il a sauvé l'UBS.

Ce faisant, il a évité une catastrophe majeure au pays. Car si les engagements de la Deutsche Bank équivalent au PNB allemand, si les engagements de la Barclay's équivalent au PNB britannique, il semble bien que les engagements de l'UBS représentent plus de 2 fois le montant du PNB helvétique. Un sauvetage de ces mastodontes par de l'argent public aurait été catastrophique, voire tout bonnement impossible.

C'est d'ailleurs ce qui vient d'arriver à l'Islande, petit pays fier et indépendant, qui quémande aujourd'hui à la porte de l'UE pour éviter la faillite. En voulant sauver ses deux banques, le Gouvernement a mis le doigt dans un engrenage qui l'a conduit à suspendre la convertibilité de sa monnaie. Qui aujourd'hui ne vaut plus rien.

Décidément le vieux modèle des banquiers privés genevois indéfiniment responsables sur l'ensemble de leurs biens se révèle étonnament moderne. Un modèle garant de stabilité et de durabilité qui profite à l'ensemble des banques travaillant sur la place financière genevoise, qui se tiennent plutôt mieux qu'ailleurs. Même si là aussi, le robinet du crédit est coupé et que les pme commencent à le sentir.

On reste discret par nature dans ce métier, et l'on ne souhaite point trop ébruiter la chose, mais la masse sous gestion aurait plutôt tendance à augmenter, en provenance de marchés nettement plus spéculatifs... et beaucoup plus risqués. Ce qui d'ailleurs doit concourir à la bonne santé du Franc Suisse !

Reste que la claque mise à l'ensemble de l'économie est sévère et va durer. Pour certains analystes de mes amis, les Etats-Unis, premiers pris dans la tourmente, et premiers à prendre des mesures, pourraient être les premiers à s'en sortir. Même s'ils sont incontestablement à l'origine de la bulle gigantesque (en fait elle englobe toute l'économie) qui explose aujourd'hui. Y compris par l'adoption, imposée au reste du monde par l'administration Bush, de nouvelles normes comptables, qui ont rendu possible l'euphorie de ces dernières années, dont tout le monde a bien profité.

Ces normes comptables jugées abérantes par plusieurs spécialistes de poids, sont nées, dit-on, dans le secret d'une officine établie dans le middle west, mais basée juridiquement à Guernesey. Une officine qui n'emploierait qu'une douzaine de personnes en tout et pour tout, qui, disposant du bon appui et du bon levier, merci Archimède Bush, sont parvenues à révolutionner la comptabilité et la finance mondiales. Pourtant leurs normes, certains banquiers les qualifient aujourd'hui ouvertement de débiles... Une chose est certaine, si de nouvelles normes demain, doivent réguler la finance mondiale, elles devront être l'objet d'un débat public international.

06/10/2008

Colombie: la démocratie avance

La situation reste tendue en Amérique Latine. Le Président colombien Uribe vient d'annuler son voyage prévu à Guyaquil, en Equateur, pour protester contre les nouvelles insultes proférées par le président équatorien Correa. En même temps, il a transmis à l'OEA les documents relatifs au trafic d'explosifs destinés aux FARC en provenance d'Equateur, ainsi qu'à la culture et à la transformation, par les FARC, de la coca dans le Succumbios équatorien.

Dans le même temps, la presse se fait l'écho des accusations portées par des familles de disparus à Bogota. Certains membres de l'armée colombienne commettraient des assassinats sur la personne de pauvres hères, qu'ils déguiseraient en rebelles, pour avoir droit aux permissions accordées par certains officiers, lorsque des guérilleros sont abattus au combat.

Ces accusations sont graves et le Gouvernement colombien rappelle qu'il a interdit aux forces armées d'octroyer ce type de récompenses. Des enquêtes judiciaires sont en cours, pour faire toute la lumière sur ces évènements tragiques. Venant après beaucoup d'autres, ces accusations contribuent à ternir l'image de la Colombie et de son Gouvernement.

C'est pourquoi j'aimerais faire remarquer, à titre personnel, que toutes ces accusations sont étalées noir sur blanc dans la presse colombienne et donnent lieu à des procédures judicaires en bonne et due forme. On est donc très très loin d'un Etat totalitaire, ce que certains font mine d'ignorer. Les mêmes qui rendent compte très volontiers des bavures des forces paramilitaires ou gouvernementales, mais qui ne s'attardent jamais sur les atrocités commises par la guérilla.

La Colombie est une démocratie, qui sort lentement mais sûrement d'une phase de violence extrême ayant déchiré le pays depuis plusieurs dizaines d'années. Le chemin est long et difficile. Mais la liberté d'expression et l'Etat de droit en balisent le parcours et l'horizon. Il me parait judicieux de le rappeler.

Liste No1 Radical(e) ouverture / 3ème partie des candidats

!cid_D0753E6C-8F35-4C4D-94CC-EE989259C550@local.jpgMirko Righele

Sous ses dehors de « gros nounours », ce secundo d'origine italienne est un fin politique. Il est d'ailleurs à l'origine d'une excellente idée: il veut tout faire pour organiser l'interactivité entre l'assemblée constituante et la population. Comptes rendus, prises de températures, sondages etc,  pour que le projet final n'arrive pas devant les Genevois en 2012, sans qu'ils aient le sentiment d'y avoir participés.

 

 

 

 

!cid_3B1C258D-05C2-4C93-9898-1812696273BF@local.jpgIvano Rizzelo

Dès sa prime enfance, Ivano a connu de graves ennuis de santé, dont la perte de vision d'un œil. Envers et contre tous, il s'est accroché, décrochant sa matu, puis sa licence HEC, juste avant de se découvrir un diabète. D'abord cadre dans une entreprise de biocarburants, puis consultant en trading, il irradie de joie de vivre et d'énergie. Pour lui, la constituante, c'est un rendez-vous avec l'histoire. Il ne veut pas le rater.

 

 

 

 

!cid_848D38A7-1E7D-4877-BAB1-FB60BF12CEBE@local.jpgFranco Rossoni

Ancien officier de police judiciaire, Franco est particulièrement au fait des questions de sécurité, mais aussi des aspects juridiques de la question. Les droits de la personne sont un pilier essentiel d'un texte constitutionnel... mais le droit à la sécurité est l'un de ces droits fondamentaux. L'expérience humaine de Franco devrait aider à résoudre de la manière la plus digne et la plus efficace cet apparent paradoxe.

 

 

 

 

!cid_45782CFB-FD16-4202-8A2E-B61FBDAF197F@local.jpgJeannette Sanchis

Jeannette est l'une des personnalités d'ouverture de la liste puisqu'elle est « professionnellement et éthiquement apolitique ». Gérant le secrétariat du conseil municipal d'Onex depuis 20 ans, elle n'en est pas moins très au fait de la politique et du fonctionnement concret de nos institutions. C'est ce qui l'a motivée à se présenter. Très volontaire, mère de deux... adultes, elle veut s'investir dans ce moment clé pour l'avenir du canton.

 

 

 

 

!cid_C53B9214-081B-4D7D-80BB-6B81BE3CF3BA@local.jpgFrançoise Saudan

Difficile d'être plus expérimentée que Françoise en matière d'assemblée parlementaire. Après avoir oeuvré toute sa vie pour la collectivité mais aussi aux côtés de son mari pour l'entreprise familiale, l'ancienne Présidente du Conseil des Etats éprouve le besoin d'un dernier baroud, pour graver dans le marbre les principes qui lui sont chers, comme la solidarité et la prise en charge des plus faibles.

 

 

 

 

!cid_C7E00DBA-6764-40C4-80D0-2B7EC8A6F5D3@local.jpgEric Steiner

Dr ès sciences, ingénieur chimiste, Eric profite de sa retraite pour s'investir à fond en politique dans sa commune du Grand Saconnex. Président du Conseil Municipal, il suit de près l'urbanisme, les finances et les sports, qu'il pratique assidûment. Pompier volontaire durant 33 ans, il veut s'investir encore pour la communauté, en apportant à la constituante sa riche expérience de vie et son regard de scientifique.

 

 

 

 

!cid_3A66D5F2-31F3-48DD-8040-D497261812B3@local.jpgAlexandre Vergari

Ce qu'il aime, c'est conseiller les gens. D'ailleurs il en a fait son métier et ça lui réussit. Parce qu'il est bon dans son domaine. Aux frontières de la finance, du droit et de la psychologie, il est devenu un grand spécialiste de l'âme humaine et des meilleures manières de fonctionner en société... et dans les sociétés. Son désir d'aider allant aujourd'hui au-delà de l'individu, il veut s'investir dans l'action publique. Et quoi de plus concret qu'une constituante?

 

 

 

 

!cid_7BEBB3AB-4F0D-4456-8A79-769BD67548D4@local.jpgCharles Vinzio

Enfant des Eaux-Vives, actif dans de très nombreuses associations indissociables du tissu socio-économique local (Vieux Grenadiers, Compagnie 1602, Cercle de publicité, ING, SPA, Lions, etc...), Charles est au civil patron des salles Pathé (Rex, Rialto et Balexert). Autant dire du cinéma dans le canton. Il veut apporter son point de vue d'observateur averti du vaste réseau d'entreprises qui alimentent notre vie quotidienne

 

 

 

 

!cid_6A676ABF-99D8-41C8-8B80-FCA8B048A45C@local.jpgRolin Wavre

Son physique de play-boy cache une âme bien faite, qui a su se frotter aux plus dures réalités de l'existence. Pour le CICR, il a travaillé plusieurs années en Colombie, ce qui vous forge un homme. Aujourd'hui responsable d'une ONG active contre la torture, il est un écologiste aussi libéral que convaincu. Parce qu'il n'a pas d'autre solution, pour ses enfants, que de prendre les problèmes à bras le corps et de les résoudre intelligemment.

 

 

 

 

!cid_D22281F7-DE63-48CE-A80A-723EE6A66C39@local.jpgGuy Zwahlen

Qui l'eût cru, le Président du TCS Genève est d'abord un cycliste et un coureur à pied. Avocat spécialisé dans les questions de sécurité routière, il est particulièrement profilé sur les questions de mobilité, dans lesquelles il maintient, depuis des années, le cap d'une approche objective en  ménageant les intérêts de tous. Car nous sommes tous alternativement usagers de tous les modes de transport, qui s'avèrent complémentaires.

05/10/2008

Wall Street aux soins intensifs: Vive les banquiers genevois

Je ne suis pas toujours d'accord avec Pierre Mirabaud, le Président genevois de l'Association Suisse des Banquiers, mais comme il est très loin d'être un imbécile, il sait adapter son avis à la réalité des faits. Et là surprise, c'est lui qui tombe d'accord avec moi.

Il y a quelques jours encore, je me gaussais dans ses lignes d'un de ses employés, qui expliquait à la presse que les investissements durables c'était bien joli, mais que cela ne rapportait pas assez. Et voilà que son big boss le contredit carrément devant les caméras de Mise au Point, en estimant qu'il faut cesser d'attendre et de servir des bonus mirobolants, et revenir aux investissments durables. Ce qui sous-entend forcément ne pas chercher à courir plus vite que la musique, à la poursuite de rendements moyens qui dépassent le taux de croissance mondiale...

De fait, le système capitaliste, en soi, n'est pas condamnable. Mais ses excès et ses déviations le sont, incontestablement. On est heureux de constater que nos banquiers genevois en conviennent implicitement. Qu'ils n'ont pas tout oublié des traditions de la banque protestante, faite tout de même de prudence et de discrétion. D'investissements et de structures conçus pour durer. Et régulés dans le sens du bien commun. A cent lieues du Bling bling dominant.

 

03/10/2008

Liste No1 Radical(e) ouverture: Les candidats / 2

!cid_9A7CF052-B32D-41F0-89AC-78455844A414@local.jpgPierre Kunz  

Connu pour son franc-parler, il a l'expérience et l'énergie nécessaires pour s'imposer dans une assemblée. Ancien directeur de Balexert, Président de Genilem romandie, soutien des jeunes  entreprises méritantes. Mais Pierre Kunz, malgré ses apparences de franc-tireur, est aussi une personne d'une grande humanité, partisan de l'idée européenne, du droit de vote et d'éligibilité des étrangers, d'une laïcité gage de paix et de liberté.

 

 

 

 

!cid_830E634E-2B70-44B6-B4BD-AE6658E6F836@local.jpgJean-Marc Leiser   

Président du Conseil municipal de Versoix où il siège depuis 10 ans (et démissionnaire en cas d'élection),  consultant en ressources humaines, Jean-Marc est particulièrement intéressé par la question des institutions, du rôle et de la taille des communes. Il a pu constater la difficulté à fédérer des communes sur des projets de taille adaptées aux enjeux modernes. La Constituante doit aider à replacer les choses à l'échelle de notre temps. Président de l'association radicale de Versoix, il est avec Patrick Malek-Asghar l'artisan de nombreux succès électoraux dans cette commune.

 

 

 

!cid_03CEAD9C-E395-4577-8945-7E07FF457175@local.jpgJulien Marquis 

Lorsqu'on étudie le droit constitutionnel à 22 ans, on est forcément interpellé par la constituante. Le nouvel assistant parlementaire de nos députés radicaux a franchi le pas et se présente, avec des objectifs clairs: travailler sans oeillère en défendant les bons projets, d'où qu'ils viennent... Pour autant qu'ils soient bons. Et soutenir l'idée de débattre de tout, sans tabou. Il sera toujours temps de bâtir des consensus dans un 2ème temps.

 

 

 

 

!cid_9B970626-533C-4CFB-AD9E-D2B767C06911@local.jpgAntoine Maurice 

Il est la distinction personnifiée. On le croirait Ambassadeur (il a travaillé pour la diplomatie suisse à Bonn et Kinshasa), il était en fait journaliste spécialiste des questions internationales, au Journal de Genève dont il a été rédacteur en chef, puis à la Tribune de Genève comme éditorialiste. Son recul et son objectivité légendaires, lui valent d'être aussi professeur extraordinaire de sociologie et d'histoire du journalisme à Neuchâtel, et chargé d'enseignement à l'Institut d'études européennes de Genève.   

 

 

 

!cid_5F6DD3DB-CFE7-4E63-A7D1-D5063C66715D@local.jpgDominik Meyer 

Architecte de formation, haut fonctionnaire cantonal, Dominik est naturellement attentif aux relations de cause à effet qui s'établissent entre le cadre institutionnel et les activités humaines qu'il favorise... ou enraie. Naturellement, il veut le meilleur pour Genève, tant du point de vue environnemental, que social ou économique. D'avoir déjà été 8 ans conseiller municipal l'aidera à faire entendre son point de vue

 

 

 

 

!cid_7A47E4E3-0285-4C8B-8E24-6567897ADD30@local.jpgNguyen Thi Xuan Trang

Autant d'énergie positive concentrée dans une si petite personne, sous des trésors de civilité, cela ne peut se comprendre sans connaître l'histoire de Trang, boat people à 6 ans, devenue médecin à Genève. « C'est d'avoir connu cela si jeune qui m'a sauvée, explique-t-elle, car j'ai pu n'en conserver  que le côté aventure. Loin d'être traumatisée, j'ai envie de rendre ce que la vie m'a donnée, pour ma communauté d'origine et pour mon pays la Suisse, qui m'a tout offert ».

 

 

 

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Alain Nicolet

Sous un air placide, Alain Nicolet cache une vraie connaissance du terrain et de tout ce qui fait la vie quotidienne des communes genevoises. Chef de la sécurité municipale de Veyrier, Président de l'association des ASM du Canton, policier syndicaliste actif au niveau fédéral, il est un homme du concrêt, pour rappeler les contingences du quotidien aux juristes et aux intellectuels.

 

 

 

 

!cid_C94751A2-CD42-491D-BEB3-3E46BEE17B6A@local.jpgPierre Ochsner

Avocat, prof de judo et depuis peu Président de la Fédération Suisse de Judo,  l'appel de la constituante a réveillé chez Pierre Ochsner un vieil intérêt pour le droit constitutionnel. Il avait, il y a … une trentaine d'année, rédigé son mémoire de licence sur "les droits des citoyens". C'est donc un retour aux sources. L'expérience de la vie en plus.

 

 

 

 

 

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Chantal Perret-Gentil

Militante depuis des lustres, jouissant d'un réseau de relations particulièrement étendu, c'est vraiment pour soutenir la cause radicale qu'elle s'est inscrite sur la liste. Et pour défendre aussi un sujet qui lui tient à coeur, mur porteur de notre Etat de droit, volontiers mis à mal aujourd'hui par Internet: la protection de la sphère privée et des données personnelles, qu'elle souhaite renforcer dans la constitution.

 

 

 

 

Roland Ray recadre blanc.gifRoland Ray

La jovialité personnifiée. Toujours cordial, mais ferme en affaires, il a appris à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Recrue de taille, il est passé sur les bancs de l'Université, en droit, après être parti courir le monde, en Afrique à 17 ans. Greffier au Tribunal, devenu éditeur, il est tombé dans la marmite radicale, il y a une quarantaine d'années. Voilà qui vous forge un homme. De la vie, il a tout connu: succès éclatants, échecs et jalousies, qui l'ont rendu plus fort.