08/11/2008

One FM: le bon sens triomphe

En quelques semaines, Genève aura pu vivre deux magnifiques exemples des drames que peuvent déclencher un manque de régulation (dans le domaine économique), ou un surcroit de régulation (dans le domaine radiophonique).

La vérité doit bien sûr être entre les deux, dans un subtil dosage sans cesse évolutif entre dirigisme et liberté.

Dans le cas de la radio, la solution qui se dessine est rendue possible par le renoncement personnel de Stéphane Barbier-Müller, qu'il convient de saluer. C'est le bon sens qui triomphe, au double sens du terme. C'est la Raison qui a parlé, et c'est la décision de quelqu'un de bon, car rien ne l'y obligeait. Mais ce faisant, il évite une quarantaine de licenciements et la ruine personnelle d'un entrepreneur qui avait investi la fortune acquise par son travail... et emprunté quelques millions pour développer son entreprise. Un claquement de doigt de Berne - pas bon - aurait pu réduire cela à néant, sans indemntés. Ce qui est dans le principe même de la concession, mais constitue tout de même une anomalie juridique. 

Comment voulez désormais - par les temps qui courent - qu'une banque prête à quelqu'un, personne morale ou physique, désireuse de se lancer dans le développement d'une radio ou d'une télévision, s'il est ainsi clairement démontré qu'un sursaut d'humeur de Berne peut tout annihiler ? Il y a là clairement une carence de la loi.

Accessoirement, si l'on peut regretter que les goûts des auditeurs, des lecteurs, des téléspectaeurs, aillent si souvent sur la facilité on ne peut pas reprocher aux commerçants de chercher à satisfaire les désirs de leurs clients. Ils sont là pour ça et ce n'est pas à l'Etat, pas même au pouvoir législatif de décider de ce que doivent écouter, lire ou regarder les gens. Tout au plus (et tout au moins) l'Etat doit-il veiller à ce que l'offre soit diversifiée et que la grosse machine commerciale ne muselle pas la voix isolée.

Si cet incident contribue à renforcer l'offre d'informations genevoises, c'est tant mieux. En tant qu'ex-rédacteur en chef de la première radio locale genevoise ayant bénéficié d'une concession, je ne peux que m'en féliciter. La taille de notre marché genevois et même romand, ne permettent pas de faire vivre une infinie diversité, la concession octroyée contraint les bénéficiaires à prévoir des aménagements permettant d'accueillir cette diversité... Sans pour autant faire chuter leur taux d'écoute, car ils doivent rester rentables. La partie de la redevance dont ils vont bénéficier est là pour les y aider.

Le reste est affaire de dosage, d'ouverture, d'intuition et de relativisme. C'est un métier.

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