10/11/2008

Une Reine vient de s'éteindre

C'est une grande dame qui vient de s'éteindre, dans un concert militant, comme à son habitude.

Myriam Makeba n'était pas qu'une grande, une immense Dame de la chanson, elle était une grande dame tout court, une Reine, dans toutes ses attitudes et sa vie. Elle avait commencé sa carrière dans un pays soumis à l'apartheid, dont elle avait bien vite du s'exiler. Devenue citoyenne du monde, elle lui avait offert "Pata pata", le premier succès planétaire de musique africaine, voyageant entre l'Europe, l'Afrique qui accédait à l'Indépendance, les Etats-Unis, où la ségrégation respirait encore. Elle y avait épousé Stockely Carmichaël, l'un des leaders des Black Panthers. L'un des rares surtout à survivre à la vague d'exécutions sommaires commanditées par le FBI qui annihila le mouvement à la fin des années 60.

Myriam Makeba avait repris sa liberté et gagné l'Afrique où elle vivait dans la Guinée de Sékou Touré, ce que l'on faisait de plus radical à l'époque sur le Continent Noir. Elle pensait que les tueurs de Johannesburgh ne viendraient pas la chercher là-bas. Elle n'a ensuite jamais cessé de chanter pour les causes qu'elle estimait juste, de sa voix profonde et puissante. Mais jamais, en dépit de son parcours, elle n'a montré le moindre signe de racisme. Au contraire, elle aimait les gens, vraiment. Qu'elle que soit la couleur de leur peau, elle restait disponible et affable, pour le jeune journaliste, ou le fan transi, comme pour le chef d'Etat. Une très grande dame.  

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