15/11/2008

Gouvernance financière : Vive Sarko

Tous mes fidèles lecteurs le savent, Sarko, je ne suis pas fan. Je l'assassine même dans l'Utopie Urgente. Mais au même titre que j'ai applaudi ses sorties sur la gouvernance mondiale il y a un an, je suis extrêmement content de le voir se poser en champion d'une gouvernance financière planétaire. Sur le détail de ce qu'il faut faire, il reste assez flou, mais à ce stade, au moment de commencer à négocier, c'est normal.

Ce type est comme un ressort, qui se retend en permanence et il est tellement accroc à l'adrénaline, que lorsqu'il a atteint un objectif, si démesuré soit-il, il lui faut immédiatement courir vers le suivant. Ce n'est pas pour rien qu'on le surnomme Nabot Léon. Si toute cette incroyable énergie parvient à faire bouger les lignes et progresser la conscience mondiale, tant en matière financière qu'en matière militaire *, le Petit Nicolas aura bien mérité de l'humanité 

* sur arte, hier soir, un des boss de l'OMS à Genève expliquait qu'il lui semblait absurde de dépenser tant d'argent à se défendre aux frontières contre d'autres êtres humains, alors que les vrais ennemis étaient infiniement petits et cherchaient sans cesse à franchir les frontières de nos corps.

Commentaires

Ce n’est pas parce que Obama a été élu Président des States que les Américains vont s’aplatir devant Sarko et l’UE. Ils continueront à défendre leurs intérêts propres, que ce soit sous un gouvernement républicain ou démocrate. En matière économique, Sarko prend ses désirs pour des réalités, c’est un nabot face au géant US.

Écrit par : Jean-Pierre | 15/11/2008

Vous avez parfaitement raison, Jean-Pierre: seul, Sarko et même la France ne peuvent rien. Même avec deux Français (socialistes libéraux tous les deux) à la tête des deux plus importantes institutions économiques mondiales. C'est d'autant plus évident qu'il est question de mettre en place un système qui réunirait tous les principaux acteurs, pour le moins, et idéalement même, tout le monde... Donc pas question de cavalier seul.
Mais Sarko et la France justement, ne sont pas seuls. L'UE est pour une fois assez unie et de manière démonstrative comme l'ont montré les images du mini-sommet de Nice, avec les Russes et tous les dirigeants de l'UE.
Au-delà de l'UE et des Russes, le reste du monde pousse derrière et appuie la démarche. Restent bien sûr, vous avez raison, les Etats-Unis.
Mais l'analyse que vous faites à partir de là n'est peut-être plus la bonne. Obama a été élu sur une vague, un tsunami de l'opinion publique, qui clamait : "On en a marre d'être les mal-aimés du monde, les méchants de l'histoire". D'autant que pour l'étasunien moyen, les avantages de la chose sont très relatifs.
Je relisais l'autre jour un vieux numéro de Dossiers Publics qui relevait qu'en 1848, un maçon gagnait le quart du salaire d'un dirigeant des postes alors qu'en 1957, il en gagnait la moitié. Depuis 1957, l'écart s'est à nouveau élargi et même à une vitesse hallucinante, puisqu'un dirigeant de la poste gagne aujourd'hui huit fois plus qu'un maçon. Ce phénomène est encore pire aux Etats-Unis et il a été largement dénoncé par plusieurs économistes dont les livres ont cassé la baraque, de New York à L.A. ...
Les classes populaires en sont les victimes et plus encore les classes moyennes, qui structurent l'activité économique et politique et se sentent flouées. Elles ne font pas que le sentir d'ailleurs, elles le sont bel et bien.
Il ne faut pas mésestimer les opinions publiques. Pourquoi croyez-vous que Bush multiplie les appels contre le dirigisme ? Parce qu'il a senti le vent tourner, et qu'il a la trouille.
Obama est pour le multilatérisme, ce qui implique un important volet de contrôle et de partage de ce contrôle. Clairement. Parce qu'il pense que c'est dans l'intérêt du monde, dans l'intérêt des Etats-Unis et dans celui de ses électeurs. Parce que sans cette coordination, la mondialisation va droit dans le mur. A grands coups d'émeutes, de guerres et de révolutions.
Comme l'expliquait Pascal Lamy récemment (qui n'a pas vu que Bush et Mc Cain, durant son voyage aux Etats-Unis cet été...)Obama a compris qu'un filet social plus important facilitait l'acceptation des conséquences négatives bien réelles de la mondialisation. C'est le cas en Europe, alors que le filet social aux Etats-Unis est inférieur à celui du Brésil (pourtant bien mince), rapporté au niveau de vie.
Obama veut améliorer le filet social. Il sait aussi que la poursuite de la mondialisation est nécessaire, car elle présente nettement plus d'avantages que d'inconvénients. Mais encore, que la mondialisation ne peut pas être à l'avantage exclusif ou même simplement principal d'une seule des 200 parties en cause (dont une petite cinquantaine d'acteurs de poids).
Contrairement à Bush, Obama est loin d'être stupide. Il a compris tout cela.
Ce qui ne se fera pas à ce sommet, se fera après le 20 janvier.
Sur ce je vais skier. A Verbier. Pub gratuite pour mon copain Balet. Qui doit se faire bien du souci: Les britanniques viendront-ils cet hiver, malgré la crise ?
Je laisse donc exceptionnellement les commentaires ouverts sans modération jusqu'à ce soir.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/11/2008

Bon ski et bon week-end !

:o)

Écrit par : Blondesen | 15/11/2008

Je profite de l'occasion de l'ouverture des commentaires, pour vous souhaiter également un bon week-end. Et bon ski.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 15/11/2008

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