17/11/2008

Ecologie, documentaires et objectivité

Depuis quelques années, dans la foulée de Michael Moore et de ses copains les Yesmen, le film documentaire de dénonciation écologique fait un tabac. Au cinéma autant qu'en télévision. Le procédé est assez simple, on mélange quelques vraies dénonciations, pas toujours prouvées, avec d'autres carrément bidons et surtout, surtout, on instruit à charge. Rien de plus facile, pour un journaliste de faire de la pure propagande en se parant des apparences de l'objectivité.

Il suffit d'interviewer les bonnes personnes, de les laisser affirmer ce que l'on a envie d'entendre, comme si c'était parole d'évangile, sans preuve ni certification de chiffres, ni rien de ce genre et, pour faire bonne mesure, de présenter un ou deux guignols, ou de vrais méchants, pour défendre la théorie contraire. Ou même quelqu'un de sérieux, mais en ne lui conservant que ses arguments les plus faibles ou les moins pertinents. L'argument massue pour justifier ce genre de pratiques, c'est que les télespectateurs préférent une thèse forte et assumée, à un film ménageant la chèvre et le chou, dont ils ne savent pas trop que penser à l'arrivée.

C'est une fois encore prendre les gens pour des idiots, mais malheureusement, ça marche, même dans les débats, lorsqu'on invite quelques debatters posés et surs d'eux même, face à des débutants ou à des excités. Hier soir, sur TSR2, il y avait un excellent exemple de ce genre de films, consacré à la nourriture, à la crise alimentaire et aux OGM. J'ai rarement vu autant de mauvaise foi dans un travail se prétendant journalistique. En plus ça décrédibilise l'ensemble du propos.

La plupart des observateurs sérieux ont expliqué que la brusque crise alimentaire de ce printemps avait pour cause la spéculation financière. Mais rien de tel dans le film, où l'on ne parle que de la responsabilité des bio-carburants. Alors même que les prix des céréales ont chuté aussi vite qu'ils avaient grimpé et que l'on va avoir une surproduction. On ne parle aussi que des bio-carburants étasuniens à base de maïs, que l'on sait peu performants et pas du tout du jatropha ou de la canne, beaucoup plus efficients.

Les OGM sont systématiquements démollis, le dernier mot étant toujours laissé au contradicteur, avec des arguments... contradictoires. Ainsi ils affirment que les recherches sur les OGM ne s'intéressent pas aux plantes des pays pauvres, parce que non rentables à court terme. Et ils accusent la recherche menée sur les gênes de résistance à la sécheresse (pour faire reverdir le Sahel), d'être inintéressante, car trop longue !

Bref, c'est de la désinformation pure et simple. De la manipulation mentale. Parce que des millions de gens (c'est une copro francophone) n'auront que cette seule source d'information sur la question.

Des tas de gens tout à fait intelligents se font avoir. Dans un blog récent, le par ailleurs excellent Homme Libre parle d'un de ces films et montre la bande annonce. « Nos enfants nous en voudront » dénonce la malbouffe et tous les produits chimiques que l'on ingurgite.

C'est vrai, il y en a beaucoup. Trop. En introduction, on voit les dignes auditeurs d'une assemblée de l'Unesco lever la main s'ils ont eu, parmi leurs proches, des décès liés au cancer, au diabète et autres maladies liées à l'envionnement. Quasiment tous lèvent la main. Sauf que tous ces quadras, quinquas et sexagénaires, s'ils vivaient dans un monde sans produit chimique, comme j'en ai visité au fin fond de la jungle équatorienne, n'auraient pas levé la main. Parce qu'ils seraient tous morts ou mourants. Dans un monde parfaitement bio, ce merveilleux état de nature dont on nous rebat les oreilles, l'espérance de vie des êtres humains est de 35 ans. Et puisqu'on parle d'enfants, la mortalité infantile y est de 50% jusqu'à 2 ans...

Dans le même film, un expert affirme, sans l'once d'une preuve que l'on pourrait nourrir toute la planète en cultivant bio, mais que cela impliquerait un retour à la terre généralisé. C'est beau comme du Giono (et un peu facho, vu que le dernier politique à avoir officiellement prôné ce genre de choses, s'appelait Pétain). Mais cela reste à prouver. Les hindous qui crevaient de faim avant leur révolution verte n'en sont pas forcémment convaincus.

Par ailleurs, si tout le monde redevient paysan, qui va construire les routes et les camions pour acheminer les surplus (quels surplus ???) dans les régions souffrant de famine pour cause de maladie, de sécheresse ou d'innondation ? Parce que j'ai un scoop, les cataclysmes naturels et les virus, ça existait bien avant l'apparition de la première femme sur Terre...

Parenthèse, ça aussi, c'est un scoop: il y a de fortes chances que le permier homme a avoir pu transmettre la mutation génétique qui faisait de lui un être humain ait été... une femme.

Lors d'un Temps Présent que j'ai fait sur les eaux minérales, j'avais interrogé plusieurs chercheurs sur les conséquences à long terme de l'absorption du chlore contenu dans l'eau du robinet et des résidus de produit de vaisselle dans nos assiettes et nos verres. Certes en doses infinitésimales, mais on peut se demander si cela n'a pas un effet sur le cancer par exemple. La réponse est oui, probablement, encore que cela soit très difficile à prouver scientifiquement. Ce qui est en revanche évident, c'est que si l'on ne désinfectait pas l'eau et la vaisselle, nous serions sans cesse victimes des diverses maladies qui ravagent aujourd'hui encore les pays dépourvus d'eau courante. Dont plusieurs sont mortelles à court terme.

Un peu comme lorsqu'on prend de la Méphaquine avant de se rendre en Afrique équatoriale. On sait que c'est mauvais pour la mémoire et pour pas mal d'autres choses aussi... Mais c'est toujours mieux que d'attraper le plaudisme... 

Il faut, c'est évident, contrôler le plus possible la qualité de ce que nous mangeons, buvons, respirons... Réduire les pesticides et le reste, préserver la biodiversité, empêcher les multinationales de breveter du vivant etc... Mais le retour à la nature que certains s'obstinent à réclamer n'est pas une solution très probante. Il y a moyen de faire bouger les choses en douceur. Mais pour cela, il serait bon d'essayer d'informer les gens objectivement. Ou en tout cas honnêtement.

Commentaires

Se poser la question de l'influence des produits chimiques divers et variés sur notre environement, alors que la question semble pertinente mais étonnement peu sujet de recherche c'est bien.

Trouver qu'un reportage sur les OGM à la TV public suisse parait partisant, c'est une opinion défendable.

Mais il est également intéressant de noter que les entreprises chimiques et agro-chimiques dépensent des dizaines à centaines de millions de dollars en campagne de relation publique (1).

Pour ces grandes entreprises, la relation publiques, consistes à faire accepter à la population les vertus de leur produit au besoin en présentant la réalité de façon un peu altérée. Les grands cigarettiers l'ont fait depuis les années 30 aux USA pour vendre leur batonnets de la mort.

Concernant les OGM, le même processus est en place depuis les années 90 : campagne de publicité associant OGM et des valeurs naturelles et positives (2), financement de nombres d'études scientifiques, mais ne laisser publier que celles aux conclusions positives, financement des groupes de lobby, qui verront leurs "experts" encravaté se déplacer volontier dans les émissions télévisées d'informations ou de débat.

Bref, en vue de cette débauche de moyen pour nous persuader que les OGM sont bons pour autre chose que le profit de transnationale agro-chimiques, je pense que la TSR à fait un rééel travail d'intérêt public avec l'émission que vous mentionnez.

Ces phénomènes sont courramment et minutieusement décrit par des intellectuels que l'ont voit peut dans les grands media, comme l'américain Noam Schomsky, qui le fait également sur les campagnes de propagandes que mênent les entreprises pétrollière par rapport au problème de réchauffement climatique.

(1) Euphémisme pour désigner de la propagande
(2) A cet égard, essayer de trouver des pub pour le roundup sur youtube, vous verrez c'est édifiant.

Écrit par : Djinius | 17/11/2008

Il est également juste de noter que "Bio", ne veut pas dire forcément sain. En effet, certaines cultures "Bio" peuvent favoriser la prolifération de moisissures sur les fruits, et l'ingestsion de ces dernières n'est pas idéales.

Par contre, dire que "Dans un monde parfaitement bio, ce merveilleux état de nature dont on nous rebat les oreilles, l'espérance de vie des êtres humains est de 35 ans." est un sophisme pur et simple (ou alors du 2ème degré) car vous sous-entendez que le bio s'appliqerait à d'autres domaine que l'agriculture (la médecine ?) ce qui n'est pas le cas.

Écrit par : Djinius | 17/11/2008

Cher Philippe, vous faites bien de développer cette mise en garde. Il est vrai que l'on peut grossir certains témoignages, certains arguments, et les asséner de façon à faire réagir émtionnellement, sans avoir fait la balance des choses. En l'occurrence je n'ai pas vu le film que je cite dans mon blog de samedi, puisqu'il n'est pas à l'écran ici. Et en effet, devant ce genre de documentaires, il faut garder son sens critique. Je suis sensible à la question de l'alimentation par mon métier, et je vois le nombre d'allergies entre autres qui se sont développées depuis 20 ans. Si un tel film donne envie de manger autrement, c'est déjà une bonne chose.

Sur la question de la balance à faire, je vous rejoins. Toute chose néfaste possède aussi son utilité. La chimiothérapie et la radiothérapie contre le cancer, si elle font des dégâts au corps, ont plus d'avantages que d'inconvénients, et sauvent de plus en plus vies. Les exemples que vous citez sont tout aussi valables.

Pour ma part je ne prône pas un retour à la nature au sens simpliste. Je vois par exemple l'Allemagne qui a renoncé au nucléaire, développer à nouveau les centrales au charbon. Paradoxal! Pour échapper aux risques du nucléaire, on augmente le risque de pollution classique et l'épuisement des ressources. Je suis pour une progression, pas pour une régression. Le nucléaire actuel est sûr en terme de sécurité des centrales, même si la question des déchets n'est pas encore réglée. C'est un vrai problème. Mais tous nous bénéficions du nucléaire, de la recherche qu'il induit, et dont les résultats se retrouvent également en médecine.

Faire la balance est une chose bien délicate. Penser global et non partiel, encore une fois, est une nécessité.

Écrit par : hommelibre | 17/11/2008

C'est pour cela que je nomme la TSR, Télévision Soviétique du Régime.
Et elle le mérite, ce surnom ... on y entend que ce que "certains" veulent que l'on entende ... de la manipulation détestable.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 17/11/2008

S'informer de ce qui se passe véritablement dans le monde et de ce que cela signifie n'est presque pas possible: il y faudrait un temps et une compétence qui dépassent de loin ce que la plupart des gens peuvent et veulent bien investir en dehors de leur travail, de leur famille, du soin de leur santé et des autres nécessités premières, sans parler des distractions, en grande partie noyautées par les intérêts de ceux à qui cela rapporte beaucoup d'empêcher l'accès à une information honnête. La tentation, on pourrait presque dire la nécessité de suivre des mots d'ordre et des slogans, qu'ils proviennent des partis politiques, des organisations religieuses ou civiles diverses (qui ont tous leurs intérêts propres ... pas toujours très propres) est donc grande, d'autant que l'étude, la lecture, ou même le visionnement de documentaires sérieux (mais comment les évaluer) est souvent vu comme l'opposé du plaisir et de la distraction, même "saine".
Votre propre expérience de la vie vous permet de donner des exemples particulièrement frappants, comme celui de la mortalité chez les peuples moins protégés que nous. Je me souviens aussi d'avoir une fois visionné des diapositives avec un anthropologue australien qui visitait régulièrement une région particulièrement isolée de Nouvelle Guinée: il ne se passait pas plus de quelques minutes sans qu'il dise à propos d'une personne, adulte ou enfant, qui figurait sur un cliché qu'elle était morte depuis, et il n'est d'ailleurs pas besoin de prendre des exemples si exotiques).
Il semble bien que chez nombre d'entre nous autres humains le besoin le besoin du Paradis soit tellement puissant que si on renonce à le projeter dans un au-delà hypothétique, la tentation la plus grande soit encore de le situer dans le passé et/ou l'ailleurs.
L'homme s'accommode très difficilement du réel, dont certains ne voient même pas les merveilles (à côté des horreurs) et cela fait le bonheur des marchands d'illusions de toute sorte. Il est bon que certains, comme vous-même, se consacrent à combattre ces illusions, lorsqu'elles empêchent les énormes efforts qui sont à accomplir pour surmonter les grandes difficultés qui s'annoncent à chaque génération.
(Un peu grandiloquent, mais sincère)

Écrit par : Mère | 17/11/2008

Merci Mère, de vos remarques, qui font très plaisir à lire.
Dji, je suis d'accord globalement avec votre premième remarque, même si le boulot des journalistes est à priori de faire de l'information objective. pas de la contre-propagande. En particulier sur le service public ou dans un média grand public censé rester neutre. Or on nage très souvent dans la plus parfaite subjectivité.
Du coup la pertinence de la propagande des multinationales augmente en raison inverse de la fiabilité des médias.
Votre deuxième remarque Dji, est infondée. Je parle d'un monde sans produits chimiques. Pas simplement d'agriculture bio. C'est tout un ensemble. D'ailleurs dans le film, l'un des intervenants disait bien qu'il faudrait que nous redevenions paysans de proximité. Et qui s'occuperait alors de médecine moderne, de fabriquer les médicaments et de désinfecter l'eau ? Comment financerait-on la recherche de pointe ? En vendant des carottes et des petits pois ?
Comme le dit hommelibre, il faut apprendre à penser complexe, et global plutôt que partiel. C'est sans doute l'un des plus importants challenge pour l'être humain en ce début de XXIème siècle

Écrit par : Philippe Souaille | 17/11/2008

"Parenthèse, ça aussi, c'est un scoop: il y a de fortes chances que le permier homme a avoir pu transmettre la mutation génétique qui faisait de lui un être humain ait été... une femme."

Ca ce n'est pas un scoop. Vous n'en savez rien, ni comment. Et dans ce cas les chances sont 50-50.
Et le "premier homme" ou la "première femme", ça ne veut en plus rien dire. Comme s'il n'y avait eu qu'une mutation génétique. Demandez donc à Langaney.

"Par ailleurs, si tout le monde redevient paysan, qui va construire les routes et les camions pour acheminer les surplus (quels surplus ???) dans les régions souffrant de famine pour cause de maladie, de sécheresse ou d'innondation ?"

De toute façon avec la fin du pétrole les rendements agricoles vont s'effondrer. Tracteurs, engrais, pesticides, c'est tout du pétrole. Et qui va construire les routes? En tout cas pas les personnes qui crèveront de faim. Et les routes, c'est aussi du pétrole. Peut-être vous voudrez utiliser les déchets nucléaires? Ce serait intéressant à défaut d'être "bio".

C'est un peu facile de comparer une société industrielle avec le fin fond de la jungle. C'est le cliché du "vous voulez retourner à l'âge des cavernes".

Les OGM c'est de la merde, car elles permettent à certaines multinationales de s'approprier le vivant. Aux USA un propriétaire dont le champ avait été contaminé a été condamné pour détention illégale de produits OGM. Les paysans ainsi ne peuvent plus produire leurs propres semences. Et ils sont obligés de s'endetter. Un moyen supplémentaire pour le Nord de contrôler le Sud et de s'enrichir.

La baisse des prix n'est que conjoncturelle.

Quant à l'énergie nucléaire, elle n'est pas renouvelable. Et les déchets seront présents dans ou sous la biosphère pendant des milliers d'années quand l'historie de l'humanité n'est pas si vieille que ça. Elle est très utile par contre pour maintenir les monopoles de production d'énergie. Grâce aux énergies renouvelable, chaque foyer pourrait être indépendant, ce qui ne fait pas le beurre des dits monopoles et de leurs actionnaires. Chaque famille devrait disposer d'un lopin de terre style jardins familiaux. Les rendements y sont naturellement meilleurs et chacun est libre de s'empoisonner ou non en utilisant ou non des pesticides. Le gaspillage actuel pour servir les caprices des uns et les profits des autres est criminel. Des légumes ou des fruits hors saison sont une hérésie énergétique. Le Sud fournit des biens alimentaires aux pays riches, alors que les termes de l'échange se dégradent pour eux et qu'ils souffrent de carences alimentaires. Comparez donc le prix des bananes et des pommes pour comprendre.

Écrit par : Johann | 17/11/2008

Je suis une fois de plus totalement, complètement et radicalement à l'opposé de vos opinions de technoscientiste qui essaie de nous expliquer, de manière à peine caricaturale, que refuser les OGM et l'agriculture hyper-productiviste qui ruine les sols, les hommes et la planète c'est prôner un "retour à la nature", où on vivrait dans la jungle en crevant à 35 ans.

Merde, putain. Le monde est dominé et écrasé par un productivisme fou qui écrase TOUT sur son passage. L'agriculture hyper-intensive, avec ses engrais chimiques et ses méthodes d'exploitation complètement basées sur le pétrole et la chimie, est une folie qui nous mène à notre perte!

Et on devrait s'abstenir de se battre contre cette folie et ce système économique meurtrier qui se trouve incapable de nourrir la planète (près d'un milliard de personnes souffrent de la faim!!! rendez-vous compte!! UN MILLIARD!!)

Oui, je refuse obstinément et en bloc les OGM, le nucléaire, le pétrole, le charbon et l'agriculture productiviste. OUI, il nous faut plus de paysans de proximité! Et non, cela ne veut pas dire qu'on abandonne TOUS les autres métiers pour travailler la terre (quelle caricature!).

Mais si on fait le total de tous les métiers parfaitement inutiles et/ou nuisibles, alors oui, il y aura des bras pour cultiver la terre. Réquisitionnez tous les soldats de l'inutile armée suisse (sauf ceux engagés dans les catastrophes naturelles), et vous avez déjà un bon bataillon de paysans qui pourrait défricher des potagers bio. Rajoutez-y tous ces milliers de traders/managers qui brassent du vent et vendent des produits dérivés de courant d'air à longueur de journée, et mettez-les à semer/récolter des carottes et vous aurez largement assez pour nourrir notre bon pays.

Aujourd'hui on préfère construire des parkings pour héberger des bagnoles et des tours pour mettre des bureaux et des entreprises d'"Asset Management" et de "Financial Consulting", moi je fais le pari qu'un autre monde est non seulement possible mais surtout nécessaire!

Vous avez vu le bout du film où ils montrent comment notre bétail engloutit le soja cultivé au dépends des paysans du sud, tout cela pour nourrir notre soif malsaine de bidoche?

Sur la question des prix alimentaires et des biocarburants, vous mentez éhontément. Le FMI et la BANQUE MONDIALE (merde, si j'avais su que je les citerais) sont formels, les biocarburants sont les principaux responsables de la flambée des prix alimentaires :

http://www.lepoint.fr/actualites-economie/le-fmi-est-formel-les-biocarburants-ont-fait-flamber-de-70-le/916/0/244211

http://www.forumdesalternatives.org/FR/readarticle.php?article_id=5070

Arrêtez de dire n'importe quoi Philippe Souaille. Parlez-nous de ce que vous voulez, mais par pitié arrêtez de nous parler d'écologie et d'alimentation. Parce qu'aujourd'hui des gens crèvent la gueule ouverte À CAUSE de l'idéologie du marché fou et de la technoscience qui est la votre. Prenez vos responsabilités : vous avez tort, taisez-vous.

Écrit par : Sandro Minimo | 17/11/2008

Sandro et Johann, vous êtes amusants les duettistes. Eh bien Sandro, voilà un scoop de plus: il arrive au No 2 du FMI, cité dans l'article que vous mentionnez et qui date du mois de mai, de dire de grosses bêtises. Sinon, comment expliquer que dans les semaines qui ont suivi, les cours des céréales aient baissé dans de très notables proportions, alors que la production de bio-carburant n'a pas baissé, au contraire ?
Par ailleurs cessez de parler de ce que vous ne connaissez pas, la faim en Afrique et ailleurs et discutez avec des agronomes - même de gauche et écolos - et voyez s'ils sont tous du même avis que vous pour ce qui est de nourrir convenablement la planète sans OGM du tout... Sans compter que le chiffre de 1 milliard de personnes qui ont faim est très contestable. Il serait plus correct de dire qu'ils manquent de tout. Mais dans la grande majorité des cas, ce sont des paysans, et sauf en cas de sécheresse absolue, la seule chose dont disposent des paysans, c'est précisément d'un peu de nourriture. Celle qu'ils cultivent. Maintenant que cela manque de protéine, que leur eau soit contaminée, qu'ils manquent de médicaments et de moustiquaires etc... c'est on ne peut plus vrai. Mais la solution n'est précisément pas dans de la culture bio de proximité. Et pas non plus dans le fait de leur balancer nos surplus agricoles. Mieux vaut encore pour eux qu'on en fasse du bio-carburant, ce qui permettra effectivement. sur le long terme de soutenir les prix et donc de revaloriser ce qu'ils produisent... au lieu de leur balancer précisément nos surplus à perte, ce qui déstabilise complètement leur économie.
Je n'ai jamais dit que les fabricants d'OGM étaient des gentils et qu'il ne fallait pas se battre contre les abus, économiques, écologiques ou politiques du système, j'ai dit qu'il fallait le faire en restant honnête et avec de vrais arguments. Nuance. Surtout pas en balançant des chiffres comme "1 milliard de personnes ont faim" qui ne reposent que sur des extrapolations que les experts qui les émettent reconnaissent eux-mêmes en privé être bidons, mais les émettre tout de même parce que c'est le meilleur moyen de secouer l'opinion. Je ne suis pas d'accord et je continuerai de le dire et de l'écrire.
Au même titre que je dénonce les scandales aussi lorsqu'ils viennent de l'économie.
Ah et puis Johann, vous devriez me relire plus attentivement. Il m'arrive parfois d'ironiser. Evidemment que je ne sais pas s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. Et figurez vous que cela fait plus de 20 ans que j'ai des discussions enflammées au sujet de la génétique avec ce cher et brillantissime Langaney. N'empêche qu'à moins de miracles, et je n'y crois pas vraiment, la même mutation a eu extrêmement peu de chances de se produire chez plusieurs individus en même temps. Donc même si l'évolution c'est faite en douceur et qu'il y a plusieurs chaînons qui nous relient aux singes, quelque part, tous les humains de cette planète ont très probablement un ancêtre commun. Qui a du pratiquer l'endogamie, voire la consanguinité au sein de sa communauté pour asseoir la présence de ces gênes mutants chez sa descendance.
Etait-ce un mâle, qui a honoré de nombreuses femelles ? Ou une femelle dotée d'une nombreuse descendance ? C'est effectivement 50 - 50 . 50 % pour moi c'est de fortes chances, surtout lorsqu'on considère que l'ensemble des croyances actuellement dominantes dans le monde affirment qu'il s'agissait d'un homme.
Ah, j'oubliais Sandro, vous dites une grosse, une énorme bêtise, qui ne se comprend que parce que vous êtes jeune. Les gens ne crêvent pas de faim à cause des multinationales ou du système économique, ça c'est du niveau de l'ogre pour faire peur aux petits enfants de Tonton Ziegler. (Qui aime bien Blocher à priori, entre amateurs d'autoritarisme, d'extrême droite ou d'extrême gauche, on se comprend...)
Quand j'étais enfant ou ado, il y avait des famines partout, dans le tiers-monde, sans arrêt. C'est la révolution technologique agricole qui a permis d'y mettre fin.
En Afrique la situation des petits paysans ne s'est pas sensiblement aggravée, c'est faux. Elle a parfois un peu régressé depuis la fin de la colonisation, mais en échange, il n'y a plus de travail forcé. Le vrai problème, c'est justement que leur situation reste en gros celle qu'elle était il y a 3, 4 ou même 15 siècles... Avec juste un niveau de santé qui s'est nettement amélioré, et des télés, dans les villes d'à côté qui ont l'électricité, sur laquelle on peut voir notre opulence à longueur d'images.
Forcément, ça fait rêver. Ceux qui veulent venir ici, prêts à mourir en mer, ce sont très rarement des jeunes des villes (je le sais, j'ai fait un film en interrogeant des mômes à la campagne et en ville sur la question) ce sont surtout ces jeunes paysans de proximité qui en ont ras le bol de l'agriculture non mécanisée et on ne peut plus bio... Ils l'ont, ils n'en veulent plus. C'est trop dur. Plutôt mourir, disent-ils... et c'est tellement vrai qu'ils joignent le geste à la parole.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/11/2008

Les causes de la famine sont surtout de nature politique et son lot de corruption et le refus de la modernité de l'autarcie et du socialisme.Le Zimbabwé,la Corée du nord et l'argentine de Kirchner sont les modèles de l'échec économique.A se demander si c'est pas voulu de nous montrer ce qu'il ne faut surtout pas faire.

Quand aux OGM,je m'en remet aux professeur et agronome,l'indien MS Swaminathan et l'Américain et semencier Norman Borlaug,pères à eux deux de la révolution verte et de la sortie de la famine de masse en inde,grâce à des procédés technologique de semance hybrides.Swaminathan estime que les anti-OGM en occident est surtout de nature égoïste,car là bas il ne sont pas necessaires alors qu'en Inde,l'agriculture est une question de survie.Swaminathan est un homme de terrain,conseil et initie aux agriculteurs les nouveaux procédés technologique en matière d'OGM.

Voilà quelqu'un qui n'est pas idéologue,un bienfaiteur de l'humanité qui à sauvés des millons de personnes victimes de la faim dû à des politiques socialistes en matière d'agriculture.C'est le productivisme qui donnent à mangé à tout le monde est non son contraire.

Choisir entre un José Bové est ses méthode de délinquant et un Swaminathan qui crée et aide les pauvres en les apprenants à pêcher plutôt qu'à leurs donner du poissons,mon choix est vite fait.C'est ce dernier.

D.J

Écrit par : D.J | 18/11/2008

"Et figurez vous que cela fait plus de 20 ans que j'ai des discussions enflammées au sujet de la génétique avec ce cher et brillantissime Langaney. N'empêche qu'à moins de miracles, et je n'y crois pas vraiment, la même mutation a eu extrêmement peu de chances de se produire chez plusieurs individus en même temps. Donc même si l'évolution c'est faite en douceur et qu'il y a plusieurs chaînons qui nous relient aux singes, quelque part, tous les humains de cette planète ont très probablement un ancêtre commun. Qui a du pratiquer l'endogamie, voire la consanguinité au sein de sa communauté pour asseoir la présence de ces gênes mutants chez sa descendance.
Etait-ce un mâle, qui a honoré de nombreuses femelles ? Ou une femelle dotée d'une nombreuse descendance ? C'est effectivement 50 - 50 . 50 % pour moi c'est de fortes chances, surtout lorsqu'on considère que l'ensemble des croyances actuellement dominantes dans le monde affirment qu'il s'agissait d'un homme."

Oulala! Quelle vision, disons... simplifiée de l'évolution! Des restes de catéchisme? Un individu (mâle ou femelle) fondateur?
Si en 20 de discussions avec Langaney vous en êtes là...

Un ancêtre commun? Pratiquer l'endogamie? Pour asseoir la présence de ces gênes mutants? Transmettez donc votre prose à Langaney et voyons quelle note il vous donne, voulez-vous bien?

Ah, et que vient faire "l'ensemble des croyances" dans un débat qui devrait être scientifique?

Plutôt que d'inventer des théories idiotes, il vaudrait mieux s'en tenir à la génétique des populations.

"Quand j'étais enfant ou ado, il y avait des famines partout, dans le tiers-monde, sans arrêt. C'est la révolution technologique agricole qui a permis d'y mettre fin."

= le pétrole.

Et ça ne répond à ça:

"De toute façon avec la fin du pétrole les rendements agricoles vont s'effondrer. Tracteurs, engrais, pesticides, c'est tout du pétrole."

La révolution verte s'est faite à base de pétrole. Pour faire pousser les OGM il faut plus que jamais du pétrole (il faut des hauts rendements pour rembourser le prix des semences OGM et de la recherche). De plus ce sont des plantes clonées. (Adieu la biodiversité!) Et n'importe quel biologiste sait ce qui se passe quand on est en présence de clones sur des milliers d'hectares. Tôt ou tard il y a une maladie qui va tout dévaster.

Les OGM vont tôt ou tard péter à la gueule des agriculteurs. Exactement selon le même principe que pour les crédits pourris. C'est juste pour permettre à une minorité de se faire un maximum de blé en un minimum de temps.

Écrit par : Johann | 20/11/2008

Johann, vous me fatiguez là. Cela vous arrive-t-il de réfléchir autrement qu'avec des à-priori idéologiques ? Ce n'est pas parce que quelque chose ressemble à la bible que c'est forcément faux ! En l'occurrence même dans le bible, il y a des trucs apparemment farfelus qui ont un fond de vérité. Par exemple les eaux de la Mer Rouge qui se retirent et engloutissent l'armée de Pharaon, il y a bien des chances que ce soit la mémoire du tsunami causée par l'explosion du Volcan de Thya Santorin. En 1600 avant JC, il détruisit la civilisation crêtoise (jusq'à 100 mètres de haut !) et dévasta les côtes égyptiennes.
Pourriez-vous m'expliquer scientifiquement comment la même mutation pourrait se produire chez plusieurs individus en même temps ? A part un dessein intelligent, auquel personnellement je ne crois pas (et je croyais que vous non plus ?), je ne vois pas comment ce serait possible.
Je parle d'une vraie mutation, qui rend le mutant incompatible sexuellement avec ses cousins. Langaney ne dit d'ailleurs pas autre chose lorsqu'il situe le foyer originel de l'humain moderne au Moyen orient en précisant que tous les gênes humains du monde y étaient présents, il y a quelque chose comme 120 000 ans...
Et pour ce qui est de votre délire sur le pétrole, les engrais sont à base de phosphates, pas de pétrole. Les pesticides n'en sont pas non plus à ma connaissance. Même les tracteurs peuvent marcher avec des énergies alternatives.
Vos propos transpirent la haine, sans cesse, et franchement je me demande pourquoi je vous tolère. Parce qu'en plus, cette haine obscurcit votre jugement.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/11/2008

L'ennui avec André Langaney, que je lisais avec plaisir lorsqu'il collaborait à Charlie Hebdo, c'est que sa haine de l'Amérique est telle qu'il a toujours vu rouge dès que le nom de Darwin était mentionné, attitude un peu caricaturale. Je me demande aussi, après avoir lu sa dénonciation de pouvoir dictatorial de Philippe Val, pourquoi son blog est toujours fermé aux commentaires et aux questions, ce qui ne me paraît pas non plus très démocratique. J'ajoute, pour dissiper tout malentendu possible, que je ne lis plus Charlie Hebdo depuis pas mal de temps, que je ne connais pas Philippe Val autrement que par sa présence publique et que j'ai été très navré du sort réservé à Siné.
P.S. J'ajoute, pour être tout à fait honnête, que j'ai toujours gardé un mauvais souvenir ce qui m'a paru de sa part un mépris élitiste en réponse à des questions portant sur le statut administratif d'un de ses cours (valeur de certificats, etc.) posés par des étudiants, dont j'étais.

Écrit par : Mère | 21/11/2008

Les commentaires se corsent. De vieilles amitiés ou tolérances vont-elles s'effondrer sous les assauts de la dure réalité? N'oubliez pas de lire les prochains épisodes.

Écrit par : Mère | 21/11/2008

Addendum à mon commentaire sur André Langaney: je n'entends évidemment pas que Darwin soit américain. J'aurais pu dire "qu'il a toujours vu rouge dès que le nom de l'anglais Darwin était mentionné". Merci

Écrit par : Mère | 21/11/2008

Mère, je n'ai absolument rien contre André Langaney, qui est un vulgarisateur de génie et un chercheur émérite. Qui peut se tromper, comme tout un chacun, dont vous et moi, mais que j'ai toujours connu comme scientifique et c'est il y a fort peu de temps que j'ai découvert son passé chez Charlie Hebdo. Qui ne fait qu'ajouter une corde à son arc, déjà bien pourvu. Qu'il puisse avoir parfois la grosse tête du mandarin qu'il est (voire certaines attitudes de primate mâle dominant son harem d'assistantes femelles) ne m'étonne pas vraiment. Cela n'enlève pas grand chose au reste de son oeuvre.
Lorsqu'il dit que les races n'existent pas, par exemple, c'est vrai en termes de classification des espèces, puisque tous les humains, comme tous les chiens sont interfécondables. Mais si vous dites ça à mon fils métis, il vous rira au nez. Parce que cela fait 14 ans qu'on lui fait entir qu'il n'est ni complètement blanc, ni complètement noir. Il réunit d'ailleurs le meilleur de chaque côté, mais c'est une opinion personnelle.
Le problème n'est pas la classification scientifique des espèces, en l'occurrence, mais l'existence de caractères spécifiques visibles par tout un chacun, d'origine génétique, qui fondent la notion de race dans l'imaginaire collectif. Nier le phénomène n'est peut-être pas la meilleur façon de la combattre et là, Langaney est peut-être un peu dictatorial (Ce qui infirme ce que je disais plus haut) Il préfère tenter d'imposer un ukase plutôt que de convaincre.
Cela dit, il n'a pas forcément tort, et le reste de sa pensée et de ses travaux (ou de ceux ses amis), l'absence de liens entre eux des caractères génétiques fondant ce que le vulgate appelle la race par exemple, ou la rapidité (10 à 20 000 ans) de modification de caractères tels que le taux de mélanine en fonction de l'ensoleillement, voilà des apports tout à fait méritoires au savoir humain.

J'ai en revanche un vrai problème avec Johann, que je ne connais que par internet et qui semble faire partie de ces gens qui ne réfléchissent pas pour construire mais pour détruire.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/11/2008

Je prends votre dernière intervention comme une sorte de réponse; elle me rassure un peu, car j'avais peur que mes souvenirs personnels influencent trop mon appréciation. Cette appréciation ne porte d'ailleurs pas sur les idées scientifiques d'André Langaney, comme vous avez pu le constater, et le fait qu'il collabore avec Jean Clottes me rassure quant aux limites de son anglophobie. J'ai rencontré ce dernieri lors d'un congrès sur la Préhistoire et, comme collègues profs d'anglais, ce qu'il avait été et que j'étais encore, nous avons bavardé de manière fort agréable. C'est de cette époque (et peut-être même d'une intervention d'une chercheuse australienne sur le chamanisme) que date peut-être sa passion pour cet aspect explicatif de nombreuses manifestations de l'art pariétal, un type de référence qui était plutôt mal vu à l'époque et qui, à tort ou à raison, se révèle évidemment fort féconde, ne serait-ce que du point de vue des hypothèses avancées, comme toute hypothèse non vérifiable d'ailleurs.
Permettez-moi maintenant d'intervenir, pour être plus constructif peut-être, dans le débat entre "techno-scientistes" et "bio-luddites" (pardonnez les néologismes abusifs et réducteurs), tout en procédant à des simplifications qui vont certainement me retomber su rla tête. Si je lis bien Philippe Souaille, il met son espoir (j'ai lu le mot "utopie") dans les progrès des sciences et des techniques, qui nous ont mené à l'état actuel de notre civilisation, avec ses maux mais aussi d'énormes avantages. Ayant été dans ma jeunesse (bien éloingnée, hélas) un fervent lecteur de Science fiction, avant tout américaine, j'en retire l'expérience qu'il faut environs 50 ans pour que certaines des extrapolations de ses auteurs trouvent leur place dans la pensée scientifique dite sérieuse et d'autres encore une première application pratique. Cela a été le cas notamment pour les satellites artificiels postulés par le grand Arthur C. Clarke, et un recensement permettrait de donner un très grand nombre d'autres exemples. L'ascenseur spatial cité par Philippe Souaille fait très probablement partie de ceux-la, mais je n'en suis pas certaine. Algis Budrys avait décrit, par contre, dans "Le Monde vert" ou "Hothouse", d'une manière très fantaisiste il est vrai, une une prolifération telle des plantes à cause du réchauffement planétaire du à l'effet de serre que la végétation terrestre touchait la Lune et créait un monde végétal peuplé de créatures fort divertissantes. Ce n'est qu'avec la fabrication des premiers nanotubes de carbone que la possibilité de fabriquer le fameux ruban assez solide pour transporter les ascenseurs de l'espace est apparue comme une réalité prochaine et chaque années celle-ci semble se rapprocher. Certains amateurs de documentaires auront aussi vu qu'une société a été crée dans le but plus ou moins lointain d'extraire et d'importer de la lune de manière rentable de l'hélium qui permettrait de faire fonctionner des réacteurs à fusion. Pour aller plus loin, des lecteurs du futurologue américain Raymond Kurzweil ont déjà eu des aperçus sur un monde futur où le pouvoir de l'homme devient, grâce à ses prothèses (au sens général) informatisées presque infini, pas qui est quasiment franchi dans les derniers chapitres de "Beyond Humanity - Cyberevolution and Future Minds" dont l'un des auteurs (fait piquant mais phénomène qui n'est pas unique dans ces domaines) est Gregory S. Paul, un des grands noms de l'histoire et de l'anatomie des dinosaures.
Laissons cela et revenons sur Terre avec ceux qui pensent qu'on ne peut pas attendre le salut des sciences et des technologies, du l'espace ou d'un futur de science fiction, ou bien alors de manière très modeste. Il s'agirait plutôt alors de défaire d'une manière aussi naturelle que possible les maux que nos crimes contre la nature ont engendrés, en tant qu'individus bien sûr, mais surtout en tant que groupements divers, économiques, financiers et politiques, obsédés par le rendement immédiat et les pouvoirs de toutes sortes. Ceux-là rappellent que chaque année la date à laquelle nous avons déjà épuisé les ressources courantes de la Terre sans puiser dans son stock non-renouvelable se rapproche et qu'elle est actuellement située vers fin septembre; que pour assurer à tous les habitants de la Terre un niveau de vie (non pas d'un point de vue philosophique, mais de celui de la consommation) semblable à celui des Américains, nous devrions limiter la population mondiale à 200 millions ou pouvoir compter sur les ressources de 11 planètes semblables à la nôtre; et la situation ne fait qu'empirer, du point de vue des ressources, des catastrophes naturelles à prévoir, des mouvements de population qu'elles entraînent et des victimes qu'elles vont laisser sur place. De ce point de vue une révolution presque totale dans notre mode de fonctionnement est nécessaire, Graduelle, elle va vers une diminution de notre consommation et un changement profond dans nos modes de production qui ne sont guère possible sans un bouleversement quasi révolutionnaire de notre conception de la vie.
Sauf quelques Luddites illuminés d'un nouveau genre, les petits remèdes individuels ne vont évidemment pas suffire, ne serait-ce que parce que le temps risque de manques. A moins d'une diminution violente, car rapide, de la population mondiale, donc de guerres ou de catastrophes naturelles à grande échelle, nous n'aurons pas chacun notre jardin pour vivre en autarcie et mettre à genoux les grands distributeurs, et d'ailleurs les mêmes qui ont changé le monde pour le rendre tel qu'il est se remettraient au travail, faisant des provisions, établissant des marchés, créant ou développant de nouvelles technologies.
La fuite en avant dans un monde de technologies avancées diverses résoudra. quant à elle. en partie le problème. Mais fussions-nous capable de nous mettre d'accord au niveau mondial sur les remèdes adéquats et la manière de les mettre en oeuvre, qu'il s'agisse des stations orbitales qui concentrent l'énergie solaire et la renvoient sur terre (autre idée de l'âge d'or de la SF), de l'ensemencement des mers au moyen de diverses substances pour augmenter l'effet piège à carbone du plancton, d'usines de désalinisation toujours meilleur marché et efficaces ou de toutes autres technologies, je doute qu'elles puissent se mettre en place assez vite et efficacement sans que de grandes désordres et de grandes catastrophes humaines les précèdent. Comme les révolutions politiques ne font généralement que paver le chemin vers des dictatures, nous ne pouvons compter. à mon sens, que sur des progrès scientifiques et techniques, ainsi que sur des réformes institutionnelles qui minimisent les violences que les hommes se font entre eux. Les oppositions de principe extrêmes me semblent peu fécondes de ce point de vue et risquent d'obscurcir notre capacité d'envisager notre avenir commun de la manière la moins catastrophique possible.

Écrit par : Mère | 21/11/2008

Mère, je suis scotché. Nous sommes vraiment sur la même longueur d'ondes.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/11/2008

"ainsi que sur des réformes institutionnelles qui minimisent les violences que les hommes se font entre eux."
Curieux que vous puissiez énoncer cela. La récente affaire hannibal khadafi devrait au moins avoir eu l'avantage de dévoiler au monde la sincérité des bonnes intentions des Musulmans, dont le père disait il y a quelques années, lors de l'Aïd el Fitr à Tim Bukthu, qu'ils domineraient l'Europe dans une vingtaine d'années, sans coup férir ( mais par les femmes...).
Nous n'avons aucune chance de voir les utopies onusiennes de 1945 aboutir à autre chose que l'éternelle chienlit...

Écrit par : Géo | 21/11/2008

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