21/11/2008

La Colombie fait le ménage

La semaine prochaine le Ministre Colombien du commerce, Luis Guillermo Plata, est en Suisse pour signer l'accod de libre-échange conclu avec les pays de l'AELE dont fait partie la Suisse.  L'occasion de faire le point sur l'actualité de ce pays, encore en convalescence.

Arrêté il y a peu, le principal trafiquant d'armes à destination des FARC vient d'être condamné aux Etats-Unis. Monzer el-Kassar, résident espagnol de 62 ans, surnommé "Le Prince de Marbella" pour le train de vie qu'il menait dans la cîté andalouse est considéré comme l'un des plus gros trafiquants du monde. Il a vendu des armes au FPLP, en Bosnie, en Irak, en Iran, en Somalie et au Nicaragua. Les services étasuniens ont fini par lui mettre la main dessus, ainsi que son co-accusé, espagnol de 59 ans, Luis Felipe Moreno Godoy. Leurs ventes d'armes aux FARC se chiffrent en millions de dollars.

El-Kassar a tenté de se faire passer pour un informateur des services de renseignement espagnols, mais ceux-ci ont démenti et livré aux Etats Unis toutes sortes de renseignements sur ses activités, suite aux perquisitions menées à son officine de Marbella.

Dans le même temps Le Président Urribe a créé une commisison permanente qui réunira chaque semaine à Bogotà les plus hauts responsables des forces de sécurité et leurs ministres de tuelles, avec les représentants de l'ONU et des principales misisons diplomatiques pour examiner la situation des droits de l'homme et cadrer l'action des forces de l'ordre. Cela fait suite à l'inculpation de plusieurs généraux, le mois dernier, parce qu'une poignée d'hommes sous leurs ordres tuaient de pauvres hères en les faisant passer pour des combattants, dans l'espoir d'obtenir des permissions.

Le Chef de l'Etat Colombien a tenu à rappeler à cette occasion que les forces de sécurité constituent l'ultime rempart de la démocratie contre la violence et qu'elles se doivent d'être irréprhcables. Il a précisé que les consignes des forces de sécurité n'ont jamais été d'abattre des guérilleros mais au contraire d'obtenir leur reddition à chaque fois que c'était possible. Que la pression mise sur les maquis des FARC était conçue dans ce but et non pour tuer aveuglément.

Sur les quelques  9000 combattants des FARC ayant cessé le combat ces dernières années, les deux tiers ont été faits prisonniers indemnes ou ont désertés, 2000 ont été capturés blessés et à peine plus de 1000 ont été tués, soit un huitième des forces mises hors de combat, en dépit de combats souvent très violents.

La Colombie fait également face à l'effondrement de plusieurs structures de prêts pyramidaux, bâtis sur le modèle du jeu de l'avion. L'escroquerie, classique, consiste à proposer des rendements hallucinants aux investisseurs (entre 150 et 300 % annuels en Colombie !) qui sont servis... grâce aux apports de nouveaux clients. Aucun argent n'est investi réellement, il est juste redistribué, tant qu'il y en a de l'argent frais qui afflue. Un peu comme ce que fait Washington, mais sans la caution de l'Etat. En période de crise, la chute est assurée. Des centaines de milliers de colombiens y ont laissé leurs économies.

Le Gouvernement a également fermé une autre de ces structures, qui remboursait les achats de ses clients selon un système de tontine assez opaque, susceptible de dissimuler du blanchiment d'argent à grande échelle. Le problème est que cet organisme n'était pas en faillite et continuait de fonctionner à la satisfaction de ses clients, qui descendent aujourd'hui dans la rue pour protester contre le blocage de leur argent.   

 

 

 

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