19/11/2008

Le Roi et l'ONU

J'aime bien les socialistes espagnols. Ils sont pragmatiques et intelligents, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Leur politique en Amérique Latine et au Moyen-Orient est discrète et efficace. Il faut dire que Miguel-Angel Moratinos, leur Ministre des affaires Etrangères, est un homme remarquable. Et j'aime bien aussi Juan Carlos, le roi d'Espagne, bien que les Souverains ne soient en général pas ma tasse de thé. Ce type s'est quand même offert deux fois à son pays comme rempart contre le fascisme des disciples de Franco. Une fois en risquant sa fonction, la deuxième sa vie. Chapeau bas.

Le Roi et les socialistes viennent donc d'offrir à Genève et à l'ONU une fresque spectaculaire, qui symbolise la diversité du monde et le besoin de travailler ensemble, dans le respect de cette diversité. Vision perçante et oh combien d'actualité. 

La droite espagnole, le PPE, qui depuis Pepe Aznar, s'ingénie à se faire passer pour la plus bête du monde,  s'est fâchée. L'oeuvre a coûté plus de 30 millions dont dont 60% payés par des donateurs privés, et un demi-million prélevé sur le fond destiné à la coopération et au fonctionnement des organisations internationales. De là à prétendre, comme le fait le PPE, que c'est de l'argent qui était destiné aux pauvres, il y a une énorme marge. L'Espagne apporte son écôt au financment des Organisations Internationales, aussi bien aux bâtiments qu'à l'entretien des personnels. C'est sur ce fond que le demi-million a été prélevé.

Aurait-il été plus utile aux pauvres en étant saupoudré en Afrique ou ailleurs ? Pas sûr. C'est un symbole et le monde a besoin de symboles. Pour convaincre et stimuler l'imagination des peuples. Les oeuvres d'art sont souvent ce qui reste, et même les pauvres en sont conscients. Mais le symbole ne prend toute sa valeur que lorsqu'il est reconnu et compris.

Le Monde abesoin d'unité dans la diversité. C'est ce que signifie cette fresque, c'était le désir de Juan Carlos de le rappeler. Il faut maintenant continuer à faire passer le message


 

Commentaires

Le fascisme de Franco = franquisme seul mouvement véritable de droite.

La monarchie a du bon ... dites donc.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 19/11/2008

"J'aime bien les socialistes espagnols. Ils sont pragmatiques et intelligents, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. "
Je n'ai pas l'impression que vous ayiez la moindre connaissance de la réalité espagnole. Entre autres, du fait que les services secrets étaient au courant de l'attentat de Madrid, mais copains comme cochons de Felipe Gonzalez, ils ont sciemment trompé Aznar. (Evidemment, avec les escadrons de la mort anti-ETA, couverts par Gontalez, politique que je ne critique pas, mais qui a son prix, non ?).
Tous mes amis espagnols prétendent que leurs socialistes sont tout sauf pragmatiques et très stupides. Faites-en ce que vous voulez.

Écrit par : Géo | 19/11/2008

Eh bien, nous n'avons pas les mêmes copains espagnols. Cette idée de manip consciente des services espagnols qui auraient trompé Aznar après l'attentat ne tient absolument pas debout. Même dans l'esprit pervers d'un responsable du renseignement, cela aurait impliqué bien trop de facteurs aléatoires et de ricochets pour fonctionner. Et puis les commandos anti-ETA, c'étaient des Gardes Civils. Quant à Felipe Gonzalez, il était bien trop discrédité pour jouer un rôle dans l'élection de Zapatero, si ce n'est de s'effacer, au profit de la nouvelle équipe qui a vraiment fait le choix de la modernité.
Je suis l'actualité politique espagnole d'assez près pour savoir que mes amis de centre gauche ou de centre droite, bref la majorité active de ce pays dynamique, sont très sensibles à la personnalité de Gallardòn, le maire de Madrid, l'étoile montante du PPE, mais que celui-ci se fait systématiquement barrer par les instances très conservatrices et post-franquistes de son parti, comme la Aguirre, gouverneure de la Région Madrid.
Si les socialistes sont critiqués (encore que l'effondrement de la bulle immobilière, par exemple, ils n'y soient pour rien), leur politique étrangère est un parcours sans faute. Dans le visible comme dans l'ombre.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/11/2008

Victor, si le franquisme c'est la droite, alors incontestablement, je ne suis pas de droite. Même s'il y eut des exactions et des massacres de part et d'autre (les chiffres montrent cependant assez clairement deux fois plus de victimes républicaines que nationalistes) ce sont tout de même les nationalistes qui ont commencé, en tentant de renverser par les armes un gouvernement démocratiquement élu. On ne peut pas se référer sans cesse aux décisions du peuple comme le fait l'UDC, votre parti en Suisse, et applaudir aux coups d'Etat contre ce même peuple en Espagne.

Comme vous aimez bien les chiffres historiques, voici, amicalement, ceux de Wikipedia sur le conflit. Avec une pensée émue à Simone Veil, philosophe juive française, baptisée chrétienne sur son lit de mort, anarcho-syndicaliste et pacifiste qui fit partie de la colonne Durrutti, la formation anar qui fit échouer le coup d'Etat en 36 et sauva Madrid. Elle s'est battue, mais n'a jamais tué personne et s'est personnellement opposée à l'exécution d'un prélat espagnol à qui ce jour là, elle sauva la vie. Franco, lui, permis l'exécution de 30 000 à 200 000 prisonniers politiques APRES la guerre.

"Victimes

Le chiffre des victimes reste difficile à quantifier. Les sources manquent parfois, soit qu'elles n'aient pas été constituées, soient qu'elles aient disparu. Quand elles existent, elles sont souvent manipulées ou accusées de l'être, et font donc encore parfois l'objet de controverse. Dans les deux camps, on a pu parler d'un million de morts (chiffre énorme pour un pays de 26 millions d'habitants), mais ce chiffre est largement considéré comme exagéré. Actuellement, les estimations les plus sérieuses varient entre 380 000 et 451 000 morts des conséquences directes de la guerre.

Les chiffres suivants sont donc des estimations à prendre avec précautions :

* 100 000 à 285 000 soldats morts au combat (pertes militaires directes)
* 10 000 à 150 000 civils morts des bombardements
* 40 000 à 200 000 exécutions en zone nationaliste
* 20 000 à 86 000 exécutions en zone républicaine
* 30 000 à 200 000 exécutions par le gouvernement franquiste entre 1939 et 1943

La seule bataille de l'Èbre aurait fait près de 60 000 victimes.

Il faut ajouter à ces chiffres la surmortalité due à la famine ou aux épidémies mais le chiffre de ces victimes (estimé à 330 000) reste difficile à établir."

Écrit par : Philippe Souaille | 20/11/2008

Quelle période tourmentée...on se demande après coup pourquoi on a tiré le 9 novembre 1932, à Genève ?

Mais quel était donc le contexte local, national et international ?
Pascal Holenweg devrait prendre quelques cours d'histoire...visiblement.

Bien à vous,

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 20/11/2008

Si je ne vous ai pas convaincu avec les escadrons de la mort socialistes, voyez un peu l'échec total de Zapatero dans ses négociations avec l'ETA, contre l'avis du peuple espagnol unanime. Il y a à côté de cela toutes sortes de mesures économiques populistes, qui participent de la basse cuisine politicienne. Mais cela ne m'étonne pas qu'un Radical soutienne et coure derrière ses amis socialistes !
Allié objectif de Blocher, cela s'appelle. Blocher, qui ne sait faire qu'une chose, comme le Pen en France: ridiculiser toutes les idées de droite.

Écrit par : Géo | 20/11/2008

Géo, le peuple espagnol (andalou, castillan, catalan ???) était unanime après l'échec des négociations, pour condamner la ETA. Mais quelques mois auparavant, quand la trêve avait été annoncée, nous avions été fêter cela avec des amis espagnols, dans un restaurant espagnol, et je peux vous dire que tous n'étaient pas électeurs socialistes, mais que tous étaient enthousiasmés par l'idée que cette violence stupide s'arrête enfin.
La fiesta fut belle.
Il a juste fallu qu'une petite poignée d'Etarras se montrent encore plus stupides et fassent tout échouer avec leur bombe mortelle à l'Aéroport de Madrid. Heureusement, ils sont été arrêté au début du mois au pays basque français. A 30 km du village d'origine de ma mère... Et oui, à 200 mètres de son village passe le ruisseau qui marque la frontière avec le pays basque. Au début du XXème siècle, une béarnaise qui flirtait avec un basque risquait de se faire égorger. Et réciproquement. Encore aujourd'hui, mes cousines se font regarder de travers à 30 km de chez elles, parce qu'elles ne portent pas un nom basque. Un peu comme un Vaudois perdu en Valais, mais en plus violent.
Ces conneries n'ont que trop duré.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/11/2008

30 millions pour un fresque unique au monde. Célà vous dérange? Pour moi c'est un geste d'un pays qui célà ne fait pas longtemps était dans le fond, ne faisait pas partie de l'Europe ni de beaucoup organismes internetionales, et c'est grâce a un Roi qui a voulou être le Rois de tous les espagnlos. Célà il fallait le faire, dans l'Espagne de 1975. N'oublions pas que quelques semaines avant la mort du dictateur ils ont encore fusillé 5 hommes. Geo vous avez des amis espagnols, mais vous ne pourrez comprendre par les libres comment sont les espagnols dans ses opinions politiques, se laisant porter plus facilement pour la sympatie personnel du lider, que par le programme de son parti.Sur la seule personne que les espagnols son d'accord et l'aimaient tous, c'est son Roi. Sans lui pas de Démocratie. Le 23 février 1981 c'est un jour innoubliable pour tous. Et après tout, en quoi la dépense de ses 30 millions peut vous déranger? à Geneve ont a dépensé aussi 30 millions pour un stade médiocre, qui ne passera pas à l'Histoire, construit seulement pour la vanité de quelqes personnes.

Écrit par : Diogenes | 18/12/2008

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