21/11/2008

La Colombie fait le ménage

La semaine prochaine le Ministre Colombien du commerce, Luis Guillermo Plata, est en Suisse pour signer l'accod de libre-échange conclu avec les pays de l'AELE dont fait partie la Suisse.  L'occasion de faire le point sur l'actualité de ce pays, encore en convalescence.

Arrêté il y a peu, le principal trafiquant d'armes à destination des FARC vient d'être condamné aux Etats-Unis. Monzer el-Kassar, résident espagnol de 62 ans, surnommé "Le Prince de Marbella" pour le train de vie qu'il menait dans la cîté andalouse est considéré comme l'un des plus gros trafiquants du monde. Il a vendu des armes au FPLP, en Bosnie, en Irak, en Iran, en Somalie et au Nicaragua. Les services étasuniens ont fini par lui mettre la main dessus, ainsi que son co-accusé, espagnol de 59 ans, Luis Felipe Moreno Godoy. Leurs ventes d'armes aux FARC se chiffrent en millions de dollars.

El-Kassar a tenté de se faire passer pour un informateur des services de renseignement espagnols, mais ceux-ci ont démenti et livré aux Etats Unis toutes sortes de renseignements sur ses activités, suite aux perquisitions menées à son officine de Marbella.

Dans le même temps Le Président Urribe a créé une commisison permanente qui réunira chaque semaine à Bogotà les plus hauts responsables des forces de sécurité et leurs ministres de tuelles, avec les représentants de l'ONU et des principales misisons diplomatiques pour examiner la situation des droits de l'homme et cadrer l'action des forces de l'ordre. Cela fait suite à l'inculpation de plusieurs généraux, le mois dernier, parce qu'une poignée d'hommes sous leurs ordres tuaient de pauvres hères en les faisant passer pour des combattants, dans l'espoir d'obtenir des permissions.

Le Chef de l'Etat Colombien a tenu à rappeler à cette occasion que les forces de sécurité constituent l'ultime rempart de la démocratie contre la violence et qu'elles se doivent d'être irréprhcables. Il a précisé que les consignes des forces de sécurité n'ont jamais été d'abattre des guérilleros mais au contraire d'obtenir leur reddition à chaque fois que c'était possible. Que la pression mise sur les maquis des FARC était conçue dans ce but et non pour tuer aveuglément.

Sur les quelques  9000 combattants des FARC ayant cessé le combat ces dernières années, les deux tiers ont été faits prisonniers indemnes ou ont désertés, 2000 ont été capturés blessés et à peine plus de 1000 ont été tués, soit un huitième des forces mises hors de combat, en dépit de combats souvent très violents.

La Colombie fait également face à l'effondrement de plusieurs structures de prêts pyramidaux, bâtis sur le modèle du jeu de l'avion. L'escroquerie, classique, consiste à proposer des rendements hallucinants aux investisseurs (entre 150 et 300 % annuels en Colombie !) qui sont servis... grâce aux apports de nouveaux clients. Aucun argent n'est investi réellement, il est juste redistribué, tant qu'il y en a de l'argent frais qui afflue. Un peu comme ce que fait Washington, mais sans la caution de l'Etat. En période de crise, la chute est assurée. Des centaines de milliers de colombiens y ont laissé leurs économies.

Le Gouvernement a également fermé une autre de ces structures, qui remboursait les achats de ses clients selon un système de tontine assez opaque, susceptible de dissimuler du blanchiment d'argent à grande échelle. Le problème est que cet organisme n'était pas en faillite et continuait de fonctionner à la satisfaction de ses clients, qui descendent aujourd'hui dans la rue pour protester contre le blocage de leur argent.   

 

 

 

20/11/2008

Réchauffement: l'Afrique à l'offensive

On vit une époque fantastique. Un peu chahutée, certes, mais sujette à de profonds bouleversements dont peuvent sortir le pire comme le meilleur. Tenez par exemple, le leader allemand des panneaux solaires, qui prétend racheter les usines Opel pour faire des autos écolos. Il y a 6 mois, on aurait pris ça pour une dépêche de 1er avril. Plus aujourd'hui. C'est le genre de choses qu'une bonne crise rend possible et franchement, mieux vaut y arriver par la crise économique que poussé par la guerre. A condition que la première ne débouche pas sur la seconde (cf l'Utopie Urgente, chez Slatkine sur www.payot.ch)

Les grands enjeux mondiaux de ces prochains mois, de ces prochaines années, seront la mise en place d'une vraie coordination planétaire, que l'on peut appeler gouvernance mondiale, pour réguler la finance, le développement et la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique.

Sur ce dernier point, l'Afrique vient de se positionner en prévision des prochaines conférences de Potsdam et Copenhaque. Une soixantaine de pays ont chargé 3 d'entre eux de les représenter: Algérie, Afrique du Sud et Soudan. L'Afrique réclame une planification mondiale de la lutte contre la pollution, organisée par continents... et fait remarquer que le continent entier, actuellement, ne pollue qu'à hauteur de 3%. Historiquement son rôle est négligeable. Il incombe donc aux pollueurs de prendre leurs responsabilités, notamment financière.

Or 2% seulement des MDP (Mécanismes de Développement Propre), les droits de polluer payés dans les pays riches servent à financer des programmes en Afrique. C'est très peu et ce n'est pas assez. Tout part sur la Chine, l'Inde et l'Amérique Latine. Ces MDP sont un outil de développement considérable, et il ne serait pas admissible que l'Afrique soit laissée en marge, abandonnée à son sous-développement. Peut-être pour éviter qu'elle ne se développe, comme le prônent implicitement certains écolos altermondialistes. Et comme le pensent peut-être certains responsables.

L'Afrique a droit au développement. Il est de l'intérêt du monde que ce développement soit propre. Mais le développement propre, pour quelques temps encore, coûte plus cher et l'Afrique est pauvre. Il faut donc l'aider et les MDP sont un excellent moyen. Accessoirement, en matière de ressources naturelles renouvelables, l'Afrique dispose à profusion de la première d'entre elles: le soleil. C'est sans doute elle, un jour qui nous aidera sur ce point. Commençons par l'aider nous. 

Maintenant, si les MDP se ruent sur l'Amérique Latine et l'Asie en contournant l'Afrique, c'est rarement par décision politique concertée. C'est plutôt que les MDP doivent rencontrer des projets bien ficelés, dont on peut penser qu'ils vont se réaliser et même se pérenniser. Sans devoir craindre les soubressauts imprévisibles, mais toujours présents, la versatilité du dirigeant politique, la vénalité des intervenants adminsitratifs... et le non entretien des matériels mis à disposition.

19/11/2008

Le Roi et l'ONU

J'aime bien les socialistes espagnols. Ils sont pragmatiques et intelligents, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Leur politique en Amérique Latine et au Moyen-Orient est discrète et efficace. Il faut dire que Miguel-Angel Moratinos, leur Ministre des affaires Etrangères, est un homme remarquable. Et j'aime bien aussi Juan Carlos, le roi d'Espagne, bien que les Souverains ne soient en général pas ma tasse de thé. Ce type s'est quand même offert deux fois à son pays comme rempart contre le fascisme des disciples de Franco. Une fois en risquant sa fonction, la deuxième sa vie. Chapeau bas.

Le Roi et les socialistes viennent donc d'offrir à Genève et à l'ONU une fresque spectaculaire, qui symbolise la diversité du monde et le besoin de travailler ensemble, dans le respect de cette diversité. Vision perçante et oh combien d'actualité. 

La droite espagnole, le PPE, qui depuis Pepe Aznar, s'ingénie à se faire passer pour la plus bête du monde,  s'est fâchée. L'oeuvre a coûté plus de 30 millions dont dont 60% payés par des donateurs privés, et un demi-million prélevé sur le fond destiné à la coopération et au fonctionnement des organisations internationales. De là à prétendre, comme le fait le PPE, que c'est de l'argent qui était destiné aux pauvres, il y a une énorme marge. L'Espagne apporte son écôt au financment des Organisations Internationales, aussi bien aux bâtiments qu'à l'entretien des personnels. C'est sur ce fond que le demi-million a été prélevé.

Aurait-il été plus utile aux pauvres en étant saupoudré en Afrique ou ailleurs ? Pas sûr. C'est un symbole et le monde a besoin de symboles. Pour convaincre et stimuler l'imagination des peuples. Les oeuvres d'art sont souvent ce qui reste, et même les pauvres en sont conscients. Mais le symbole ne prend toute sa valeur que lorsqu'il est reconnu et compris.

Le Monde abesoin d'unité dans la diversité. C'est ce que signifie cette fresque, c'était le désir de Juan Carlos de le rappeler. Il faut maintenant continuer à faire passer le message


 

18/11/2008

Las FARC y la ETA mano en la mano

Cela fait un moment que l'on a compris pourquoi les socialistes espagnols avaient une attitude bien moins favorable à l'égard des FARC que leurs homologues suisses ou même que Sarkozy. Ils pressentaient des liens étroits entre les FARC et la ETA. En marge de l'arrestation du chef de l'appareil militaire de l'organisation terroriste basque, la justice espagnole l'a confirmé. Au moins quatre des dirigeants militaires de la ETA ont suivi ces dernières années dans la jungle colombienne, des stages de maniement d'explosif. Des explosifs qui ont entre autres servis à tuer deux latino-américains à l'aéroport de Madrid.

Lorsqu'on sait aussi que depuis quelques années, l'Océan, sur la côte basque française et espagnole, rejette régulièrement sur la plage des sacs bourrés de cocaïne. On se dit que la coopération n'est peut-être pas que militaire.  A noter que la nouvelle des liens entre les FARC et la ETA a été publiée dans la presse alémanique et dans la presse française.... Qu'attend donc la presse romande ? L'information serait-elle dérangeante ?

17/11/2008

Ecologie, documentaires et objectivité

Depuis quelques années, dans la foulée de Michael Moore et de ses copains les Yesmen, le film documentaire de dénonciation écologique fait un tabac. Au cinéma autant qu'en télévision. Le procédé est assez simple, on mélange quelques vraies dénonciations, pas toujours prouvées, avec d'autres carrément bidons et surtout, surtout, on instruit à charge. Rien de plus facile, pour un journaliste de faire de la pure propagande en se parant des apparences de l'objectivité.

Il suffit d'interviewer les bonnes personnes, de les laisser affirmer ce que l'on a envie d'entendre, comme si c'était parole d'évangile, sans preuve ni certification de chiffres, ni rien de ce genre et, pour faire bonne mesure, de présenter un ou deux guignols, ou de vrais méchants, pour défendre la théorie contraire. Ou même quelqu'un de sérieux, mais en ne lui conservant que ses arguments les plus faibles ou les moins pertinents. L'argument massue pour justifier ce genre de pratiques, c'est que les télespectateurs préférent une thèse forte et assumée, à un film ménageant la chèvre et le chou, dont ils ne savent pas trop que penser à l'arrivée.

C'est une fois encore prendre les gens pour des idiots, mais malheureusement, ça marche, même dans les débats, lorsqu'on invite quelques debatters posés et surs d'eux même, face à des débutants ou à des excités. Hier soir, sur TSR2, il y avait un excellent exemple de ce genre de films, consacré à la nourriture, à la crise alimentaire et aux OGM. J'ai rarement vu autant de mauvaise foi dans un travail se prétendant journalistique. En plus ça décrédibilise l'ensemble du propos.

La plupart des observateurs sérieux ont expliqué que la brusque crise alimentaire de ce printemps avait pour cause la spéculation financière. Mais rien de tel dans le film, où l'on ne parle que de la responsabilité des bio-carburants. Alors même que les prix des céréales ont chuté aussi vite qu'ils avaient grimpé et que l'on va avoir une surproduction. On ne parle aussi que des bio-carburants étasuniens à base de maïs, que l'on sait peu performants et pas du tout du jatropha ou de la canne, beaucoup plus efficients.

Les OGM sont systématiquements démollis, le dernier mot étant toujours laissé au contradicteur, avec des arguments... contradictoires. Ainsi ils affirment que les recherches sur les OGM ne s'intéressent pas aux plantes des pays pauvres, parce que non rentables à court terme. Et ils accusent la recherche menée sur les gênes de résistance à la sécheresse (pour faire reverdir le Sahel), d'être inintéressante, car trop longue !

Bref, c'est de la désinformation pure et simple. De la manipulation mentale. Parce que des millions de gens (c'est une copro francophone) n'auront que cette seule source d'information sur la question.

Des tas de gens tout à fait intelligents se font avoir. Dans un blog récent, le par ailleurs excellent Homme Libre parle d'un de ces films et montre la bande annonce. « Nos enfants nous en voudront » dénonce la malbouffe et tous les produits chimiques que l'on ingurgite.

C'est vrai, il y en a beaucoup. Trop. En introduction, on voit les dignes auditeurs d'une assemblée de l'Unesco lever la main s'ils ont eu, parmi leurs proches, des décès liés au cancer, au diabète et autres maladies liées à l'envionnement. Quasiment tous lèvent la main. Sauf que tous ces quadras, quinquas et sexagénaires, s'ils vivaient dans un monde sans produit chimique, comme j'en ai visité au fin fond de la jungle équatorienne, n'auraient pas levé la main. Parce qu'ils seraient tous morts ou mourants. Dans un monde parfaitement bio, ce merveilleux état de nature dont on nous rebat les oreilles, l'espérance de vie des êtres humains est de 35 ans. Et puisqu'on parle d'enfants, la mortalité infantile y est de 50% jusqu'à 2 ans...

Dans le même film, un expert affirme, sans l'once d'une preuve que l'on pourrait nourrir toute la planète en cultivant bio, mais que cela impliquerait un retour à la terre généralisé. C'est beau comme du Giono (et un peu facho, vu que le dernier politique à avoir officiellement prôné ce genre de choses, s'appelait Pétain). Mais cela reste à prouver. Les hindous qui crevaient de faim avant leur révolution verte n'en sont pas forcémment convaincus.

Par ailleurs, si tout le monde redevient paysan, qui va construire les routes et les camions pour acheminer les surplus (quels surplus ???) dans les régions souffrant de famine pour cause de maladie, de sécheresse ou d'innondation ? Parce que j'ai un scoop, les cataclysmes naturels et les virus, ça existait bien avant l'apparition de la première femme sur Terre...

Parenthèse, ça aussi, c'est un scoop: il y a de fortes chances que le permier homme a avoir pu transmettre la mutation génétique qui faisait de lui un être humain ait été... une femme.

Lors d'un Temps Présent que j'ai fait sur les eaux minérales, j'avais interrogé plusieurs chercheurs sur les conséquences à long terme de l'absorption du chlore contenu dans l'eau du robinet et des résidus de produit de vaisselle dans nos assiettes et nos verres. Certes en doses infinitésimales, mais on peut se demander si cela n'a pas un effet sur le cancer par exemple. La réponse est oui, probablement, encore que cela soit très difficile à prouver scientifiquement. Ce qui est en revanche évident, c'est que si l'on ne désinfectait pas l'eau et la vaisselle, nous serions sans cesse victimes des diverses maladies qui ravagent aujourd'hui encore les pays dépourvus d'eau courante. Dont plusieurs sont mortelles à court terme.

Un peu comme lorsqu'on prend de la Méphaquine avant de se rendre en Afrique équatoriale. On sait que c'est mauvais pour la mémoire et pour pas mal d'autres choses aussi... Mais c'est toujours mieux que d'attraper le plaudisme... 

Il faut, c'est évident, contrôler le plus possible la qualité de ce que nous mangeons, buvons, respirons... Réduire les pesticides et le reste, préserver la biodiversité, empêcher les multinationales de breveter du vivant etc... Mais le retour à la nature que certains s'obstinent à réclamer n'est pas une solution très probante. Il y a moyen de faire bouger les choses en douceur. Mais pour cela, il serait bon d'essayer d'informer les gens objectivement. Ou en tout cas honnêtement.

16/11/2008

Ségolène, François et la police genevoise

Aucun rapport, je sais bien. Si ce n'est une envie de commenter l'actualité à la lumière de mes lunettes persos, qui s'appellent "Dire la Vérité" et "Juste Milieu". Tout le monde s'accorde à voir dans la gabegie du PS à Reims une conséquence du combat des chefs. Et des cheffes, qui décidément, apprenent vite. En genevois, on parlerait de beau petchi, qui n'est d'ailleurs pas sans ressemblance au niveau de la consonnance. Le but du jeu est de savoir qui prendra la tête du parti, dans l'espoir d'être le candidat désigné en 2012. Mauvaise question.

La seule vraie question que devraient se poser les socialistes, c'est qui sera capable de battre Sarko (ou son successeur désigné, si comme il l'a déjà annoncé, il ne se représentera pas) et Bayrou. A l'évidence pas Ségolène. Essayé pas pu. Et Hamon encore moins. Trop à gauche. A moins qu'une aggravation sensible de la crise ne vienne changer la donne d'ici là, ce qui n'est pas à exclure. Aubry et Delannoë ont chacun leurs chances, mais bien minces. 

Le seul qui pourrait battre l'UMP à tout coup si la gauche se rassemblait derrière lui, ce serait... Bayrou. Un homme venu de la droite et qui y conserve de solides appuis. Tout comme Mitterrand avant lui l'avait fait. Parce que la carrière de ce dernier, de la seconde guerre mondiale à celle d'Algérie, n'avait jamais été franchement à gauche. Et s'il n'avait pas eu quelques sacrés bons copains chez les hommes d'affaires français parmi les plus avisés, il n'aurait jamais gagné l'élection et encore moins rempilé pour un second mandat.

Pour autant une alliance avec le Modem est loin d'être une assurance de succès pour le PS. A moins d'admettre dès à présent que Bayrou sera le candidat unique, ce qui évidemment n'est pas envisageable par les éléphants papables. Même Ségolène croit pouvoir être au final la candidate unique, à l'issue d'un premier tour qui serait officiellement une primaire: "désistement du second en faveur de celui arrivé en tête". Mais c'est quasiment ce qu'a fait Bayrou en 2007 et cela n'a pas suffit. Parce que les électeurs du Centre et de droite qui le soutiennent ne lui appartiennent pas.

Les électeur du Modem veulent bien composer avec les socialistes, mais pas leur laisser les rênes. Ils ne voteront jamais en assez grand nombre Ségolène et encore moins Hamon. Aubry ou Delannoë auraient peut-être une chance, car ils possèdent l'image de sérieux qui fait défaut à Ségolène. Les électeurs du Modem ont déjà leur leader charismatique, c'est "François", et franchement il est beaucoup plus rassurant que la fée Clochette. Même si en matière de capacité organisationnelle, le Modem a encore beaucoup de progrès à faire. Normal, c'est un parti d'individualistes, d'intellectuels rétifs à l'embrigadement. En attendant, l'UMP peut dormir tranquille.

Et la police genevoise donc ?

Absolument rien à voir, si ce n'est que la voie du centre est celle de la raison. Les policiers font un travail ingrat et difficile, dont on ne saurait se passer. Ils ont droit à la considération et au soutien de la population. Mais ils recevront d'autant plus sincèrement ce soutien qu'ils seront contrôlés et que leurs règles d'engagement seront claires. Comparer le comportement de la police genevoise face à la criminalité à celle de la police de Soleure n'a aucun sens, car la criminalité qu'ils affrontent n'est pas du tout la même.  A cause de la frontière et à cause de la gauche qui nourrit - au sens propre - tous les midis à Genève, des dizaines, voire des centaines de petits malfrats accourus de toute la France et du Maghreb. Cela fait des années que cela dure et cela empire. 

La cantine était aux Eaux-Vives, elle a été déplacée aux Pâquis et les traîne-patins, les petites frappes ont suivi. Sans cesse interpellés et sans cesse relâchés. Pour eux ce n'est pas grave, au fond il fait bien chaud en prison. Dans le lot, il y en a un de temps en  temps qui pète les plombs et commet un vrai crime...

C'est comme l'histoire de la balle traçante juste avant le G8. Quel meilleur moyen de paralyser la police, face à des émeutiers potentiels, que de faire passer les flics, d'entrée de jeu, pour des tortionnaires assoiffés de sang, action judiciaire à l'appui? N'empêche qu'il est sain qu'il existe des commissions d'enquête et de contrôle neutres et extérieures, car les conséquences d'un état policier sont tout aussi dommageables, pour chacun de nous, que celles d'un laxisme échevelé. Et il est bon que ces rapports soient rendus publics et discutés ouvertement, démocratiquement, ne serait-ce que pour juger de leur sérieux ou de leur bêtise. Afin que chacun puisse se faire son opinion.

15/11/2008

Gouvernance financière : Vive Sarko

Tous mes fidèles lecteurs le savent, Sarko, je ne suis pas fan. Je l'assassine même dans l'Utopie Urgente. Mais au même titre que j'ai applaudi ses sorties sur la gouvernance mondiale il y a un an, je suis extrêmement content de le voir se poser en champion d'une gouvernance financière planétaire. Sur le détail de ce qu'il faut faire, il reste assez flou, mais à ce stade, au moment de commencer à négocier, c'est normal.

Ce type est comme un ressort, qui se retend en permanence et il est tellement accroc à l'adrénaline, que lorsqu'il a atteint un objectif, si démesuré soit-il, il lui faut immédiatement courir vers le suivant. Ce n'est pas pour rien qu'on le surnomme Nabot Léon. Si toute cette incroyable énergie parvient à faire bouger les lignes et progresser la conscience mondiale, tant en matière financière qu'en matière militaire *, le Petit Nicolas aura bien mérité de l'humanité 

* sur arte, hier soir, un des boss de l'OMS à Genève expliquait qu'il lui semblait absurde de dépenser tant d'argent à se défendre aux frontières contre d'autres êtres humains, alors que les vrais ennemis étaient infiniement petits et cherchaient sans cesse à franchir les frontières de nos corps.

11/11/2008

Un peu d'Histoire de France

C'est le 11 novembre, la 90ème célébration de l'Armistice qui a conclu 4 années de boucherie systématique dans les tranchées. Mon grand-père y était. A la tête de sa batterie d'artillerie, durant les 4 années, il a envoyé ses obus sur le camp d'en face... et en a reçu, de ceux d'en face, en priorité. Les affûts étaient une cible.

Il raconte dans son journal, les nuits dans la boue, le coup au but de ceux d'en face sur leur réserve de munitions, qui ensevelit presque tous ses canons et leurs servants, l'urine pour désinfecter les blessures et celle que parfois ils buvaient, les cousines, comme il les appelle, qui réconfortaient le permissionaire à l'arrière... Des Madelon qui n'étaient pas sévères...

Ma mère est née deux ans plus tard. Elle me racontait hier ses joies de petite fille, avec ses copines de classe, à chaque fois qu'un vieux Maréchal ou un quelconque dirigeant de la Grande Guerre décédait, ce qui arrivait assez souvent dans les années 20 et 30... Car à chaque fois, c'était deuil national et jour de congé...

Quelques années plus tard, jeune institutrice, enceinte de mon frère et donc des oeuvres de mon père, lui-même incarcéré à Compiègne puis au Struthof, elle allait récupérer des morceaux de gens dans les arbres ou sous des tables et dans les gravats après les bombardements à Reims... Elle y allait seule avec son père, Chef d'Ilôt de la défense civile. Parce que personne d'autre ne se portait jamais volontaire, dans les abris collectifs à l'issue des alarmes. C'était un sale, un très sale boulot. Mais il fallait bien que quelqu'un le fasse...

Inutile de préciser que les debriefings psychologiques n'avaient pas encore été inventés.

Utile de préciser en revanche que la vaillance de sa fille aînée, n'a pas empêché mon grand-père, le Croix-de-Feu amateur de madelons, de la chasser lorsqu'elle n'est plus parvenue à dissimuler sa grossesse. Mon père avait été arrêté par les Allemands avant d'avoir appris la nouvelle. Il avait du, à son corps défendant, attendre la fin de la guerre pour pouvoir comme on disait à l'époque, régulariser... Il avait eu, disait-il la force de s'en sortir, grâce aux lentilles qui était le seul aliment consistant qu'il connut durant des semaines, et grâce à l'image de ma mère qu'il conservait à l'esprit. La Force de l'Esprit.

Tout cela pour dire que la Paix, décidément, est vraiment une belle invention...

10/11/2008

Une Reine vient de s'éteindre

C'est une grande dame qui vient de s'éteindre, dans un concert militant, comme à son habitude.

Myriam Makeba n'était pas qu'une grande, une immense Dame de la chanson, elle était une grande dame tout court, une Reine, dans toutes ses attitudes et sa vie. Elle avait commencé sa carrière dans un pays soumis à l'apartheid, dont elle avait bien vite du s'exiler. Devenue citoyenne du monde, elle lui avait offert "Pata pata", le premier succès planétaire de musique africaine, voyageant entre l'Europe, l'Afrique qui accédait à l'Indépendance, les Etats-Unis, où la ségrégation respirait encore. Elle y avait épousé Stockely Carmichaël, l'un des leaders des Black Panthers. L'un des rares surtout à survivre à la vague d'exécutions sommaires commanditées par le FBI qui annihila le mouvement à la fin des années 60.

Myriam Makeba avait repris sa liberté et gagné l'Afrique où elle vivait dans la Guinée de Sékou Touré, ce que l'on faisait de plus radical à l'époque sur le Continent Noir. Elle pensait que les tueurs de Johannesburgh ne viendraient pas la chercher là-bas. Elle n'a ensuite jamais cessé de chanter pour les causes qu'elle estimait juste, de sa voix profonde et puissante. Mais jamais, en dépit de son parcours, elle n'a montré le moindre signe de racisme. Au contraire, elle aimait les gens, vraiment. Qu'elle que soit la couleur de leur peau, elle restait disponible et affable, pour le jeune journaliste, ou le fan transi, comme pour le chef d'Etat. Une très grande dame.  

08/11/2008

L'avis de Lamy sur la crise... et sur Obama

Pascal Lamy a donné une excellente interview dans le dernier numéro du Monde, dans laquelle il explique pourquoi il faut soutenir le commerce mondial, pourquoi la politique sociale d'Obama peut aider le le libre-échange  et pourquoi une régulation dure, contraignante de la finance mondiale est nécessaire. C'est passionnant, intelligent et c'est à Genève que ça se passe... Mais ce sont les Parisiens qui viennent l'interviewer...

A lire ci-dessous

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11...

One FM: le bon sens triomphe

En quelques semaines, Genève aura pu vivre deux magnifiques exemples des drames que peuvent déclencher un manque de régulation (dans le domaine économique), ou un surcroit de régulation (dans le domaine radiophonique).

La vérité doit bien sûr être entre les deux, dans un subtil dosage sans cesse évolutif entre dirigisme et liberté.

Dans le cas de la radio, la solution qui se dessine est rendue possible par le renoncement personnel de Stéphane Barbier-Müller, qu'il convient de saluer. C'est le bon sens qui triomphe, au double sens du terme. C'est la Raison qui a parlé, et c'est la décision de quelqu'un de bon, car rien ne l'y obligeait. Mais ce faisant, il évite une quarantaine de licenciements et la ruine personnelle d'un entrepreneur qui avait investi la fortune acquise par son travail... et emprunté quelques millions pour développer son entreprise. Un claquement de doigt de Berne - pas bon - aurait pu réduire cela à néant, sans indemntés. Ce qui est dans le principe même de la concession, mais constitue tout de même une anomalie juridique. 

Comment voulez désormais - par les temps qui courent - qu'une banque prête à quelqu'un, personne morale ou physique, désireuse de se lancer dans le développement d'une radio ou d'une télévision, s'il est ainsi clairement démontré qu'un sursaut d'humeur de Berne peut tout annihiler ? Il y a là clairement une carence de la loi.

Accessoirement, si l'on peut regretter que les goûts des auditeurs, des lecteurs, des téléspectaeurs, aillent si souvent sur la facilité on ne peut pas reprocher aux commerçants de chercher à satisfaire les désirs de leurs clients. Ils sont là pour ça et ce n'est pas à l'Etat, pas même au pouvoir législatif de décider de ce que doivent écouter, lire ou regarder les gens. Tout au plus (et tout au moins) l'Etat doit-il veiller à ce que l'offre soit diversifiée et que la grosse machine commerciale ne muselle pas la voix isolée.

Si cet incident contribue à renforcer l'offre d'informations genevoises, c'est tant mieux. En tant qu'ex-rédacteur en chef de la première radio locale genevoise ayant bénéficié d'une concession, je ne peux que m'en féliciter. La taille de notre marché genevois et même romand, ne permettent pas de faire vivre une infinie diversité, la concession octroyée contraint les bénéficiaires à prévoir des aménagements permettant d'accueillir cette diversité... Sans pour autant faire chuter leur taux d'écoute, car ils doivent rester rentables. La partie de la redevance dont ils vont bénéficier est là pour les y aider.

Le reste est affaire de dosage, d'ouverture, d'intuition et de relativisme. C'est un métier.

05/11/2008

OBAMA est élu, Vive les USA

Ce soir, c'est champagne. Pour plusieurs raisons :

1) Obama était contre la guerre en Irak. C'est toujours mieux d'avoir au pouvoir quelqu'un qui ne se trompe pas dans les moments décisifs.

2) On va pouvoir recommencer à aimer les Etats-Unis et ça nous manquait.

3) On va pouvoir recommencer à voyager aux Etats-Unis et ça nous manquait aussi.

4) C'est un métis. Et pour tous les noirs et les métis dans le monde, dont mon fils et mes neveux et nièces, c'est une porte immense qui s'ouvre sur l'espérance.

5) Il est en mesure de réconcilier les Etats-Unis avec le reste du Monde et c'est, objectivement, la meilleure nouvelle de ce début de XXIème siècle.

6) Il a donné des signes discrets, mais très clairs d'ouverture à l'égard de l'OMC et du multilatéralisme lors de la visite de Pascal Lamy aux Etats-Unis cet été. C'est là encore une excellente nouvelle pour la santé de l'économie mondiale qui en a le plus urgent besoin. D'ailleurs, c'est le moment de racheter, ça va grimper...

7) C'est un étasunien, nul doute là-dessus et comment pourrait-il devenir Président autrement ? Mais il a, chevillée au coeur cette vision équitable des rapports entre les peuples qui ne peut qu'améliorer la manière qu'a le monde de tourner en ce moment.

8) Il va peut-être même avoir le courage d'aborder la question israélienne d'un oeil neuf, en exigeant, par exemple, le respect des résolutions des Nations Unies, histoire d'amorcer une désescalade qui pourrait amener une vraie paix dans la région.

9) Il va tâcher d'instaurer aux Etats-Unis le minimum de filet social dont ce grand pays a le plus urgent besoin.

10) Il va peut-être oser s'engager dans la voie d'une vraie coordination mondiale dans les 4 domaines où elle apparait plus que jamais nécessaire et fait néanmoins cruellement défaut: finances et fiscalité, environnement, développement, militaire...