22/12/2008

Les frontaliers, richesse de Genève

Genève n'est pas banale. Cette petite ville d'à peine 250 000 habitants est une capitale mondiale dans ses principaux secteurs d'activités : La finance, la fonction publique internationale, l'horlogerie de luxe et le petit dernier, le négoce international. A vrai dire, hormis ces quatre là et les nécessaires services locaux aux habitants, les autres secteurs d'activité sont actuellement insignifiants dans la cité de Calvin.

Dans ces quatre secteurs privilégiés, en revanche, l'argent coule à flots. Ce qui fait dire à certains, peu versés en métallurgie, que tout ce qui se traite au bout du lac se transforme en or. De fait, en matière d'opulence, de signes extérieurs de richesses, de qualité du filet social, de revenu moyen par habitant, mais aussi du revenu minimum - notamment du revenu minimum ! - Genève bat des records mondiaux.

Nul part ailleurs dans le monde, on n'est aussi riche en moyenne, et autant aidé et bien traité lorsqu'on est pauvre... Les quelques très rares ilôts réservés aux hyperriches de Floride ou de Dubaï sont bien sûr hors concours, car ils sont précisément réservé aux hyperriches. Contrairement à Genève qui est une vraie ville. Le fait de passer de l'échelle de la commune à celle du canton ne change pas la donne.

Ce succès a un un coût, celui de l'excellence, qui suscite une concurrence extrême, notamment au niveau de l'embauche. Et un prix à payer: ceux qui calent en route, qui n'arrivent pas à se montrer excellents où à le rester, peuvent très vite se sentir exclus du jeu, en dépit des très confortables aides sociales qui sont déployées.

L'existence de la frontière et la promiscuité de deux systèmes économiques et sociaux différents, le français et le suisse, agit sur la région comme un facteur d'enrichissement. Cela démultiplie les possibles et la créativitié. C'est quasimment biologique, un peu comme dans l'Océan: les zones les plus poissoneuses sont celles où se rencontrent des masses d'eau chaude et froide. La vie nait de la confrontation.

Cela permet de maintenir à la fois un conservatisme terrien et urbanistique peu commun et en parrallèle, une urbanisation galopante. Un marché du travail saturé et un bassin de recrutement qui fut longtemps français, qui est aujourd'hui européen, voire mondial.

Il y a 30 ans, les Français accouraient de Paris, de Lille ou de Marseille. Je me souviens des typos de la Tribune de Genève, à l'époque où il y en avait. Tous étaient français, pas un n'était de la région. Aujourd'hui, le frontalier est souvent européen, et même bien au-delà, notamment parmi les cadres financiers et dans les organisations internationales. Vu la pénurie de logements de qualité, notamment de villas, sur le Canton, ils s'établissent en France voisine. Y compris un certain nombre de Suisses.

L'existence de cette possibilité fait partie intégrante de l'offre de la promotion économique genevoise qui permet d'attirer ici des entreprises dont les employés trouveront à se loger confortablement à un prix abordable... de l'autre côté de la frontière. Les Visas Schengen vont d'ailleurs encore faciliter les choses.

Alors bien sûr, certains Genevois de vieille souche ou de fraîche date l'ont mauvaise. Dans ce microcosme hyperconcurrentiel, ils peinent à trouver du travail, stagnent au chomâge ou finissent par se retrouver bénéficiaires de l'aide sociale, dans un environnement qui étale son luxe à chaque coin de rue.

Seulement c'est faire un faux procès aux responsables politiques, de droite et de gauche (mais plutôt de droite) que de les en accuser. Car s'ils n'avaient rien fait, s'ils n'avaient pas su développer Genève comme ils y sont parvenus, il n'y aurait pas davantage de travail pour les locaux: il n'y aurait pas de travail du tout.

Ni pour les locaux, ni pour les frontaliers, d'où qu'ils soient. Faut-il rappeler que la crise est une réalité, mais qu'elle n'est pas la première et que Genève ne dispose d'aucune ressource naturelle à exploiter ?

Ces frontaliers, accusés de tous les maux par le MCG, sont imposés à la source et contribuent davantage au budget cantonal et fédéral, à salaire égal, qu'un travailleur résident dans le canton, dont la part d'impôt communal sera plus importante. Ce sont ces frontaliers qui paient en bonne partie les prestations sociales dont bénéficient les résidents genevois souffrant de bas revenus, pour cause de chômage ou de problèmes divers. Comme ils représentent aujourd'hui plus du quart des emplois du canton, on comprend l'importance de leur rôle économique.

Accessoirement, comme cela a déjà été souligné par ailleurs, ils offrent à la collectivité cantonale d'autres gains économiques importants. Leur formation scolaire et professionnelle n'a pas été prise en charge par Genève. Ce qui représente en moyenne un coût d'un million de francs par travailleur. En ce sens, la proposition de certains MCG de réserver les emplois frontaliers à ceux qui auraient fait leurs études à Genève est d'une stupidité absolue !

Ils sont également des travailleurs jeunes et en bonne santé, et même si beaucoup d'entre eux ne cotisent pas à l'assurance maladie suisse, ils ne lui coûtent rien. Notamment rien du tout au moment le plus dispendieux qui soit dans la vie de l'individu: la vieillesse et le 4ème âge, qui se déroule forcémment au dehors des frontières du Canton et donc pas au frais de l'assurance maladie ni de nos systèmes sociaux. Que quelques frontaliers dans la force de l'âge fassent de temps à autre un séjour aux HUG n'est qu'un épiphémonène par rapport à ce que coûte une fin de vie, que l'on peut souvent chiffrer en centaines de milliers de francs, entre les frais d'EMS, et de santé.

En bref, pour les deux âges les plus coûteux de la vie, le début et la fin, les frontaliers sont à la charge de l'étranger. Ils ne sont à Genève que durant leurs années d'excellence, au plus les 40 années durant lesquels ils produisent de la richesse au lieu d'en coûter... Evidemment c'est toute la collectivité genevoise qui en profite, soit directement au travers des prestations fournies par l'Etat, soit indirectement au travers des bénéfices qu'ils procurent à leurs employeurs qui servent ensuite à payer des impôts et à acquérir des biens et des services sur le marché local.

Bref, à cet égard la bêtise du MCG est insondable. Elle l'est d'autant plus que leur agressivité constante à l'égard de la poule aux oeufs d'or risque fort de déboucher sur une remise en cause globale des accords passés. Notamment en cas de non à l'Europe lors des votations du 8 février. Genève aurait alors tout à perdre. Et l'économie est ainsi faite que si l'on bloque la progression de la machine, elle part généralement en marche arrière.

Fondamentalement, le phénomène frontalier pose de vrais problèmes. A Genève, en matière de circulation et de parkings, mais aussi et surtout en France Voisine. La pression sur les prix, tant du logement que de la vie quotidienne, font du Genevois, du Châblais et du Pays de Gex un enfer pour les enseignants, les petits fonctionnaires et les salariés locaux. Ce qui démultiplie évidemment leur motivation à trouver un emploi à Genève. Les problèmes de circulation, aux moments des rushes du matin et du soir, sont tout aussi lancinants dans les communes françaises que suisses.

Les divergences d'intérêts entre les communes urbaines (Annemasse, Saint-Julien) et les cités rurales dortoirs qui les entourent sont aussi fortes qu'à Genève entre la Ville et les communes bourgeoises. Si tout le monde continue à tirer de son côté, avec en plus l'attitude hostile de certains représentants de Paris, presque aussi recroquevillés dans leur nationalisme stupide et dépassé que le MCG, on ne s'en sortira pas.

Ceux qui ne sont pas frontaliers, de l'autre côté de la frontière, souvent les jalousent. Ils jouissent d'un train de vie supérieur, qui peut paraître injuste. Mais leur présence enrichit également considérablement la région. Et pas seulement parce que les fonds frontaliers permettent aux communes de s'offrir les plus jolis lampadaires de France. Ils font vivre le commerce, remplissent les écoles dans des villages où sans eux il n'y en aurait plus, engendrent un dynamisme économique et culturel sans commune mesure avec celui d'une province française profonde. 

La renaturalisation des rivières aux portes de la ville était un gadget coûteux et un peu inutile, mais l'agglomération transfrontalière qu'a portée Robert Cramer est presque ce qui pouvait arriver de mieux à la région. Elle jette les bases d'une structure permettant de vraies discusssions. Mais il pourrait y avoir mieux encore: une assemblée transfrontalière élue, sur un collège unique de part et d'autre de la frontière. Qui pourrait gérer une part importante des fonds frontaliers (Genève en mettant sa part) pour déclencher des projets d'aménagement dignes de la région, conçus et réalisés ensemble en fonction de l'intérêt commun.

Si demain la Praille et d'autres ensembles du même genre voyaient le jour, le problème des frontaliers et de leur dispersion géographique n'en seraient plus un. Car tous ces gens, visas Schengen, pourraient habiter à Genève dans des appartements de standing. Adieu les villas qui plaisent tant aux new yorkais de l'ONU, mais bonjour à l'habitat collectif bien conçu et écologique. Les autres avantages de la région persisteraient: le lac, la nature et le ski aux portes...

19/12/2008

Eric VI, les Griffes de la Frontière

Durant le mois de janvier 2009, plusieurs officines financières genevoises annoncent des licenciements. Deux petites et une moyenne sont carrément mises en faillite.

Le  8 février, le peuple refuse, de justesse, la reconduction des bilatérales et leur extension aux nouveaux membres. Les accords bilatéraux sont dénoncés.

Aussitôt, le MCG lance une série d'initiatives cantonales pour limiter l'accès des frontaliers aux emplois locaux. Pour doper sa récolte de signatures, le parti organise des manifestations aux frontières, et même des barrages, à l'heure de passage des travailleurs venant de Haute-Savoie et du pays de Gex. A plusieurs reprises ses militants et des frontaliers en viennent aux mains, après s'être copieusement insultés.

La police doit intervenir, il y a des blessés. Et même un polytraumatisé, un frontalier qui reste plongé dans le coma après avoir été copieusement tabassé. On ne compte plus les agressions en ville, les voitures ryées ou cabossées intentionnellement. Une polémique violente s'installe sur l'attitude de certains gendarmes, que les syndicats de frontaliers accusent de profiter des incidents pour taper sur eux plutôt que sur les fauteurs de troubles.

Plusieurs organisations internationales, dont le personnel réside majoritairement outre frontière, se déclarent inquiètes. Elles se plaignent de ne pas pouvoir trouver les compétences requises sur le marché local et si la possibilité d'installation en zone euro disparaît, elles envisagent de quitter Genève.

L'accord sur la fiscalité de l'épargne étrangère ayant été dénoncé avec l'ensemble du paquet sur les bilatérales, l'UE fait monter la pression sur le secret bancaire, et s'entend avec la nouvelle administration Obama, pour exiger de la Suisse la transparence totale sur les comptes off-shore, tant des particuliers que des entreprises. Sinon les banques suisses pourraient être sommées d'abandonner leurs filiales dans l'UE. Idem pour les sociétés de service financier et les assurances.

La Suisse fait remarquer qu'elle achète pour 150 milliards de marchandises dans l'UE ce qui représente 80% de nos importations, tandis que nous ne vendons "que" pour 124 milliards dans l'UE, qui donc y gagne 26 milliards par an. Ce à quoi Bruxelles et Strasbourg  rétorquent poliment que ces 124 milliards représentent 62% des exportations de la Suisse tandis que le marché suisse représente moins de 7% des exportations de l'UE. Soit une importance dix fois moindre, dans la balance commerciale des deux entités.   

Plusieurs instituts bancaires délocalisent une partie de leur personnel à Dubai, qui brade ses îles artificielles résidentielles, ce qui permet de loger les nouveaux arrivants dans des conditions idylliques.

La crise économique, la vraie s'est durablement installée, les industries de luxe, horlogère en particulier souffrent et doivent licencier à leur tour. Un référendum est lancé contre l'extension de l'OMC, regroupant une fois encore, le MCG et l'extrême-gauche. Plusieurs ONG et deux grosses organisations membres de l'ONU décident de quitter Genève. L'une pour Bogotà, qui rassemble déjà nombre de sièges administratifs de multinationales pour l'Amérique latine, l'autre pour rassembler tout son personnel à Budapest. La Chine réitère officiellement son offre d'accueillir l'OMC à HongKong. Rappelons que les Organisations internationales injectent chaque année à Genève plus de 5 milliards dans l'économie locale. Ou plutôt injectaient car les départs entraînent une baisse d'au moins 20% de cette manne, dont profitaient les entreprises et comemrces locaux..

 

En juin les chiffres sont clairs: 20 000 frontaliers ont déjà quitté le Canton, mais le chômage a quadruplé en six mois. Le ministre des Finances s'arrache les cheveux et en perd son flegme légendaire. Le marché immobilier de la location de villas s'effondre à son tour.

Devant l'hostilité grandissante de l'autre côté de la frontière, un certain nombre de Suisses résidant en France tentent de revenir. Problème, ils n'ont plus de travail pour payer les traites d'une villa suisse, même au rabais, et la pression sur l'immobilier d'appartement à bon marché est pire que jamais.

L'exode des instituts financiers et des maisons de négoce international s'accélère. Devant la baisse spectaculaire des rentrées fiscales, à cause des frontaliers partis et des sociétés disparues ou délocalisées, le Conseil d'Etat sortant est obligé d'annoncer une baisse des prestations sociales. L'Assurance chomâge est à deux doigts de la faillite.

 

Aux Elections, les Genevois ont compris, le MCG est laminé et éjecté du Grand Conseil.

Trop tard, le mal est fait.

Les manipulations du MCG

Hier, le blog d'Eric Stauffer s'est retrouvé systématiquement en tête de liste de tous les autres blogs de la Tdg, ce qui implique une manipulation assez simple, mais parfaitement déloyale: il suffit de recopier sans cesse son blog en effaçant le précédent. Le but est de profiter ainsi d'un maximum de visibilité dans les outils de promotion mis à disposition des blogueurs par la Tribune. Au détriment des autres évidemment. La politique du coucou. Ôte toi de là que je m'y mette.

Plus grave, dans la colonne réservée aux derniers commentaires, qui permet d'en lire les premiers mots tels qu'ils arrivent sur le blog, un commentaire défendait visiblement les frontaliers. Avec des arguments solides sur ce qu'ils rapportent, financièrement au canton. Seulement, sur le blog d'Eric Stauffer après intervention de ce dernier, il devenait une philipique anti-frontalière de plus. Parce que le redresseur de torts de la République, le champion de l'honnête citoyen, en avait tout simplement modifié les termes, en conservant la signature initiale! Ce qui est le signe d'une malhonêteté intellectuelle manifeste. Et c'est à ces énergumènes que le peuple devrait faire confiance ?

J'aimerais aussi parler d'un triste sire, qui se permet aujourd'hui de se moquer ouvertement du travail parlementaire pour lequel il a été élu en écrivant son blog depuis le grand conseil au lieu d'écouter ce que disent ses petits camarades sur une question aussi fondamentale que le budget. Ce n'est peut-être pas très amusant, d'accord, mais c'est pour cela qu'on le paie. Vous me direz, il n'est pas le seul dans ce cas.

Il se trouve que j'ai une dent contre ce triste sire, jadis viré de l'UDC genevoise pour y avoir affiché des pamphlets racistes. Viré aussi de la TSR pour avoir, notamment, diffusé à l'antenne un symbole moqueur à l'égard d'une des journalistes de la chaîne. Quelques années plus tôt, nous étions tous deux à la TSR, lui comme régisseur et moi comme journaliste. Après avoir été co-rédacteur en chef du Journal Romand, Claude Torracinta m'avait demandé de faire un Temps Présent sur la circulation urbaine. En m'expliquant ouvertement que son épouse, députée socialiste, avait des intentions au Grand Conseil. Sous-entendu (lourd): mon Temps Présent devait l'aider à s'opposer à la construction d'un ouvrage d'art essentiel.

Etant d'un avis contraire, j'ai fait mon Temps Présent à mon idée. Il a eu le meilleur taux d'écoute de l'année... l'ouvrage d'art a été voté et construit et Claude Torracinta était extrêmement faché. Du coup, la TSR s'est souvenu que je n'avais jamais été homologué. Une procédure oubliée dont j'ignorais l'existence, qu'aucun journaliste n'avait eu à affronter depuis trois années que j'y travaillais. Cela consistait en une sorte d'examen impliquant un passage antenne. Il me fallait donc montrer ma bouille sur le petit écran. 

Dans toutes les télés du monde, il y a des journalistes qui se montrent et d'autres qui restent dérrière la caméra. Ce sont deux métiers, deux types de personnalité différents. J'étais de notoriété publique plus à mon aise dans la 2ème catégorie, et l'on me demandait brusquement d'en changer. Le piège n'aurait pas été complet sans la complicité active du triste sire, qui m'en voulait, dois-je le préciser, parce que j'étais frontalier. Je n'avais rien contre lui, nous étions membres du même ski-club des journalistes, nous parlions souvent cinéma. J'étais en Suisse depuis l'âge de 6 ans, mais j'avais fait mes études supérieures à Paris, et lorsque j'étais rentré à Genève pour y travailler, on m'avait expliqué que comme j'avais oublié de faire renouveler mon permis, je devais être frontalier.

Me voilà donc affublé de la rubrique sportive du TJ, en direct, pour mon examen. Je prépare mes textes, en partie in (dans l'image) en partie off (juste la voix sur une image), j'essaie de me décontracter et hop c'est parti. Cela se passe plutôt bien jusqu'à l'épreuve de ski alpin. Que je lance, commente, et ensuite, pour permettre d'admirer le style d'un magnifique vainqueur suisse, Pirmin sauf erreur (ce qui ne nous rajeunit pas) je "laisse parler l'image". C'est à dire que les téléspectateurs devaient voir le skieur dévaler la pente à tombeau ouvert, et moi garder le silence une quinzaine de secondes. Mais en réalité, c'est ma tête muette qu'ils voyaient, car le triste sire avait coupé l'image et était revenu sur moi. Exprès. En direct au TJ. Je n'avais rien à dire à ce moment là, je ne voyais pas comment passer au sujet suivant et le stress qui m'a fait immédiatement transpirer à grosses gouttes ne faisait qu'ajouter à ma confusion.

Une panne peut arriver à l'antenne, et un présentateur doit pouvoir y faire face, mais d'une part je ne voulais pas être présentateur et d'autre part, cette panne là était volontaire, le jour de mon examen de passage. J'étais jeune marié, j'étais en train de fonder une famille, un type capable de faire ce coup là à son prochain juste pour se fendre la pêche ou parce qu'il n'habite pas du bon côté de la frontière est un sale type. Maintenant si des Genevois veulent effectivement élire ce genre de personnages sectaires et méchants parce qu'ils se sentent ainsi mieux défendus, la situation n'est pas grave. Elle est déspérée.

J'aimerais ajouter une chose après que ce même bonhomme ait publié une lettre d'une dame se plaignant de ne pas trouver de job au DIP. Il se trouve que j'ai reçu, d'une dame aujourd'hui soutien actif du MCG, le même genre d'accusations. Comme d'ailleurs plusieurs hommes politiques de l'Entente auxquels cette femme déclarait régulièrement publiquement son intense admiration personnelle. Au point que c'en était gênant. J'ai accepté de la rencontrer, en lui demandant d'amener des preuves des malversations ou injustices dont elle prétendait avoir été victime. Elle n'en avait aucune. Par contre, à 16h, elle était dans un état alcoolique avancé. Au point que si cette personne avait été l'éducatrice d'un de mes enfants, je me serais plaint. Et que si j'avais eu à choisir en tant que chargé des ressources humaines, qu'elle soit genevoise ou frontalière, ou borduro-syldave, je ne l'aurais jamais engagée.

Pourquoi tant de haine me direz-vous ? Ce n'est pas de la haine, ce sont des faits exprimés posément. Car je pense qu'ils éclairent la manière dont agissent et réagissent certains leaders du MCG. Dans leurs blogs on peut lire de lourdes menaces à mon égard. Après m'avoir traité d'embrayage (ce qui fait bien rire mes copines des deux sexes, celles qui m'ont connu et celles qui auraient bien voulu, mais aucune chance), on m'accuse aujourd'hui de dissimuler des secrets de famille honteux. Lesquels ? Hormis le fait d'avoir divorcé deux fois, d'avoir la garde de mon fils et de l'élever seul ainsi que mon neveu, fils de ma soeur défunte, je ne vois pas. Ah si, oui, dans mes années d'adolescence, puis de jeune adulte, j'ai consommé des drogues. Sans jamais aller à l'excès ni me faire prendre d'ailleurs. Mais j'ai pas mal de proches qui n'ont pas eu la même retenue et qui en sont morts. J'ai aussi commis quelques excès de vitesse, et j'ai de temps à autre dépassé les durées de stationnement. Ah oui, j'oubliais, parfois je traverse alors que le feu est au rouge pour les piétons. S'il n'y a pas de voiture bien sûr...

18/12/2008

La démocratie, c'est le peuple. Mais quel peuple ?

En prévision du prochain vote sur l'extension des bilatérales, l'extrême gauche et l'extrême droite tirent à vue sur la démocratie à l'européenne qu'elles qualifient « d'Empire ». En citant l'exemple de la France et de l'Irlande, où l'on fait revoter sous une forme ou sous une autre les référendums.

D'abord j'aimerais trappeler qu'en Suisse aussi, il nous arrive de revoter plusieurs fois sur la même question, après quelques modifications cosmétiques, et même assez souvent. D'ailleurs, en proposant des lois qui remettraient en cause les traités internationaux déjà votés par le peuple, le MCG ne fait pas autre chose.

Ensuite, les commentateurs s'accordent sur la disparité des raisons ayant amené au Non lors des référendums européens. En France, les nonistes de droite étaient clairement souverainistes mais les nonistes de gauche disaient vouloir davantage d'Europe, d'une Europe plus sociale et solidaire. Sans oublier tous ceux qui votaient non juste pour emm... leur Gouvernement. Il n'y avait certainement pas une majorité d'anti-européens.

C'est d'ailleurs pourquoi l'initiative de Sarkozy, de faire revoter en congrès et en congrès uniquement a été assez généralement saluée car elle permettait de sortir de l'impasse. Aujourd'hui, les Français se doutent bien que sans l'UE, les conséquences de la crise seraient encore pires.

Cela étant la prise de décision par un congrès ou par une Assemblée (ou un Conseil) national est tout aussi démocratique que la démocratie directe, puisque ce ce sont des représentants du peuple qui décident. L'éviction de Blocher par le Parlement est l'exemple même de ce que ces choses se passent aussi en Suisse. Accessoirement, en cas d'élection par le peuple, 30% seulement de partisans ne permettent pas forcémment une élection à l'exécutif. Loin de là. Tout dépend du système choisi, et aussi du taux de participation. Tous ces éléments constitutifs de la démocratie, qui en modifient les contours.

 

Mais le plus important, c'est de déterminer qui est le peuple...

Naturellement, les individus qui composent le peuple ont chacun tendance a voter en fonction de leurs intérêts personnels à court terme, alors que l'on peut espérer que des élus parlementaires de qualité aient une vision plus globale et à plus long terme de l'intérêt général...

Ce qu'essaie de construire l'UE, c'est une structure au sein de laquelle, peu à peu, les gens se sentent intégrès, quelle que soit leur nation d'origine. Un peu comme en Suisse, où les cantons se sont peu à peu agglomérés les uns aux autres. Pas toujours de manière pacifique, rappelons-le puisque contrairement à l'UE, plusieurs cantons furent conquis par les armes. Et que plusieurs autres, ou parfois les mêmes, furent longtemps gérés de manière parfaitement aristocratiques.

En Suisse aussi, il y a des règles qui font que l'intérêt de l'ensemble prime sur l'intérêt particulier. La péréquation fiscale intercantonale, par exemple, détail fondamental, est votée dans un cadre national. Un canton, pris individuellement, ne peut pas s'y opposer. Sinon cela ne marcherait jamais, les cantons riches ne seraient jamais d'accord de payer. Surtout si c'est pour subventionner les cantons pauvres, qui peuvent grâce à cela faire du dumping fiscal...

Idem au niveau des communes. La péréquation intercommunale est discutée entre les communes, mais sera ensuite votée au niveau cantonal. Sinon, cela ne marcherait pas. Si le peuple était, non pas l'Etat national, mais la commune, voire même, pourquoi pas, le quartier, les peuples de Cologny et de Champel, refuseraient évidemment de partager leurs ressources abondantes avec le peuple des Pâquis ou de Plainpalais.

Il en résulterait des jalousies et des conflits à n'en plus finir, des barrières douanières à chaque coin de rue, un pourrissement de l'ambiance indéniable. Bref le Moyen-âge dans toute sa splendeur.

Le peuple en soi, dont se réclame abondament l'extrême-droite quand ça l'arrange, n'est pas une donnée magique ou sacrée. C'est un ensemble d'intérêts égoïstes à géométrie variable auquel on a donné le pouvoir de limiter l'égoïsme des rois et des conducators. Ou de ceux qui rêveraient de le devenir.

Si je suis pro-européen, ce n'est pas parce que je possède aussi un passeport européen. C'est parce que je considère, en tant qu'être humain, subsidiairement suisse, que l'extension de la notion de peuple au niveau européen est une avancée qui va dans le sens de l'histoire, qui limite les égoïsmes et qui permet de traiter certains problêmes à une meilleure échelle. Et que c'est en tant que membre que l'on aura le plus de chances de la faire évoluer dans le bon sens, en lui apportant notre savoir faire en la matière.

17/12/2008

Merci la Main Invisible. Et merci Bush le failli

Dans sa vie antérieure de fils à papa, avant d'être élu Président des Etats-Unis et donc personnage le plus puissant du monde, G.W. Bush était parvenu à accumuler 3 faillites successives. Les trois entreprises que l'argent et les relations de papa lui avaient permis d'acquérir et de diriger y étaient passées. Deux dans le pétrole et un club de football américain.

Jamais 3 sans 4, il est parvenu à mettre en faillite l'Etat le plus puissant du monde. Et le reste du monde avec, pour faire bonne mesure. Saluons la performance, même s'il n'est pas tout seul en cause dans l'histoire. Le reste du monde y a sa part. Mais bon, entre « sa » guerre au terrorisme, sa manière de la mener, le fonctionnement échevelé de sa planche à billets (pour entre autres financer sa guerre), son dynamitage du multilatéralisme et quelques autres mesures de moindre envergure, mais tout aussi foncièrement nocives, G.W. Bush porte indéniablement une lourde part de responsabilités dans le petchi actuel.

Pourtant à chaque chose malheur est bon. Ce grand nettoyage apporte son lot d'opportunités. A condition de savoir les saisir. Il ne s'agit pas d'en profiter pour détruire le capitalisme, mais pour l'encadrer et pour repenser la croissance et la consommation.

Il est nécessaire d'opposer un contrepouvoir politique à la toute puissance mondiale de la finance. Un pouvoir forcémment mondial et donc l'alliance des pouvoirs nationaux, ou mieux, plus efficace, une nouvelle entité, d'essence démocratique à mettre en place en réformant l'ONU.

Il faut aussi redéfinir notre niveau de vie et nos objectifs. La planète ne peut pas assurer le niveau de vie de la classe moyenne occidentale à tous ses habitants. Et ce qui nous est intolérable à l'intérieur de nos frontières nationales, à savoir que certains meurent de dénuement dans la rue pendant que nous nous empiffrons, devrait l'être tout autant à l'échelle de la planète.

Il est selon moi normal qu'il y ait des riches et des pauvres. Il est en revanche totalement anormal qu'une poignée de riches, pris individuellement gagnent 10 millions de fois plus que des dizaines de millions de pauvres, eux aussi pris individuellement. Oui vous avez bien lu, 10 millions de fois, c'est le facteur multiplicateur séparant le revenu mensuel théorique d'un Waren Buffet ou d'un Bill Gates avec celui d'un petit paysan d'Afrique Noire.

Plus exactement, il est anormal qu'un hyperriche occidental soit 100 000 fois plus riche qu'un pauvre occidental (un smicard français par exemple) qui lui-même est 100 fois plus riche qu'un père de famille africain cultivant honnêtement sa terre. C'est inadmissible et ça l'est tellement que le système, la fameuse main invisible, se rebelle et ne cautionne plus. A l'image d'une structure biologique, la biosphère économique est en train de remettre de l'ordre.

A la 3ème page de l'Utopie Urgente (que l'on trouve sur www.payot.ch) j'écrivais l'an dernier: « il va donc forcémment finir par y avoir un gros bug quelque part. Après s'être réparti tout le patrimoine mondial et s'être bouffés entre eux, ils (les capitalistes) vont devoir atterrir et sans doute très brutalement... Pour autant, la globalisation est un mal nécessaire, générateur de très nombreux effets positifs, qu'il s'agit d'encadrer ».

Aucun gouvernement ocidental ne pourrait être élu sur la base d'un programme de décroissance, ou plus exactement de croissance alternative, en expliquant aux gens qu'il faut réduire notre train de vie et l'empreinte écologique de nos modes de consommation. Pourtant, c'est ce qui est en train de se passer. Merci la main invisible. Et merci Bush, le failli. Sans le vouloir, cet abruti nous a peut-être offert l'électro-choc qui nous permettra de sauver le monde et la civilisation.

De ce qui est en train de se passer peut sortir quelque chose de très fort, quelque part entre la 3ème guerre mondiale et un nouvel ordre économico-politique . Il nous appartient de faire en sorte que l'accouchement soit le plus sans douleur possible et que l'enfant soit vigoureux, intelligent et pacifique.