14/01/2009

L'UE

Voici donc la suite de notre dossier "L'union Européenne, c'est quoi et comment ça marche ?", avec trois nouveaux articles, sur les élections européennes, le Traité de Lisbonne, les rapports avec l'Est de l'Europe.

Les européennes en 2009.doc

L'UE et l'Est.doc

Traité de Lisbonne.doc

 

Ces articles sont des papiers de fond, objectifs et informatifs. Ils permettent de se faire une bonne idéée des modes de fonctionnements européens, avec leurs qualités... et leurs défauts. Certains vont s'en servir pour critiquer l'UE. C'est de bonne guerre, mais il importe de rappeler deux choses:

1) nous ne votons pas, le 8 février pour décider de rentrer ou non dans l'Union européenne. Au contraire. En refusant les bilatérales, on rapproche certainement le moment où l'adhésion à l'UE ou à un hypothétique EEE deviendrait inéluctable. Contrainte et forcée, donc pas dans les meilleures conditions, parce que notre prospérité a besoin de l'Europe !

2) être pro-européen, à fortiori être pour la reconduction des bilatérales ne signifie pas que l'on approuve tout ce qui se passe en Europe. De même qu'être Suisse ne signifie pas que l'on soit d'accord avec toutes les décisions de Berne... Simplement, c'est reconnaître le fait que certains problèmes ont beoins d'être traités à la bonne échelle et que cette échelle, pour nombre d'entre eux est aujourd'hui l'Europe, voire le monde.

Etre pro-européen, comme être suisse (et en tant que naturalisé d'assez fraîche date, c'est comme cela que je le vois) c'est avoir le droit de dire "ceci me plait, celà moins, et je trouve que ce serait mieux ainsi". Cela s'appelle la démocratie et il est évident que l'UE se porterait mieux, en tout cas dans le coeur des européens, avec davantage de démocratie. Mais cela se conquiert et cela s'obtient par la partticipation et la persuasion. pas en restant observateur les bras croisés, ou pire les mains sur les yeux, la bouche et les oreilles, pour surtout ne pas voir ce qui se passe à nos portes.

La Suisse ne s'est pas faite en un jour. L'Union européenne non plus !

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Philippe,

Suisse fraichement naturalisé ou pas, vous êtes désormais Suisse. (rassurez vous personne n'est parfait :o)

Concernant l'Europe, je ne pense pas que les Suisses dans leur majorité soient contre l'idée d'une grande Europe puissante.

En revanche, et là c'est mon avis personnel, perdre notre système démocratique, notre fonctionnement institutionnel au profit d'une entité qui n'a pas fait ses preuves, sauf peut - être dans le domaine économique, ne peut pas représenter un rêve qui me motiverait.

Durant la campagne pour la Constituante, invité par le GHI à un débat, j'ai émis l'idée, partagée par d'autres membres de l'UDC, qu'au lieu de nous apparenter à ce système européen centraliste du pouvoir, nos voisins européens pourraient peut être s'inspirer de notre système fédéraliste pour bâtir un système politique dans lequel chaque membre et au delà chaque citoyen, pourrait se retrouver et défendre, comme nous le faisons entre commune, canton et confédération, ses propres intérêts et ses positions.

Imaginez les réactions... : -"dire que c'est un UDC qui dit ça..."

Pourtant, des discussions et des débats ont lieu sur ce sujet au delà de nos frontières. De plus en plus de personnes, dans les pays voisins, pensent que nous avons un système démocratique qui fonctionnent bien, qui a fait ses preuves, et l'idée saugrenue de s'en inspirer apparaît moins saugrenue qu'il n'y paraît.

Pour cette raison, on insiste à ce que les Suisses rejoignent l'UE... mais pourquoi les membres de l'UE ne rejoindraient - ils pas la Suisse en développant un système démocratique parfaitement huilé et fonctionnel qui ne prétérite personne et qui permet une réelle cohésion entre Etats ?

Ce qui m'amène à une question, pourquoi Diable Philippe, irions nous nous faire absorber dans un système construit sur un modèle centraliste qui caractérise la majorité des pays européens, alors que notre système est sous tout point de vue bien meilleur ?

En fait, avons nous raison de nous en-têter à vouloir rejoindre un système qui n'a pas fait ses preuves, alors que nous avons l'un des meilleurs système démocratique du monde ?

Ne sommes nous pas en traiter la question à l'inverse du bon sens ?

Bien à vous Philippe,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 14/01/2009

Bonjour Stéphane et merci de votre visite.
Je suis parfaitement d'accord avec vous sur l'objectif: une Europe plus démocratique. Mais pas sur les moyens d'y parvenir. Je pense que nous avons plus de chances d'exercer notre influence dedans que dehors. Et cela commencerait au moment des pourparlers sur une éventuelle adhésion, par la manière dont seraient prises en compte nos spécificités démocratiques.
L'UE peut-être très créative en matière d'aménagement spécifique lorsqu'elle en a envie ou besoin. Elle l'a prouvé. Et ce serait pour elle une expérience "in vivo".
Lors de mes expériences politiques récentes en France, au Conseil National du Modem notamment, j'ai constaté un vrai intérêt pour toutes ces questions de référendum, de droit d'initiative, de direction collégiale, de subsidiarité etc... D'ailleurs, la direction du Modem en Suisse (donc pour les Français résidant dans notre pays) est désormais assurée par une direction collégiale, avec une présidence tournante changeant chaque année... Et ce par dérogation spéciale de Paris, à titre expérimental.
Cela étant, le 8, nous ne votons pas sur une adhésion (encore moins sur une dissolution dans le grand ensemble, comme vous dites) mais sur la reconduction des bilatérales.
Ce qui rappelle selon moi l'autre raison de la nécessité de liens solides avec l'UE: il y a des problèmes à traiter, dans le monde et dans notre vie d'aujourd'hui, qui ne peuvent pas attendre que l'UE se soit doté du droit d'initiative et de référendum (qui entre parenthèse existe, mais n'est pas utilisé par les citoyens): je pense à l'économie, à l'écologie, au développement, aux mouvements de populations, à la sécurité des personnes et des biens, aux mouvements de capitaux, etc...
Seuls sur la plupart de ces questions, nous n'avons quasiment aucun poids. Alors qu'au sein de l'UE, nous avons les moyens de nous faire entendre, d'y développer nos thèse et d'obtenir un effet de levier tout à fait intéressant.
Bien à vous

Écrit par : Philippe Souaille | 14/01/2009

"2) être pro-européen, "

Ce qui est inadmissible, c'est que des bi-nationaux ait le droit de vote en cette matière.

Expliquez-moi donc pourquoi vous avez le droit d'avoir plus de droits que les simples nationaux? Oû est l'égalité? C'est la négation de la démocratie.

Écrit par : Johann | 14/01/2009

Décidément, Johann, national et socialiste, vous faites très fort...
En Suisse, je n'ai pas plus de droits que vous.
J'ai en Suisse (où je réside et/ou travaille depuis 1960 quasi sans interruption) strictement les mêmes droits qu'un autre Suisse, à savoir celui de voter.
Et j'ai en France, d'où je suis originaire, presque les mêmes droits qu'un Français résidant, c'est à dire de voter à certaines élections (pas toutes).
Accessoirement, nous sommes plusieurs centaines de milliers de bi-nationaux (ou tri-nationaux) suisses et européens en Suisse. Tous ne sont pas pro-européens, très loin de là.
Si je vous comprend bien, les handicapés devraient s'abstenir sur les votes qui les concernent, les toxicomanes de même, les banquiers si on votait sur le secret bancaire, et pourquoi pas les ouvriers si on se mettait à revoter sur le nombre d'heures de travail hebdomadaires ? Ou exclure des votes sur l'assistance sociale tous ceux qui ne paient pas d'impôt, comme c'était le cas dans l'Athènes antique ?
De fait, il me semble que la démocratie serait mieux servie si tous ceux qui travaillent et paient des impôts à Genève pouvaient s'y exprimer, au moins sur certains thèmes, sans forcément attendre des années pour cela. Mais vous êtes visiblement très loin de ces positions là, obsédé que vous êtes par votre protectionnisme étroit.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/01/2009

Philippe, le conseil des états est bien composé de deux conseillers par canton.
Ma suggestion est donc réaliste, quand je vous disais 1 paix = 1 voix.
Vous m'avez répondu que cela ne représente pas le nombre d'habitants.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/01/2009

Victor, comparons ce qui est comparable. Le conseil des Etats représente des Cantons suisses. Qu'Uri et Zürich aient chacun 2 voix aux Etats est à mon avis discutable, mais encore acceptable. Notre débat portait sur des Etats européens. Soit par exemple le Liechtenstein qui fait moins de 80 000 habitants et l'Allemagne qui en fait 80 millions. Le rapport est de 1 à 1000 et je trouve inconcevable dans ce cas que vaduz et Berlin aient la même voix.
Ce serait encore pire en cas de fédération démocratique mondiale (vive l'Utopie Urgente) entre Kiribatti, 20 000 habitats et la Chine, 1 milliard et demi, presque 100 000 fois plus !
Mais en plus nous parlions de chambre basse, où généralement les représentations sont plus ou moins proportionnelles. Le Conseil des Etats est la chambre haute. Et ce qui s'en rapproche le plus, au niveau européen, c'est la Commission européenne, au sein de laquelle, précisément, chaque pays a droit à un commissaire. Ce que personnellement je trouve assez bancal, pour les raisons exposées plus haut. Mais vous voyez que l'Europe répond à certaines de vos attentes...

Écrit par : Philippe Souaille | 14/01/2009

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