19/01/2009

UE: comment l'UDC s'enfonce dans le mensonge !

Dans son dernier blog, M. Nidegger tente à nouveau, avec la plus parfaite mauvaise foi de faire prendre aux électeurs des vessies pour des lanternes.

M. Reiterer, l'Ambassadeur de l'UE à Berne, s'est exprimé samedi à Neuchâtel. M. Nidegger (on lui pardonne d'écorcher le patronyme de l'Ambassadeur, on a si souvent écorché le sien) tire une moitié de phrase dans son discours, pour en sortir toute une théorie absolument contradictoire aux propos tenus en réalité par l'Ambassadeur.

 

Celui a bel et bien dit : Si la Suisse vote Non, l'UE ne fera rien... C'est en effet à ce stade une affaire intérieure suisse. Tout le monde est d'accord là-dessus et M. Nidegger ne nous apprend rien. Ce sont les conclusions qu'il en tire qui sont complètement fallacieuses. Aucun espoir en effet de maintenir les bilatérales en excluant la Roumanie et la Bulgarie. Car ce que ne dit pas M. Nidegger, c'est que comme l'a précisé M. Reiterer, les bilatéales seront annulées automatiquement, six mois plus tard, comme le prévoient les accords.

En fait, l'UDC tente de faire croire désespérément à la fable selon laquelle un accord est possible qui exlurait les deux nouveaux membres, en contradiction flagrante avec l'article 23 des bilatérales. C'est évidemment faux et l'Ambassadeur a été extreêment précis, comme en témoigne la suite du compte rendu de la réunion, extrait du quotidien local, l'ARC:

"Un débat où l'ambassadeur a été très clair: l'UE compte 27 Etats membres, pas 25+2, «et si on veut négocier avec l'Union, les 27 doivent être d'accord.» Michael Reiterer se dit donc «chagriné» par les jugements qu'il entend en Suisse concernant la Bulgarie et la Roumanie, et les allusions à des activités criminelles. Pour l'ambassadeur, il serait utile que la Suisse et l'UE négocient une sorte d'accord cadre, qui chapeauterait les autres traités: «Il faut trouver une solution aux problèmes qui reviennent tous les deux ou trois ans».

Et de rappeler que ce n'est pas l'UE qui est demandeuse: «L'Union élargie regarde aujourd'hui davantage vers l'est que vers le centre ou le sud. La Suisse n'est donc plus au centre de l'intérêt comme auparavant.»

Des représentants de tous les partis neuchâtelois ont ensuite échangé leurs arguments lors d'une table ronde. Sans vrai contradicteur puisque le représentant de l'UDC, le député Pierre-Alain Storrer, est favorable à la libre circulation, comme une minorité du parti neuchâtelois, alors que le député popiste Alain Bringolf a rappelé que son parti a choisi la liberté de vote.

Commentaires

Persécution des Bahai'es : vous retrouverez l'info sur le cousin de la famille Nicollier AZIZ SAMANDARI, emprisonné dans la sinistre prison d'Evin en Iran, en cliquant juste-au-dessus du titre du présent blog.

http://philippesouaille.blog.tdg.ch/archive/2009/01/19/perseuction-des-baha-ie-en-iran-le-cousin-de-mme-nicollier-a.html

Écrit par : Philippe Souaille | 19/01/2009

Je n'y étais pas, mais Swissinfo a entendu la même chose que vous http://tinyurl.com/96qjjp Pas très malin de la part de M. Nidegger, de nier l'évidence dans son article, aveuglé qu'il est par la doctrine de son parti.

Écrit par : Tatage | 19/01/2009

A court d'argument sérieux, les partisans du Non sont vraiment tombés bien bas. Ils s'affolent au point de se laisser aller à emboucher les trompettes de la calomnie. On est passé des noms d'oiseaux aux insinuations carrément lourdingues. L'un des blogueurs défenseurs du OUI s'est vu à plusieurs reprises reprocher son orientation sexuelle supposée. Comme si cela pouvait avoir un quelconque rapport avec la votation du 8 février ?
On me reproche à moi d'être d'origine française. Ce qui selon certains devrait me valoir d'être interdit de vote sur les questions européennes. Et ce genre d'attaques ne vient pas que de la piétaille fascisante et xénophobe des défenseurs du NON. La tête même montre l'exemple, puisque dans son blog, le président de l'UDC genevoise se plait à affirmer qu'il y aurait des liens (sous-entendus coupables) entre le parti radical et la Roumanie.
La réalité, c'est que le père de l'actuel Président du parti radical genevois est consul honoraire de Roumanie depuis des années. Une fonction administrative, fréquemment confiée par les petits pays à des ressortissants du pays d'accueil ayant une affection ou des affinités quelconques avec le pays qui a besoin d'un consul, essentiellement pour délivrer des visas.
Qu'est-ce que cela peut avoir à faire avec le vote du 8 février ? Hormis le fait que les sous-entendus de M. Pardo sont extrêmement déplaisants à l'égard d'un Etat souverain, qui a son lot de problèmes, hérités d'une dictature communiste de la pire espèce ?

Écrit par : Philippe Souaille | 19/01/2009

Au fait, Salaud Pardi, il a pas des origines turques par hasard?...

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 19/01/2009

Contrairement aux corbeaux,l'UDC vole très bas ces jours.
Le problème de ce parti est son protopatriotisme qui n'est vraiment plus d'actualité.

D.J

Écrit par : D.J | 19/01/2009

Cher M. P. Souaille,
On vous reproche rien, on se pose seulement la question comment on peut défendre les intérêts opposés. Vous êtes français d'origine et suisse naturalisé. Vous défendez les intérêts de l'UE et vous donnez les leçons de vote aux citoyens de votre pays d'adoption. Il me semble que votre prise de position manque un peu de cohérence.

Écrit par : amb | 19/01/2009

Cher Monsieur annonyme amb, votre erreur vient je crois de ce que vous considériez les intérêts de l'UE et ceux de la Suisse comme étant opposés. Cela n'est pas mon cas. Nous ne sommes pas en guerre avec l'UE et je pense très sincèrement qu'il est de l'intérêt des deux parties de s'unir de plus en plus étroitement.
Dès lors je suis logique avec moi-même en agissant dans le sens de ce que je considère être l'intérêt de la Suisse. Il est d'ailleurs assez amusant de remarquer que nombre des ténors de l'UDC qui appellent au Non (tranchant en celà avec la longue tradition d'ouverture et d'hospitalité genevoise) ont des origines étrangères. Faudrait-il de ce fait leur interdire de voter, ou juste aux Suisses d'origine étrangère qui souhaitent voter OUI ?

A ce sujet Carlitos, je crois au contraire que M. Pardo a comme vous des origines espagnoles, simplement un peu plus lointaines, sa famille étant entretemps passée par l'Empire Ottoman. Mais en ce qui me concerne, ce côté cosmopolite me rendrait plutôt son personnage attachant. Dommage qu'il fasse preuve par ailleurs de tant d'aveuglement et de parti pris dans ses choix politiques.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Philippe,

je crois que les jeux de mots sur les noms de familles et les prénoms n'ont pas vraiment lieu d'être dans un débat aussi vaste et compliqué. Le petit jeu de mot de Carlitos n'amène rien au débat et les origines de M. Pardo ou de M. Souaille ne sont que le témoignage de l'ouverture d'esprit de ce pays.

Ensuite que le patriotisme est cette valeur qui fait que de nombreux membres des services de sécurité du pays se donnent matin midi et soir pour garantir votre liberté d'expression en défendant la Constitution. Un patriote ne défend pas la couleur rouge ou blanche, un patriote défend un mode de vie. En adoptant ce mode de vie au quotidien, vous êtes vous aussi, des patriotes.

Aussi, arguer la xénophobie et le racisme à tout bout de champ pour contrer les arguments démocratiquement exposés... me paraît un peu fort et surtout complètement déplacé. L'UDC n'est pas plus xénophobe et / ou raciste que les autres partis. Faudrait voir à arrêter avec cet argumentaire qui ne résiste pas une analyse sérieuse de nos propos.

Nous exposons des préoccupations ressenties par une part importante de la population et jusqu'à preuve du contraire, nos concitoyens ont encore leur mot à dire sur toute décision importante qui se prend dans notre démocratie directe.

Les craintes sont justifiées de part et d'autres et si je peux accepter de débattre avec les uns ou les autres, ce n'est certainement pas pour me faire assimiler à de la "piétaille xéno et raciste" parce que j'appartiens au plus grand parti de Suisse.

Depuis le début de la campagne nous exposons des faits, des chiffres, des textes de loi, des traités, les mêmes d'ailleurs que nous avons discutés et débattus en interne avant de prendre le plus démocratiquement du monde une position sur cette votation. Tous les partis ne peuvent pas se prévaloir d'avoir un fonctionnement aussi démocratique.

Sans avoir peur de me répéter, si les partisans du OUI avaient abandonné l'arrogance de leur conviction en venant avec un constat : nous avons tel et tel problème, là sur ce point nous avons manqué nos engagements, l'extension posera des problèmes X-Y, trouvons des solutions...

Mais non, on fait fie des préoccupations de nos concitoyens, on occulte l'ensemble des problèmes rencontrés prétextant que les accords sont une réussite unanimement saluée... alors que c'est faux.

De plus, peut être n'êtes vous pas encore habitué à vivre en démocratie directe, mais lorsque notre Exécutif dépasse de ses prérogatives, ne respectent pas ses engagements, nosu sommes en droit de lui dire NON, de le renvoyer avec sa copie sur les bancs de l'école.

Un dernier point, malgré toute les gesticulations de l'Exécutif fédéral qui se voudrait Khalif à la place du Khalif, le peuple est le seul souverain de ce pays et il a le droit le plus légitime d'exprimer sa volonté au plus haut de l'Etat. Rappelant à qui de droit que nul n'est au dessus du peuple souverain.

Le peuple peut avoir tort, mais il ne se trompe jamais.

Bien à vous Philippe,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 19/01/2009

Cher Stéphane, je suis globalement d'accord avec vous, c'est pourquoi je voudrais préciser ma pensée. Lorsque je parle de piétaille xénophobe ou raciste, je ne pense pas à tous les défenseurs du Non, dont certains, comme vous, ne font que soulever des inquiétudes légitimes. Je pense à ceux (évidemment anonymes) qui traitent untel de pédé, tel autre de frouze etc...
C'est pourquoi j'ai été particulièrement choqué par l'attitude de M. Pardo, qui en tant que Président de la section genevoise de votre parti, se permet (et c'est la deuxième fois, il avait déjà tenté d'intervenir dans mon blog sur ce terrain) de mêler à la campagne les activités professionnelles (on ne peut plus légales et honorables) d'un membre de la famille du Président de mon parti, en sous-entendant je ne sais quelles accointances louches.
Si Carlitos dérape, ce que je regrette, force est de reconnaître que ce n'est pas lui qui a commencé... Et c'est pourquoi j'ai passé jeu de mollet.
Sur le fond, débattre de ce que nous apporte l'UE n'est pas inintéressant, mais permettez moi de vous rappeler que c'est un deal global, dans lequel il y a forcémment du bon et du moins bon. On peut toujours tenter d'améliorer les choses, mais il est clair que la Suisse ne peut pas être gagnante sur TOUS les tableaux. Lorsqu'on reçoit, il faut aussi donner.
Fondamentalement, l'avis de la grande majorité des gens qui s'occupent d'économie dans ce pays est que l'UE nous est indispensable. Or nos responsables de l'économie, hormis les patrons de l'UBS - qui étaient les meilleurs copains de votre patron Cristoph B. permettez moi de le rappeler - ne s'en sortent pas si mal dans la crise mondiale.
Et puis pardonnez-moi, mais j'escomptais mieux de M. Nidegger, qui vraiment nous sort des arguments indignes du juriste de talent et de l'esprit brillant qu'il prétend être. Sortir trois mots du discours d'un Monsieur pour tenter de lui faire dire autre chose que ce qu'il a dit et répété durant tout le reste de son discours, c'est infantile et mensonger.
Sur le patriotisme, enfin, je crois que DJ parlais de protopatriotisme, ce qui ne signifie pas que le patriotisme soit forcément une valeur dépassée mais que certaines formes de celui-ci, pratiquées abondamment par l'UDC, le sont incontestablement. Vous parlez précisément de mode de vie. J'y suis comme vous attaché, et prêt à le défendre, dans la mesure de mes moyens, pour moi et mes enfants. Mais pas à n'importe quel prix, et pas forcément tous les aspects de ce mode de vie.
Ainsi lorsqu'il aboutit à écraser la nature, à piller les richesses naturelles des régions plus pauvres et de manière générale à maintenir dans le dénuement absolu un tiers de l'humanité, pour que nous puissions, nous, gaspiller à loisirs, je ne suis pas d'accord. Et là encore je cherche à agir et à réagir, non pas en faisant la révolution, mais en essayant de faire bouger les choses tranquillement, à un rythme pacifique.
Bien à vous

Écrit par : Philippe Souaille | 20/01/2009

@ M. Valente :
« Aussi, arguer la xénophobie et le racisme à tout bout de champ pour contrer les arguments démocratiquement exposés... me paraît un peu fort et surtout complètement déplacé. L'UDC n'est pas plus xénophobe et / ou blablabla…etc »

Pleurnicheries, ce paragraphe est la nouvelle façon de fonctionner de tout bon partisan de l’UDC : qui a dit sur ce blog que l’UDC était xénophobe ? Sans doute une mauvaise habitude de la part de M. Valente à cours d’à propos dès lors que l’on parle de l’UDC.
De Plus M. Valente persiste, M Souaille ne parle pas de patriote mais de patriotisme, la différence existe et est connue.

Pour terminer, M Valente utilise à merveille une autre technique Udciste : la non-information. En effet, les partisans du OUI sont convaincus de leur savoir et le propagent (arrogance ? Justification faible et très suisse lorsqu’on en sait moins que l’autre), alors que ceux du non enfonce la population dans la méconnaissance sur les réels enjeux, jusqu’à interpréter les propos d’un haut fonctionnaire.
Mais, j’attends avec plaisir l’opinion sincère de M. Valente, qu’il se recentre sur le sujet de M. Souaille…

Écrit par : TS | 20/01/2009

Stéphane, lorsque j'entend parler de protopatriotisme, concernant l'UDC, cela signifie pour moi que ce parti donne l'impression de s'accrocher désespérément à tout ce qu'il peut trouver comme valeurs conservatrices, synonymes d'immobilisme.
Ce qui le différencie du MCG, qui lui ne s'accroche à rien de défini et ne fait que s'opposer à tout, du moment que cela permet à son leader de faire le clown devant les caméras.
Etant moi-même d'humeur progressiste, je suis donc généralement en désaccord avec l'UDC, mais respecte son point de vue, tant qu'il repose sur des raisonnements solides et des arguments vérifiables. Dans le débat sur le vote électronique par exemple, vos objections semblent pertinentes et me font douter.
Dans celui sur l'Europe, je ne vois guère que de basses manoeuvres politiciennes et une sacrée dose de mauvaise foi chez ceux de vos ténors qui recommandent le Non. Car comme vous le savez, les plus modernes et lucides de vos dirigeants défendent le OUI!

Écrit par : Philippe Souaille | 20/01/2009

@Philippe

"A ce sujet Carlitos, je crois au contraire que M. Pardo a comme vous des origines espagnoles, simplement un peu plus lointaines, sa famille étant entretemps passée par l'Empire Ottoman."

Moi je n'ai posé cette question qu'au regard des reproches qu'il vous a adressé, vous savez bien que je me fous des origines et des races comme de l'an 40, par contre je suis sensible aux idéologies contraires à mes convictions (Socialisme, islamisme, conservatisme paysan).

@Stephane

"je crois que les jeux de mots sur les noms de familles et les prénoms n'ont pas vraiment lieu d'être dans un débat aussi vaste et compliqué. Le petit jeu de mot de Carlitos n'amène rien au débat et les origines de M. Pardo ou de M. Souaille ne sont que le témoignage de l'ouverture d'esprit de ce pays."

l'UDC est une insulte sur patte et a fondé sa popularité sur l'insulte à tout va. Alors SVP (sans jeu de mot), Stephane, je vous aime bien, mais arrêtez de jouer les vierges effarouchées. Parce que les "Il n'y a que Souaille qui m'aille", dans le genre jeu de mot foireux sur un nom, c'était pas mal non plus! Ebcore une fois quand on sème la merde, on ne chiâle pas quand elle revient dans sa poire. Et sur le thème qui nous occupe, contrairement au sujet "Israël", je suis 100% avec Souaille, et vu la force de la charge UDC sur les blogues de la TDG, j'estime que tous les coups sont permis.

Pour le débat, mené par le manipulateur et ex-mooniste Nidegger avec la pire mauvaise foi du monde, comme si ce qui n'est pas apparu comme une évidence pour la direction de l'UDC il y a quelques mois l'était tout à coup aujourd'hui, c'est un vrai scandale et une sérieuse mise en danger de notre économie par des avocaillons couillons sans un seul pied dans l'économie réelle au service d'un parti qui ne travaille qu'à son propre bien et souille la Suisse et sa réputation internationale.

Je n'ai aucun respect pour votre parti, et j'avoue que même votre pseudo amabilité léchée me lasse à la longue. Vous restez au service d'un parti d'ordures et de couillons. c'est dommage, vous êtes plutôt bon type...

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 20/01/2009

Il est clair que je ne mélange pas le patriotisme,(l'amour de son pays et des siens,un patriotisme dont je fait partie)et le protopatriotisme,(patriotisme d'une Suisse resté figé des premières décénies du 20ème sciècle.là j'en fait pas partie).

La modernité,l'ouverture des frontières économique,Les flux migratoires,la mobilité des personnes( Se déplacer à l'autre bout du monde est devenu la norme)fait de que la Suisse d'aujourd'hui na plus rien à voir avec celle du 19ème sciècle.Comme la suisse de maintenant n'aura plus rien à voir avec celle de 2050.

L'udc est son protopatrotisme,c'est de vouloir garder la Suisse tel qu'elle était par rapport à l'Europe de 1950.

D.J

Écrit par : D.J | 20/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Philippe,

pour répondre à TS mon avis sincère, exprimé dans mon commentaire, est que nous avons totalement exclu les préoccupations légitimes de nos concitoyens sur des problèmes bien réels. Ensuite que la Confédération en ficelant le paquet, comme elle l'a fait, nous pouvais pas à s'attendre à une "adhésion" à des manoeuvres politiciennes qui ne leurent personne.

De fait, depuis que je suis aux "affaires", j'écoute et j'entends les communiés s'exprimer sur les différents points que soulève la votation fédérale du 8 février. Les choses apparaissent dès lors bien plus complexes que sur le papier. La hausse des casses, le chômage, le dumping, font partie du quotidien de nos concitoyens qu'ils soient Suisses ou étrangers d'ailleurs.

Que devrais-je répondre à un communié qui m'interpelle et que me dit avoir perdu son travail en raison de l'arrivée d'une main d'oeuvre étrangère à meilleur prix ? Que sur le papier, les accords bilatéraux sont une merveille et que ses propos sont dénués de sens ? Que dois-je répondre à un autre communié qui s'est fait combrioler, voir agresser, que Shegen est un merveille de sécurité et que ses propos sont dénués de sens ? Ou encore, dernier exemple, à un communié qui me parle de l'avenir de ses enfants dans la perspective de l'ouverture, des diplômes plein les poches mais pas de boulot, donc pas d'avenir...?

C'est une position facile de défendre sur Internet, sur des blogs, les bienfaits de tel ou tel accord international, dans la réalité du terrain ça l'est beaucoup moins.

Dès lors, n'est ce pas mon rôle de politique au service de mes concitoyens de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour les protéger ?

A mon sens d'UDC convaincu, nos concitoyens sont prioritaires sur toute autre considération. Maintenant, la question est de savoir si effectivement les accords bilatéraux peuvent être, ou non, compatibles avec la défense de leurs intérêts.

Et c'est bien là que le bas blesse. Est ce que ces accords ont été plus profitables, est ce que ces accords ont été moins profitables, à nos concitoyens ?

Les chiffres le confirment : hausse de la criminalité, hausse du chômage, baisse des salaires et popérisation d'une part notable de la population.

En tant que politique aux affaires, puis-je faire l'économie de ce constat ?

Vous tenez votre réponse TS. Alors oui, je revendique d'être UDC car je place le bien être de nos concitoyens au dessus des autres considérations. Nationalisme, patriotisme, appelez ça comem vous voudrez... la sémantique ne changeant rien au quotidien de nos citoyens.

A la vue de l'ensemble des éléments sus-cités, dans le cadre de mes activités politiques, avec l'expérience du terrain, je voterai NON parce que les préoccupations de nos concitoyens n'ont pas été prise en compte et les solutions aux problèmes jamais évoquées.

Carlitos, moi aussi je vous aime bien, (petite tape amicale sur l'épaule) nos désaccords, votre fougue naturelle à défendre des sujets qui vous tiennent à coeur, étant à mon sens une qualité, même si vous défendez des positions antagonistes aux miennes... c'est pourquoi, je vous passe le :

-"Vous restez au service d'un parti d'ordures et de couillons."

De fait, je ne suis au service de personne, sinon des citoyens et des idées, votre méconnaissance des talents qui forment l'UDC apparaît clairement dans cette phrase. Et puis, de toute manière l'ONU, le TPI, et l'OTAN ne sont pas disponibles donc je ne peux pas en appeler à leur intervention :o)

Ensuite ne confondez pas mon ouverture au débat et mon souci de maintenir le respect pour mes adversaires, avec une pseudo amabilité bien léchée, car si je voulais vous dire merde, je n'aurais pas la moindre hésitation. Soyez en sûr.

Pour le reste, comme expliqué à TS, étant "aux affaires" j'ai une toute autre approche que celle théorique contenue sur un traité X-Y... c'est donc fort d'une certaine expérience du terrain et en tant que serviteur du peuple souverain que je me pose des questions et que je dois y opposer la meilleure réponse en mon âme et conscience. C'est un choix parfois Cornélien, il faut bien l'avouer car vous faites forcément des mécontents.

Quant à savoir si je suis un bon type, je suis assez mal placé pour y répondre, mais j'apprécie... (à moi les fleurs, à moi les fleurs :o)

Philippe concernant la votation sur le vote par Internet, j'espère sincèrement que le Tribunal Administratif reportera la votation afin que nous puissions avoir un réel débat sur ce sujet afin que les concitoyens soient informés et puissent faire leur choix en connaissance de cause. Ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. Et aussi que soit retirée la modification de l'Article 48 alinéa 4 de La Constitution qui elle n'a strictement rien à voir avec le vote par Internet mais est inscrite dans ce même objet soumis à votation.

Pour terminer, les indicateurs sont au rouge et quel que soit l'issue de la votation du 8 février sur les bilatérales, l'année 2009 s'annonce difficile et soyons en sûrs, il nous faudra alors serrer les rangs pour traverser la crise qui arrive car elle n'épargnera personne...

Bien à vous Messieurs,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 21/01/2009

Stéphane, vos arguments vous honorent et sont représentatifs d'un homme de terrain, soucieux du devenir de ses concitoyens au quotidien. Et je ne doute pas un instant que vous ne pédaliez dur, un peu comme on dit "le nez dans le guidon".
C'est tout le problème. Car gouverner, c'est prévoir, et il y faut de la hauteur de vues. Ce qui apparait évident lorsqu'on l'a sous le nez, peut prendre une autre forme, lorsqu'on change l'angle de vision. Ou qu'on regarde non pas seulement la photo, mais tout le film.
En l'occurrence, la monde change, les relations économiques avec lui, c'est une réalité incontournable. La Suisse peut d'autant moins y échapper que comme vous le savez elle ne dispose d'aucune ressource naturelle, hormis ses montagnes pour le tourisme... Les échanges avec l'extérieur sont donc vitaux pour elle, qui tire un franc sur trois de ses revenus de l'étranger, un franc sur deux à Genève...
Le monde s'ouvre, les frontières tombent, c'est la base de la prospérité et de l'expansion économique qui a marqué ces dernières années. Les refermer serait suicidaire, d'autant que la Suisse en profite plus que d'autres. Maintenant, évidemment qu'il y a des perdants. Car les entreprises changent, se recyclent, certaines meurent d'autres se créent. Vous y êtes particulièrement sensible et cela vous honore, mais dites-vous que vous voyez surtout la partie de l'iceberg qui vient se plaindre, pas forcément celle qui profite des changements, à priori plus importante, les chiffres sont formels.
Le chômage avait commencé à baisser à Genève, jusqu'à la crise de septembre. Mais ce qui est certain, c'est que sans les bilatérales, cela aurait été bien pire. Plusieurs des boîtes qui ont engagé des frontaliers, parfois dit-on à la place d'un Genevois (ce qui au demeurant, permet de payer des impôts et des cotisations chômages dont va profiter le-dit genevois) auraient tout simplement fermé sans la bilatérales.
Alors la meilleure chose à faire, et le Gouvernement cantonal s'y emploie, c'est d'accepter les bilatérales et leurs effets globalement positifs sur l'économie, tout en cherchant à combattre, par des mesures locales, les effets négatifs sur le chômage.
Idem de Schengen. La criminalité augmente, soit, je ne suis pas un spécialiste de ces chiffres et vous fait confiance, mais d'une part avec l'augmentation de la précarité, c'est forcément presque mécanique, et d'autre part,la circulation des personnes est aujourd'hui facilitée, c'est ainsi.
Nous n'y pouvons rien, et fondamentalement c'est une bonne chose: les transports coûtent moins chers, le Mur de Berlin est tombé, les jeunes Africains, sans compter les jeunes issus du Moyen Orient et d'ailleurs qui fuient la guerre, ont soif eux aussi de prospérité. Et comme au sein de toutes les générations d'immigrants, partout, à toutes les époques, il y a dans le lot, quelques énergumènes qui tentent de s'enrichir au plus vite, par tous les moyens.
Je me souviens m'être fait arrêté avec des pistolets sous le nez, façon cowboy, il y a une trentaine d'années, sur les quais, alors que je circulais à 4 heures du matin, avec mon Alfasud et mes plaques 74. Réflexion des policiers, après s'être excusés de la brutalité de l'intervention:
"Vous qui êtes journaliste, vous devriez savoir qu'avec une Alfa et des plaques noires, on est un suspect potentiel". Par plaques noires, ils voulaient évidemment dire "plaques de la même couleur que les plaques italiennes", car à l'époque c'était le gang des Italiens qui terrorisait Genève, après avoir assassiné un gendarme... et dérobé une Golf banalisée de la police, sous mes yeux à Cornavin.
Pour bénéficier de la Libre circulation, les ressortissants de l'UE, qu'ils soient bulgares, roumains ou autres, doivent avoir un contrat de travail. Sinon, ils sont des touristes, comme tout le monde. Inutile de vous préciser que les malandrins et les mendiants n'ont pas de contrat de travail. Et qu'ils n'ont donc nul besoin de la reconduction des b ilatérales ou de l'extension de la libre circulation à la Roumanie et à la Bulgarie
Que la frontière soit une passoire, c'est un fait, elle l'était même pendant la guerre, en dépit des contrôles particulièrement musclés de la Police allemande... Voter Non aux bilatérales ne changera rien à cela.
Quant au vote en deux fois, répétons-le: il suffisait de voter non à l'extension pour, dans les faits, annuler les bilatérales, car celles-ci s'appliquent fatalement à tous les Etats membres de l'UE. Autant donc voter en une seule fois. Le reste, ce sont des arguties juridiques de juristes qui tentent de sortir l'UDC de l'ornière dans laquelle elle s'est embourbée toute seule.
Le problème, c'est que si jamais elle parvient à convaincre une majorité de citoyens le 8 février prochain, elle entrainera avec elle dans l'ornière tout le pays. Et là, les communiés qui viendront vous voir pour les aider à sortir de la mouise seront beaucoup plus nombreux. Et cette fois, ils auront de vraies raisons d'en vouloir, non pas au système ou aux frontaliers, mais à vous, à l'UDC, personnellement.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/01/2009

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