24/01/2009

By Appointment to His Majesty the Nabot

 

Le Nabot frénétique et son épouse ont franchi un nouveau pas dans la transformation de la fonction présidentielle française en monarchie élective. S'inspirant du « By appointment to Her Majesty the Queen » des pots de marmelade d'orange, Carla Bruni-Sarkozy et son mari font désormais de la pub directe pour leurs fournisseurs. A commencer par une obscure professeure d'aérobic italienne dont toute la presse française et paraît-il étasunienne vante les mérites depuis quelques jours. Un véritable ouragan médiatique.

Qui la présente comme « La » coach minceur d'une pléïade de stars qui utiliseraient ses techniques non seulement pour affermir leur silhouette, mais aussi, détail qui tue, pour renforcer leur libido... Notamment, en s'entraînant à muscler et contracter leurs sphincters et leur ceinture pelvienne pour lutter contre l'éjaculation précoce ! Tout un programme.

Il est vrai que la Carla, avec l'expérience qu'on lui prête, doit posséder quelques points de comparaison, en G, G' et sans doute ailleurs aussi, et n'être pas toujours facile à satisfaire. Pour un Président en exercice, hyperactif qui plus est, une fois usé le coup du prestige du pouvoir, il faut trouver le temps et l'énergie d'assurer. L'Italie, c'est bien joli, mais c'est comme partout, si l'on n'entretient pas, ça refroidit.

Donc le nain bosse fort, apprend à contracter tout son petit matériel (enfin, petit j'en sais rien, et puis de toute manière, il paraît que tout ce qui est petit est mignon) et aurait déjà perdu, dans l'effort, ses fameuses poignées d'amour que Paris Match avait méchamment rabotées. On n'en est pas encore à la tablette de chocolat, mais il serait sur la bonne voie.

Quand à la Carla, elle s'expose carrément sur le site de sa copine italienne, expliquant de sa voix rauque & Rolles, Aubonne, Gimmel... et tout le toutim que la méthode est géniale, qu'elle possède un corps encore plus galbé à son âge que quand elle avait 20 ans. Là, quand elle dit «galbé » elle se passe la main dans les cheveux en osant une faussement timide (mais très profonde) inspiration...

Du coup, on se demande bien pourquoi Ponce de Leon s'est éreinté la santé à silloner les marais des Everglades infestés d'alligators pour trouver la fontaine de Jouvence, alors qu'il lui suffisait de remuer ses sphincters pour arriver au même résultat.

Ceci dit, sur le site, on chercherait en vain la pléïade de stars hollywoodiennes annoncées. A part la Carla et un cardiologue auto-proclamé réputé, makache, nada, rien, le grand vide sidéral. Un peu décevant, il faut bien le dire. J'aurais aimé savoir qui de Georges Clooney ou de Brad Pitt en avait d'assez grosses et d'assez bien accrochées pour oser avouer à la face du monde (et de ses admiratrices enamourées), qu'il lui arrivait de se poser des questions sur ce problème tout de même essentiel pour nos autres pauvres hommes : l'ai-je bien satisfaite ?

Un problème aussi fondamental, dans toute vie de couple, que toutes ces histoires de Mars et de Vénus dont on nous rebat les oreilles. Alors rien que pour ça, l'humanité masculine peut être reconnaissante envers le nabot et son italienne, d'avoir osé poser le problème sur la table, même si c'était un peu involontairement. L'humanité féminine aussi d'ailleurs, qui a tout à y gagner, puisqu'il semble que les dames qui simulent soient tout aussi nombreuses que les messieurs précoces. Sans que cela ait forcémment un rapport. S'il suffisait à celles-ci de prolonger les ébats pour parvenir à leurs fins, ça se saurait. Le fin du fin consistant justement à prolonger sans que cela devienne lassant et mécanique.

Et pour finir, cette anecdote: Zakopane, Croatie, Club Med au mois d'août, assis à une table avec mon fils et mes deux neveux de 11, 11 et 12 ans à l'époque. La conversation dévie sur l'amour et la sexualité. Les garçons me posent des questions, auxquelles je tente de répondre de la manière la mieux adaptée à leur âge. Ils boivent mes paroles. Reprenant un conseil que m'avait donné mon père à 16 ou 17 ans, corroborant mes lectures de Wilhem Reich, je leur explique qu'il est important que l'homme se préoccupe de la femme, que physiologiquement, les choses ne se déroulent pas au même rythme, etc...

Là, je réalise que la table à 2 ou 3 mètres de nous fait le silence le plus absolu. Ils sont une demie-douzaine d'adultes, forcémment francophones, fascinés par mes circonvolutions verbales et le soin mis à choisir mes mots pour expliquer la chose aux mômes... Et nous explosons tous de rire. Un des plus spectaculaires fou-rire de mon existence. Sauf les mômes, qui ne comprennent pas. Parce qu'ils ne savent pas encore combien cela peut être bon.

J'ai ce matin une pensée émue pour une vieille amie dont j'étais amoureux à 15 ans, un canon évidemment, italienne elle aussi, femme comblée par ailleurs, qui m'a confié récemment qu'elle n'a jamais connu d'orgasme. Ce dont son compagnon depuis 10 ans n'est pas informé. Plusieurs de ses amies sont dans ce cas, au point qu'elle pensait que tout cela n'était que racontars. Jusqu'à ce que sa fille de 22 ans, brillante étudiante, lui assure que « pas du tout, maman, ça existe vraiment et c'est vachement agréable. »

Commentaires

Pas spécialement fan de Nicolas 1er de Sarkozyland , d'accord avec vous sur le fond mais pas sur la forme . Je me demande quel complexe et quelles intentions peut révéler chez son (h)auteur l'emploi systématique de termes tels que "nabot,nain" pour désigner Sarko .S'il est au moins une chose qu'on ne peut lui reprocher , c'est bien sa taille.Faut-il faire plus d'1m80 pour faire de la politique et être respecté .Que peuvent ressentir les personnes réellement atteintes de nanisme en vous lisant ? Ces adjectifs que l'on accepte volontiers en riant (jaune) au bistrot du coin , passe beaucoup moins bien venants d'un (pseudo?)intello .

Écrit par : Bidal | 24/01/2009

Quelle joie, Philippe, de lire que vous avez trouvé un moment pour exprimer quelques saines émotions et fortes pensées, tout en vous (et nous) amusant beaucoup, j'en suis certain. Une autre manière de jouir, si j'ose dire.
Le match France-Italie que vous évoquez vaut bien que vous abandonniez, pour un instant du moins, l'entente Suisse-France, dont je ne nie pas du tout l'importance et l'intérêt bien sûr. Mais si j'ose m'aventurer sur un terrain aussi miné que la philosophie politique (je pousse un peu, comme vous), je parierais que ce qui se cache sous le premier a encore plus d'importance dans l'histoire humaine, que ce que touche au second.
Ah ... Oh ... Oui ... (si j'ose dire).

Écrit par : Mère | 24/01/2009

Merci Mère, vos compliments sont toujours un plaisir (!).
Bidal, je ne crois pas faire un complexe particulier sur ma taille, étant dans une honnête moyenne. Hormis le fait qu'il m'a manqué, au recrutement, un demi-centimètre pour atteindre 1m80, justement... depuis ça ne s'est pas arrangé, en... 34 ans, j'ai perdu près de 2 cm !
Ce qui est vrai, c'est que j'ai grandi tard. En primaire, j'étais l'un des trois plus petits de la classe. Mais nous étions aussi les 3 meilleurs en sport et l'instit (capitaine à l'armée), à l'issue des classes de gym, nous faisait ranger par ordre de taille. Et là, rituellement, il donnait les classements et finissait par conclure "C'est dans les petits pots qu'on fait les meilleures confitures". Inutile de vous dire que cela nous aurait guéri de n'importe quel complexe.
Sérieusement, je n'ai rien contre les personnes de petite taille, évidemment. Il se trouve que Nabot Léon, ça lui va bien, au même titre qu'Henry IV collait bien à Bayrou et Jeanne d'Arc à Ségolène. Et puis fondamentalement, dans le cas de Sarkozy, la taille est clairement liée à l'histoire du personnage, puisque l'on sait qu'il s souffert, toute son enfance, des moqueries parait-il assez méchantes de son frère aîné à ce sujet. La plupart des psychologues attribuant à ce fait son insatiable désir de revanche.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/01/2009

Cher Monsieur, si vous avez séjourné à Zakopane, vous étiez en Pologne et pas en Croatie. Bon dimanche,
amb

Écrit par : amb | 24/01/2009

Oups ! Errare Humanum Est, Mea maxima culpa et toute cette sorte de choses. Vu que nous étions bel et bien en maillots de bains, c'était évidemment à Pakostane en Croatie, et non à Zakopane, station de ski à la frontière sud de la Pologne...
Il n'y a pas que des centimètres que l'on perd avec l'âge, quelques cellules nerveuses et cases mémoire aussi s'en vont peu à peu...
Merci à Amb de cette remarque pertinente.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/01/2009

cher monsieur,

il n'y a plus de club med à Pakostane depuis 5 ans.
Bien à vous.

Écrit par : kornatis | 25/01/2010

C'était effectivement, il y a cinq ans, puisque les pré-dos de 11-12 ans en ont 16 et 17 aujourd'hui... et pas mal de centimètres en plus que leur vieux père ou oncle...

Écrit par : Philippe Souaille | 25/01/2010

Les commentaires sont fermés.