31/01/2009

L'Irlande veut revoter et ce sera OUI

Aujourd'hui, l'Irlande voterait OUI au traité de Lisbonne, à 60%. C'est un sondage réalisé la semaine dernière qui l'affirme. Un autre, il y a deux semaines, donnait un OUI à 55 %.

Entretemps, les Irlandais se sont rendus compte que l'UE les a sauvés de la Crise qui a falli mettre leurs banques et leur économie en faillite. Du coup, le Gouvernement va faire revoter, avant la fin de l'année

Voilà au moins une nouvelle positive et de bon augure pour le 8.

29/01/2009

Les frontaliers, un faux problème

Ce jour dans la Tribune, le Conseiller d'Etat Longchamp raisonne en terme statistiques pour gérer l'intérêt collectif, face au leader du MCG qui pour seuls arguments, monte en épingle deux cas d'espèces. Sans qu'il soit possible de les vérifier, de les infirmer ou de les expliquer, aucune pièce n'ayant été versée au dossier...

Deux cas répétés en de multiples occasions dans la propagande du MCG, toujours les deux mêmes, comme si en dépit de tous ses efforts, il n'en avait pas trouvé d'autres. Des cas intouchables, car on est là dans la détresse humaine.

Si une femme obligée de retravailler passé un certain âge se retrouve dans un poste de retours à l'emploi, c'est qu'il y a eu un bug quelque part, soit dans son cas personnel, soit dans le fonctionnement du système, mais cela n'a rien à voir avec les frontaliers. Même si une employée frontalière engagée auparavant fait apparemment le même travail en gagnant un salaire normal. Si la frontalière n'avait pas été engagée, ce serait une Genevose, mais le résultat serait le même. La dame du MCG aurait toujours un statut de retours à l'emploi.

Résorber le chomâge en tentant d'assécher le marché du travail serait extrêmement périlleux pour l'économie locale. C'est évident, mais cela ne parle pas du tout aux gens qui sont victimes de ces cas d'espèces. Or les raisons qui poussent un employeur à engager un cas plutôt qu'un autre sont multiples.

Prenons le cas d'un indépendant de 54 ans, qui depuis 3 ans a postulé à une trentaine de fonctions correspondant à ses compétences de cadre. Très souvent dans la short-list, il n'a jamais été engagé. « Trop qualifié » lui dit-on. Jamais « trop vieux » ou « trop indépendant, trop longtemps absent d'une hiérarchie clairement définie » qui sont les vraies raisons.  Jamais un frontalier n'a été engagé à sa place, mais toujours quelqu'un de plus jeune et qui, c'est fondamental, n'était pas sur le marché du travail, mais devait au contraire être débauché.

Un employeur préférera toujours un gagnant dynamique qu'il pourra pressurer à quelqu'un dont un seul détail pourrait laisser penser qu'il s'agit d'un looser. C'est normal mais le Conseiller d'Etat ne peut pas entrer dans ce genre de considérations. Là-dessus, dès avant l'aube, sur Internet, les partisans du MCG se déchaînent en commentant le débat. Sans autre argument que de compter les points, sauf un qui se pique de statistiques et rappelle que Genève n'est que 3ème au classement par canton du nombre de création d'emplois, dérrière Zurich et Berne... En négligeant de tenir compte du nombre d'habitants... Si l'on rectifie, Genève caracole largement en tête.

C'est bien l'ouverture qui a rendu ce boom économique possible, alors que le protectionnisme à l'embauche qui règnait auparavant freinait l'expansion des enteprises établies localement. Le marché de l'emploi strictement genevois est simplement trop petit pour nos besoins.

Accessoirement on aimerait bien savoir ce qu'on leur reproche aux frontaliers ? Si les logements existaient en nombre suffisants et à prix correct dans le canton, ils ne seraient pas frontaliers, ils viendraient (ou reviendraient, 15000 au moins sont Genevois!) s'établir à Genève. Comme avant eux ces immigrants qui font d'ailleurs le gros des bataillons du MCG en rêvant de fermer la porte aux nouveaux arrivants. C'est donc un faux problème.

Le fait que la France voisine se soit couverte d'habitations n'a fait que permettre le développement de Genève, mais la libre circulation donnerait parfaitement le droit aux frontaliers de s'établir dans le Canton, comme cela se passe à Zürich ou à Berne !

A noter que les vieilles familles genevoises sont peu présentes dans ce charivari anti-frontalier. Parce qu'elles savent que la population genevoise s'est toujours renouvelée. Surtout que ceux qui n'ont pas de noms huguenots originaires de France ou d'Italie ont tous des patronymes... savoyards et des cousins de l'autre côté de la frontière! Alors forcémment, pour eux, c'est plus difficile de voir le frontalier en ennemi.

28/01/2009

La cabine de l'avion est à Genève

« Le monde, l'économie mondiale, c'est un avion dans lequel il n'y a non seulement pas de pilote, mais pas de cabine de pilotage. Et Davos n'en est en tout cas pas une, juste un super café du commerce idéal pour faire du réseautage ».

C'est en substance ce que déclare Jacques Attali dans une interview de ce jour à la Liberté de Fribourg. Il a parfaitement raison. Et les opposants à Davos, manifestants ou non, se mettent le doigt dans l'oeil à deux niveaux:

a) Davos n'est pas le lieu géographique du Complot mondial de la finance qui en soi n'existe pas. La finance est une jungle où chacun tente de se tailler la plus grosse part du gâteau. C'est ce qui fait son efficacité car elle est infiniment plus réactive qu'une économie planifiée. En même temps, c'est ce qui la rend si dangereuse, parce que non régulée et complètement aléatoire.

b) La globalisation a évidemment besoin d'une régulation, personne n'ose plus le contester. Mais cette régulation ne doit surtout pas être de redescendre au niveau national, ce qui impliquerait de fermer les frontières, ce qui serait à la fois une régression historique infiniment dangereuse et le premier pas vers une récession économique sans précédent.

Même d'un point de vue écologique, ce serait stupide, car le réchauffement climatique est un problème mondial qui appelle à l'évidence des solutions mondiales. Quelles que soient ces solutions d'ailleurs, réduction des émissions de gaz à effet de serre ou abandon des zones inondables et désertifiables pour coloniser celles qui seront gagnées aux extrêmes nord et sud... Idem pour l'exploitation des ressources, qui doit être équilibrée.

Attali en ce moment vend (très bien) son bouquin, « La Crise et Après » qui répète en gros ce que je disais dans « l'Utopie Urgente » que j'essaie toujours de vendre (très mal). Sauf que moi, je l'annonçais la crise... Dès la page 3, et dès fin 2007. L'énorme différence, c'est qu'Attali est connu et moi pas.

Autre différence, c'est un économiste et moi un généraliste. Il est plus pointu dans son domaine, mais en dehors, il a des lacunes. Ainsi, il cite des exemples dans lesquels un Gouvernement mondial est déjà à l'oeuvre: la BRRI (qui découle des accords de Bâle sur le fonctionnement des banques), la navigation aérienne ou la FIFA (le foot). Il aurait pu rajouter le CIO, mais surtout, il oublie toutes les Organisations Internationales qui sont autant de ministères de ce Gouvernement mondial du futur. Et qui contrairement à leur maison mère, l'ONU, prennent tous les jours dès à présent des décisions normatives qui entraînent des retombées considérables sur notre vie quotidienne. Je pense à l'OMS, à l'OMM, à l'OMPI, à l'OMC (qui n'est pas onusienne), dans une moindre mesure au BIT (qui agit davantage par reccomandations) pour ne citer que les plus importantes à Genève. Qui dans les faits est déjà une capitale mondiale.

Tous les jours, des milliers de personnes dans notre ville travaillent à améliorer le sort de la planète et de ses habitants, chacune à leur niveau. Non seulement les Genevois n'en ont pas vraiment conscience, mais ils ont l'impression que tout cela est inutile, ne fait que coûter de l'argent. C'est évidemment faux.

Il n'y a ni cabine de pilotage politique, ni cabine écononomique et financière. De fait, elles manquent cruellement. La cabine écologique est en construction. Mais dans le domaine de la santé, de la météo et des phénomènes climatiques, de la propriété intellectuelle et du droit des brevets, des règles du commerce et des distorsions de concurrence, il y a heureusement des pilotes à bord et les cabines sont installées ici, chez nous.

A mon avis, on pourrait en être un peu plus fiers...

27/01/2009

Tutti frutti

Bravo Nicolas, 7 minutes sans respirer, mazette tu m'impressiones. Un banquier dynamique et père de famille qui passe ses loisirs à s'entraîner à se vider les poumons pour devenir champion du monde, tout en restant la crème des hommes dans le privé, je dis chapeau. Et ça me rappelle nos premières plongées ensemble, dans l'eau froide du lac de Gruyère, il y a un bon quart de siècle lorsque nous tâtonnions en apnée, à l'aveuglette, l'épaisse vase du fond pour tenter de retrouver mes lunettes bêtement perdues en planche à voile.

Tu n'avais pas encore le permis à l'époque et c'est moi qui devais conduire pour rentrer. Sans lunettes. My god, qu'elle était froide et opaque ! On a cherché, cherché, mais on ne les a pas trouvées. Tu respirais encore normalement, comme tout le monde, ces années là. Bel effort, vraiment ! Même si je n'ai pas encore compris ta motivation profonde.

En parlant de dieu, ma maman, catholique pratiquante, donc, et même hospitalière de Lourdes au-delà de sa 80ème année, s'est réveillée très remontée contre le pape. Devinez pourquoi ? Elle est plutôt copine avec Mgr Gaillot; alors les évêques fachos et anti-sémites, c'est pas son truc.

Et pour finir, des nouvelles de la Côte basque et du sud des Landes, où réside l'essentiel de ma famille. Qui sont restés terrés chez eux de longues heures à écouter le vent arracher les arbres et les toits tout autour. Par chance aucun n'est tombé sur leurs maisons et leurs tuiles étaient solides. Le téléphone et l'électricité coupés sont aujourd'hui rétablis et ils disent un grand grand merci à la météo et à son alerte rouge. Car si les gens avaient été dehors, il y aurait eu des morts en pagaille; ça volait de partout.

Merci la météo, c'est ce que je me disais aussi, en profitant de la neige dimanche. Dans ma jeunesse, il était impossible de planifier quoi que ce soit, on pouvait être sur que la météo se plantait 2 fois sur 3. Maintenant c'est fiable. C'est beau le progrès.

26/01/2009

Etendre l'ombre de Calvin ou en sortir ?

Le Président de notre Grand Conseil demande plus d'argent pour l'anniversaire de Calvin. Il a cent fois raison. Evidemment qu'il faut célébrer l'évènement avec le lustre qui convient. Notamment sur le plan du débat culturel et intellectuel. Les raisons économiques avancées par M. Leyvrat me semblent en plus fort pertinentes, mais ce n'est pas l'essentiel. Jean Calvin fait partie de notre culture, de la culture genevoise (et francophone, et mondiale, ne l'oublions pas) et mérite qu'on s'y attarde. Ne pas le faire au prétexte qu'il a brûlé Servet, interdit les mascarades et quelques autres joyeusetés serait une tartufferie bornée, digne de la Révo Cul' maoïste de sinistre mémoire.

Même si par certains côtés, il fut lui-même aussi intransigeant et destructeur que les jeunes maos des années soixante, il n'en fait pas moins partie de l'Histoire. En revanche il serait faux de se contenter d'un panégyrique obséquieux. Il faut bien sûr rendre compter du personnage et de son époque dans toute leur complexité et leurs contradictions, sans omettre les zones d'ombres ou les détails que l'on préférerait oublier.

Durant les Guerres de religions, papistes et parpaillots se livraient à d'homériques « disputes » oratoires qui, en l'absence de télévision, rencontraient de francs succès populaires. Le thème, c'était bien sûr la foi, comment on l'interprète et comment doit-on la pratiquer.

Notre époque s'interroge au moins autant sur ces questions fondamentales:

Qu'est-ce que la religion, qu'apporte-t-elle ?

Les violences qu'elle suscite sont elles rachetées par la paix qu'elle apporte à ceux qui se sentent perdus sans elle ?

La certitude de ceux qui ont la Foi n'est-elle pas partie du problème, en ce qu'elle supprime le doute, essentiel au progrès et à l'évolution de la pensée humaine ?

Peut-on encore tracer une voie qui nous permettrait de nous extraire des postures de combat dans lesquelles toutes les grandes religions, de par le monde, tentent aujourd'hui de nous enfermer ?

Je vise ici aussi bien l'Islam que le sionisme, l'hindouisme, le Pape, les sectes protestantes américaines ou le renouveau orthodoxe.

Ayant écrit un livre sur tout cela, avant l'Utopie Urgente, j'y suis évidemment sensible. Cela devrait être, me semble-t-il, le sens premier de cette commémoration, qui réconciliera la Genève de Calvin et celle de Dunant, la Rome Protestante et la Cîté de la Paix. Nul doute que quelques débats sur la question auraient un retentissement populaire conséquent. C'est incontestablement l'un des grands problèmes de l'heure, à l'instar de la crise économique. Tout le monde s'interroge et se pose des questions. Quelques méchants pasteurs en profitent pour rameuter leurs ouailles en réaffirmant des solutions toutes faites, mais j'ai personnellement la conviction que ce type de réponses ne convient pas à la période et à la profondeur des questionnements. Elles nous mènent en tout cas droit au désastre, à la guerre et au conflit de civilisations.

Athée, de père athée élevé chez les jésuites, de mère catholique à la généalogie inséminée d'un soupçon de judéité, je n'ai rien de protestant. Hormis tout de même d'avoir fait mon école primaire dans la ville réformée par Guillaume Farel et de travailler, depuis plus de 30 ans, à Genève. J'éprouve pour Calvin ce que j'éprouve pour n'importe quel personnage historique: de l'intérêt. Il a fait bouger les choses, parce qu'il a su, non sans difficultés, faire coïncider sa pensée avec son époque.

Quasimment tous les personnages historiques ont emporté dans leut tombe quelques casseroles sanglantes. Et lorsque ce n'était apparement pas le cas, leurs descendants idéologiques s'en sont chargés. Cela aussi fait partie des débats que l'on pourrait avoir: peut-on réformer une société sans la violenter ? Vaut-il mieux dès lors ne pas la réformer ? Quitte à la laisser courir au désastre ? Quelle est la part de l'ambition personnelle, voire de l'égocentrisme dans l'accomplissement des grands hommes (ou des grandes femmes) ? Peut-on accomplir de grandes choses tout en restant subtil et tolérant ?

Je ne doute pas un instant que notre grand argentier, historien lui-même et spécialiste de cette période, notamment sous ses aspects culinaires (que mangeait-on, et comment, Rue des Granges, sous Calvin ?) saura nous trouver quelques deniers supplémentaires pour organiser quelques questionnements et mises en scène, qui pourraient donner au 500ème anniversaire de Calvin une actualité brûlante. Et, soyons fous, quelques avancées oecuméniques qui fassent honneur à la pensée humaine. Tout en réjouissant la colombe de la paix.

24/01/2009

Vers la paix au Congo ?

Le Général rebelle Laurent Nkunda vient d'être arrêté. Moins d'une semaine après l'entrée en fonction d'Obama. Faut-il y voir une coïncidence, un de ces hasards qui fait si bien les choses ? J'en doute. Le 20 janvier, les troupes rwandaises sont entrées au Congo, avec l'accord de l'armée congolaise, pour travailler ensemble sur un objectif commun: faire le ménage et stabiliser une fois pour toutes la région. Ce qui signifie nettoyer les gêneurs et les empêcheurs de tourner en rond que sont

1) les anciens miliciens hutus rwandais réfugiés au Congo

2) les insurgés tutsi congolais en rébellion ouverte contre leur gouvernement.

C'est sur ce deuxième front que l'affaire a été le plus rondement menée, ce qui n'étonne pas vraiment.

Il est de notoriété publique, et cela finissait même par transparaître des rapports de l'ONU, que le général tutsi congolais rebelle Laurent Nkunda était soutenu en sous-main par le Rwanda de Kagamé. Et donc indirectement par Washington, le Président rwandais Kagamé ayant reçu une formation complémentaire à Langley, autrement dit à la CIA. Ce qui faisait mauvais effet puisqu'il apparaissait clairement comme le fauteur de guerre dans un conflit qui mobilise la plus grosse opération de maintien de la paix de l'ONU. Conflit qui aurait causé plus de 5 milions de morts depuis son déclenchement à la suite des massacres du Rwanda... Même si les chiffres dans la région sont à prendre avec des pincettes, le conflit est particulièrement horrible et depuis trop longtemps.

Kagamé a donc fini par retirer l'échelle à Nkunda, qui s'est aussitôt vu paralysé par une scission interne. Il y a quelques jours, ses principaux officiers ont rejoint la coalition formée par les troupes gouvernementales rwandaises et congolaises. Dès lors il a suffi d'une opération menée par les forces spéciales rwandaises pour arrêter Nkunda et son dernier carré. Place maintenant aux combats qui menacent d'être plus compliqués contre les rebelles hutus.

Les forces gouvernementales ont certes un avantage matériel certain et l'appui technologique des grandes puissances. La France et les Etats-Unis devraient travailler de concert sur ce coup, si Obama et Sarkozy se montrent aussi intelligents et ouverts à l'idée d'un nouvel ordre mondial qu'ils le laissent entendre.

Le problème, c'est que les milices interhamwes ne dépendent au fond que d'elles-mêmes et n'ont plus rien à perdre, nulle part où aller. Elles vont donc vendre chèrement leur peau. Clairement, dans cette opération, comme pour les FARC en Colombie, l'intérêt de la région est de parvenir au plus vite à une pacification globale. Qui dans le cas présent passe par une victoire militaire écrasante, les rebelles n'ayant aucun autre avenir ou perspective que la guerre. Plus tôt ils seront vaincus, plus tôt la paix pourra reprendre ses droits. Et plus tôt les rivalités entre Kigali et Kinshasa pourront reccomencer à s'exprimer, mais cette fois pacifiquement.

By Appointment to His Majesty the Nabot

 

Le Nabot frénétique et son épouse ont franchi un nouveau pas dans la transformation de la fonction présidentielle française en monarchie élective. S'inspirant du « By appointment to Her Majesty the Queen » des pots de marmelade d'orange, Carla Bruni-Sarkozy et son mari font désormais de la pub directe pour leurs fournisseurs. A commencer par une obscure professeure d'aérobic italienne dont toute la presse française et paraît-il étasunienne vante les mérites depuis quelques jours. Un véritable ouragan médiatique.

Qui la présente comme « La » coach minceur d'une pléïade de stars qui utiliseraient ses techniques non seulement pour affermir leur silhouette, mais aussi, détail qui tue, pour renforcer leur libido... Notamment, en s'entraînant à muscler et contracter leurs sphincters et leur ceinture pelvienne pour lutter contre l'éjaculation précoce ! Tout un programme.

Il est vrai que la Carla, avec l'expérience qu'on lui prête, doit posséder quelques points de comparaison, en G, G' et sans doute ailleurs aussi, et n'être pas toujours facile à satisfaire. Pour un Président en exercice, hyperactif qui plus est, une fois usé le coup du prestige du pouvoir, il faut trouver le temps et l'énergie d'assurer. L'Italie, c'est bien joli, mais c'est comme partout, si l'on n'entretient pas, ça refroidit.

Donc le nain bosse fort, apprend à contracter tout son petit matériel (enfin, petit j'en sais rien, et puis de toute manière, il paraît que tout ce qui est petit est mignon) et aurait déjà perdu, dans l'effort, ses fameuses poignées d'amour que Paris Match avait méchamment rabotées. On n'en est pas encore à la tablette de chocolat, mais il serait sur la bonne voie.

Quand à la Carla, elle s'expose carrément sur le site de sa copine italienne, expliquant de sa voix rauque & Rolles, Aubonne, Gimmel... et tout le toutim que la méthode est géniale, qu'elle possède un corps encore plus galbé à son âge que quand elle avait 20 ans. Là, quand elle dit «galbé » elle se passe la main dans les cheveux en osant une faussement timide (mais très profonde) inspiration...

Du coup, on se demande bien pourquoi Ponce de Leon s'est éreinté la santé à silloner les marais des Everglades infestés d'alligators pour trouver la fontaine de Jouvence, alors qu'il lui suffisait de remuer ses sphincters pour arriver au même résultat.

Ceci dit, sur le site, on chercherait en vain la pléïade de stars hollywoodiennes annoncées. A part la Carla et un cardiologue auto-proclamé réputé, makache, nada, rien, le grand vide sidéral. Un peu décevant, il faut bien le dire. J'aurais aimé savoir qui de Georges Clooney ou de Brad Pitt en avait d'assez grosses et d'assez bien accrochées pour oser avouer à la face du monde (et de ses admiratrices enamourées), qu'il lui arrivait de se poser des questions sur ce problème tout de même essentiel pour nos autres pauvres hommes : l'ai-je bien satisfaite ?

Un problème aussi fondamental, dans toute vie de couple, que toutes ces histoires de Mars et de Vénus dont on nous rebat les oreilles. Alors rien que pour ça, l'humanité masculine peut être reconnaissante envers le nabot et son italienne, d'avoir osé poser le problème sur la table, même si c'était un peu involontairement. L'humanité féminine aussi d'ailleurs, qui a tout à y gagner, puisqu'il semble que les dames qui simulent soient tout aussi nombreuses que les messieurs précoces. Sans que cela ait forcémment un rapport. S'il suffisait à celles-ci de prolonger les ébats pour parvenir à leurs fins, ça se saurait. Le fin du fin consistant justement à prolonger sans que cela devienne lassant et mécanique.

Et pour finir, cette anecdote: Zakopane, Croatie, Club Med au mois d'août, assis à une table avec mon fils et mes deux neveux de 11, 11 et 12 ans à l'époque. La conversation dévie sur l'amour et la sexualité. Les garçons me posent des questions, auxquelles je tente de répondre de la manière la mieux adaptée à leur âge. Ils boivent mes paroles. Reprenant un conseil que m'avait donné mon père à 16 ou 17 ans, corroborant mes lectures de Wilhem Reich, je leur explique qu'il est important que l'homme se préoccupe de la femme, que physiologiquement, les choses ne se déroulent pas au même rythme, etc...

Là, je réalise que la table à 2 ou 3 mètres de nous fait le silence le plus absolu. Ils sont une demie-douzaine d'adultes, forcémment francophones, fascinés par mes circonvolutions verbales et le soin mis à choisir mes mots pour expliquer la chose aux mômes... Et nous explosons tous de rire. Un des plus spectaculaires fou-rire de mon existence. Sauf les mômes, qui ne comprennent pas. Parce qu'ils ne savent pas encore combien cela peut être bon.

J'ai ce matin une pensée émue pour une vieille amie dont j'étais amoureux à 15 ans, un canon évidemment, italienne elle aussi, femme comblée par ailleurs, qui m'a confié récemment qu'elle n'a jamais connu d'orgasme. Ce dont son compagnon depuis 10 ans n'est pas informé. Plusieurs de ses amies sont dans ce cas, au point qu'elle pensait que tout cela n'était que racontars. Jusqu'à ce que sa fille de 22 ans, brillante étudiante, lui assure que « pas du tout, maman, ça existe vraiment et c'est vachement agréable. »

23/01/2009

L'avis de M. Bilatérales : "Il faut reposer la question de l'adhésion"

Jeudi, dans les Salons de l'Université, une conférence de Franz von Däniken réunissait un parterre d'universitaires et de journalistes, sur le thème de la souveraineté nationale et des Bilatérales. L'orateur sait de quoi il parle, puisqu'il a été l'âme des négociations avec l'UE, de 1999 à 2005. Aujourd'hui, son constat est clair : "Sortir des bilatérales serait une catastrophe pour la Suisse. Trop de dossiers épineux sont en suspens, le centre de gravité de l'Union s'est déplacé vers l'est et les centres d'intérêts de ce gigantesque marché le poussent à regarder loin au-delà de notre petite Suisse".

Pour l'UE, la Suisse est un marché qui représente environ 7% de ses échanges commerciaux. Pas négligeable, mais pas vital. Pour la Suisse au contraire, l'UE représente près de 70% de son import-export. C'est tout simplement incontournable. Et si l'UE a intérêt à faire passer par le Gothard une partie de ses marchandises (mais pourrait faire autrement), nous ne pourrions tout simplement pas survivre, sans faire passer nos approvisionnements par l'UE.

Ce que soulignait M. von Däniken en précisant: " Je trouve surréaliste l'idée de ne défendre que des bateaux suisses au large de l'Erythrée, comme si les bateaux européens ne transportaient pas quantité de marchandises qui nous sont destinées. Ou que nous exportons."

L'imbrication est aujourd'hui telle, à tous points de vue, que le délire d'un alleingang nous ferait retomber de plusieurs décennies, voire siècles en arrière. Avec le niveau de vie correspondant. C'est pourquoi d'ailleurs, nul de sérieux n'y songe vraiment et que même l'UDC tente de faire croire qu'il existerait un Plan B.

Forcément, bien sûr, en cas de non le 8 février, il faudra bien en inventer un de plan. Le pays ne peut tout simplement pas se passer de l'UE. Accessoirement les naïfs qui croient qu'il suffit de jouer de nos bras noueux pour l'effrayer et obtenir d'elle tout ce que nous désirons se mettent le doigt dans l'œil très très profondément. L'UE est parfaitement au courant de la situation de la Suisse, mais cela ne l'intéresse plus tellement. Elle préfère se concentrer sur des dossiers vraiment importants pour elle. Comme la Chine par exemple. Et pour nous, c'est presque pire.

M. von Däniken ne croit pas en la possibilité d'un non le 9. "J'ai trop haute opinion de la sagesse du peuple", dit-il. Mais si cela arrive malgré tout, il faudra bien renégocier. Et avec les 27 Etats Membres, que d'aucuns ont jugé très malins de représenter sous formes de noirs corbeaux. Ce qui peut paraître amusant en mini-vignette sur le blog du patron de l'UDC genevoise, fait franchement peur en affiche de 3 mètres de base, dans la rue. Les Ambassadeurs et ressortissants des pays voisins et amis qui tombent sur ce genre d'insultes ne jugent pas la plaisanterie franchement drôle…

Mon fils métis, avait très mal pris l'affiche sur les moutons, qu'il avait interprété, à 12 ans, comme une allusion directe à sa couleur de peau… Comment pensez-vous que les ressortissants européens peuvent interpréter une affiche les montrant comme de vilains corbeaux prêts à dépecer la Suisse? Alors qu'ils ont au contraire plutôt l'impression que la prospérité suisse est due, au moins en partie, à cette forme de délocalisation à l'envers que représente le déménagement fiscal d'entreprises et de grosses fortunes européennes ? Et que l'UE pense avoir fait une geste envers la Suisse en acceptant le principe d'une imposition de l'épargne, contrairement aux USA qui ont eu la peau du secret bancaire ?

Les bilatérales et la Libre circulation sont avant tout un règlement de bon voisinage, la loi commune. Les déchirer serait fatalement ressenti comme un acte agressif. Cette affiche, ce n'est pas la manifestation de citoyens épris de neutralité, c'est une déclaration de guerre à notre voisinage. A tout notre voisinage, proche ou lointain !

Après cela, la situation ne pourra être que pire. Comme les bilatérales sont déjà, selon M. von Däniken, un pis aller, faute d'avoir pu entrer dans l'UE par la grande porte: "Le refus de l'adhésion eut des conséquences sérieuses sur l'économie, que les Bilatérales ont en grande partie compensées, mais pas dans tous les domaines. Ainsi, fondamentalement, la Suisse a perdu de la souveraineté et pas de la bonne façon. Il faut aujourd'hui reprendre des pans entiers de droit communautaire, sans pouvoir prendre part à son élaboration. Et nous n'avons pas accès à l'effet de levier que représenterait l'appui de l'UE pour notre diplomatie".

Pour M. von Däniken, les choses sont claires: "Le meilleur choix à faire pour la Suisse c'est de reprendre le débat sur l'adhésion, afin de pouvoir peser sur les décisions de Bruxelles et de Strasbourg et d'être considéré comme un membre du club à part entière et non plus comme un voisin indécis"…. Sans parler des enfants mal élevés, qui collent des affiches injurieuses…

Mais si l'on adhère, que deviennent la démocratie directe et la neutralité ?

Selon M. von Däniken: "Les cas particuliers sont assez nombreux dans l'UE, dont la tolérance est inscrite au cœur du projet. Rien ne nous contraindrait à abandonner nos processus démocratiques et aucune des votations de ces quinze dernières années n'aurait été incompatible avec le droit communautaire. C'est donc un faux problème. Si au cas par cas, la question se pose et que le peuple s'oppose au droit communautaire (qui fondamentalement est basé sur les mêmes valeurs que les nôtres) il est envisageable de négocier un statut particulier dans tel ou tel domaine, comme cela existe ailleurs" … Ou au pire, de se retirer de l'Union, ce qui reste un droit acquis des Etats membres..

"La neutralité, poursuit M. Däniken, signifie juridiquement qu'un Etat neutre ne doit pas signer, en temps de paix, de traités qui pourrait le contraindre à entrer en guerre en cas de conflit. Rien de tel dans l'Union Européenne, qui est fondamentalement un projet pacifique, ayant pour but principal de préserver la paix sur le continent. Si la Suisse avait vraiment connu la guerre entre 39 et 45, nul doute qu'elle serait aujourd'hui membre de l'UE".

De fait certains Etats membres participent au projet de défense commune, et d'autre pas. Chacun reste libre. Fondamentalement, comme le soulignait en conclusion M. von Däniken: "L'appui de l'UE donnerait au contraire à la défense des conventions de Genève et au concept de neutralité une force et un impact jusqu'ici inégalés, et dans le monde d'aujourd'hui, cela pourrait devenir urgent".

21/01/2009

Longchamp: un non le 8 aurait des conséquences catastrophiques sur l'emploi

Quels seraient, pour la Suisse et Genève, les principales conséquences d'un non aux bilatérales le 8 février ? François Lonchamp, Conseiller d'Etat chargé de la Solidarité et de l'Emploi, s'est exprimé à ce sujet, mardi soir à Pregny-Chambésy.

En dehors de la libre circulation et de divers accords culturels ou économiques qui tomberaient, les conséquences les plus préjudiciables seraient selon lui de trois ordres:

- la fin de l'accord sur le transport aérien, qui permet aux compagnies de droit suisse (Swiss, mais aussi, très importantes pour Genève, Easy Jet et Fly Baboo) d'accéder sans autre au marché européen. Pour l'Aéroport, donc pour l'accessibilité de la Genève Internationale, financière et horlogère, ce serait un handicap certain.

- La fin de la possibilité offerte aux Etudiants et chercheurs suisses de circuler librement dans les universités et centres de recherches européens. Ce qui entraînerait forcément une perte de compétitivité pour nos universités et au-delà pour nos technologies de pointe

- La remise en cause du secret bancaire et de la fiscalité des entreprises. Faut-il le rappeler? Genève tire 25% de ses revenus de son secteur bancaire. Et notre fiscalité contribue à attirer ici nombre de sièges européens de multinationales qui assurent à la fois de nombreux emplois et de copieuses rentrées fiscales.

 

Au final, donc, et à moyen terme, ce serait un superbe gâchis, avec des conséquences catastrophiques pour l'emploi. Le tout essentiellement causé par la rencontre entre la vanité d'un homme vexé de son renvoi démocratique et une partie de la population qui voit dans l'étranger, la cause de tous ses maux… Sans se rendre compte que sans l'apport économique de l'étranger, ses maux seraient très certainement bien pires…

 

Comme le faisait remarquer le Conseiller d'Etat, dès lors que l'on a choisi de ne pas faire partie de la famille, nous n'avons aucun droit de dire qui doit ou non en faire partie. L'UE a décidé d'intégrer la Roumanie et la Bulgarie, pays jadis prospères et dont les taux de croissance font aujourd'hui pâlir d'envie le reste de l'Europe, parce que l'UE considère que ces pays seront plus stables, intégrés dans l'UE, qu'au dehors. Et que c'est dans l'intérêt de tous, y compris de la Suisse, évidemment, que les pays d'Europe soient stables. La moindre des choses est donc de participer à cet effort de solidarité, dont nous profitons aussi.

 

Maintenant, pour faire face aux inconvénients que cela peut susciter localement, sur certains cas individuels et tout autant pour parer à la crise qui semble s'installer, avec déjà quelques plans de licenciement, à Genève, dans les secteurs bancaires et horlogers, le Conseil d'Etat prend des mesures pour soutenir l'économie locale. la première et la plus spectaculaire est d'avancer en 2009 le démarrage de plusieurs grands travaux d'insfrastructures qui auraient du logiquement débuter en 2010. parce que les biens d'équipement restent et que ce sont des dépenses effectuées localement.

 

Pour le reste, voici les 2 derniers articles de la série sur l'UE de Véronique Plata, plus un du Conseiller National radical Laurent Favre, qui détaille les effets postitifs de la Libre circulation.:

Conseil de l'Europe.doc

Libre circulation.doc

UE BILAN.doc

 

19/01/2009

UE: comment l'UDC s'enfonce dans le mensonge !

Dans son dernier blog, M. Nidegger tente à nouveau, avec la plus parfaite mauvaise foi de faire prendre aux électeurs des vessies pour des lanternes.

M. Reiterer, l'Ambassadeur de l'UE à Berne, s'est exprimé samedi à Neuchâtel. M. Nidegger (on lui pardonne d'écorcher le patronyme de l'Ambassadeur, on a si souvent écorché le sien) tire une moitié de phrase dans son discours, pour en sortir toute une théorie absolument contradictoire aux propos tenus en réalité par l'Ambassadeur.

 

Celui a bel et bien dit : Si la Suisse vote Non, l'UE ne fera rien... C'est en effet à ce stade une affaire intérieure suisse. Tout le monde est d'accord là-dessus et M. Nidegger ne nous apprend rien. Ce sont les conclusions qu'il en tire qui sont complètement fallacieuses. Aucun espoir en effet de maintenir les bilatérales en excluant la Roumanie et la Bulgarie. Car ce que ne dit pas M. Nidegger, c'est que comme l'a précisé M. Reiterer, les bilatéales seront annulées automatiquement, six mois plus tard, comme le prévoient les accords.

En fait, l'UDC tente de faire croire désespérément à la fable selon laquelle un accord est possible qui exlurait les deux nouveaux membres, en contradiction flagrante avec l'article 23 des bilatérales. C'est évidemment faux et l'Ambassadeur a été extreêment précis, comme en témoigne la suite du compte rendu de la réunion, extrait du quotidien local, l'ARC:

"Un débat où l'ambassadeur a été très clair: l'UE compte 27 Etats membres, pas 25+2, «et si on veut négocier avec l'Union, les 27 doivent être d'accord.» Michael Reiterer se dit donc «chagriné» par les jugements qu'il entend en Suisse concernant la Bulgarie et la Roumanie, et les allusions à des activités criminelles. Pour l'ambassadeur, il serait utile que la Suisse et l'UE négocient une sorte d'accord cadre, qui chapeauterait les autres traités: «Il faut trouver une solution aux problèmes qui reviennent tous les deux ou trois ans».

Et de rappeler que ce n'est pas l'UE qui est demandeuse: «L'Union élargie regarde aujourd'hui davantage vers l'est que vers le centre ou le sud. La Suisse n'est donc plus au centre de l'intérêt comme auparavant.»

Des représentants de tous les partis neuchâtelois ont ensuite échangé leurs arguments lors d'une table ronde. Sans vrai contradicteur puisque le représentant de l'UDC, le député Pierre-Alain Storrer, est favorable à la libre circulation, comme une minorité du parti neuchâtelois, alors que le député popiste Alain Bringolf a rappelé que son parti a choisi la liberté de vote.

Perséuction des baha'ie en Iran: Le cousin de Mme Nicollier arrêté

Une famille suisse meurtrie par une violation des droits de l’Homme en Iran
Téhéran/Genève: mercredi dernier, 14 janvier, à 6h30 heure locale, les Services iraniens de
renseignement ont forcé la porte de 11 foyers de confession baha’ïe, rapportent les membres suisses
d'une des familles concernées. Six d’entre eux ont été arrêtés à leur domicile, dont l’une des
assistantes de Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, dont le bureau de défense des droits de l'homme à
Téhéran a été fermé en décembre dernier. Les services du gouvernement ont perquisitionné dans ces
11 foyers du matériel informatiques, des livres, et des photos de famille.
« Notre neveu Aziz Samandari, honnête informaticien, est l’un d’eux. » racontent Maryam et Jean-Luc
Nicollier, cousins du premier astronaute suisse. « Il est emprisonné à Evin, au quartier de sécurité
intérieure de sinistre réputation. » En 1992, Bahman, père d’Aziz, y a déjà été exécuté sans motif
officiel ni jugement dans un contexte similaire. Son corps n'avait jamais été rendu ni retrouvé, mais
officiellement, son décès a été classifié comme un cas de suicide. Rappelons qu’une partie de la prison
d’Evin n’est pas ouverte au Comité International de la Croix-Rouge et que des personnes ayant
échappé à la mort dans cette prison ont fait cas de tortures répétées sur les prisonniers.
Le motif avancé de l'arrestation d’Aziz Samandari et de ses codétenus est le suivant : les détenus,
parce qu’ils sont Baha’is, seraient considérés comme une menace à la sécurité intérieure du pays et
comme des collaborateurs avec les pays hostiles, à savoir les pays européens. La libération d’Aziz
Samandari n’est, semble-t-il, pas prévue pour les prochains jours. Elle dépendrait de sa soi-disant
coopération.
Ces arrestations sommaires s’ajoutent à celles de sept Baha’is qui attendent sous les verrous depuis
mai dernier, également arrêtés pour divers motifs fallacieux, l’Iran n’osant pas évoquer le motif
religieux puisqu’il est signataire de la Charte des droits de l’homme.
« Nous sommes très préoccupés par la situation actuelle et voulons informer nos concitoyens de cette
nouvelle violation des Droits de l’Homme en Iran. », rapporte Jean-Luc Nicollier

Vous pouvez adresser vos témoignages

maryam.nicollier@gmail.com

 

 

Jean-Luc Nicollier, ancien réalisteur de la TSR, et donc cousin de l'astronaute, est également Président de la Jeune Chambre Economique genevoise et le responsable d'une ONG qui finance l'éducation d'enfants dans les pays en développement.

Les Baha'ie sont une forme de religion, née en Iran à la fin de l'Empire Ottoman, que les islamistes accusent volontiers de secte et qui en est pourtant très loin. Cela permet cependant aux Mollahs de refuser à ses membres le statut de religion protégée, contrairement aux chrétiens et aux juifs. Profondément pacifiste et humaniste la foi bahaïe tente une sytnthèse des meilleurs aspects des trois grandes religions du Livre. Ses membres se caractérisent par leur ouverture d'esprit et leur attachement à la non-violence.

 

 

17/01/2009

UE : un mensonge, plus c'est gros...

M. Pardo, dans son dernier blog, s'en prend à nouveau aux tenants du OUI qui propageraient de fausses infos. Notamment l'argument clef selon lequel refuser l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'accord sur les bilatérales revient à annuler purement et simplement l'accord.

C'est amusant, parce que c'est le Président de l'UDC lui-même qui m'a adressé le texte intégral des dits accords. Dans lequel l'article 23 est extrêmement clair: l'ensemble des accords est valable sur l'intégralité du teritoire de l'Union. Pas de chaque Etat signataire du traité initial, mais bel et bien de l'Union. Les Etats en tant que tels ne sont même pas mentionnés dans cet article 23. Comme la Roumanie et la Bulgarie font désormais partie du territoire de l'Union, les accords doivent s'y appliquer. Punkt Schluss.

L'accord prévoit des délais de mise en place pour l'extension aux nouveaux territoires, mais pas le choix à la carte. C'est tout ou rien, on prend le paquet ou on sort de l'accord. D'ailleurs aujourd'hui, les nouveaux membres doivent accepter le traité sans autre. Ils ne peuvent pas le refuser, parce qu'il fait désormais partie des acquis communautaires, tandis que les premiers membres ont tous du l'accepter  individuellement pour qu'il entre en vigueur.

Comme le faisait fort justement remarquer M. Nidegger, l'UE est un Etat en devenir. C'est son destin de le devenir, mais au moment de la signature des bilatérales, en l'absence de constitution et des traités ad hoc (manque partiellement comblé par le futur traité de Lisbone) il ne pouvait pas signer à la place des Etats. D'où leur présence. Mais les membres qui rentrent aujourd'hui sont comme de nouveaux cantons suisses. Ils vont signer, juste pour la forme, car ils ont du accepter l'accord "pro forma" avant de pouvoir rentrer dans l'UE. On imagine leur tête si la Suisse disait, ah oui, mais nous on ne veut pas de vous.

Pour le reste, M. Nidgegger raconte vraiment n'importe quoi. Dans sa tentative d'intimidation des syndicalistes (publiée dans son blog de la TDG, puis dans le Nouvelliste, puis à nouveau dans la Tdg), il interprète faussement les jurisprudences qu'il cite. Rejoignant ainsi, apparemment sans les avoir contrôlées les thèses des sites ultra-gauchistes où il les a piquées. Ce qui est assez étonnant de sa part ! Il est en effet évident que les trois situations jugées ne peuvent pas s'appliquer en Suisse du fait des bilatérales. Ni aujourd'hui, ni demain.

1) l'arrêt Viking ne concerne pas les travailleurs détachés, mais les délocalisations. Il interdit aux syndicats d'un pays A d'agir dans le pays A pour empêcher une entreprise de ce même pays A d'employer dans un pays B des collaborateurs à des conditions moins favorables que celles en vigueur dans le pays A. Autrement dit, un syndicat n'a pas le droit de faire grève en Suisse pour empêcher Migros (par exemple) d'employer en Pologne des Polonais à des salaires inférieurs à ceux en vigueur en Suisse…

2) l'arrêt Laval concerne les travailleurs détachés. Il interdit aux syndicats de faire grève dans un pays A pour obliger une entreprise installée dans un pays B à accorder à ses employés détachés dans le pays A des conditions supérieures à celles prévues par la législation du pays B. Sauf qu'en Suisse, les syndicats n'ont aucunement besoin de faire grève pour l'obtenir, puisque c'est la Loi (CCT étendue) qui prévoit que les conventions suisses doivent être respectées par toutes les entreprises travaillant en Suisse où que soit situé leur siège.

3) enfin l'arrêt Ruffet, qui concerne aussi les travailleurs détachés, dit qu'il n'est pas possible d'imposer à une entreprise étrangère active dans un Etat membre dans le cadre d'un marché public une convention collective qui ne s'appliquerait qu'aux marchés publics à l'exclusion des marchés privés et qui n'aurait pas été étendue et déclarée de force obligatoire. Or là, encore, la Loi Suisse est formelle et les conventions collectives s'appliquent à tous, que le marché soit public ou privé, elles ont force de loi.

A noter, comme déjà mentionné, que si l'UE avait pensé un seul instant que ces directives pouvaient s'appliquer en Suisse elle aurait du faire diligence et, selon les accords, le communiquer immédiatement. Or cela fait 2 ans, et rien n'a été fait...

M. Pardo m'a traité de traître à mon parti et dénié le droit d'émettre mon point de vue au prétexte que je ne suis pas juriste. Si fait. En revanche, je sais lire, comprendre et interpréter un texte. Ce qui apparemment n'est pas les cas de tout le monde à l'UDC. Dans le cas de M. Nidegger, lui même juriste et ancien syndicaliste, on hésite entre l'incompétence et la mauvaise foi. Les jurisprudences qu'il cite n'ont juste rien à voir avec la situation suisse et ne peuvent pas s'appliquer.  Ce sont les instances dirigeantes de mon parti, entre autres, qui le disent... Et l'écrivent.
Dommage pour M. Nidegger, qui est en train de se scier la branche exécutive sur laquelle il se donnait tant de mal à grimper. Le peuple jugera...

16/01/2009

Christoph et les bilatérales

 

- Che feu foter zweimahl

- Ach Christoph, puisqu'on te dit que cela ne sert à rien, qu'on peut refuser les bilatérales, mais qu'on ne peut pas les accepter tout en refusant deux nouveaux membres de l'UE. Qui ils acceptent comme membres ou non, ce n'est pas à nous de décider. C'est leur Club. Comme ce n'est pas à eux de décider si nous, on passe des accords bilatéraux avec d'autres pays. Tu le sais très bien, tu voulais en passer avec les Etats-Unis.

- Che m'en fiche. Che feu foter zweimahl. D'abord, une fois, il fallait pas me foutre dehors !

- Mais cela n'a rien à voir. En plus, il y a 6 mois tu étais d'accord pour les bilatérales.

- Aber nichts, par pour les Rroms, ça c'est des foleurs

- Mais d'abord pas tous les Roumains. Ce pays se développe à grande vitesse et il y a plein de gens très bien. Tu ne peux pas comme ça condamner tout un peuple pour quelques brigands qui de toute façon, n'ont pas besoin des bilatérales pour venir chez nous. Ils sont déjà dans l'illégalité, alors ?

- Che m'en fiche, mes zèlecteurs, y z'aiment pas les Rroms, et moi j'aime que mes zèlecteurs votent pour Cristoph ! Allééé Christoph ! Allééé Christoph !

- Mais Cristoph, tu prends l'économie du pays en otage là ?

- Che m'en fiche, Ich bin ein millionner ! Und so, si ça va vraiment mal, vielleicht l'UDC elle gagne des foix. Et là, Cristoph, il peut refnir au Féttéral ! Zweimahl ! Zweimahl !

 

ps: au fait, j'ai failli oublier, les 3 articles sur l'Europe de la journée :

La Culture européenne.doc

Les migrations dans et vers l'UE.doc

l'UE et les régions.doc

  •  

15/01/2009

Marchés Publics: encore un mensonge de l'UDC

C'est amusant comme MM. Pardo et Nidegger n'utilisent et n'interprètent que ce qui les arrange dans les accords bilatéraux. Un peu comme lorsque l'UDC accuse les défenseurs du Oui de chercher à faire peur. Parce que bien sûr, crier à l'envahissement par des hordes de criminels venus de l'Est, ou à l'extinction de nos droits démocratiques, ce n'est pas chercher à faire peur !

 

Donc, en compléement d'un texte de M. Nidegger prétendant faussement que la loi européene sur les marchés publics va déborder en Suisse, M. Pardo cite l'article 16 des accords bilatéraux, en affirmant qu'il s'applique, ce qui est discutable, car le-dit article fait référence... à des références, non citées, qui restent vagues, mais qui sont précisées à l'article 17, que M. Pardo oublie de citer, évidemment. Or il dit la chose suivante :

Art. 17 Développement du droit

(1)  Dès qu’une partie contractante a entamé le processus d’adoption d’un projet de modification de sa législation interne, ou dès qu’il y a un changement dans la jurisprudence des instances dont les décisions ne sont pas susceptibles d’un recours juridictionnel de droit interne dans un domaine régi par le présent accord, la partie contractante concernée en informe l’autre partie par le biais du comité mixte.

(2)  Le comité mixte procède à un échange de vues sur les implications qu’une telle modification entraînerait pour le bon fonctionnement de l’accord.

En clair,  s'il y a changement de la jurisprudence chez le partenaire A, et que le partenaire B ne puisse pas y opposer son droit interne, le partenaire A doit en informer le partenaire B, dans les meilleurs délais ("dès que…")

Or les changements de jurisprudence en question datent de 2 ans en arrière pour deux d'entre eux et de l'an dernier pour le 3ème et depuis… Rien ! Pas d'information à ce sujet au comité mixte. Sans doute parce que l'UE est bien consciente que sa jurisprudence interne, en la matière, ne saurait s'appliquer à un Etat souverain, la Suisse en l'occurrence, qui conserve entièrement le droit d'appliquer… son droit à elle.

Une fois de plus l'UDC tente de lanterner les enfants du bon dieu avec des vessies de canards sauvages… En espérant qu'en se retranchant derrière des formulations juridiques obscures cela marchera mieux…

Par ailleurs, les bilatérales limitent expressément l'intervention des sociétés prestataires de services à 90 jours… ce qui exclut les gros chantiers et la sous-traitance permanente, ce qui était le cas de plusieurs des affaires jugées par la cour européenne. Mais MM Pardo et Nidegger ne sont plus à un oubli près...Par exemple, l'article 23, qui dit clairement que les accords sont valables sur tout le territoire de l'UE, donc aussi en Bulgarie et Roumanie, et que par conséquent, voter en 2 fois serait parfaitement absurde.

 

L'alleingang des eurosceptiques

Voilà le 3 ème volet des articles de Véronique Plata sur l'Union européenne. Ils datent d'une année, mais sont pour l'essentiel, toujours d'actualité. Au programme, l'union militaire et la politique de défense commune, les rapports avec le Sud de la Méditerranée et l'Union proposée par Sarkosy, et enfin la fiscalité et le secret bancaire.

L'occasion de rappeler aux europhobes, pourquoi la solution de l'isolement n'est économiquement pas viable (texte déjà partiellement paru en commentaire sur le blog de Pascal holenweg)

En cas de Non, le 8 février, les europhobes vont hurler que "dépérir dans son coin" est la meilleure des solutions possibles, que l'UE ne va pas  fermer les frontières et que nous aurons toujours le secret bancaire  et encore plus d'argent dans les coffres du Heidiland...

A voir !
Notre principal allié sera alors... l'OMC, qui définit les règles minimales de l'accès aux marchés pour les Etats membres. Mais ces  accords sont loin d'être suffisants, c'est pourquoi la Suisse cherche  en permanence à signer des accords plus complets avec tous ses 
principaux partenaires économiques.
Clairement, Nestlé, la pharma, les machines outils et consorts vont souffrir. Ce qui aura des conséquences sur la santé financière de leurs employés... et sur nos caisses de pension à  tous, qui sont évidemment bien pourvus en titres de multinationales  helvétiques.
Quant au secret bancaire, ce qui arrive aujourd'hui à l'ex-N 3 de l'UBS, poursuivi comme un malandrin aux Etats-Unis est un avant-goût de ce qui surviendrait en cas de refus. Toutes les banques opérant à Genève se  repassent depuis l'été 2008 les clients étasuniens comme des patates chaudes ou de vieilles chaussettes.
Parce que mettre son argent en Suisse, aujourd'hui, cela n'est plus le laisser dormir dans un coffre avec un intérêt négatif comme dans les années 60... C'est le placer sur les marchés internationaux pour qu'il  rapporte. Du moins en principe, car en cas de crise, il arrive qu'il  coûte... Mais les marchés internationaux c'est d'abord les USA, puis l'UE, puis le reste du monde.
Pour pouvoir intervenir sur les marchés aux USA (et puis aussi ouvrir des succursales là-bas) les banques doivent montrer patte blanche et les comptes de leurs clients étasuniens, en parfaite contradiction avec le secret bancaire.
Si l'on refuse l'extension à la Roumanie et à la  Bulgarie, on refuse les bilatérales et donc la protection dont jouit actuellement le  secret bancaire vis-à-vis de l'UE, dans le cadre de ces accords.
En cas de désaccord avec l'UE, il faudrait choisir entre le secret pour les comptes des clients européens, et la possibilité d'intervenir sur les marchés européens. Bien sûr il resterait toujours les Russes et l'Asie. Plus l'Afrique, dont les bourses étaient en pleine expansion, soit dit en passant… Juste avant le déclenchement de la crise !
Une perte de la clientèle européenne, après celle des Etats-Unis, entraînerait de graves conséquences sur le niveau de vie général du pays: chomâge, 2ème pilier diminué, etc...

 

Il semble que dire cela est appelé par certains "bourrage de crâne". Serait-ce qu'eux seuls aient le droit de faire valoir leurs arguments, tout en accusant nos autorités de mensonge, en tentant d'interpréter les textes de lois à leur guise, en essayant contourner la décision démocratique du parlement ?

 

Voilà en tout cas de la lecture. Résumé d'un travail universitaire et objectif.

 

Défense commune.doc

 

La Méditerranée.doc

 

Fiscalité et secret.doc

14/01/2009

L'UE

Voici donc la suite de notre dossier "L'union Européenne, c'est quoi et comment ça marche ?", avec trois nouveaux articles, sur les élections européennes, le Traité de Lisbonne, les rapports avec l'Est de l'Europe.

Les européennes en 2009.doc

L'UE et l'Est.doc

Traité de Lisbonne.doc

 

Ces articles sont des papiers de fond, objectifs et informatifs. Ils permettent de se faire une bonne idéée des modes de fonctionnements européens, avec leurs qualités... et leurs défauts. Certains vont s'en servir pour critiquer l'UE. C'est de bonne guerre, mais il importe de rappeler deux choses:

1) nous ne votons pas, le 8 février pour décider de rentrer ou non dans l'Union européenne. Au contraire. En refusant les bilatérales, on rapproche certainement le moment où l'adhésion à l'UE ou à un hypothétique EEE deviendrait inéluctable. Contrainte et forcée, donc pas dans les meilleures conditions, parce que notre prospérité a besoin de l'Europe !

2) être pro-européen, à fortiori être pour la reconduction des bilatérales ne signifie pas que l'on approuve tout ce qui se passe en Europe. De même qu'être Suisse ne signifie pas que l'on soit d'accord avec toutes les décisions de Berne... Simplement, c'est reconnaître le fait que certains problèmes ont beoins d'être traités à la bonne échelle et que cette échelle, pour nombre d'entre eux est aujourd'hui l'Europe, voire le monde.

Etre pro-européen, comme être suisse (et en tant que naturalisé d'assez fraîche date, c'est comme cela que je le vois) c'est avoir le droit de dire "ceci me plait, celà moins, et je trouve que ce serait mieux ainsi". Cela s'appelle la démocratie et il est évident que l'UE se porterait mieux, en tout cas dans le coeur des européens, avec davantage de démocratie. Mais cela se conquiert et cela s'obtient par la partticipation et la persuasion. pas en restant observateur les bras croisés, ou pire les mains sur les yeux, la bouche et les oreilles, pour surtout ne pas voir ce qui se passe à nos portes.

La Suisse ne s'est pas faite en un jour. L'Union européenne non plus !

13/01/2009

Suisse-UE : souveraineté, histoire et guillotine

Dans son blog, le Pdt de l'UDC genevoise tente à nouveau de nous faire accroire que l'on peut voter non, le 8 février, mais qu'en fait ça veut dire OUI.  Des avis de juristes corroborent ce point de vue, qui consiste à dire que ce n'est pas le Conseil Fédéral ou la majorité du parlement qui décident du sens à donner aux questions posées au peuple, mais uniquement l'UDC, du haut de ses 30%!

Ce qu'il y a de bien avec les juristes, c'est qu'on en trouve toujours pour défendre les thèses les plus opposées. C'est inhérent au métier d'avocat, on leur apprend à être payé pour, à essayer. Jusqu'à ce qu'un juge tranche.

Mais parfois, le bon sens suffit...

C'est bien gentil de nous expliquer comment devrait-être compris un éventuel non, le 8 février, mais qu'est-ce que fait alors l'UDC de tous ceux qui auront voté non parce qu'ils ne veulent vraiment pas des accords bilatéraux ? A l'UDC même ou au MCG par exemple ? On s'essuie les pieds sur leurs bulletins ?
Sans compter que l'article 24 est très clair: les accords s'appliquent sur tout le territoire de l'UE. Quel qu'il soit ! Donc il ne sert à rien de voter en deux fois, puisqu'un non à la Bulgarie et à la Roumanie remettrait en cause pour de bon tous les accords.

Pour tenter de remettre un peu de clarté et d'objectivité dans un débat que certains s'évertuent à rendre confus, voici trois articles sur l'Union européenne, qui traîtent de l'ancêtre (l'Union paneuropéenne), de la souveraîneté nationale et de l'adhésion des peuples.

Ils font partie d'une série de 20 articles, publiée en 2007-2008, dans le Genevois, journal du parti radical. La série passe au crible l'Union européenne. Elle est écrite par une étudiante et chercheuse genevoise, Véronique Plata.

Ces articles, vous les aurez tous ces jours prochains, au rythme de 3 par jours, afin que les lecteurs de ce blog et tous ceux qui le désirent puissent se faire une idée plus juste de ce qu'est l'UE, avant de voter, le 8 février prochain sur la reconduction des bilatérales.

Souveraineté limitée.doc

Union Paneuropeénne.doc

L'adhésion des peuples.doc

12/01/2009

Appels d'offre: la loi restera suisse

Depuis quelques jours, l'extrême gauche, repris par une partie de l'extrême-droite, puis par ce que j'apellerai par convention la droite dure, à savoir l'UDC, prétend que les appels d'offres publics, en Suisse, devront bientôt se plier à la jurisprudence européenne, et admettre que des entreprises étrangères soumissionnent en payant leurs travailleurs aux conditions étrangères. Rien n'est plus faux.

En fait sur cette histoire de vote du 8 février, l'UDC ne sait plus à quel saint se vouer, et accumule les contradictions. Nous y reviendrons.

Une chose est sûre, les règles concernant les appels d'offres (définies au départ à l'OMC) sont appliquées en Suisse en fonction des accords intercantonaux sur les marchés publics (AIMP).

La loi sur les marchés publics est en cours de révision par le département fédéral des finances, qui a ouvert une procédure de consultation le 30 mai 2008. Cette procédure devait s'achever le 15 novembre 2008. On devrait donc dans quelques semaines voir le message du Conseil fédéral au Parlement. Mais cela n'a rien à voir avec les accords bilatéraux, hormis le fait que les entreprises des pays de l'UE peuvent bien sûr soumissionner, mais aux conditions de la loi suisse. Ce qui correspond d'ailleurs à l'esprit des normes de l'OMC, dont le but est d'assurer une concurrence loyale et un traitement équitable de tous... En  évitant tout traitement de faveur pour le local, mais aussi pour l'étranger...

En toute logique, le projet du Conseil fédéral prévoit donc d'appliquer le principe "du lieu d'exécution" aux soumissionnaires étrangers qui fournissent des prestations en Suisse. Autrement dit: l'entreprise étrangère proposant et fournissant des prestations en Suisse devra respecter les règlementations suisses (tant en terme de qualité, qu'en termes de protection des travailleurs, de prévention des accidents au travail, d'assurances sociales, etc.).

L'interprétation contraire qui a été faite ces derniers temps par la jurisprudence de l'Union européenne ne concerne que l'Union européenne intra-muros et évidement pas la Suisse qui n'en est pas membre. 

La démocratie dans l'UE

Comment ça marche, l'UE, pour de vrai ? Pas dans les fantasmes des blogueurs, mais en réalité, dans le secret des couloirs de Bruxelles, au Parlement et chez les technocrates ou dans les conseils des Ministres des 27?

Pourquoi et comment les politiques réagissent-ils face aux médias, aux électeurs de leurs circonscriptions et aux manifestants divers ?

Pour répondre à toutes ces questions, une équipe d'Arte a suivi de près 6 mois de présidence française. Quasimment à la trace. Avec la bénédiction de Sarkozy, dont le côté « j'adore passer à la télé » le conduit à accepter une transparence jusqu'alors inconnue. Sauf en Suisse ou un documentariste avait déjà filmé ainsi, dans les couloirs du Parlement.

Durant des semaines, les Ministres français chargés de négocier les dossiers les plus épineux ont donc eu une équipe de télé accrochée à leurs basques, qui filmait tout. Hormis quelques rares off the record, où l'équipe a du arrêter de tourner, notamment les discussions entre Polonais, lors de la négociation, hypertendue, sur la réduction des émissions de CO2 (80% de l'électricité polonaise sort de ses mines de charbon, et des miliers de mineurs en vivent), nous avons eu accès à tout. Et la conclusion, c'est que l'Union Européenne en sort grandie.

On mesure mieux, après cela, la difficulté qu'il y a à mettre d'accord 27 pays dissemblables aux intérêts parfois opposés... mais aussi l'importance d'y parvenir, car c'est le seul moyen d'avancer sur des dossiers vitaux : sécurité collective et alimentaire, crise économique, réchauffement climatique... On voit surtout, comment ça se passe et comment, n'en déplaise aux eurosceptiques, la démocratie, à savoir les peuples, jouent leur rôle.

Les technocrates, brillants universitaires, jouent le leur, exactement comme en Suisse, en préparant, étudiant, imaginant, proposant des solutions, des réglementations, des ouvertures, dans leurs domaines de spécialités. Qui sont proposées aux politiques. Qui doivent trancher en fonction de leurs sentiments, de ceux de leurs électeurs, de leur point de vue politique, de l'intérêt national et aussi de l'intérêt supérieur collectif, non seulement européen, mais mondial. C'est flagrant dans le cas du CO2 et de la crise financière. Penser à l'échelle européenne permet et d'une certaine manière contraint à penser à l'échelle mondiale.

Le cas polonais est exemplaire. A l'évidence, l'intérêt démocratique du monde, qui est de réduire l'émission de gaz à effet de serre, s'oppose à l'intérêt démocratique des Polonais, qui est de continuer à utiliser le charbon, principale richesse nationale. Donc on négocie, encore et encore. Jusqu'à trouver un compromis acceptable par les technocrates, les politiques et l'opinion publique. Qui votera à la prochaine élection, en fonction des résultats obtenus.

L'Italie, sur le même sujet est également sur la sellette. Les industriels italiens n'ont pas fait grand chose contre le CO2, et vont devoir payer des milliards d'euros de bons d'émissions pour se rattraper. Le Gouvernement italien sait déjà qu'il va en rejeter la faute sur l'Europe, qui a bon dos, et en prévision, il gesticule. Mais les journalistes italiens ne sont pas dupes. Pas plus que les écologistes de la Péninsule.

Dans ce ballet, le parlement joue le rôle de la conscience européenne. Si dans les discussions entre Ministres, le droit de veto d'un membre peut être accepté sur un sujet épineux, au Parlement, il n'en est pas question. C'est la majorité qui prime. Et qui donc peut imposer ses vues, en rejetant un accord marqué de concessions trop importantes à une minorité de blocage... C'est tout cela, qui fait l'Europe et c'est parfois compliqué, mais ça fonctionne. Et ça avance.

Exactement comme les discussions de couloir, les procédures de consultations et les négociations interminables pour parvenir au consensus à Berne. Ou tout au moins a un consensus durablement acceptable. Le principe du référendum introduit bien sûr une dimension populaire directe, mais celle-ci est aussi présente en Europe, sous d'autres formes: le caractère plus incisif et plus diversifié de la presse, l'élection à la proportionnelle du Parlement et surtout les manifestations de mécontents.

En Suisse, la nécessité de ramener des textes politiques, techniques ou législatifs fort complexes à de simples OUI ou NON est parfois extrêmement contraignante, et fort périlleuse, car toujours incertaine. Elle pousse les politiques à s'entendre pour l'éviter, ce qui peut passer pour une entente sur le dos du peuple. Dont profitent les populismes. Dans l'UE les oppositions sont plus clairement déclarées. Mais les voix du peuple sont à mon avis tout aussi présentes et entendues... Ce sont deux systèmes différents, pas forcément incompatibles et dans tous les cas démocratiques.

 

10/01/2009

Tripoli : marche à suivre

J'étais hier à un cocktail diplomatique à Berne. Il y avait du beau monde, d'une bonne vingtaine de pays, et bien sûr des responsables du DFAE. Plusieurs responsables, de différents niveaux et différents secteurs, liés notamment à l'accueil et à la sécurité des diplomates.

J'ai naturellement évoqué avec eux la question qui nous préoccupe tous, à Genève et à Berne, à savoir comment faire pour sortir de leur situation les deux petits suisses retenus à Tripoli ?

Leurs propos étant évidemment off the record, je ne les citerai pas. Rien ne m'empêche en revanche de donner mon point de vue. Qui n'a pas guère évolué depuis des mois:

Le plus important, c'est de sortir et de ramener les deux gars qui sont là bas. Certes, ils ne sont pas en prison, mais ils sont coupés de leur famille, de leurs amis, de leur entreprise. Leur carrière est fichue et cela fera bientôt un an qu'ils sont privés de leur liberté, sans raison. Accessoirement (même si c'est secondaire, ce n'est pas anodin), les entreprises suisses en Lybie, pays qui avait toujours entretenu d'excellentes relations avec la Suisse, ont perdu des sommes considérables. On parle en centaines de millions.

 

Face à ce problème, et à la psychologie très particulière de ceux qui président pour l'instant à leur destinée, il faut bien reconnaître que nous sommes à peu près dépourvus de moyen de pression.

Même l'Union européenne, dont nous ne sommes par ailleurs pas membres, ne pourrait pas grand chose. Elle a mis 5 ans à sortir les infirmières bulgares, en payant le prix fort (on parle tout de même d'au moins une centrale nucléaire) et surtout en profitant de l'opportunité qui s'est présentée, lorsque le guide de la Jamahirya a voulu rejoindre le camp occidental.

Maintenant qu'il y est, c'est plus compliqué. La question, psychologiquement fondamentale, est davantage ce qu'il veut obtenir que ce qu'il a peur de perdre. Car à l'image d'un enfant capricieux et exhalté, il désire passionément ce qu'il n'a pas, tout en n'ayant malheureusement pas peur de grand chose. Par ailleurs, personne ne songe sérieusement à l'éjecter du camp occidental (ce qui en termes de vies humaines et de rapport de force régional serait consternant) pour ce qui est une peccadille du point de vue de la géopolitique: la contrainte subie par nos deux compatriotes, réfugiés dans notre ambassade. Ce d'autant plus qu'un soupçon de rudesse superflue continue de peser sur l'opération juridico-policière genevoise.

Certes stricto sensu, nos policiers ont fait leur boulot et les exploits automobilistiques et armés du fils Kadhafi sur les Champs Elysées, ses gardes du corps s'étant de plus opposés physiquement à son arrestation justifiaient un déploiement de force exceptionnelle, dans le cas d'un pékin lambda pris en flagrant délit. Mais l'affaire n'avait plus vraiment un caractère de flagrant délit, puisque les plaintes de part et d'autre étaient déjà déposées depuis plus de 24 heures et que le risque de fuite n'était guère évident vu que la jeune mère s'apprêtait à accoucher.

Par ailleurs, le fils Kadhafi, n'est pas un pékin lambda et Genève avait été invitée par Berne à réfléchir aux conséquences possibles et même prévisibles. Le caractère imprévisible, justement, de ses proches, les intérêts économiques de la Suisse commandaient d'agir avec doigté. Une convocation eut été plus habile et sans doute suffisante. Elle eût surtout, du point de vue de la justice été certainement plus rentable. Car en dehors de l'humiliation subie lors de l'arrestation, que reste-t-il, concrêtement de cette affaire au plan judiciaire ? Grâce au Procureur Général, qui a fait ce qu'il fallait, et aux plaignants, la caution a été remboursée, la plainte a été retirée, permettant d'avancer dans la voie d'un règlement. Ne pas le faire aurait juste claqué la porte sur le nez de nos ressortissants et ce n'est pas le but.

 

La contredanse du Conseil d'Etat

 

Dans cette affaire, il y a eu une décision hasardeuse et quelque part idéologique, voire même pire électoraliste, circonscrite au sein d'un triangle dont les têtes sont le conseiller d'Etat responsable, à savoir Laurent Moutinot (socialiste), le juge (socialiste) qui instruisait l'affaire et la direction de la police. Elle-même otage des sentiments égalitaristes – limite revanchards à l'égard des étrangers – d'une partie de ses troupes que l'on sait très marquées par le syndicalisme et certain parti hostile à tout ce qui n'est pas strictement genevois. Y compris à Berne et à ce qui parle schwyzerdütsch d'ailleurs.

Le Conseil d'Etat et son Président, mon excellent ami de 30 ans, David Hiler, aurait pu se dispenser d'un communiqué de presse qui n'a pas fait avancer d'un iota la cause de nos ressortissants à Tripoli. David fait peu de bourdes, très peu, mais ironiser sur le manque de doigté n'était pas du meilleur goût et encore une fois, cela ne sert qu'à se faire bien voir de l'électorat genevois qui se rengorge, en négligeant les conséquences, là-bas si loin, à Berne, à Vevey, à Zürich et surtout, surtout, à Tripoli...

 

Il y a aujourd'hui une solution. Un Conseiller d'Etat, souvent surnommé le pasteur et passablement critiqué pour un certain manque d'allant. Il bénéficie en revanche d'une vraie aura d'homme de bien, sensible à la détresse humaine. Il n'a plus rien à perdre, électoralement parlant. Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de sa démarche de vie, en reconnaissant l'existence d'une gaffe, en en endossant la responsabilité, et en s'excusant? Berne saurait l'aider à rédiger un texte convainquant et mesuré, en termes diplomatiques. Quitte à aller, si nécessaire, s'excuser à Tripoli même, en accompagnant sa collègue de parti chargée à Berne des affaires étrangères ?

Cela aurait du panache, et hormis peut-être quelques esprits obtus et bornés, qui pourrait lui reprocher d'avoir sacrifié un peu des principes théoriques à la liberté de deux innocents ? Le fils Kadhafi continuerait d'avoir sa réputation, et Genève la sienne. L'opinion publique libyenne et l'ego de son leader seraient satisfaits... Et les deux petits suisses seraient libres... Du moins faudrait-il en obtenir l'assurance préalable, évidemment.

A ses bourgeois pénitents face à l'ogre anglais, Calais a élevé une statue. Je verserai personnellement quelques deniers pour ouvrir une souscription visant à en ériger une en l'honneur de ce conseiller d'Etat magnanime. Tout le monde n'a pas l'occasion d'en mériter une et c'était peut-être sa destinée ?