05/02/2009

Colombie : les omissions de Temps Présent

temps présents gontard.jpgToutes les gazettes en parlent et le TJ d'hier soir l'a annoncé: Temps Présent s'intéresse à la Colombie. Avec l'objectivité fortement teintée de sensationnalisme qui caractérise de plus en plus en souvent la TSR. Ainsi Darius Rochebin, quelques minutes plus tôt, lançant le sujet sur ce père ayant caché ses deux fils dans une ferme d'altitude durant dix ans, souligne finement: "Ils n'étaient pas scolarisés". Ce qui est vrai. Sauf que toute la presse française insiste depuis 24 h sur le fait que le père, franchement zarbi style secte écolo-ultra, mais titulaire d'un master de sciences, leur a fait suivre, seul, le programme scolaire à la lettre. Ce qui est légal en France.

Dans le cas du Temps Présent, avant même de l'avoir vu, on peut relever quelques failles. Voire des gouffres, au vu des premiers extraits et commentaires diffusés. D'abord, la journaliste de la TSR, sur le site de la chaîne, prétend avoir joué franc jeu. Faux, le sujet a été présenté (aux Colombiens et à moi-même) comme un reportage objectif sur la situation en Colombie en général, alors qu'il s'agit à l'évidence d'un témoignage à décharge sur l'action de Jean-Pierre Gontard en particulier.


Remarquez, pour connaître de l'intérieur le mode de fonctionnement de l'émission, je m'en doutais un peu. A Temps Présent, il ne s'agit pas de présenter objectivement la réalité, dans toutes ses subtilités, car ce n'est pas télégénique. Il faut tout au contraire choisir un angle, un point de vue, et s'y tenir. En montrant tout ce qui va dans le « bon » sens, quitte à manipuler l'info par un montage habile, et en omettant soigneusement le reste.

Dans le cas présent, l'objectif est clair: blanchir Gonthard et le DFAE et montrer que le Gouvernement colombien est le méchant. Il faut bien que la TSR, de temps à autre, justifie son statut de télévision d'Etat. Suisse. Candidement, la journaliste se félicite de ce que Gontard et le DFAE les aient accueillis à bras ouverts et leur aient fourni quelques documents... Apparemment utilisés contre le Gouvernement colombien, qui s'est lui montré nettement plus méfiant. Non sans raison.

En dépit de mes préventions, j'ai personnellement conseillé d'ouvrir les portes à Temps Présent, comptant sur un minimum d'objectivité. J'ai eu tort. La journaliste se rengorge en prétendant avoir fait du travail "a l'américaine", à base de faits. Ce qui est aussi le meilleur moyen de dissimuler sa subjectivité: il suffit de sélectionner les faits que l'on veut bien montrer.

La première grosse erreur vient de la confusion entretenue entre le Gouvernement et la justice colombienne. A Bogota, les deux pouvoirs sont strictement séparés, par une des lois les plus strictes au monde en la matière. La Colombie est une vieille démocratie, qui fêtera dans dix ans son bicentenaire, et comme la Suisse avec l'acte de médiation, ses institutions sont largement inspirées de la révolution française et de la pensée humaniste, dont Simon Bolivar était un fervent admirateur. Le gouvernement et la justice colombienne sont d'ailleurs fréquemment en opposition sur toutes sortes de sujets politiques brûlants.

Pour toute la mouvance gauchiste, comme celle qui s'exprime dans un blog ci-dessus prétendant représenter les latinos-américains de Suisse Romande, la justice colombienne, encensée lorsqu'elle tape sur le Gouvernement, devient mystérieusement paramilitaire lorsqu'elle s'en prend aux FARC. Micheline Calmy-Rey est à son tour tombée dans le piège de ses origines gauchisantes, en demandant sèchement au gouvernement de Bogota de faire cesser les poursuites contre son émissaire (et ami de l'IUED).

Ce à quoi Bogota lui rétorqua gentiment qu'en Colombie, la justice était libre de ses actes. C'était une erreur grossière de MCR, diplomatiquement s'entend, mais aussi et surtout la preuve d'une condescendance méprisante, limite néo-coloniale. Dans ces pays là, n'est-il pas, les règles de l'Etat de droit n'ont pas lieu d'être... A moins que ce ne soit les moeurs de république bananière que l'on prête à certains édiles genevois qui resurgissaient chez notre Conseillère Fédérale ?

En Colombie, par exemple, les gens tombent des nues en apprenant que non seulement les principales radios et télévisions d'Helvétie sont en mains étatiques, donc du pouvoir politique, mais qu'elles restent quasiment sans concurrence. Chose impensable outre-Atlantique, où les médias publics sont réservés à l'éducation et ne font guère de politique, laissant s'exprimer les opinions contradictoires des divers partis dans les différents médias, qui représentent toutes les opinions. Y compris certaines très proches des FARC.

Temps Présent tombe à pieds joints dans cette vision manichéenne du monde en développement, en imputant à l'exécutif ce qui relève du judiciaire, sans avoir, contrairement à ce qui avait été prétendu, cherché le moins du monde à comprendre la réalité du pays.

 

Du sensationnel, en revanche, il y en a. Ainsi "en exclu" TP montre un film qui pourrait s'appeler « Gontard chez les FARC », réalisé par le seul journaliste admis à travailler dans les camps de la jungle. Un journaliste forcément très objectif, comme on peut s'en douter, les FARC ne travaillant avec personne qu'ils ne contrôlent pas. A se demander si ce n'est pas l'existence de ce bout de film qui a motivé tout le reportage, le réalisateur s'étant trouvé en Suisse romande l'année dernière, peu avant que TP n'entame son sujet.

 

TP accuse implicitement le Gouvernement d'Uribe de mentir sur des faits qui se sont en réalité produits avant son élection et n'impliquent donc que le précédent Gouvernement de Pastrana, dont la politique était à l'opposé de la sienne. C'est notamment le cas d'une photo montrant un responsable policier de l'époque participer aux négociations en vue du paiement d'une rançon alors que le Vice-président de Uribe est persuadé que le gouvernement colombien de l'époque n'y a pas pris part… Et pour cause, le paiement d'une telle rançon étant un acte illégal en Colombie !

Des révélations sont également annoncées qui n'en sont pas, étant sues et publiées depuis des mois. Ainsi, que Novartis affirme que Gontard n'a pas versé l'argent n'est pas un scoop. La seule chose qui le soit étant que la rançon versée était 5 fois plus importante qu'annoncé. Mais en dehors de ces faits à décharge versés au dossier, qu'en est-il des faits à charge ?

Je n'ai pas vu l'intégralité du sujet. J'espère donc encore y trouver ce soir des réponses aux questions suivantes:

 

Quid de la différence entre le montant versé par Novartis et celui mentionné reçu par les FARC ?

Cette différence se serait-elle évaporée quelque part ?

Dans la poche d'un intermédiaire ?

Ou de quelqu'un ayant couvert le versement ?

Que dit Temps Présent de l'expérience désastreuse et meurtrière que fut pour la Colombie la « paix » négociée en Suisse sous l'égide de Gontard, qui transforma une vaste zone en laboratoire du crime, de l'extorsion et du trafic de drogue ?

Une époque noire dont furent précisément victimes les employés de Novartis ?

TP mentionne-il le fait que la Suisse romande abrite le QG des FARC hors Amérique, une organisation terroriste selon l'ONU et l'UE ?

Des enfants des leaders des FARC ont-ils été les étudiants de Gonthard à l'IUED, semble-t-il grâce à des bourses de la Confédération ?

Quid des couriels internes aux FARC indiquant la manière dont Gontard leur donnaient des leçons de relations internationales ou leur expliquait l'impact que pouvait avoir Ingrid Betancourt sur l'opinion internationale ?

Notamment en détaillant ses amitiés ministérielles françaises et sa célébrité dans l'Hexagone, que les FARC ignoraient auparavant ?

Comment expliquer ces innombrables photos où l'on découvre l'émissaire franco-suisse embrassant avec joie les chefs sanguinaires des FARC, sous l'oeil bienveillant du Che ?

Et les enveloppes cachetées transportées par l'émissaire franco-suisse entre les responsables des FARC à Lausanne et leur maison mère dans la jungle ?

 

Il est un peu facile pour Gontard de se distancer aujourd'hui des méthodes mafieuses et ultraviolentes des FARC, après avoir si visiblement soutenu, protégé, aidé et encouragé ce mouvement durant des années. S'il désapprouvait les méthodes des FARC, pourquoi a-t-il fait en sorte qu'elles puissent s'exercer au crime sur un territoire "libéré" grand comme la Suisse (habitants inclus) ? Et pourquoi tant de joie lors des retrouvailles avec leurs leaders ? Les délégués du CICR traitent-ils ainsi tous les geôliers et tortionnaires qu'ils rencontrent ? Par ailleurs, Gontard vante régulièrement sa discrétion, mais il abreuvait "of the record" depuis des années tous les médias romands de ses avis tranchés et péremptoires sur la Colombie.

Ce qui est en cause, en fait, au-delà de la personnalité complexe de Gontard, c'est une certaine naïveté de la politique helvétique. Sous prétexte d'humanitarisme, elle finit par aller à contresens de ses buts, en favorisant le maintien et la perpétuation de la violence. Une vision fausse de la neutralité.

 

Si la Suisse avait prétendu sauver ce qui restait de l'Allemagne, en février 45, le monde entier lui aurait ri au nez. Les FARC ne sont pas des nazis. Mais elles mettent un pays à feu et à sang depuis plus de 40 ans. Idem des Tigres Tamouls, qui contrairement aux FARC, émanent d'une minorité ethnico-religieuse. En cherchant à régler leur problème par les armes et par les armes uniquement, elles ont causé la mort de dizaines de milliers de civils et le déracinement de dizaines de milliers de familles.

Certaines rébellions, historiquement et démographiquement s'imposent. Lors de la décolonisation par exemple. D'autres sont vouées à l'échec. Numériquement. Les soutenir, et c'est très exactement ce que fait la Suisse, c'est entretenir inutilement la violence et la mort. Et ce indépendamment du caractère plus ou moins autoritaire de l'Etat contre lequel elles se rebellent.

Une rébellion armée cause généralement beaucoup plus de dégâts humains que la pire des répression en temps de paix. La voie pacifique et celle de l'Etat de droit doivent être privilégiées. Mais pour cela, il faut changer de lunettes. Celles de la décolonisation n'ont plus court. Un gouvernement du tiers-monde (ou d'un pays émergent), même allié à Washington, n'est pas forcément le méchant et ceux qui se rebellent contre lui ne sont pas forcément les gentils. Ils ne le sont en tout cas pas lorsqu'ils prennent les armes contre un gouvernement démocratiquement élu, qu'ils poussent fatalement à la violence.

En l'occurrence, Uribe a été élu et réélu majoritairement par son peuple pour mettre fin à la violence qui corrompt, paralyse et ensanglante son pays depuis des décennies. Une violence soutenue et aidée, au moins indirectement et en certaines occasions, très directement, par certaines personnes qui depuis le confort helvétique, jouent au fantasme de la révolution chez les autres.

Lorsque Berne (et le CICR) auront compris cela, on aura fait un grand pas vers la résolution effective des conflits.

 

Et pour continuer dans la publication des extraits de mes bouquins, voici ce que j'écris dans l'Anti-Prophétie sur la Colombie

 

 

 

Commentaires

Rahlala, Monsieur Souaille, je m'en doutais bien que vous mettriez en doute la parfaite objectivité de la TSR et de Temps Présent ! J'attendais demain avec impatience pour vous lire, mais vous m'avez précédé d'un coup, là.
Tous cela est une histoire de lessive qui lave plus blanc que blanc, une pub quoi.
D'abord il faut laver Madame Calmy-Rey pour qu'elle retrouve sa couleur virginale de bonne bobo de gauche.
Après il faut laver le DFAE qui a une furieuse tendance à prendre des teintes grisâtres sous la direction (?) de Madame Calmy-Rey.
Ensuite il faut laver M. Gonthard qui peut toujours servir et son carnet d'adresses aussi (d'après ce que j'ai pu comprendre).
Ensuite encore il faut laver les FARC qui scolarisent quand même leurs mômes dans les écoles les plus chères du côté de Lausanne, n'est-ce pas ?
Ensuite et enfin, la cocaïne - principale ressource des FARC avec les rançons - est blanche comme neige, et il faut aussi penser au blanchiment de tout le fric qu'elle rapporte.
Moi je trouve génial d'avoir une télévision d'Etat qui lave les cerveaux d'une majorité majoritairement majoritaire de la population plus blanc que blanc !

:o)

Écrit par : Blondesen | 05/02/2009

Vraiment un excellent billet, Ph.Souaille. La TSR et TP en particulier est une habituée de cette propagande soit-disant humanitaire mais bien gauchiste : par exemple, le film de la BBC sur l'attitude de la Suisse durant la dernière guerre, avec en particulier l'affirmation parfaitement mensongère qu'elle laissait passer des trains de déportés juifs en wagons plombés. Attaquée en justice à Strasbourg, la TSR a gagné, défendue par cette caricature d'avocat, Carlo Poncet.

Écrit par : Géo | 05/02/2009

Géo, pourriez-vous préciser, car vous n'êtes pas clair. Si la TSR a gagné son procès, c'est que l'affirmation n'était pas mensongère ? Ou bien ?
Encore que je crois bien me rappeler que finalement il avait été reconnu par à peu près tout le monde qu'aucun wagon fatal n'avait transité par la Suisse, mais que le reste du reportage, en revanche, était vrai.
Avez-vous des éléments précis et objectifs sur cet épisode ?

Écrit par : Philippe Souaille | 05/02/2009

Votre texte est excellent !!! Merci et bonne journée

Écrit par : amb | 05/02/2009

J'ai failli oublier une question essentielle qu'aurait pu poser Temps Présent. En fait c'est un intérêt inhabituel pour mon blog, en provenance de la RSR, qui m'y a fait penser.
Qui a donné à la radio romande l'information fausse, mais annoncée comme vraie, présentant la libération d'Ingrid Betancourt comme une opération arrangée contre monnaie sonnante et trébuchante ?
J'ajouterai encore ceci. La Colombie est déjà entrée en campagne électorale. Ce qui explique le regain d'agitation dans Ce pays et à l'extérieur. La gauche espère se replacer dans la course à la Présidence. Tout est bon pour tenter de discréditer la politique de l'actuel gouvernement. Le reste n'est qu'un écran de fumée.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/02/2009

"Aaaaah la blanchitude !"
C'est bien ce que je pensais: un spot pour une lessive lavant plus blanc que blanc, cette émission.
J'en retiens deux petits éléments:
1) M. Gontard disant, au tout début, qu'il a gardé certains documents lui assurant sa tranquillité.
Je le crois volontiers.
2) Le vice-président colombien mettant en doute "l'indépendance journalistique" des deux journalistes et mettant alors fin à l'entretien accordé.
C'est bien la preuve qu'il est un "méchant", s'il n'aime pas les détergents suisses.
Baaah...
Quoi qu'il en soit, c'est chouette une télé qui lave plus blanc que blanc !

:o)

Écrit par : Blondesen | 05/02/2009

Bien, finalement, après avoir vu l'intégrale du reportage, je pense que j'ai eu raison de conseiller à l'Ambassade de Colombie de réserver bon accueil à Temps Présent. Le résultat final est nettement moins unilatéral que ne le laissaient penser les lancements. Toujours ce goût du sensationnel... Et le besoin aussi de faire passer le message clef: "Gontard est innocent". Même si c'est moins évident en découvrant l'entier du film.
Bien sûr il s'agit clairement d'une opération de réhabilitation de Gontard, contrairement à ce qui avait été annoncé, mais la subjectivité reste dans des domaines admissibles. Les journalistes glissent cependant comme chattes sur braises sur quelques questions essentielles.
Chaque libération d'otage découlant d'une négociation, donc pour laquelle les FARC ont obtenu quelque chose, est un encouragement direct, pour elles, à commettre d'autres enlèvements. Exactement comme pour un enfant qui fait une bêtise, au détail près qu'on lui offre ainsi les moyens de financer sa bêtise suivante.. La douleur des familles et des victimes est un grand malheur, mais l'un des buts des autorités doit être de faire en sorte que ces choses ne surviennent plus.
Les 300 soldats libérés, principal titre de gloire de Gontard à présenter au Gouvernement, l'ont été dans le cadre des fameuses négociations qui ont offert aux FARC une zone grande comme la Suisse (42 000km2), ce qui reste leur plus grande victoire... Que les FARC peuvent mettre au crédit de Gontard. Leur opération "utilisation d'un social-démocrate stupide" était donc couronnée de succès...
Ce, jusqu'à l'arrivée de Uribe, car toutes ces affaires, y compris la rançon Novartis, se sont déroulées sous Pastrana, le précédent Président. Concrètement, depuis 2002, Gontard et Saëz, l'envoyé spécial de Sarkozy n'ont servi à rien, hormis sans doute effectivement d'écran de fumée à l'opération Jaque.
Reste que les questions les plus gênantes pour Gontard ne lui ont pas été posées, mais quelques unes l'ont été. Force est de reconnaitre que sur la rançon, par exemple, s'il n'a pas transporté directement la somme, c'est tout comme, puisqu'il a mené les négociations et obtenu le paiement.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/02/2009

"Les 300 soldats libérés, principal titre de gloire de Gontard à présenter au Gouvernement..." Oui, c´est vrai, mais peu après dans ce territoire aménagé spécialement pour elles, les FARC ont retenu près de 2000 personnes contre leur volonté - et cela n´a rien à voir avec la population locale, c´étaient des séquestrés! Certains d´eux le sont encore. Alors, 300 à l´actif, contre 2000 au passif, ce n´est pas un bon bilan.

Bien sûr qu´à l´époque beaucoup d'entre nous avons cru que c´était une expérience qui valait la peine d´être tentée. Nous avons cru à la bonne foi des FARC. On a vu par la suite que le temps de "trève" et le territoire ne leur ont servi que pour se fortifier en tous les sens: militairement, économiquement et "diplomatiquement".
Pour les FARC la guerre est une affaire très rentable - au moins, pour les commandants et la dirigeance à l´extérieur. Dirigeants qui n'ont pas besoin de payer pour faire éduquer leurs enfants en Europe... tandis que des milliers d´enfants paysans sont mutilés chaque année par l´effet des mines antipersonnel que ces "combattants pour la liberté" posent - y compris sur le trajet de l´école, ou au marché...

"En Colombie, par exemple, les gens tombent des nues en apprenant que..." Quel bon point! C´est la pure vérité! Un bon nombre d´habitudes "civilisées" de l´Europe seraient taxées d´"intolérables intromissions de l´état dans la vie privée des citoyens", d´"atteintes à la liberté"... etc., etc. Par exemple, en Allemagne, le devoir des habitants d´une ville de s´inscrire à un certain bureau (l´Envohnermeldeamt; je suppose que cela existe encore) - "efficacité organisatrice germanique", sans doute. Le gouvernement qui essaierait ça en Colombie, serait ipso facto accusé de dictature.
En France, le fait qu´insulter le président dans les médias soit un crime - la presse d´opposition colombienne (privée et indépendante) le fait tout le temps...

Écrit par : Fernand | 06/02/2009

Fernand, en Suisse aussi, cela existe et ça s'appelle le contrôle de l'habitant, ce qui veut tout dire. En France, la chose existait au XIXème siècle mais considérée comme une grave atteinte à la liberté individuelle, l'obligation de s'enregistrer a été levée il y plus d'un siècle

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2009

l'obligation de s'enregistrer a été levée il y plus d'un siècle
Vous voulez dire que je peux aller m'installer en France sans rien dire à personne ? Plus d'impôts, plus d'identité légale ? chouette, on comprend mieux d'un coup pourquoi la France va si bien...

Écrit par : Géo | 08/02/2009

Non Géo, cela ne concerne que l'obligation de déclarer où l'on habite, à partir du moment où l'on a le droit d'habiter dans le pays. Depuis qu'ont été supprimé les livrets qui obligeaient chaque travailleur a s'inscrire à la police lorsqu'il changeait de ville (notamment les compagnons du tour de France).
Vous êtes toujours censé vous déclarer aux impôts si vous avez un revenu, et changer l'adresse de votre carte grise automobile à chaque déménagement. Mais vous pouvez en revanche conserver vos papiers d'identité à une ancienne adresse et ne pas faire suivre votre courrier pour tenter d'échapper aux amendes ou aux poursuites. C'est limite mais il y en a qui le font. Cela peut paraître tortueux, sous prétexte de liberté individuelle, mais ni plus ni moins que le secret bancaire et la distinction sémantique entre soustraction et fraude fiscale...

Écrit par : Philippe Souaille | 08/02/2009

Je "tombe des nues" à nouveau en apprenant qu'en Allemagne il est déféndu par la loi d'avoir un nom de famille fait de trois composantes. Voir:

http://www.dw-world.de/dw/article/0,,4036994,00.html

En Colombie (pays "latino", tropical, "machista", etc.), les femmes ne perdent jamais leur nom de famille quant elles se marient. J'ai lu aussi quelque part qu'en France c'est également défendu de s'appeler "Napoléon". Serait-ce vrai?

Écrit par : Fernand | 19/02/2009

Les commentaires sont fermés.