11/02/2009

L'OMC, UN REMPART CONTRE LA CRISE ET L'INJUSTICE

Si la majorité des scientifiques admet aujourd'hui la réalité du réchauffement climatique, la majorité des économistes affirme que le libre-échange est le principal facteur d'accroissement de la richesse globale, et le meilleur allié du développement des plus pauvres, si on les aide à en profiter. Le protectionnisme, à l'inverse est le meilleur moyen de maintenir en l'état les disparités, voire de les accroître, ce qui n'est pas tenable et finit fatalement par déboucher sur la violence. C'est-à-dire la guerre puisque l'on est au niveau des Etats.

 

Le problème, c'est que le libre-échange n'a de libre que le nom. Comme toute activité humaine, il doit avoir des règles. Et comme il est mondial, à l'instar de la finance et de quelques problèmes comme le réchauffement, justement, la gestion des ressources ou les armes de destruction massive, il doit avoir des règles mondiales. C'est le constat que le monde se refusait à faire jusqu'à présent, croyant utopique l'idée de dépasser la souveraineté des Etats-Nations hérités du XXème siècle et de la décolonisation. Le cavalier seul des Etats-Unis de Bush ayant surtout abouti à réveiller les rivalités entre Etats.

 

Puis, le dernier week-end de janvier 2009, une date qui entrera dans l'Histoire, les deux forums mondiaux qui réunissaient les maîtres du monde à Davos et les altermondialistes à Belem, sont parvenus à la même conclusion: il faut davantage de gouvernance mondiale. Notamment sur le plan de la finance et du commerce.

 

L'OMC, chargée de réguler le commerce, est la première de ses institutions mondiales d'un genre nouveau. On est loin de l'ONU et de son Conseil des Sécurité, institué avant la décolonisation et composé des 5 vainqueurs de la seconde guerre mondiale.

Au sein de l'OMC, chaque membre a voix égale, et même droit de veto, ce qui d'ailleurs pose un problème et tôt ou tard devra être amendé. Sa chambre de règlement des conflits, la fameuse "Green Room" tient compte de toutes les principales traditions juridiques mondiales: anglo-saxonne, napoléonienne, islamique, confucéenne…

Elle dispose de règlements et surtout de moyens de coercition qui l'autorisent à punir et amender un pays récalcitrant, si puissant fut-il.

Elle est aujourd'hui un rempart contre la dépression mondiale, car elle veille à maintenir ouvert les canaux de négociation et les accords en place, en luttant contre les tendances protectionnistes, qui ne feraient qu'aggraver la crise. Elle combat aussi l'injustice à travers deux programmes de coopération essentiels:

- La formation de cadres des pays les moins avancés (africains notamment) à la négociation d'accords internationaux,

- La formation des producteurs locaux et des responsables d'infrastructures aux exigences des marchés et à la gestion des flux, des problèmes de transport, etc…

 

L'OMC est aujourd'hui le bras armé de plus de 150 pays, pauvres et riches, pour réguler le commerce mondial. S'en prendre à elle, c'est comme de dézinguer l'agent de police qui reste seul au milieu du plus gros carrefour à l'heure de pointe, après que les feux tricolores soient tombés en panne.

 

Pour en savoir plus sur les organisations internationales et l'état des blocs sur la planète, voici un nouvel extrait de l'Utopie Urgente - OMC

 


Commentaires

Bonsoir Philippe Souaille,

Merci pour cet article que j'ai lu avec intérêt et qui reflète bien la situation ...

Il est vrai qu'en ces temps de crise économique, le réflexe du repli sur soi, du "patriotisme économique", est tentant pour l'homme de la rue, il l'est moins pour les responsables politiques censés agir avec une vision d'ensemble en ligne de mire. Malheureusement ce n'est pas toujours le cas, certains faisant de l'OMC le bouc émissaire idéal pour se défausser sur lui et brouiller ainsi leurs problèmes politiques et économiques nationaux.
Ce n'est pas le moindre des dangers pour l'OMC !

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 11/02/2009

Nombre de pays ont vu leur économie progresser lors de mise en place de barrière protectioniste ... n'oubliez pas que l'économie n'est pas une science exacte, elle sert surtout de faire valoir à des options politiques.

A ce propos, lire http://www.amazon.fr/dp/2916097112

Écrit par : Djinius | 13/02/2009

Djinius, vous avez des noms de pays ayant vu leur économie progresser du fait de barrière protectionniste ? Et ce de manière équitable, c'est à dire en fermant à la sortie aussi bien qu'à l'entrée, parce que fatalement, si on monte des barrières à l'entrée, celui qui ne peut plus vous vendre va monter des barrières à la sortie de vos produits ! Généralement, cela se termine en se tapant dessus, mais peut-être me direz-vous que l'histoire non plus n'est pas une science exacte ?
Pas la peine non plus de me citer des pays disposant d'un marché intérieur gigantesque où tout restait à faire, genre les métropoles de l'époque coloniale avec leurs colonies, ou les Etats-Unis de la conquête de l'Ouest ou même la Russie avec la Sibérie, parce qu'alors évidemment ils disposaient des territoires permettant à la fois l'expansion, les débouchés et les approvisionnements. Une époque révolue.
Le Japon a quant à lui cumulé les deux: d'abord protectionniste, mais exportateur car seule puissance industrielle dans sa région, puis fortement expansionniste à la seconde guerre mondiale pour s'assurer des débouchés qui lui manquait à l'intérieur de ses frontières. On pourrait multiplier les exemples.
Sans compter puisque vous êtes de gauche, que les premières victimes seraient les pays en développement, si nous leur fermons nos frontières.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/02/2009

Non, je n'ai pas de noms, je me souviens juste de ce mon professeur d'économie m'a enseigné ... que le cycle de variation de PIB sont relativement déconecté de politique d'ouverture ou de fermeture.

Sinon, a lire ... http://blog.mondediplo.net/2009-02-17-La-menace-protectionniste-ce-concept-vide-de-sens

Écrit par : Djinius | 17/02/2009

Djinius, il ne faut pas forcément croire ce que disent tous les profs. Par ailleurs, le Monde diplo est à peu près au journalisme ce que le petit livre Rouge des pensées de Mao est à la littérature, ou l'Ancien Testament à un traité d'Histoire: juste un concentré d'idéologie pour crédules idolâtres, sans aucune fiabilité.
Je me souviens encore d'une de leur une présentant comme un scoop une interview de Sadruddin Aga Khan, alors que celui-ci était décédé depuis déjà au moins deux ans...

Écrit par : Philippe Souaille | 17/02/2009

Dans son blog, Pierre Vaneck déplore "les 33 petits mètres" qui seront laissés à la population au parc Barton. 33 mètres (de large, cela va mieux en le précisant), c'est la moitié d'un terrain de foot international ou des Champs Elysées, trottoirs compris.
Ce qui laisse largement de quoi musarder et flâner et même s'allonger sur le gazon, car la partie bitumée, destinée actuellement aux promeneurs et qui le restera est évidemment beaucoup moins large.
En fait, personne aujourd'hui ne va sur les parties qui seront dans le périmètre de sécurité de l'OMC, précisément parce que c'est bien trop près du bâtiment, gazonné et sans intérêt. Ayant habité Bellevue plusieurs années, je traversais le lieu plusieurs fois par mois pour me rendre en ville en vélo et je connais parfaitement les lieux, ce qui n'est apparemment pas le cas de M. Vaneck.
L'extension du bâtiment se fera sur la partie qui est actuellement bitumée et dévolue à un parking. Il n'y aura pas d'atteinte aux espaces verts.

Par ailleurs, le secret bancaire a du plomb dans l'aile. L'extrême-gauche s'en réjouit, et moi aussi dans une certaine mesure. Mais est-il vraiment bien malin de s'en prendre aujourd'hui aux organisations internationales alors que les banques vont avoir fort à faire pour maintenir l'emploi - et payer les impôts qui financent l'assistance publique du canton ?
A moins bien sûr que l'intention de M. Vaneck, in fine, soit d'engendrer le chaos ultime, pré-révolutionnaire... La bonne foi devrait alors le pousser à le dire ouvertement au lieu de (mal) se dissimuler derrière les arbres de nos parcs...

Écrit par : Philippe Souaille | 19/02/2009

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