28/02/2009

Aliose, a Twin Star is Born

 

Une étoile double est née au firmament de la chanson romande. Elle s'appelle Aliose. Comme Alisé Oswald, sa jeune chanteuse nyonnaise, 20 ans tout juste et son alter ego, le Genevois Xavier Michel, tout frais émoulu prof de lettres au civil. Etonnant de trouver tant de maturité, de réflexion et de talent dans un duo si jeune. Clairement, ils ne visent pas les premières places des hits parades. Leur ton, leurs rythmes et leurs arrangements sonnent bien davantage poèsie subtile que racolage bling bling.

Alisé a de qui tenir: deux grands-pères musiciens, dont l'un avait ouvert la première boîte de jazz de Caracas, une maman choriste, étoile filante de la scène genevoise aux premiers temps du New Morning (avant de se reconvertir dans l'éclosion d'autrui), une maison familiale ouverte aux musiciens de passage, connus ou non... et surtout l'envie dévorante de monter sur les planches depuis son premier concert familial... à 4 ans.

Mais Alisé n'est certainement pas le produit d'une volonté maternelle ou parentale. Elle s'est faite toute seule, à son rythme et à son idée, labourant sans relâche un style très personnel et finalement dans l'air du temps. Au gré de rencontres enrichissantes, elle a su s'attirer l'appui des plus talentueux, comme le painiste Moncef Genoud, pour son premier CD, dont elle fêtait la sortie vendredi soir, au Box, à Carouge.

Tout ce qu'il y a de meilleur et de plus professionnel dans la scène musicale romande se penche sur son berceau. Et sitôt le CD entendu, se met en quatre pour l'aider. Azimuths sur Radio Cité, Option Musique sur la RSR et bientôt Gérard Suter pour Radio Paradiso. Paris déjà est à l'écoute. Nul doute, Aliose ira loin.

Ce n'est pas un secret, mes goûts personnels sont clairement dédiés au swing du rock et aux cadences tropicales. N'empêche, les textes brillants et intimistes, autant que les voix si subtilement placées d'Aliose ont su m'envoûter, sans attendre quelque bossa plus guillerette que véritablement endiablée. D'ailleurs la bossa n'est pas endiablée, elle laisse cela au samba. La bossa, qui le sait, c'était l'interprétation brésilienne d'une chanson française, qui à l'époque du rockn'n roll naissant, tenait encore le haut du pavé mondial

Il semblerait qu'avec une nouvelle génération de chanteurs à textes, qui font virevolter leurs mots et leurs sons sans sombrer dans le flonflon, la chanson française soit en pleine phase de réveil. Aliose surfe cette vague là et c'est une excellente nouvelle. Inutile pour elle de chanter en anglais. Sa voix, sa voie, est ailleurs et c'est en français qu'elle déploie toute sa musicalité subtile.

Le concert du Box ayant fait salle comble et laissé de nombreux fans à la porte, une nouvelle date est programmée le 10 avril.

26/02/2009

UE et fiscalité : le gentil bailli et le cowboy yankee

 

A première vue, l'idée de nommer en Suisse un bailli autrichien, comme représentant de l'Union Européenne à Berne, pourrait paraître au mieux comme une bêtise d'ignares, au pire comme une provocation gratuite. Mais en dehors du fait qu'un autrichien peut percevoir mieux que d'autres les réactions d'un petit pays alpin à dominante alémanique, l'UE s'est précisément bâtie sur sa capacité à dépasser ses dissensions passées, en les intégrant dans leur dimension historique.

Concrètement, l'Ambassadeur Michaël Reiterer fait un bailli bien sympathique. Il était mercredi à l'Université de Genève, dans un amphi rempli de plusieurs centaines d'étudiants pour faire le point sur la voie bilatérale. Il en a profité pour faire un peu de pédagogie en rappelant qu'on ne pouvait obtenir tous les droits de membre d'un club, sans y adhérer formellement.

La Suisse a donc le choix entre trois options :

  • adhérer pour participer au processus décisionnel et l'influencer

  • poursuivre la voie bilatérale qui implique de reprendre l'acquis communautaire tel quel, y compris ses évolutions futures, quel que soit le nombre ou l'identitié des membres

  • se retirer du processus et s'en tenir à l'écart

     

La dernière option serait évidemment compliquée, en pratique, par le fait que la Suisse est entourée d'Europe et qu'on peut changer l'histoire, mais pas la géographie. A l'inverse, une candidature de la Suisse au G20, où va se discuter l'avenir de la fiscalité mondiale, aurait beaucoup plus de chances d'aboutir, à l'image de celle de la Hollande qui y a été admise, si la Suisse était membre de l'UE et non un petit pays, certes puissant financièrement, mais isolé.

Michaël Reiterer a rappelé également que l'Union Européenne avance en dents de scie, qu'il y a des hauts et des bas, à l'instar du climat, mais que c'est normal dans un projet d'une telle ampleur, qui n'a jamais été tenté auparavant. Sur la durée, la marche vers toujours plus d'intégration et de paix est indéniable.

Même sur le plan de la démocratie, dans lequel le gentil bailli s'est autorisé a souhaité que l'UE fasse encore des progrès, M. Reiterer a rappelé plusieurs points essentiels:

  • La commision comme le conseil des Ministres sont l'émanation de gouvernements démocratiques.

  • L'examen par le parlement européen des traités internationaux constitue un net progrès dans la plupart des pays. Auparavant, ils étaient uniquement élaborés par les fonctionnaires diplomates.

  • A l'entrée en vigueur de Lisbonne, le parlement débattra de l'intégralité du budget communautaire, le gros morceau de la politique agricole lui échappant encore

     

(NB: ceci explique sans doute que le savoyard Michel Barnier, actuel Ministre français de l'agriculture, soit tête de liste aux prochaines élections européennes, pour aller y défendre le steack des paysans français).

L'Ambassadeur Reiterer a aussi exprimé le voeu qu'à l'avenir, l'UE ne fasse plus office en Suisse de bouc émissaire. Un voeu pieu, très vraisemblablement, puisqu'il entend déjà l'accusation pointer son nez sur le passeport biométrique, alors même qu'il s'agit au départ d'une exigence de Washington.

A ce sujet et pour entrer dans le vif des débats, M. Reiterer s'est plut à souligner qu'en matière de négociations fiscales et d'entraide juridique, l'UE respectait scrupuleusement les accords passées et les formes légales.

L'avantage policé de la vieille Europe sur les méthodes de cowboy étasuniennes est indéniable. Il n'en reste pas moins qu'il est des sujets sur lesquels il faut avancer et la fiscalité des entreprises comme des particuliers en font incontestablement partie.

Sur le plan des entreprises, il semble qu'il y ait encore du travail, l'UE n'étant pas forcément prête à accepter qu'un statut inadéquat soit remplacé par un autre, qui ne le serait guère moins. Il ne s'agit pas de nom, mais de fond. De manière générale, Bruxelles ne comprend pas pourquoi les holdings seraient imposées différemment des autres formes juridiques, ouvrant droit à toutes sortes d'abus et privilèges. Mais on en discute en respectant les traités et les éclats de quelques politiciens ne se traduisent pas en clés au bras économiques.

Il semble en revanche que l'on progresse sur le plan du traitement des fonds européens placés ou transitant par la Suisse, quelle que soit le type de fiscalité directe ou indirecte à laquelle ils auraient pu chercher à échapper. On s'achemine vers le principe d'une imposition à la source restant anonyme, mais étendue à toutes les formes de fiscalité, l'assistance judiciaire et la révélation de l'identitié n'étant accordée que dans les cas de « fraude manifeste ». Ce que semblait confirmer au même moment Rudolph Merz dans sa conférence de presse bernoise.

On est là dans le coeur de ce que Patrick Odier, vice-président d'EconomieSuisse, appelait mardi soir, dans Infrarouge, le secret des négociations et la marge de manoeuvre des négociateurs. Reste que la Suisse, dont l'objectif stratégique doit être aujourd'hui d'obtenir un contrôle mondial et une législation coordonnée de tous les paradis fiscaux, aurait beaucoup plus de poids, et donc de chances d'imposer ses vues, si elle était relayée et appuyée par la puissance de l'UE. Qui elle-même a commencé à faire le ménage parmi les nombreux paradis fiscaux qu'elle nourrit en son sein.

S'il est amusant de faire des analogies historiques, il ne faut pas perdre de vue que l'Histoire évolue sans se répéter, les situations n'étant plus les mêmes.

La mise en conformité internationale du secret bancaire réduira considérablement l'un des obstacles majeurs à l'adhésion.

L'UE n'est pas un empire à vocation impérialiste, mais une conjonction d'intérêts, pacifique et multipolaire. La neutralité même avait un sens profond du temps des rivalités franco-allemandes qui enserraient la Suisse. Lors de la guerre froide, elle était déjà bien davantage formelle. Et dans le monde des rivalités Nord-Sud d'aujourd'hui, elle n'a plus guère de sens. Mais rien n'empêche la Suisse de rester neutre dans l'UE.

De même que rien n'oblige la Suisse a abandonner la démocratie directe en adhérant. En fait, cela ne changera rien à la situation actuelle, sauf qu'elle pourra prendre part au processus décisionnel et notamment imposer son veto à telle ou telle décision qui ne lui conviendrait pas. Par exemple l'adhésion d'un nouveau membre, contrairement à la situation actuelle, où elle ne peut que prendre acte et accepter ou sortir. Au cas où une décision de l'UE serait rejetée par le peuple, la Suisse aurait toujours la possibilité de sortir, en abandonnant l'acquis commun. Exactement comme maintenant: la Suisse peut décider en tout temps de refuser la poursuite des bilatérales. En fait, la seule chose qu'une adhésion changerait, c'est que nous aurions la carte de membre, avec les droits afférents.

A lire, en pdf, la conférence intégrale de l'Ambassadeur

 

23/02/2009

Choisir une ligne de défense réaliste

 

L'homme est un loup pour l'homme. Et la femme peut-être une louve lorsqu'elle se sent blessée. Et les Etats-Nations ne sont que des outils au service des meutes qu'ils rassemblent. Et quoi de plus féroce qu'une meute? Mais en même temps, la morale et le désir de justice poussent également l'être humain a rechercher la concorde et la paix.

Nous sommes tous inscrits dans cette dualité, individuellement et collectivement. Ce qui concrètement signifie qu'il faut avoir la paix pour objectif, sans pour autant se laisser marcher sur les pieds. Qu'il faut chercher à établir des lignes de défense qui soient réalistes et tenables. Pour nous comme pour l'adversaire potentiel, censé redevenir tôt ou tard un voisin, un allié, peut-être même un ami.

Des lignes de défense réalistes, empiétant à minima sur la liberté des Genevois, c'est très exactement ce que contient le projet de l'OMC, dont je parle ci-dessous (pour l'ouvrir cliquer en haut à droite sur le titre). Car l'OMC, comme tout organisme international, peut être la cible d'attentats terroristes et doit donc se protéger. Il y va de la vie de ses employés, et aussi de celle des Genevois qui se promèneraient à côté au moment d'un éventuel attentat. Le fait même qu'une protection soit mise en place est ici dissusasif et réduit notablement la probabilité qu'un tel attentat ait lieu, car il en compliquerait notablement la réalisation.

Une ligne de défense réaliste, ce doit être aussi l'attitude de la Suisse et des Suisses sur la question du secret bancaire. Le soutenir mordicus envers et contre tout, face au reste du monde, est un combat perdu d'avance. Car au final, si les autorités financières internationales instituent un cordon sanitaire autour de nos institutions, ce qu'elles menacent de faire, c'est la rentabilité des comptes qui sera gravement menacée et les clients déserteront plus rapidement que s'ils avaient aux trousses une meute de loups. L'abandonner sans combattre serait suicidaire, tant qu'il subsiste d'autres paradis ailleurs. Le mandat impératif de nos diplomates et représentants dans les instances internationales doit être clair: OK pour abandonner le secret bancaire, mais tous en même temps.

20/02/2009

OMC: Solidarités se moque du monde

Solidarités veut lancer un référendum pour sauver le Parc Barton. De quoi au juste ? De l'envahissement du parc par l'OMC. Qui y est déjà depuis 13 ans. Comme avant elle le GATT et auparavant le BIT, depuis… 86 ans !

La nouveauté c'est l'extension d'un bâtiment sur l'emplacement actuel d'un parking bitumé, et la matérialisation d'un périmètre de sécurité par une haie paysagère, réalisée avec le service des Espaces Verts de la Ville, dont les bureaux bordent d'ailleurs le Parc.

perimetre omc.jpg

Les Trotskystes crient au scandale parce qu'il n'y aura plus "que" 33 mètres à disposition des promeneurs. 33 mètres de large, précisons-le, soit la moitié d'un terrain de foot international ou de l'avenue des Champs Elysées, trottoirs compris. Ce uniquement au point le plus étroit,  où actuellement, l'espace à disposition mesure très exactement… 35 mètres.

Partout ailleurs, l'espace ouvert au public restera bien plus large. Comme on peut le voir sur le plan, ci-dessus le périmètre de sécurité matérialisé par la ligne bleue n'empêche absolument pas la déambulation des promeneurs le long du lac. L'espace bitumé qui leur est dévolu n'est même pas touché. Les escapades sur le gazon seront également toujours possibles sur un large espace. A vrai dire, personne ne raserait les murs du bâtiment pour des motifs de ballade et raser les murs du bâtiment, c'est la seule chose que la clôture paysagère empêchera.

L'extension prendra place à gauche, à la place du parking actuel. C'est clairement la solution la plus pratique et la plus économique, le fruit de plusieurs années d'études des architectes de l'OMC, qui sont genevois comme vous et moi et qui aiment aussi nos Parcs, qu'ils ont pris grand soin de préserver. Après bien des allers-retours avec Berne et le Canton, la variante d'un agrandissement sur place a été privilégiée pour des raisons économiques. Cela sera aussi l'occasion d'un embellissement des lieux et d'une adaptation aux nouvelles normes écologiques du bâtiment principal, qui en avait bien besoin.
Le gagnant du concours final, connu ce jeudi, est un projet du bureau allemand, Wittfoht Architekten  choisi parmi 115 concurrents pour la qualité de son intégration au site, son respect de la végétation et la qualité optimale de ses options écologiques. Le chauffage à l'eau du lac, par exemple. Vous trouverez ici le pdf du rapport intégral du jury du concours.

L'OMC a besoin de places de travail et elle ne peut pas rester la seule organisation internationale dépourvue de tout système de protection. Ce serait lui faire courir, ainsi qu'à ses employés, un risque criminel.
Reconstruire ailleurs un bâtiment entièrement neuf pour accueillir ses centaines d'employés et ses assemblées ministérielles serait à la fois trop long et beaucoup plus coûteux. 200 millions de plus d'après les diverses évaluations ! C'est pourquoi Berne a insisté pour cette solution sur place, car d'après les accords de siège, ce serait à la Confédération, donc au contribuable de financer en partie et d'avancer le reste… Est-ce bien là ce que veulent les Trotskystes ?

Par ailleurs alors que la crise s'installe et que le secret bancaire bat de l'aile, est-ce bien le moment d'envoyer des signaux négatifs aux Organisations Internationales qui constituent l'un des piliers essentiels de notre prospérité ? On peut se demander à quoi joue Solidarités , hormis rêver de débuter le Grand Soir à Genève?
Visiblement, rien dans ce projet ne remet en cause l'accès au Lac et les ballades des Genevois. Beaucoup de précautions ont été prises pour y parvenir. Mener un référendum dans cette optique ne sert qu'à se faire de la propagande… et si jamais la récolte des signatures devait aboutir et déboucher sur une votation perdue d'avance, à dépenser un peu d'argent du contribuable.

NB: exceptionnellement les commentaires sont ouverts sans modération pour quelques heures.

19/02/2009

La pub à posteriori

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à mon avis, c'est la première fois que l'on peut voir une pub passer après qu'un produit ait été retiré de la vente. Je pense à ce film hollywoodien, qui vient d'exploser tous les records aux Etats-Unis, que la critique a éreinté, qui prétend expliquer aux femmes la manière de penser des hommes et qui n'a tenu qu'une semaine à l'affiche à Genève !

Apparemment ils se sont gourrés de semaine de sortie, parce que la semaine ou le film était à l'affiche, je n'ai rien vu et depuis qu'il n'y est plus, la pub squatte presque en permanence la une du blog de la Tribune. Une pub très bien faite d'ailleurs, qui donne envie de voir le film.  Heureusement il reste le DVD, parce que moi, j'ai un coeur d'artichaut et j'adore les comédies romantiques. Je dois tenir ça de ma mère, parce que mon paternel, c'était plutôt les westerns. Un goût qu'il m'a transmis aussi, pour sûr...

Le secret bancaire, c'est du doping

Il y a 8 ans, peu après la signature des conventions avec les Etats-Unis, l'UBS clamait à tort et à travers qu'elle n'avait plus besoin du secret bancaire, qu'elle avait pris ses dispositions et que désormais, elle jouerait cartes sur tables sur les marchés financiers internationaux. Y compris dans le domaine de la gestion privée.

Les concurrents et banquiers privés n'avaient qu'à faire de même. Ce qu'ils ont fait, apparemment, puissament aiguillonés par tout un tas de mesures tâtillones – destinées notamment à la lutte contre le blanchiment - qui ont fait exploser la taille – et le coût - des services juridiques des banques suisses.

Le problème, c'est que l'attitude de l'UBS ressemble aujourd'hui à celle de ces sportifs de haut niveau, qui se répandent en invectives publiques à l'encontre du dopage, pour mieux pouvoir se shooter en privé dans les recoins sombres.

L'UBS se l'est bien cherché. Heureusement pour elle, elle devrait échapper aux deux ans de suspension... Il serait en tout cas assez indélicat de réclamer l'application d'un gentlemen's agreement que l'on a commencé par fouler aux pieds, à peine signé. C'est d'ailleurs pourquoi ni l'UBS, ni les autorités Fédérales ne le réclament vraiment.

Pour le reste, nous sommes encore et toujours dans une logique de rapports de force. C'est malheureusement le socle des relations entre Etats, et la base des relations commerciales. On peut essayer le gagnant-gagnant, mais quand ça se gâte, il est essentiel de savoir de quelles cartes on dispose et ce que l'on veut préserver, ou obtenir.

La fameuse licence bancaire aux Etats-Unis, ce n'est pas simplement l'autorisation de monter des succursales et de recruter des clients sur place - qui devraient se méfier à l'avenir... - c'est surtout et avant tout, la possibilité d'intervenir en direct à Wall Street, Chicago et autres marchés fondamentaux de l'économie mondiale. Ce dont aucune banque active internationalement ne saurait se passer.

Le reste, c'est du babillage sans intérêt. Les règles du jeu ont changé. La Suisse a super bien profité des anciennes, qu'elle maîtrisait parfaitement. Il lui faut apprendre à jouer avec les nouvelles, elle en a le talent et les capacités. Plus vite la page sera tournée, mieux cela vaudra. Mais il est essentiel d'obtenir que l'abandon du secret bancaire soit relayé par une pression accrue sur les divers paradis fiscaux de par le monde, qui tenteraient de le maintenir chez eux.

16/02/2009

Police et démocratie

Je n'ai pas d'avis tranché sur l'histoire d'amour haine que vit Genève avec sa gendarmerie depuis trop de temps. Comme beaucoup de citoyens, j'ai tendance à penser que les flics font un boulot difficile et qu'ils doivent être payés pour ça. Que l'affaire de la balle traçante et sa gestion politique et médiatique était comme un guet-apens qui leur fut tendu juste avant le G8. Et que j'ai pu constater à plusieurs reprises que dans l'exercice de leurs fonctions, ils étaient moins racistes que la moyenne des corps de police...

Mais j'ai aussi entendu, en privé, de jeunes gendarmes s'amuser à qualifier de "gris" tout ce qui n'était ni entièrement noir, ni entièrement blanc et dans leur bouche, c'était clairement péjoratif. J'ai aussi constaté, même dans l'encadrement, une hostilité franche et pas vraiment dissimulée à l'égard des frontaliers. A titre purement personnel, je pense en fait qu'il serait temps que la gendarmerie genevoise s'ouvre à la diversité et que, la crise faisant il va sans doute devenir plus facile de recruter du personnel acceptant les conditions de travail (franchement meilleures que loin à la ronde, voire que nulle part au monde) sans baisser le niveau de compétences requis.

J'ai en tout cas été vraiment choqué de lire la phrase suivante, dans le blog du dirigeant du syndicat des gendarmes: "La confiance se mérite, et il est très difficile de donner la notre à nos institutions, les récents échecs de diverses votations en sont la preuve". Je comprend difficilement qu'un garant de nos institutions tienne de tels propos à leur égard. Quel que soit le résultat des votations, c'est la démocratie qui s'exprime et s'il a le droit de penser ce qu'il veut en tant que citoyen, il ne devrait pas se permettre de l'exprimer sous son étiquette officielle.

Ces propos sont clairement séditieux et il n'est pas anodin de constater que quelques lignes en-dessous, il est soutenu par la tête de la liste MCG à la constituante, puis se défend paradoxalement de tout engagement politique. D'autres personnes, apparemment gendarmes également, dans le même blog, le présentent comme un modéré et affirment que sans lui, ce serait pire. Un modéré qui donc remet en cause la légitimité de nos institutions lorsque le résultat des votes ne lui plaisent pas, je me demande vraiment ce qu'il peut y avoir de pire...

Le problème de la gendarmerie serait-il beaucoup plus grave qu'on ne le pense ? Est-ce uniquement un problème d'argent ? Quelle est la part de frustration bien réelle et compréhensible de voir remis quotidiennement dans la nature les petits malfrats qu'on arrête ? Je n'aimerais pas être à la place du Conseiller d'Etat dans cette affaire. Mais je suis persuadé qu'il faut maintenant vraiment creuser l'abcès.

13/02/2009

Ce racisme qu'on stimule

Les tensions sont de plus en plus vives entre certains représentants des communautés noires et juives. C'est d'autant plus regrettable que les jeunes juifs de gauche, qui étaient alors majoritaires au sein de leur communauté, furent le principal allié des noirs étasuniens dans la lutte pour les droits civiques. Certains en sont morts, massacrés et enterrés ensemble, par le ku-klux-klan.

A l''époque, le souvenir concret de la seconde guerre mondiale nourrissait un but commun et admis de presque tous : mettre fin au racisme, quel qu'il soit.

Depuis, les noirs sont restés minorité visible, tandis que les juifs ont pu se fondre dans la population blanche occidentale. Malheureusement, l'Etat d'Israël attise de nouvelles tensions et sa gestion du problème palestinien alimente fréquemment l'anti-sémitisme. Au sein duquel on trouve de plus en plus souvent des noirs, dont certains sont musulmans, mais de loin pas tous.

L'affaire de Durban, assemblée sous l'égide de l'ONU qui condamne avec raison l'esclavage et la traite triangulaire, mais oublie comme par hasard la traite musulmane, pourtant bien plus longue et au moins aussi cruelle (la plupart des hommes étaient châtrés) est l'un des points de départ de cette animosité que l'on constate aujourd'hui jusqu'à Genève.

Il circule, parmi les intellectuels africains, des couriels rappelant par exemple l'histoire d'une jeune noire esclave d'une famille juive de Jérusalem au XIXè siècle, en oubliant de préciser que si cette famille juive avait une esclave noire, c'est parce que les lois ottomanes et islamiques l'autorisait et que les familles arabes alentours en avaient bien davantage...

L'affaire Dieudonné vient encore le rappeler. L'humoriste français, qui reste drôle la plupart du temps, dérappe incontestablement. Tous les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis et pactiser avec des gens qui nient l'holocauste est impardonnable. L'holocauste a existé et ce fut innomable. Il est juste cependant de rappeler que cela n'est pas le seul massacre innommable dans l'histoire de l'humanité.

Le génocide des Amérindiens en Amérique du Nord a été plus complet, la traite des noirs a fait davantage de victimes, le massacre des tutsis a été d'une brutalité insoutenable et dans les camps de la mort, un peu plus de la moitié des victimes étaient juives, ce qui signifie aussi qu'il n'y avait pas que des juifs, mais des tziganes, des homosexuels, des résistants et quelques noirs... Ceci sans remonter aux pogroms ou aux massacres de toutes ethnies depuis l'Antiquité.

Il faut tracer des lignes claires et objectives pour barrer la route à l'hydre hideuse qui relève toutes ses têtes en même temps. Car face au racisme anti-juif, un racisme anti-arabe et maintenant anti-noir s'exprime assez ouvertement au sein de la communauté juive. On le voit en Israël mais aussi en Europe et à Genève. Sans qu'il soit d'ailleurs évident de savoir qui a commencé en premier.

La remarque d'un jeune con nommé Pascal Bernheim émise à la TSR est juste inadmissible. Non seulement parce qu'il traite Dieudonné de nègre, mais qu'il le dit pour expliquer ce qui serait sa bêtise. Le problème n'est pas tant qu'il insulte Dieudonné, qui à la limite se l'est bien cherché, mais qu'il insulte toute la commuanuté noire en l'assimilant à une communauté de gens idiots. On franchit là clairement les limites du racisme, on est à pieds joints dedans. D'autant que le 2ème degré, en l'occurrence n'est pas forcémment évident.

Assimilier la communauté des noirs à la communauté des blondes pour justifier à posteriori ce qui prétend être un trait d'humour est un raisonnement bancal. Personne n'a jamais émis sérieusement ou tenter de justifier scientifiquement l'idée d'une déficience mentale liée à une couleur de cheveux qui de plus, 3 fois sur 4, est fausse... Celui qui l'oserait ferait même oeuvre comique, à l'évidence. En revanche, des cohortes de pseudo-chercheurs ont tenté de justifier par l'infériorité intellectuelle l'oppression des noirs et les violences qui leur étaient faites.

Si Dieudonné avait traité publiquement Pascal Bernheim de youpin cupide et avaricieux, nul doute que personne ne l'aurait trouvé drôle. J'estime personnellement que la TSR a été bien lègère en ne prenant aucune sanction et en défendant ce qui n'était pas un trait d'humour, mais bien du racisme pur et simple. Si l'on veut en finir avec la bête immonde il faut en rester à des définitions basiques: étendre les défauts de quelqu'un à l'ensemble de sa communauté, ou à l'inverse, lui attribuer des défauts qui seraient ceux de l'ensemble de sa communauté, c'est du racisme, et c'est condamnable.

11/02/2009

L'OMC, UN REMPART CONTRE LA CRISE ET L'INJUSTICE

Si la majorité des scientifiques admet aujourd'hui la réalité du réchauffement climatique, la majorité des économistes affirme que le libre-échange est le principal facteur d'accroissement de la richesse globale, et le meilleur allié du développement des plus pauvres, si on les aide à en profiter. Le protectionnisme, à l'inverse est le meilleur moyen de maintenir en l'état les disparités, voire de les accroître, ce qui n'est pas tenable et finit fatalement par déboucher sur la violence. C'est-à-dire la guerre puisque l'on est au niveau des Etats.

 

Le problème, c'est que le libre-échange n'a de libre que le nom. Comme toute activité humaine, il doit avoir des règles. Et comme il est mondial, à l'instar de la finance et de quelques problèmes comme le réchauffement, justement, la gestion des ressources ou les armes de destruction massive, il doit avoir des règles mondiales. C'est le constat que le monde se refusait à faire jusqu'à présent, croyant utopique l'idée de dépasser la souveraineté des Etats-Nations hérités du XXème siècle et de la décolonisation. Le cavalier seul des Etats-Unis de Bush ayant surtout abouti à réveiller les rivalités entre Etats.

 

Puis, le dernier week-end de janvier 2009, une date qui entrera dans l'Histoire, les deux forums mondiaux qui réunissaient les maîtres du monde à Davos et les altermondialistes à Belem, sont parvenus à la même conclusion: il faut davantage de gouvernance mondiale. Notamment sur le plan de la finance et du commerce.

 

L'OMC, chargée de réguler le commerce, est la première de ses institutions mondiales d'un genre nouveau. On est loin de l'ONU et de son Conseil des Sécurité, institué avant la décolonisation et composé des 5 vainqueurs de la seconde guerre mondiale.

Au sein de l'OMC, chaque membre a voix égale, et même droit de veto, ce qui d'ailleurs pose un problème et tôt ou tard devra être amendé. Sa chambre de règlement des conflits, la fameuse "Green Room" tient compte de toutes les principales traditions juridiques mondiales: anglo-saxonne, napoléonienne, islamique, confucéenne…

Elle dispose de règlements et surtout de moyens de coercition qui l'autorisent à punir et amender un pays récalcitrant, si puissant fut-il.

Elle est aujourd'hui un rempart contre la dépression mondiale, car elle veille à maintenir ouvert les canaux de négociation et les accords en place, en luttant contre les tendances protectionnistes, qui ne feraient qu'aggraver la crise. Elle combat aussi l'injustice à travers deux programmes de coopération essentiels:

- La formation de cadres des pays les moins avancés (africains notamment) à la négociation d'accords internationaux,

- La formation des producteurs locaux et des responsables d'infrastructures aux exigences des marchés et à la gestion des flux, des problèmes de transport, etc…

 

L'OMC est aujourd'hui le bras armé de plus de 150 pays, pauvres et riches, pour réguler le commerce mondial. S'en prendre à elle, c'est comme de dézinguer l'agent de police qui reste seul au milieu du plus gros carrefour à l'heure de pointe, après que les feux tricolores soient tombés en panne.

 

Pour en savoir plus sur les organisations internationales et l'état des blocs sur la planète, voici un nouvel extrait de l'Utopie Urgente - OMC

 


09/02/2009

Donc, on va revoter

Une amie vaudoise, peu politique et néanmoins fort contente du résultat, me disait hier soir combien elle commençait à en avoir assez de revoter sans cesse pour redire la même chose. Elle se demandait aussi combien ça coûtait ? De fait l'UDC a déjà promis de s'en prendre à la prochaine extension, qui concernera  probablement la Serbie et la Croatie. Et franchement c'est un coup de pet dans l'eau... Je vois très mal les Suisses refuser d'accueillir ces pays lorsque l'UE les jugera prêts.

Ce d'autant que ce n'est pas à nous de dire qui on veut ou pas au repas de famille tant que nous ne sommes que fiancés, que la Croatie et ses îles sont parmi les plus merveilleux endroits de vacances de la Méditerrannée, que les ex-yougoslaves sont déjà nombreux en Suisse et que cela ne changera rien, que les Serbes, une fois virés Milosevic et consorts, sont gens tout à fait charmants et compétents, et enfin surtout, le plus important parce que les accueillir tous dans l'UE est certainement le meilleur moyen de les réconcilier  à long terme.

Pourtant, on va sans doute devoir revoter. Ce qui me fait penser à cette attaque souvent lue dans les blogs contre l'UE. Celle-ci ne serait pas démocratique parce que, par exemple, elle va faire revoter l'Irlande, dont tous les sondages disent qu'elle a changé d'avis et veut maintenant du traité de Lisbonne . Donc lorsque c'est nous que l'UDC force à revoter quasimment tous les 2 ou 3 ans, sur le même sujet, c'est démocratique, mais lorsque cela se passe dans l'UE, cela devient la preuve d'un Etat totalitaire digne du 3è Reich, comme je l'ai trop souvent lu dans des commentaires haineux et détachés de toute réalité. Il y a là visiblement quelque chose que j'ai de la peine à comprendre. Et visiblement le peuple suisse aussi, de plus en plus.

08/02/2009

Oui, c'est oui. Mais il faut prendre le problème à bras le corps

Le OUI passe largement à Genève, avec 62,4 % mais aussi en Suisse, avec 60,4% semble-t-il. Ce qui démontre que les arguments de M. Pardo, une fois de plus, sont faux, archi-faux. Car traditionnellement, sur ce genre de question, Genève vote largement au-dessus de la moyenne nationale, alors que là, nous sommes avants-derniers des cantons romands.

Ce qui prouve que l'UDC s'est plantée dans les grandes largeurs sur son référendum alambiqué (votez Non pour ditre OUI), et que la question frontalière est effectivement ressentie comme un vrai problème par une proportion alarmante de nos concitoyens. Enfin que même si c'est heureusement moins qu'on a pu le craindre, le MCG  a marqué des points, car sans lui, Genève serait certainement à 70%, comme Neuchâtel ou Vaud !

Une chose est sûre, le Conseil d'Etat doit immédiatement enclencher une réflexion d'envergure, interpartis, pour déboucher sur des mesures concrêtes en faveur de l'emploi et des chômeurs dans le bseoin. Car ils vont malheureusement se multiplier dans les mois qui viennent.

A noter que l'examen des résultats par commune confirme l'analyse. Les frontaliers suisses ont voté un peu au-dessus de la moyenne en faveur du OUI, mais les communes populaires où le MCG est le mieux implanté, comme Onex et Vernier sont le plus en faveur du non, qui passe la rampe dans certains quartiers. Et ce n'est pas à cause des Roumains ou des Bulgares ou de la mendicité. C'est bel et bien parce qu'il y a dans ces quartiers des gens qui souffrent et qui ont peur du lendemain et de leurs voisins. Il faut à tout prix changer cela ! Et vite.

 

 

Le oui passe et le MCG boit la tasse

Ouf, les bilatérales sont acceptées à Genève avec 62,2 % sur 90 % des bulletins rentrés. L'intuition de ceux qui comme moi pensaient que le délire anti-frontaliers soi-disant populaire du MCG n'était qu'un écran de fumée était donc la bonne.

A part ça, le vote électronique est également largement accepté et, c'était prévu, mais c'est important, la surélévation des immeubles passe avec 90% de OUI. Bravo aux Genevois qui ne se sont pas laissés embringuer dans une stratégie de rupture agressive. Attendons maintenant les résultats fédéraux !

07/02/2009

Anti-frontaliers : où sont les Genevois ?

Alors ça pour une surprise, c'est une surprise. Qui si elle se confirme demain risque d'en faire rigoler plus d'un jaune foncé. Je viens de m'amuser à passer à la moulinette les adresses IP des comentateurs anti-frontaliers de mon blog. Or à part les soutiens publics et avérés du MCG, comme Mme Pace, les autres sont tous extérieurs au Canton. Grand-Mère est localisée à Gaillard, Edelweiss à Ecublens, un autre à Sion, Vairgebel à Berne, Eastwood à Lausanne, même Djinius, d'après son adresse IP serait en Argovie, mais là ce peut-être juste celle de son serveur? Pour la plupart des autres, ce doit être assez précis car il s'agit de téléréseaux ou d'entreprises, donc bien localisés.

Ce qui m'amène à la réflexion suivante: si tous les jusquauboutistes anti-UE qui déversent leur fiel sur ce blog depuis un mois sont extérieurs au Canton, c'est que les vrais Genevois sont sans doute beaucoup moins virulents que cela. En tout cas, si vous n'avez pas encore voté, ne vous gênez pas surtout, allez y. et montrez-nous qu'à Genève, l'ouverture et l'humanisme sont encore des valeurs qui ont cours. Surtout et même en particulier en cas de crise sociale, lorsque les tensions affleurent et que le plus important est de garder son calme et ses capacités d'analyse.

Frontaliers, UE et mondialisation: s'adapter ou périr

Darwin fêtait cette semaine son anniversaire. De son vivant, il disait un tas de choses intéressantes. Notamment que contrairement à la jungle, dans la loi de l'Evolution, ce n'est pas forcément le plus fort qui l'emporte, c'est le plus adaptable. Celui qui saura le mieux faire coller ses capacités à la niche écologique qu'il prétend occuper. La faculté d'adaptation, c'est aussi pour les psychologues, la définition de l'intelligence.

Aujourd'hui, clairement, le monde est à un tournant. Nous sommes dans le monde et donc il nous faut tourner aussi. Sinon l'on va droit dans le mur. Nous avons encore de fantastiques atouts. Notamment, collectivement, nous Suisses et Genevois en particulier, de l'argent.

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05/02/2009

Colombie : les omissions de Temps Présent

temps présents gontard.jpgToutes les gazettes en parlent et le TJ d'hier soir l'a annoncé: Temps Présent s'intéresse à la Colombie. Avec l'objectivité fortement teintée de sensationnalisme qui caractérise de plus en plus en souvent la TSR. Ainsi Darius Rochebin, quelques minutes plus tôt, lançant le sujet sur ce père ayant caché ses deux fils dans une ferme d'altitude durant dix ans, souligne finement: "Ils n'étaient pas scolarisés". Ce qui est vrai. Sauf que toute la presse française insiste depuis 24 h sur le fait que le père, franchement zarbi style secte écolo-ultra, mais titulaire d'un master de sciences, leur a fait suivre, seul, le programme scolaire à la lettre. Ce qui est légal en France.

Dans le cas du Temps Présent, avant même de l'avoir vu, on peut relever quelques failles. Voire des gouffres, au vu des premiers extraits et commentaires diffusés. D'abord, la journaliste de la TSR, sur le site de la chaîne, prétend avoir joué franc jeu. Faux, le sujet a été présenté (aux Colombiens et à moi-même) comme un reportage objectif sur la situation en Colombie en général, alors qu'il s'agit à l'évidence d'un témoignage à décharge sur l'action de Jean-Pierre Gontard en particulier.

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04/02/2009

39-45 LEurope à feu et à sang

La guerre est une imbécillité doublée d'une horreur. Tous ceux qui l'ont approchée, même de loin, sont d'accord là-dessus. C'est pour y échapper que des hommes et des femmes de bien, depuis plus de 60 ans maintenant, construisent l'Union Européenne. Avec ou sans la Suisse, mais avec ce serait mieux.

Il est temps maintenant de passer à l'échelon supérieur, au plan mondial. C'est à dire concevoir une organisation commune, dotée d'une dose de solidarité suffisamment importante pour saper à la base les causes de conflits. Que l'on ne parle plus de guerres entre Etats, mais tout au plus d'opération de police et de maintien de l'ordre. Ce qui fait une énorme différence, car les lois de la guerre et celles d'un Etat de droit ne sont pas du tout les mêmes.

 

En attendant, voici le récit de la vie d'un homme, mon père, durant les dernières années de la seconde guerre mondiale. Un résumé, car il était peu loquace sur la question, lui qui pourtant adorait raconter des anecdotes sur tout. Lui que jamais je n'ai vu pleurer, boxeur et pilote amoureux de vitesse et de prise de risque (calculé, disait-il...), lui le rebelle qui tutoyait quelques ministres, et ne faisait rien, jamais, comme personne... Mais qui pourtant, en visitant avec ma mère et ma soeur, les restes du Struthof où il fut enfermé, fondit en larmes les mains accrochées aux barbelés.

 

Voici donc quelques pages extraites du 3ème tome de ma trilogie (ça fait pompeux, mais c'est comme ça que ça s'appelle)

La Morale Laïque

 

03/02/2009

Fiscalité : et si on changeait tout ?

Suite au débat lancé hier par Jean-François Mabut, je vous propose aujourd'hui en pdf un extrait des pages consacrées à la fiscalité dans l'Utopie Urgente. Il y est notamment question de tva progressive remplaçant l'impôt sur le revenu, ce qui solutionnerait plusieurs problèmes apparemment contradictoires: la surconsommation environnementale, l'égalité face à l'impôt et la solidarité (les produits de première nécessité n'étant pas ou très peu taxés ), tout en exploitant la pulsion naturellement frimeuse de l'être humain au profit de la société. Un peu le principe d'une prise de judo.

 

L'Utopie Urgente – le fisc

 

NB: Ces extraits ne sont pas présentés dans l'ordre du livre.

 

Pour ce qui était hier au coeur du débat, à savoir l'imposition des plus riches, je vous livre cette réflexion, qui pourrait servir de base de travail, dans le cadre d'une coordination mondiale de la fiscalité des hyperriches. Dans le livre, écrit en 2006-2007, je situe la limite de l'héritage que chacun devrait pouvoir transmettre sans frais à l'équivalent d'une maison bourgeoise par enfant, modulable en fonction des valeurs immobilières locales.

On peut même aller plus loin, jusqu'à un patrimoine permettant de vivre confortablement jusqu'à la fin de ces jours, que l'on peut évaluer à quelques millions, entre 5 et 10, selon que l'on veut prévoir ou non la possibilité d'amortir les crises et ou de s'offrir un petit yacht.

Un tel patrimoine permet de vivre avec l'équivalent d'un salaire net après impôt d'au moins 15 000 francs par mois. Ce qui permet à un couple de se loger très correctement (bon, peut-être pas à Cologny où une simple villa de 200m2 peut être louée à une entreprise pour ses cadres à 12 000 Francs / mois), de voyager chaque mois, de changer de (belle) voiture tous les deux ans etc…

Au-delà de cette somme, on rentre dans le domaine du luxe ostentatoire. A mon avis, la société ne doit pas chercher à l'éliminer, car il est aussi créateur d'emplois hautement qualifiés et de progrès technologique. Mais on peut considérer, moralement, qu'il ne devrait être accessible qu'à ceux qui se donnent de la peine pour y parvenir: créateurs d'entreprises, artistes, sportifs de haut vol, voire pourquoi pas, politiciens, etc... .

Il n'est pas moral, d'un point de vue individuel – et tout à fait inutile pour la société - qu'une personne oisive ou incompétente, par héritage, puisse bénéficier d'un patrimoine supérieur à une dizaine de millions de francs, et ce indépendamment de la manière dont ce patrimoine a été acquis par ses géniteurs

Des héritages qui se chiffrent en centaines de millions, voire en milliards, il y en a peu, mais il y en a. Et c'est à mon avis dans ce sens qu'il faut fixer des limites. Qui, pour pouvoir être imposées et respectées, devraient obligatoirement être mondiales.

La question des fondations et du mécénat doit cependant être traitée séparément. Autant il peut être pernicieux que certaines fondations richissimes se susbtituent à l'argent public au point de modifier des choix fondamentaux du politique, autant il est sain que l'argent privé vienne en complément des fonds publics institutionnels pour soutenir la création, l'innovation et l'originalité dans les domaines de la culture, des arts ou même de la recherche scientifique et technologique.

Les dons aux fondations doivent donc être encouragés et celles-ci surveillées, pour éviter les abus, mais de manière assez lâche pour ne pas leur rogner les ailes et les contraindre au politiquement correct.

02/02/2009

L'Anti-Prophétie

On m'a suggéré à plusieurs reprises de publier mes livres sur Internet dans mon blog. Je voulais le faire sur un site conçu exprès pour, avec un Paypal volontaire, mais je n'ai en ce moment pas les moyens de le mettre en ligne. En même temps, tous les débats politiques sérieux autour de la crise tournent autour des thèmes de l'Utopie Urgente, le premier des trois tomes publiés.

D'Angela Merkel à Patrick Odier (nouveau leader de LODH et Vice-président d'Economiesuisse) dans les pages de la TdG d'aujourd'hui , tous disent après Davos ce que je disais il y a 2 ans déjà: "Il faut qu'une instance mondiale encadre la finance mondiale avant que le système ne nous explose à la figure". Bon, ce sera après, mais si l'on ne fait rien, il y aura une nouvelle explosion, encore plus forte.

Le plus étonnant, c'est que le Forum Social de Bélem qui se terminait hier aboutit aux mêmes conclusions. Alors même que jusqu'à présent, les alters étaient braqués sur le protectionnisme national, ils réclament aujourd'hui une gouvbernance mondiale. Le seul truc, c'est qu'ils pensent que ce sont les syndicats qui doivent mener les réformes alors que Davos pense évidemment d'abord aux gouvernements et aux leaders de l'économie. Entre démocrates, on devrait parvenir à s'entendre à terme. Il est tout à fait étonnant de constater combien on a changé de part et d'autre en deux ans, et pris brutalement conscience de la nécessité d'une régulation mondiale.

Ce n'est de loin pas le seul problème que je décrivais ni la seule solution que je préconisais. Je trouve fort dommage de ne pas participer au débat et après tout, le premier but de ces livres étaient d'être lus. Le deuxième (me faire gagner de l'argent et rentabiliser les 3 années passées à leur écriture) était de toute manière un pari risqué.

Vous trouverez donc sur ce blog, ces jours prochains de larges extraits de mon bouquin

(disponible sur Internet sur le site www.payot.ch )

 

1) Traité sarcastique de savoir-vivre sans nations :

L'UTOPIE URGENTE

 

ainsi que des deux autres, déjà écrits mais non encore publiés.

 

2) Traité sarcastique de savoir-vivre sans dogmes :

L'ANTI-PROPHETIE

 

3) Traité sarcastique de savoir-vivre sans dieux :

LA MORALE LAÏQUE

 

Et peut-être même du 4ème, qui n'est pas encore terminé, entre autres parce qu'il décrit quelques expériences personnelles encore en cours, le terme de sorcières étant ici à prendre dans son acception la plus large: s'il existe de méchantes sorcières, il en existe ausssi de fort gentilles. Le fait qu'elles deviennent l'une ou l'autre dépendant souvent de nous autres pauvres hommes et de la manière dont nous les traitons, parfois par inadvertance, surcroît de confiance... ou de défiance.

 

4) Traité sarcastique de savoir-vivre avec les femmes:

BELLE ET LES SORCIÈRES

 

Et pour commencer, quelques centaines de romands ayant déjà pu bénéficier de l'Utopie Urgente in extenso, voici quelques pages en pdf de sa suite, L'Anti-Prophétie (1)

 

 

A part ça, émergeant d'un week-end de retraite neigeuse, au cours duquel j'ai bien profité de longues marches dans une réserve naturelle et d'un numéro de Science & vie passionnant sur les mondes parallèles de la physique quantique (salut Homme Libre), je découvre une avalanche de commentaires hostiles aux frontaliers ou à l'UE, quasiment tous anonymes. Sauf trois. Une sympathisante MCG qui m'en veut personnellement, un conseiller municipal UDC que je salue en dépit de nos accords sur l'UE, et Rémi Mogenet, le scribe du passé savoyard, qui estime qu'un programme de formation continue serait la solution aux problèmes de chômage des Genevois.

Cela n'est pas entièrement faux, mais la formation continue est endémique dans le système français de lutte contre le chômage, ce qui n'empêche pas la France d'avoir un taux de chômage nettement plus élevé qu'à Genève. Y compris la France voisine où il est pourtant le plus bas de France, bien que Genève absorbe une (petite) part du chômage français.

Il est toujours délicat de former quelqu'un à un job qu'il considère comme inférieur à ses qualifications et pas toujours possible de lui donner une formation supérieure.

 

J'ai décidé de ne pas publier ces commentaires unilatéraux, par ailleurs redondants. Ils tournent en rond sans rien apporter au débat. Je ne vois pas non plus l'utilité de me faire insulter ou critiquer par des alias qui n'osent pas dire leur nom. Je peux comprendre l'anonymat en certaines occasions, mais de manière générale, s'il n'est pas justifié par des arguments solides je ne publierai plus les avis anonymes sur mon blog.

Je pense par exemple à Edelweiss qui se présente (longuement) comme une chômeuse victime de méchants frontaliers, quasiment l'un des cas d'école du MCG, supermaligne et qualifiée (elle a prévu la crise et retiré à temps son argent des banques). A mon avis, si elle est bien ce qu'elle prétend être, la meilleure chose à faire pour elle serait d'écrire à visage découvert. Nul doute qu'un petit (ou gros) patron patriote ou simplement ému ne prenne son cas en considération et ne lui trouve un job.

C'est bien arrivé au lider maxi mots du MCG, pourquoi pas aussi à la piétaille ? A moins qu'au MCG, on ait la solidarité sélective ? Peut-être même que d'autres patrons (ou patronnes) d'autres obédiences auront à coeur de lui montrer qu'elle se trompe ? Le risque est pour elle à mon avis inexistant, pusiqu'elle n'a précisément rien à perdre. Et même si elle bénéficie d'un poste de retours à l'emploi grâce à l'Etat, je doute fort que les placeurs ou qui que ce soit lui en veuille le moins du monde d'essayer de se prendre en mains par tous les moyens du bord..