19/03/2009

FARC - ETA même combat

Il y a plein de socialistes avec qui je m'entend très bien. Nous partageons le même point de vue sur beaucoup de choses. Mais il y en a d'autres que j'ai franchement du mal à comprendre. Carlo Sommaruga par exemple, qui sert de protecteur au voyageur représentant de commerce de la ETA en Suisse. La ETA, pour ceux qui l'ignorent, c'est cette organisation terroriste basque qui fait pèter des bombes,  assassine les gens (y compris les politiciens socialistes basques et même les immigrés latinos qui passent par là par hasard), rackette tout ce qui bouge et interdit de parole les journalistes. Et n'a rien, strictement rien fait pour le peuple basque depuis qu'elle existe, hormis mener le pays au bord de l'Etat de siège quasi permanent. Une organisation amie et soutien des FARC colombiennes que Sommaruga connait bien également.

Le soulèvement populaire et révolutionnaire, on peut comprendre lorsqu'un peuple est oppressé, colonisé, subit un diktat quelconque, mais lorsque ce n'est visiblement pas le cas, comme dans l'Espagne d'aujourd'hui, dirigée donc par le Parti socialiste espagnol, et où les régions jouissent d'une très large autonomie, où tous les droits démocratiques sont respectés, il ne s'agit plus de soulèvement populaire légitime, mais bel et bien de gangstérisme et de terrorisme pur et simple, menés par une bande d'allumés ultra-nationalistes. Des fascistes, tout simplement qui n'ont d'autre souci que de perpétuer la gigantesque machine à brasser du fric qu'est devenue leur organisation. Le peuple basque ne s'y trompe plus qui a mis une veste retentissante à leurs amis autonomistes lors des dernières élections.

Accessoirement, si l'attitude de Sommaruga, socialiste suisse, se sait en Espagne, cela risque de déclencher un beau scandale dont le Parti socialiste espagnol fera fatalement les frais aux prochaines élections. Je fais partie des gens qui ont fêté l'armistice qui avait été négocié il y a quelques années par Zapatero. Cessez-le-feu rompu unilatéralement par la ETA, de manière sanglante une fois de plus. Il ne s'agit pas ici de négociations secrètes. Les négociations secrètes, par définition, ne se mènent pas au grand jour et si elles devaient être menées, les Espagnols n'ont guère besoin des bons offices helvétiques. Non il s'agit purement et simplement de propagande, d'appui tactique et médiatique, à l'image de ce que font Sommaruga et certains de ses copains, avec un succès notable, sur les FARC et la Colombie.

Il s'agit ni plus ni  moins que de transformer l'image de groupes terroristes sanguinaires en tentant de les faire passer pour des êtres de bonté et de lumière, dressés contre les méchants. Sauf que ce qui marche avec la Colombie, pays lointain où presque personne ne va, risque d'être plus difficile à avaler avec l'Espagne, pays membre de l'UE, où tous les Romands vont en vacances une fois ou l'autre... Etre neutre et pacifiste, ce n'est pas attiser la violence sans cause en lui offrant une recconnaisance internationale. C'est aussi savoir distinguer les causes justes des violences inutiles et barbares. Et ce n'est certainement pas parce qu'on se bat contre un gouvernement démocratiquement élu que l'on a raison...

Commentaires

Le gouvernement colombien est certainement pire que les FARC. Sanguinaire et corrompu sont des adjectifs qui conviennent parfaitement à Uribe est ses associés: les groupes de extrême-droite. Et vous faites de même avec ces mafieux que ce que vous dites que Sommaruga fait avec les FARC.

Écrit par : Latino | 19/03/2009

Alvaro Uribe a été démocratiquement élu et démocratiquement réélu. Il a rétabli l'Etat de droit, la sécurité démocratique, la liberté de la presse, l'indépendance de la justice et la liberté de circuler, entre autres, sur l'essentiel du territoire. Si des paramilitaires passent aujourd'hui en prison et sont condamnés, c'est grâce à lui.
Lorsqu'au sein même des FARC, il y a des dissensions, cela se règle par des exécutions capitales, parfois d'un régiment entier. La ETA, toute proportion gardée, fait d'ailleurs de même avec ses dissidents. C'est une vieille tradition stalinienne, l'une des choses les pires qui ait pu arriver à l'idéal socialiste. Ce que cela me rappelle, en fait, c'est la campagne qu'était venue faire en Europe les Khmers Rouges, alors dissimulés sous la forme d'un gouvernement d'union démocratique, quelques semaines avant qu'ils prennent le pouvoir et jettent le masque.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/03/2009

Ah, encore les Khmers rouges! qui longtemps après avoir été chassés du pouvoir, et bien que leurs monstrueuses exactions fussent universellement connues, continuèrent à représenter officiellement le Cambodge auprès de l'ONU grâce au soutien indéfectible (c'est la formule) des USA (Reagan), de la Grande-Bretagne (Tatcher) et de la Chine post-Maoiste...

Je pense que la mention des khmers rouges devrait valoir un point godwin à quiconque en fait usage.

Écrit par : Azrael | 19/03/2009

D'après Wikipdia, "un point Godwin est un point (en langage scolaire, on dirait un mauvais point) attribué au participant qui aura permis de vérifier la loi de Godwin en venant mêler Adolf Hitler, le nazisme, ou toute idéologie extrémiste, à une discussion dont ce n'est pas le sujet".
Les FARC et la ETA étant des mouvements soi-disants marxistes pratiquant à l'interne et à l'externe des méthodes d'une rare violence, le rappel des khmers rouges ne me parait pas hors sujet.
Il se trouve que j'avais assisté à l'une de ces conférences de propagande, début 1975 à Lyon, destinés aux militants d'extrême-gauche. Ils n'avaient pas encore pris le pouvoir, et donc les charniers n'existaient pas encore, mais déjà nous entendions des bruits sur leur attitude aussi violente qu'autoritaire.
Leur discours magistral ce jour là, n'a fait que le confirmer, bien que très policé et se référant sans cesse au FUNK, le Gouvernement d'union nationale dont ils faisaient partie. Leur concentré d'autoritarisme et leur folle dureté conceptuelle paraissait aussi implacable que dangereuse. Nous étions quelques uns à avoir eu la même impression.
Impression que j'ai eu également sous une forme nettement plus débridée, lorsque j'ai interviewé le père Aristide en 84 en Haïti, alors qu'il n'était encore qu'un jeune curé remuant mais déjà complètement allumé et imbu de son rôle historique. Les rizières sanglantes, les pneus enflammés autour du cou des opposants, ce n'est que la version arrivée au pouvoir des attentats à la bombe que distillent régulièrement les FARC et la ETA

Écrit par : Philippe Souaille | 19/03/2009

Mon pays, la République du Venezuela, démocratique et fédérale, est en cours de destruction pour être remplacée par un État socialiste de type cubain, castro-communiste. Les valeurs fondamentales sont en voie de disparition. La liberté sous toutes ses formes est en cours de liquidation, comme le sont la propriété, la sécurité des personnes et des biens, la justice et la subordination du pouvoir militaire à l’autorité civile.
Jamais la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale n’ont été aussi menacées, et jamais nous n’avons eu un président qui s’éloigne autant des devoirs de sa fonction. On peut dire la même chose de l’armée régulière, des milices et de toutes ces bandes, avec ou sans uniforme, qui sèment la terreur au nom d’une révolution corrompue de la tête aux pieds.
Les multiples interventions de Chavez depuis le scrutin du 15 février dernier et les mesures concrètes prises par son gouvernement dans le secteur agroalimentaire sont la preuve que je n’exagère pas. La crise du riz, par exemple, est due à l’inefficacité et à la malhonnêteté du régime, qui tente de dévier vers le secteur privé la responsabilité de la pénurie alimentaire et recourt à l’insulte, l’expropriation et le vol systématique.
Dans le cas du riz, les sociétés Polar et Mary fabriquent moins de 6% de la production totale, pour le premier, et autour de 23%, pour le second. En revanche, le gouvernement contrôle 60% du marché et a importé 230.000 tonnes de riz pour éviter la pénurie. De plus, il a distribué des subventions à des soi-disant producteurs pour qu’ils cultivent environ 300.000 tonnes de riz, qui devraient déjà être sur le marché. Où est passé le riz importé et celui qui a été subventionné ?
En fait, ce riz n’existe pas parce que des bandes de délinquants, qui se font passer pour des intermédiaires, des importateurs ou des producteurs, ont volé les fonds destinés à ce secteur, avec la protection de membres du gouvernement. Tous ces chiffres sont tirés du dernier rapport du ministère chargé de l’alimentation. Espérons que les deux sociétés publiques chargées du secteur alimentaire, CASA et PDVAL, donneront une explication.
La corruption est si étendue que des coopérants cubains ont été victimes d’un vol portant sur 26.000 bolivars (26 millions d’anciens bolivars) dans les bureaux de l’organisation gouvernementale chargée des programmes culturels. Ils purent quand même « sauver » les 300.000 dollars américains qu’ils transportaient dans une mallette et qu’ils affirmèrent avoir retiré d’une banque pour payer soi-disant des travailleurs étrangers à leur service.
Cette affaire confirme la putréfaction du régime, dont les principaux alliés à Cuba étaient l’ex ministre des affaires étrangères Felipe Perez Roque et l’ex vice-président Carlos Lage, qualifiés depuis par le castrisme d’être « indignes » de leurs fonctions.
L’épuration de ces deux ministres est un coup porté à Fidel, mais plus encore à Chavez, qu’ils avaient qualifié de second président de Cuba. Si nous ne luttons pas, nous perdrons la République.

Écrit par : Oswaldo Alvarez Paz | 19/03/2009

La "Méthode Sommaruga" peut se résumer à:
"Où sont les micros ? Où sont les caméras ?"
Peu importe ce qui est dit, pourvu qu'il parle ou fasse parler de lui.
Ne cherchez pas plus loin !

:o)

Écrit par : Blondesen | 19/03/2009

Intéressant l'attitude de l'idiot ci-dessus qui veut nous empêcher de parler des Khmers rouges. Parce que c'est la clé de beaucoup de choses. Qqn peut-il me dire si les Khmers rouges sont de gauche ? Ou bien comme tout le monde le pense des fascistes ? Y a t-il des fascistes de gauche et des fascistes de droite *?
Une conseillère socialiste qui traite un homme de negro est-elle de gauche ? Les national-socialistes étaient-ils de droite ou de gauche ? Garbani n'est-elle pas national-socialiste en traitant qqn de negro ?

Le problème c'est que les Sommaruga défendent les fascistes de gauche...

* Bien sûr que oui mais c'est pourquoi l'abruti ci-dessus ne veut pas qu'on en parle...

Écrit par : Géo | 19/03/2009

Et pardieu j'oubliais : je partais de Euskadi ta askatasuna (l'Euskadi et ses droits comme on a la Franche Comté). Parti fasciste devenu d'extrême gauche sans que personne ne voie la différence...
bon les Basques je vous aime bien et vous respecte. Mais n'oubliez pas que je suis armé...

Écrit par : Géo | 19/03/2009

"Ah, encore les Khmers Rouges!" dit-on. On pourrait dire aussi: "encore le Gulag, encore les purges de Staline en 1938, encore le Comité de Salut Public, encore le massacre de Nanking!" Oui, je comprends. Toutes ces choses furent vraies, et il est bon de ne pas les oublier.

C´est la même réaction que suscite en Colombie la mention des assassinats des membres de l´Union Patriotique (bras politique des FARC) par l´extrême droite aux environs de 1985 - spécialement quand l´on prétend que ces crimes constituent un prétexte valable pour la lutte armée à outrance... comme si l´on était en train de combattre un régime comme celui des Khmers Rouges. Ou comme ci ces crimes étaient la faute directe du gouvernement présent.

Ah, encore les Khmers Rouges! Encore l´UP!

Écrit par : Fernand | 23/03/2009

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