23/03/2009

Extension de l'OMC: les socialistes en campagne

Quelques chiffres et l'expression d'une conviction, à savoir que la Suisse et Genève ont besoin de la Genève internationale, dont l'OMC est une pièce maîtresse, c'est tout ce qui est ressorti de la conférence de presse de lundi matin, au Club Suisse de la Presse. C'est peu et c'est beaucoup. Les autorités fédérales, cantonales et communales étaient représentées par Mesdames Calmy-Rey et Salerno et Monsieur. Moutinot. Une mainmise socialiste sur la question qui présente au moins l'avantage de mettre de l'huile dans les rouages et d'éviter les frictions tout au long de la chaîne de commandement…

 

Parmi les chiffres, le montant officiel de 4,5 milliards de Francs dépensés par les organisations internationales dans toute la Suisse, dont une bonne partie à Genève, pour environ une moitié en salaires. De l'argent provenant de l'étranger donc, auquel il faut ajouter les différentes ONG, correspondants de presse et autres groupes de pression qui gravitent autour des organisations internationales.

Le budget annuel de fonctionnement de l'OMC est de 184 millions de Francs, financés par les 153 Etats membres, pour 750 postes, qui seront prochainement 350 de plus, et ce quelque soit les résultats du round de Doha. C'est en effet l'afflux de nouveaux membres et les activités croissantes de la Chambre de règlement des conflits (la fameuse green room, qui permet aux petits pays de condamner les gros) qui justifient l'augmentation de personnel.

De fait, 29 nouveaux membres sont attendus (voir ci-dessous), parmi les plus pauvres de la planète, hormis Andorre, les Bahamas et la Fédération de Russie. Quelle meilleure réponse à ce journaliste qui, se référait au Monde Diplomatique (bible de l'altermondialisme et des militants d'Attac), pour affirmer que les pays pauvres rejettent en bloc le FMI, la Banque Mondiale et l'OMC. Trois organisations qui n'ont rien à voir, dans leur gestion comme dans leur schémas décisionnels ou dans leurs buts.

A noter qu'en plus du directeur général, français, les quatre directeurs généraux adjoints de l'OMC sont une Rwandaise, un Chilien, un Hindou et un Etasunien. Ce qui donne une assez bonne vision des rapports de force des 5 continents dans l'organisation. Cet aspect politique des choses n'a guère été abordé par les magistrats socialistes qui - en dehors d'une brève incursion de Laurent Moutinot rappelant le rôle de gendarme neutre du commerce mondiale qu'assume l'OMC - sont restés prudemment sur le terrain de l'utilité de l'organisation, en termes de retombées pour la ville et sur celui du patrimoine et des espaces verts préservés. Sandrine Salerno a toutefois fait remarquer que l'éventualité d'un référendum allait permettre aux Genevois de marquer leur attachement aux Organisations internationales, tandis que Micheline Calmy-Rey insistait sur le nombre croissant de dossiers qui nécessitait des formes toujours mieux coordonnées de gouvernance mondiale.

Au niveau administratif, il peut y avoir un référendum communal, sur le préavis que doit donner la Ville, mais si jamais ce référendum aboutissait  (ce qui parait peu probable, car l'extrême gauche, bien qu'utilisant des faux-nez, est tout de même bien seule sur ce coup), le Canton ne serait pas obligé d'en  tenir compte, puisqu'il s'agit uniquement d'un préavis de la Ville. Le Grand Conseil pourrait donc invalider la décision de la commune, décision du Grand Conseil qui serait également sujette à référendum... dont les chances de gagner au niveau cantonal tendent vraiment vers zéro.

Voici la liste des derniers pays ayant déposé une demande d'adhésion, encore pendante, telle qu'on peut la trouver sur le site de l'OMC:

 

http://www.wto.org/english/thewto_e/acc_e/acc_e.htm

 

Afghanistan
Algérie
Andorre
Azerbaidjan
Bahamas
Belarus
Bhoutan
Bosnie Herzégovine
Comores
Guinée Equatoriale
Ethiopie
Iran
Iraq
Kazakhstan
République Démocratique du Peuple Lao
Liban
Liberia
Libye
Monténégro
Fédération de Russie

Samoa
Sao Tomé Principe
Serbie
Seychelles
Soudan
Tadjikistan
Ouzbékistan
Vanuatu
Yémen

Commentaires

Il est amusant de constater que Salika Wenger, interrogée par plusieurs médias comme représentante des milieux référendaires (soit l'extrême gauche et une association de défense du patrimoine notoirement proche de l'extrême-gauche, tandis que l'UDC ville n'en finit plus de se tâter), s'est vue contrainte de reculer en rase-campagne devant l'écroulement de tous ses arguments l'un après l'autre...
Elle en a donc sorti un nouveau de son chapeau. Le référendum aurait moins pour but de s'opposer aux projets actuels qu'à des projets futurs, qui seraient eux beaucoup plus dommageables. Dommageables pour qui, pour quoi, nul ne le sait, vu que personne, à part elle, même pas à l'OMC, où mes antennes chercheuses sont pourtant bien introduites, n'a entendu parler de tels projets méphistophéliques.
Voilà donc inventé un nouveau concept politique: "Puisque je ne peux pas t'embêter pour de vraies raisons, je cherche à te nuire en invoquant des raisons imaginaires..." J'ose espérer que la sagesse du peuple genevois l'empêchera de tomber dans ce piège grossier et malhonnête.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/03/2009

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