25/03/2009

Violence des Jeunes : un témoignage surgi du passé

 

Ce soir, les femmes de l'Entente organisent une conférence débat à Unimail sur la violence des jeunes. J'ai voulu apporter ce témoignage personnel, qui n'est qu'un rappel : la violence n'est pas née d'hier et trouve malheureusement un terreau propice à son expression dans l'être humain lui-même, notamment chez les jeunes mâles fraîchement post-pubères, sans que les filles n'en soient d'ailleurs exclues, loin de là. Inutile de la nier. On peut en revanche tenter de lui faire une prise de judo, en la canalisant.

J'ai passé mon bac à Cannes en 1973, dans ce que l'on appelait « Le triangle brun » (Cannes Grasse Nice), parce que la majorité chevelue et gauchiste que nous formions était régulièrement agressée par des nervis d'Ordre Nouveau et du GUD, parfois encadrés par d'anciens paras de l'OAS.

La forte proportion de « pieds noirs », rapatriés d'Algérie expliquait cette présence massive de l'extrême-droite dans la région. C'était la seule référence ethnique, ou plutôt culturelle. Certes les sépharades étaient plutôt fachos et les ashknenazes gauchos, mais nous étions tous blancs, en dehors de notre Professeur de philosophie, Yves Leborgne, dont nous avions soutenu la grève de la faim pour obtenir sa mutation dans son île natale de Guadeloupe...

Fachos ou gauchos, nous étions surtout des petits et grands bourgeois. Les enfants d'ouvriers du quartier de la Bocca n'arrivaient que rarement jusqu'au lycée à l'époque, et ceux qui y parvenaient devenaient généralement anars. Donc dans notre camp. Moi j'étais trotskyste et dans ma bande, car il faut bien l'appeler ainsi, nous étions français, suisses ou étasuniens (à l'époque on disait amériKKKains), habitants des villas des environs. Plus une Brésilienne, qui était aussi franco-suisse.

Dans la section lycéenne de la Ligue Communiste, à Cannes, nous étions quatre familles à avoir des liens en Suisse, et quatre aux Etats-Unis. Enfants de cinéastes, d'hommes d'affaires, d'écrivains. Jonathan Little, l'auteur des Bienveillantes, n'avait que six ans à l'époque, mais son père, Bob, jeune journaliste de Neesweek et de l'Express, que l'on disait transfuge de la CIA – nous étions en pleine guerre du Vietnam - nous recevait régulièrement dans sa maison des environs de Mougins.

Qu'est ce que ces histoires de blousons dorés, ou plutôt de treillis kakis (c'était notre manière de marquer notre opposition à la guerre que de nous habiller en GI's déjantés), ont à voir avec la réalité des quartiers nords de Paris, ou même d'Onêx ? La violence, uniquement la violence. Nous étions à priori pacifistes, malheureusement les fachos n'avaient pas l'air d'être au courant. Peace and Love, nous pratiquions déjà assidûment, malgré notre jeune âge, avec la dose de paradis artificiels que cela impliquait... Mais les crânes rasés semblaient avoir râté l'épisode.

Ayant été élu – démocratiquement, en Assemblée Générale - chef du service d'ordre du lycée, pour les manifs contre la Loi Debré, j'étais une cible potentielle. Ce qui me valut au moins trois tentatives de ratonnades. La première de nuit, rentrant en Solex sur une route non éclairée, je vis brusquement une forme se dresser sur mon chemin et tenter de m'asséner un coup de bâton, que j'esquivais par miracle. J'eus le réflexe d'éteindre immédiatement ma lumière, puis mon moteur et de m'enfiler, en pédalant à perdre haleine, dans le premier chemin sombre venu. Je les entendis se précipiter dans leur voiture, pour se lancer à ma poursuite, en vain. J'étais devenu invisible.

Je suis certain d'avoir reconnu la voix d'un facho, étudiant à Nice, dont le jeune frère était dans ma classe. A l'invitation de ce dernier, j'avais été skier avec eux et leur père à Auron. Les skieurs étaient peu nombreux et les occasions de skier rarrissimes sur la Côte d'Azur à cette époque. Le père était pharmacien et l'aîné retapait une vieille moto, une Vincent magnifique. Je pensais pouvoir parler posément avec eux de philosophie politique, mais apparemment leurs intentions étaient différentes et je n'avais pas renouvelé l'expérience.

Un autre soir, nous sortions à trois d'une réunion de cellule chez Paulo et Daniel. Fils du scénariste du Cid (sous prête-nom) et du Garçon aux Cheveux Verts (entre beaucoup d'autres), Paulo a depuis lors dirigé la moitié des Highlander, Etalon Noir et autres Largo Winch. Et Daniel est à la tête d'un conglomérat de cliniques aux Etats-Unis.

Ma soeur et moi enfourchons nos Solex et Stanislas, fils d'un plombier polonais (en réalité, patron d'une petite entreprise de plomberie :-) démarre son Peugeot. Comme il est plus rapide, il file devant... et c'est lui qui prend le coup de matraque qui le jette à terre. Ils sont une dizaine à lui tomber dessus. Pris entre ma loyauté envers Stan, la présence de ma soeur, et le fait qu'ils sont beaucoup plus nombreux et armés... Je hurle à ma soeur « Demi-tour ! ». Je ne saurai jamais ce que j'aurais fait si ma soeur n'avait pas été là. Je remonte avec elle chercher du renfort, la maison n'étant qu'à 200 mètres. Le temps de redescendre, ils sont partis, laissant Stan en sang dans le fossé.

Rien de vraiment grave pour lui, heureusement, mais pour que les gendarmes acceptent d'enregistrer sa plainte, il nous fallut y retourner à deux fois, avec nos parents, après que mon père ait écrit au Procureur et fait actionner ses relations.

Roustan, un copain anar, se fait cueuillir à quelques nuits de là, dans le garage à mobylettes de son immeuble. Ils lui tombent dessus pendant qu'il attend l'ascenseur. Comme il tente de sortir une bombe lacrymogène d'auto-défense, ils lui massacrent les doigts méthodiquement avec un gourdin cloûté. Il fera un long séjour d'hôpital, avec des broches dans chacun des doigts de la main droite, qui lui coûtera son année scolaire. L'année du bac, en dépit de nos efforts conjugués pour lui amener ses cours à l'hôpital.

Rassemblés grâce au système d'alerte que nous avions mis en place, nous passons une bonne partie de la nuit à faire marcher la « ronéo viet »: une machine rudimentaire à imprimer les tracts un par un. C'est moi qui ai écrit le tract. Un vibrant appel au peuple lycéen et à la résistance. Coup de chance, nous sommes lycée de préparation au professorat d'éducation physique. 150 malabars plus âgés, puisqu'ayant déjà le bac, se rallient comme un seul homme. Cela tombe bien, car les fachos viennent régulièrement tracter devant le lycée encadrés de protecteurs qui sont d'anciens paras d'Algérie... Et ils sont armés. Un jour ils ont été jusqu'au bureau du proviseur, et lui ont sorti sous le nez un fusil mitrailleur. Les RG sont venus faire une enquête. Des flics socialistes à l'époque, du moins c'est ce qu'ils affirmaient, à notre grand étonnement. Mais mon père m'avait confirmé que les RG étaient nés à la Libération et souvent encore tenus par la gauche.

Ce jour là, à midi, lorsqu'Ordre Nouveau vient tracter devant le lycée, une horde hurlante de 7 ou 800 lycéens et lycéennes leur foncent dessus. Façon village d'Astérix gorgés de potion magique se ruant sur une légion romaine. Sauf que les Romains ne sont qu'une vingtaine...et qu'ils sont armés. Immédiatement ils reculent en désordre, suivis par la meute, bloquant la circulation du Boulevard Carnot. Deux ou trois se font chopper. Je vois Paulo plaquer au sol un jeune facho qu'il retrouvera plus tard à un casting, où le gars postule comme figurant, alors que Paulo est réalisateur. Il ne le prendra pas. Comme le cinéma ne lui réussit pas, le type écrit (plutôt bien) des livres d'informatique qu'il me reviendra de critiquer – objectivement, je crois - dans les pages de la Tribune, il y a bien des années. Aux dernières nouvelles, il a été mêlé récemment à un scandale politique de l'UMP dans les Hauts-de-Seine.

Une voiture s'approche, autour de laquelle les fachos se regroupent et l'un d'eux sort un pistolet. En même temps que plusieurs voix hurlent « Attention! » « Il a un flingue! » et ce genre de choses, il tire en l'air. Deux ou trois coups. 700 lycéens se plaquent au sol instantanément, cherchant à se protéger dérrière les carrosseries. Les fachos capturés en profitent pour disparaître ou rejoindre la voiture. Ils sont une douzaine à essayer de s'engouffrer dans la bagnole, protégés par le gars au pistolet qui menace la foule. Plusieurs d'entre nous se mettent à jeter ce qui leur tombe sous la main: cadenas en fonte, briquets Zippo, cailloux du square voisin... La bagnole démarre en trombe, toutes portières ouvertes, des gars aggrippés pêle-mêle aux montants et aux marche-pieds. Le conducteur, sans doute passablement stressé heurte à deux ou trois reprises en s'enfuyant d'autres voitures avec ses portières qui se referment sur les gars accrochés... ça doit faire mal, mais aucun ne lâche prise et ils disparaissent.

Ils ne sont plus jamais revenus au lycée cette année là, et les deux ou trois d'entre eux qui y étaient ont préféré aller se faire voir ailleurs dans des cours privés.

C'est justement dans l'un d'eux que mes parents m'ont envoyé tenter de refaire mon retard en maths à l'approche du Bac. J'étais en section C, mathématiques, et les manifestations géantes contre la Loi Debré, qui supprimait les sursis militaires avaient d'autant plus perturbé ma préparation que j'en étais le principal organisateur local. 7000 lycéens dans la rue à Cannes, c'était plus qu'en Mai 68. Une belle victoire, mais en maths, j'étais bel et bien largué. Et contrairement aux autres matières, il ne me suffisait pas de lire pour rattraper...

Un matin, ils ont refermé la grille du collège sur ma nouvelle bécane, une vieille Honda 50cc 3 vitesses, beaucoup plus rapide que mon Solex en cas de pépin. Je me suis retrouvé coincé au sol, une jambe sous l'engin, avec une dizaine de types cagoulés qui me tabassaient à coups de pieds. A la tête, dans le ventre et le bas ventre. Je ne suis resté que quelques heures à l'hosto. Mais le traumatisme avait causé l'occlusion du canal déférent que j'ai du me faire opérer, quelques années plus tard.

Je pris ma revanche au Bac, de manière imprévue. En natation, je me suis retrouvé dans la même série que Delvert, le chef du GUD à Cannes, auréolé d'une ceinture noire de karaté et d'un titre de champion d'Algérie de natation de l'année dernière, car ses parents s'étaient accrochés en Algérie jusqu'à l'année précédente. Je le savais et je savais aussi qu'il avait été l'un de mes agresseurs. Lui ignorait que j'avais arrêté la compète au Red Fish de Neuchâtel à 13 ans, parce que mon entraîneur exigeait que je me coupe les cheveux... Et parce qu'il m'avait forcé à nager un 100 m dos, dans une rencontre interclub internationale, où j'étais opposé au vice-champion de France, au champion d'Allemagne et au Champion Suisse. Moi j'avais le meilleur temps romand dans ma catégorie d'âge, mais sur 50m... et je n'avais jamais nagé 100 mètres en compétition. La piscine du Red Fish était un bassin de 25m. Je tins le choc à la hauteur des adultes sur les premiers 25 mètres, restait accroché à leur sillage jusqu'aux 50 et ensuite... Je m'effondrai. Lorsque j'ai attaqué les derniers 25 mètres, eux tapaient l'arrivée.

Mais c'était cinq auparavant. Depuis, j'avais arrêté la compète, mais pas la natation. Lorsque nous sommes montés sur les plots, tout un groupe de midinettes des écoles privées qui venaient de passer leur épreuve se sont mises à hurler son nom: Delvert, Delvert... C'est vrai qu'il était beau gosse. Moi, avec mes cheveux filasses aux épaules, je n'étais visiblement pas leur type. Mais j'allais leur montrer pourquoi, au Redfish, Nicole et ses copines, des grandes, m'appelaient « Torse en V ». Pas d'affolement mesdames: depuis le V est devenu un U, et même ces derniers temps, un D... N'empêche que ce jour là, Delvert partit en crawl, et moi en dauphin. Pure provocation. Je n'avais jamais nagé en dauphin sur 100 mètres et je n'étais pas certain de terminer. Au pire, je finirai en crawl. Mais en virant au 50mètres, je fus galvanisé par les cris des filles, qui hurlaient son nom, alors que j'étais à sa hauteur. J'ai du doubler ma fréquence. Il n'a pas compris ce qui se passait. Moi, je suis arrivé en apnée, à moitié mort, mais devant. Je ne crois pas que j'aurais nagé aussi vite en compétition et cela fut longtemps ma plus grande satisfaction.

Moralité ? A l'époque, ces bagarres ne faisaient pas la une des journaux. Même pas d'entrefilet. Pourtant à Paris, où j'étais étudiant l'année suivante, entre la bande des Arènes de Lutèce et celle de la Bastille, des bastons de 200 personnes n'étaient pas rares. De même que les nervis du Bétar (extrême droite juive) ratonnaient aux environs des concerts pop ou des manifs pro-palestiniennes, tout ce qui avait l'air arabe ou portait des cheveux longs. Mes nombreux copains juifs de la Ligue communiste étaient particulièrement visés, le Bétar les considérant comme des traîtres à éliminer.

La police ne s'en mêlait pas trop. Sans doute était-ce un bien, car cela nous a évité, à tous, des casiers judiciaires. Maintenant, il est clair que les situations ne sont pas les mêmes. En dehors des réalités économiques et des perspectives sociales radicalement différentes, nous avions malgré tout une conscience claire des limites et des transgressions. Si les jeunes fachos étaient militaristes, ce n'était pas notre cas. Nous avons cependant découvert en ces occasions que sous nos cheveux longs et nos signes de la paix, nous étions tout à fait prêts à en découdre si l'on nous cherchait. Et même que les montées d'adrénaline nous procuraient à la fois de l'excitation et du plaisir. Mais cela ne nous rendaient pas heureux.

Existe-t-il une morale à cette histoire, qui puisse être utile aujourd'hui ? Peut-être une. Les jeunes ont besoin de se jauger, de s'affronter, de s'identifier. Au pays de Candy, on pourrait leur enseigner la méditation et le contrôle de soi, ce ne serait d'ailleurs pas un mal, mais je crois qu'il y a un âge pour chaque chose et que les pulsions hormonales sont une réalité à canaliser plutôt qu'à annihiler. Le sport peut-être une piste mais certainement pas la seule. Des « battle » de quartier pourraient être organisées qui dévieraient la violence sur des affrontements culturels: concours de Tektonik ou de Melbourne Shuffle, de slam ou de programmation et pourquoi pas, de scoot sur un slalom au bureau des autos? On pourrait même introduire des disciplines scolaires, chaque équipe de quartier devant s'efforcer de posséder des champions dans chaque discipline... Le moindre acte de violence vaudrait exclusion du championnat annuel, qui serait doté de prix allèchants... Le moyen aussi pour les jeunes mâles en rupture de scolarité de se valoriser sur d'autres terrains que le deal ou la bagarre...

Commentaires

Quel joli témoignage, merci beaucoup! Comme quoi, le fait de jeter un coup d'oeil sur le passé proche ou lointain, permet de relativiser certaines choses.

Écrit par : inside | 25/03/2009

Oui, relativiser... En même temps, nous avions aussi un encadrement global beaucoup plus strict qu'aujourd'hui et à l'époque, par exemple, les AMOK (tireurs fous dans la foule) on ne les rencontrait que dans les (excellents) romans de science-fiction de Philip K.Dick. Sur ce point aussi, il fut prémonitoire. Lorsqu'il existe un cadre à transgresser, il fixe forcément des limites. Si on l'enlève, personne ne sait plus où elles sont.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/03/2009

Bonjour Monsieur Souaille,

Sauriez-vous à quelle heure commence le débat de ce soir ?
D'avance merci

Écrit par : Loredana | 25/03/2009

Sauf que cette violence n'était pas gratuite comme aujourd'hui.

Écrit par : Géo | 25/03/2009

Loredana: 20 H, Unimail, salle MS150.
Géo, violence gratuite, cela ne veut pas dire grand chose. La violence est toujours stupide, même si elle peut parfois se justifier pour faire cesser une violence plus grande ou plus lancinante.
J'ai été voir votre lien. C'est une affaire dont toute la presse a parlé à l'époque il y a 3 ans et qui est présentée de manière démagogique et raciste par les militants d'extrême-droite cachés derrière ce lien. Par exemple en parlant de dépouilleurs afro-maghrébins, alors que des racailles, il y en a de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. La plupart de ces bandes sont organisées par quartier plutôt que par origine.
Ceci dit, il y a bien des bandes ethniques, mais heureusement bien plus rares dans le contexte français ou suisse, que dans le contexte anglo-saxon où elles sont presque systématiquement communautaires. Il y en a toujours eu, et des bastons aussi: entre juifs et maghrébins, entre maghrébins et antillais, entre africains noirs et antillais, entre blancs et tout ce monde là, les petits fachos à crâne rasés n'ayant pas été les derniers à aller casser du bougnoule. Sur la Côte d'Azur, à l'époque dont je parlais ci-dessus, nous autres babas-cools gauchistes représentions le dessert. Le plat de résistance de leurs sorties ratonnades, c'était le bougnoule du coin. Et question humiliation, ils en connaissaient un rayon, sans jamais le moindre article dans les journaux.
Un jour les bougnoules se sont organisés à leur tour, il fallait s'y attendre. Le problème, c'est que les quelques jeunes cons racailles qui sont nés en partie de cette violence, s'en prennent non seulement aux jeunes cons fachos, mais à tout le monde.
Il est urgent de dégonfler le soufflé et de refroidir les braises au lieu d'attiser le feu. Je considère que votre lien attise le feu de la haine interraciale, pas tellement pour ce qu'il dit, mais pour le point de ralliement de toute une mouvance brune qu'il veut être. C'est pourquoi je l'ai supprimé de mon blog. Au même titre que je supprimerai tout lien vers des mouvements politiques de toutes couleurs que je jugerai déplacés. Si vous voulez aller le mettre ailleurs, libre à vous, mais pas dans l'espace que je gère.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/03/2009

"votre lien attise le feu de la haine interraciale"
Toute la question est là. Sur le même lien on parle des viols de Blancs par les Noirs dans les prisons américaines. Une des causes est que les Blancs sont maintenant éduqués dans la tolérance et dans l'esprit de la political correctness alors que les Noirs et les Latinos sont élevés dans la haine du Blanc.
Mieux vaut voir les choses en face que les cacher. Bien sûr que les fachos racistes étaient blancs à Marseille durant votre jeunesse. Cela n'excuse pas la montée du fascisme négro-africain...
Et a priori vos lecteurs sont capables de juger par eux-mêmes de la pertinence de ce qu'on leur propose. Les censeurs ont toujours tort. Je n'arrive même pas à comprendre que vous choisissiez de censurer en vous présentant de la manière que vous le faites...

Écrit par : Géo | 25/03/2009

Géo, c'est pourtant simple: ce blog porte mon nom, il véhicule, mon image, j'essaie qu'il soit à mon image. Et ce que je suis ne supporte pas le racisme, de près ou de loin. Pas plus blanc que noir. Je me suis longuement exprimé à ce sujet sur des sites négro-africains dont les posts et les commentaires me choquent autant que ceux de vos sites faux-nez. (pas phoney gag pour slangophones avertis)
La liberté s'arrête là où elle commence à déranger celle des autres et là, vous empiétez sur la mienne. Ouvrez un blog dans ces pages et mettez-y votre lien. Vous et Johann hurlez à la censure, mais en l'occurrence celui qui écrit à visage découvert, et qui assume ses propos mais aussi tout ce qu'il y a sur mes blogs, c'est moi. Permettez-moi de définir moi-même ce que j'estime être mes bornes à la bienséance.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/03/2009

Merci, j'y suis allée, j'ai écouté, et je n'en ai retenu que du blablabla....politicien.
Dommage

Écrit par : Loredana | 25/03/2009

Loredana, ce débat était organisée par les femmes de l'Entente, et un grand nombre de celles qui étaient là étaient des femmes députées, conseillères municipales, ou maires de leur commune, etc... Idem des quelques rares hommes.
Donc la chose avait forcément un caractère politique, car il s'agissait de tenter d'évaluer, de quantifier le problème, d'en cerner les contours et les remèdes à disposition, le cas échéant d'en proposer de nouveau. Bref de travailler dans le concret, au ras du sol, ce qui est le lot de la politique au jour le jour, plutôt que de se perdre dans de grandes envolées intellectuelles, certes passionnantes, mais souvent peu pratiques.
Si la solution miracle existait, sans doute serait-elle déjà appliquée, depuis le temps... 7 siècles avant JC, comme l'a rappelé la juge, que l'on se plaint de la violence des jeunes.
Pour ma part, il m'a intéressé d'apprendre que 95% des jeunes de Genève allaient bien, que les comportements violents étaient le fait de 5 % d'entre eux seulement et que les 3/4 de ces 5% rentraient définitivement dans le rang après le premier épisode judiciaire, tandis qu'un peu plus de 1% de nos jeunes adoptaient une attitude de plus en plus difficilement contrôlable.
Il a aussi été confirmé que l'un des problèmes récurrents était l'absence de référence paternelle (démission ou absence). Ce qui devrait interpeller certaines féministes qui prétendaient élever seules leurs enfants, par choix, mais aussi les féministes socialistes qui se battent contre la responsabilité partagée, et même les juges qui en Suisse attribuent quasi systématiquement la garde à la mère...
Ceci dit, de fait, il n'y avait pas plus d'une demi-douzaine d'hommes dans la salle... Et si la société les pousse peut-être à la démission, il n'est à priori pas besoin de les pousser très fort...
Du manque de moyens de la justice des mineurs, aux efforts à faire en matière d'occupation des jeunes y compris pendant les vacances, en passant par le cruel manque de famille d'accueil, il me semble au contraire qu'un certain nombre de problèmes concrets ont été abordés.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/03/2009

Johann et Géo: j'ai décidé que dorénavant je conserverai les commentaires critiques constructifs, ceux qui font avancer le schmilblick. Et les louanges sans mesure évidemment. Ce qui élimine la plupart des votres Johann, car je n'ai plus le temps de répondre à des attaques personnelles.
Géo, le problème que vous posez est intéressant, pointu et juridiquement complexe (y compris dans votre formulation qui nomme publiquement des gens qui ne l'étaient pas, d'où sa censure). Je prendrai le temps d'y répondre posément plus tard.
Dans l'immédiat, sachez que Langaney n'est pas mon ami, bien trop imbu de lui-même pour cela. Il dit très souvent des choses extrêmement justes et lucides, mais pas toujours. Dans le cas présent, il est évident que de vieilles rancunes datant du refus du Musée d'ethno par le peuple ressurgissent. J'espère qu'il a vérifié ses informations/supputations, qui posent un problème global... Mais pas le temps de détailler aujourd'hui...

Écrit par : Philippe Souaille | 26/03/2009

Bonjour et merci pour votre témoignage.

C'est rassurant (si l'on peut dire ) de prendre le temps de penser au passé et de se souvenir que la violence était présente dans notre jeunesse. C'est rassurant car malgré elle, nous avons pu vivre notre enfance et notre adolescence sans l'éternelle menace d'un monde décadent. Et ceci veut dire que nos enfants pourront probablement faire de même, ainsi que leurs enfants...
Les incidents violents restent le fait de quelques uns comme ils l'ont toujours été.

Je me souviens également de violences qui n'ont jamais été dans les journaux. Les journaux, d'ailleurs, ne racontaient pas le quotidien d'une cité satellite et les frasques des jeunes.

On en parlait lors de manifestation "multi-quartiers", festival du Bois-de-la-Bâtie ou autres manifestations qui rassemblaient des jeunes de tous quartiers. Où d'ailleurs la violence était également de mise.
Bande de rockers qui voulaient avoir l'air très méchant, individus gentils, groupe violent.
Skinheads avinés, "Teddies" contre punks, baba-cool.
L'astuce c'était de les éviter et si on n'y arrivait pas, de courir vite...

Écrit par : Pascale | 26/03/2009

Voua avez parfaitement raison Pascale. Je me souviens d'avoir été frappé, à mon arrivée à Genève fin 76, par le faible niveau de violence en regard dss grandes villes françaises. Faible, mais pas absente, ce qui laissait passablement désemparés les jeunes Genevois de l'époque lorsqu'ils y étaient confrontés. ce qui n'a pas tarder, lorsque les Pharaons ont commencé à ratonner les punks et les baba-cools.
Cet épisode s'est terminé au tribunal, grâce à mon intervention, après que cette bande d'apprentis Hells Angels, clairement fachos idéologiquement, payés par un promoteur véreux, qui depuis a lui aussi fait de la prison, s'en est pris à deux jeunes femmes dans un squatt, qu'ils ont violés à 15. L'une de ces femmes était une amie. Une brève enquête - aidé par un de leur copains qui, ce jour là, m'a prouvé que l'on pouvait être danseur classique et avoir ce qu'il fallait bien accrochées - m'a permis de découvrir où ils se retrouvaient. La police était informée mais ne faisait rien.
Je suis donc allé les trouver (je me souviens d'avoir laissé ma copine au volant, moteur allumé dans sa Lancia Fulvia blanche, au dehors, pour le cas où j'aurais du prendre mes jambes à mon cou...), je les ai interviewés, et j'ai publié l'article dans la Tribune du lendemain, sous le titre "Que fait la police ?" L'apèrs-midi même, ils étaient arrêtés.
Comme ils étaient des fils de bonne famille, l'avocate des filles (coucou, j'attends toujours que tu m'acceptes comme ami sur Facebook) m'a depuis raconté qu'elles avaient (elle y compris) subit des pressions et des menaces ignobles pour retirer leur plainte, ce qu'elles ne firent pas. Les gars furent condamnés.
L'attitude du promoteur immobilier qui avait envoyé ses sbires saccager ce squatt avait tellement heurté la République que cela explique sans doute en partie la mansuétude un peu trop laxiste (à mon goût) dont bénéficièrent les squatts à Genève durant des années par la suite.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/03/2009

J'aurais pu aussi raconter la Corse, à 17 ans, lorsque nous avons été pris à parti par une trentaine de jeunes coqs du village, parce que j'avais séduit une parisienne qui sortait auparavant avec l'un d'eux, et pire encore un parisien qui avait rejoint notre bande de babas cools avait réussi à draguer une jeune corse.
Ils nous ont coincé, en sortant de boîte à minuit (Ah samba Pa Ti, de Santana, l'idéal pour les slows), à l'entrée du pont qui menait au camping. Nous étions sept. Les deux filles de notre groupe, soit ma soeur et la parisienne (la corse avait disapru !!!) ont fait la grosse erreur de sortir des couteaux qu'elles avaient acheté par hasard l'après-midi. L'un de nous a réussi à filer et je me souviens, du creux de la mêlée, l'avoir vu au clair de Lune courir sur l'eau de la rivière, tellement il détalait.
Bon, elle ne devait pas être très profonde... Il est revenu avec le tenancier du camping armé de sa lupara, qui a tiré deux fois en l'air, ce qui a calmé tout le monde... Pas de morale, là encore, mais gardons-nous tout de même de stigmatiser la jeunesse trop rapidement.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/03/2009

Et je crois me souvenir que dans cette histoire de viol, en plus, elles se sont fait très mal accueillir par la police.

Ces mêmes "pharaons" qui pratiquaient les tournantes bien avant l'heure... Et les filles n'osaient rien dire.
Il ne faisait pas bon leur plaire à cette époque.

J'ai assisté en sortie de boîte à nombre de bagarres notamment au "CAB" aux Avanchets, des Pharaons qui attendaient du "punk à ratonner" comme vous dites, des bagarres aux couteaux, et des bagarres entre filles aux tessons de bouteilles (comme quoi la violence féminine ne date pas d'hier et n'est pas "montante").

Et pourtant, je n'ai jamais eu l'impression de vivre dans une ville dangereuse ou une époque dangereuse.Et cela ne m'a jamais fait changer de comportement.

Je crois que les bagarres font partie de notre vie d'enfant, dès la cour d'école, et ce n'est que lorsque l'on devient adulte que cela nous semble inacceptable.
D'autre part, nous avons sans doute plus peur pour nos enfants que nous avions peur pour nous et sommes certainement plus sensibles à ces échos d'un monde qui deviendrait de plus en plus violent.

Je dois dire que pour avoir une fois expérimenté la vie nocturne et underground parisienne, la vie genevoise par la suite m'a toujours semblé rassurante.
Une bande d'innocentes adolescentes parties en vadrouille une semaine à Paris, avec juste de quoi se payer à manger et quelques verres, donc pas de chambre d'hôtel. Je dois dire que nous avons eu de sacrées frayeurs, mais il doit y avoir un ange gardien pour les inconscientes car nous avons réussi à nous en sortir indemnes (toutes nos affaires volées mais indemnes...)

Écrit par : Pascale | 26/03/2009

les Pharaons étaient des des personnes violentes avec pas grand chose dans la tete. La plus part étaient des fils de prolos sans éducation et sans formation. Certain son mort , overdose, suicide, meurtre. Quelques années après l histoire de PRE NAVILLE, le chef des Pharaons de cette époque, a été tué par un punk de Genève, mais la police a très vite classé l'affaire.
On a même dit qu'ils 'était suicidé. Dans le milieu alternatif des squats le punk en questions est un héros et une personne très respectée, il vit toujours a genève.

Écrit par : david | 18/08/2009

A cette période (1981 a 1983) il y avait pas beaucoup de squats, moins de dix a Genève,c'était un petit milieux, je me rappelle de certains Pharaons car j'étais présente au procès. je me souviens aussi de certains noms, il y avait C. S, R. R, P. J. (leur chef je crois). C'est J. qui a été tué quelques années plus tard, ce mec était connu pour ces actes de violence, un vrai salopard, avant cette histoire il avait déjà violé une femme. La police et la justice n'avait pas prit au sérieux les victimes de ces viols, donc c'était totalement légitime qu'une personne venge les filles qui ont été victimes de ces atrocités.Le lendemain de la mort de J. il y a eu une grande fiesta dans un squat pour marquer le coup et définitivement en finir avec les Pharaons. Je pense que les survivants de la bande doivent se tenir tranquilles,par peur de finir comme J.

Écrit par : Bernadette | 13/06/2014

Après le procès, je ne m'étais plus guère intéressé à l'affaire et j'ignorais la suite. La mort de J, pour ce qui semble être une opération de justice/vengeance personnelle. A l'opposé de mes valeurs et de ce qui représentait à priori les valeurs du monde des squats. Même si les extrêmes se touchent autant qu'ils se collisionnent.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/06/2014

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