05/04/2009

L'amour toujours

 

J'aime une femme... qui m'aime bien, mais qui ne m'aime pas. Et qui en même temps me reproche de ne pas claironner mon amour sur mon blog. Voilà qui est fait. Sans doute trop tard. Elle s'appelle Martine. Et je l'aime, malgré tout.

Imaginez ma joie lorsqu'elle a publié sur mon blog un message d'amour il y a quelques semaines... et mon désespoir, lorsqu'il s'est avéré qu'il s'agissait d'un quiproquo dont elle n'était pas l'auteur. Tour cela en point d'orgue d'une séparation douloureuse d'avec celle que je prenais encore, l'année dernière, pour la femme de ma vie...

Ce genre d'histoire est au moins aussi vieille que Lucy. A 50 ans passés, on s'imagine être vacciné, avoir grandi, mais lorsque cela vous arrive, on est encore plus désemparé qu'à 20... Heureusement, les obligations professionnelles et familiales vous rappellent à la réalité d'un monde où aujourd'hui encore des jeunes pleins de vie vont périr noyés dans l'espoir d'une vie meilleure et des enfants vont pleurer le divorce (ou les altercations) de leurs parents. Ce qui relativise tout de même la blessure.

Dans le monde selon Martine (et quelques autres), la déconstruction de l'ego serait le passage obligé pour que naisse un monde meilleur... L'amour est-il donc un enfantillage ? La passion n'est-elle qu'un affolement des sens ? Néfaste la plupart du temps, lorsqu'elle n'est pas entièrement partagée, mais tellement plaisante autrement...

La méditation prétend dépasser tout cela, mais dans quel but ? Ne plus éprouver de passion ? Juste de l'amour, comme pour chaque chose ou chaque être, par et pour la grande soupe quantique qui compose le vivant comme l'inanimé, depuis 14 milliards d'années ?

Doit-on réellement chercher à dépasser les contradictions égotiques en embrassant l'Univers ? Suis-je en train de sombrer dans le mysticisme pour les grands yeux d'une spirituelle au corps d'albâtre souple? Oui je sais, l'albâtre n'est pas souple, mais puisque de toute manière, toute apparence physique n'est qu'illusion... Surtout à nos âges! :-) j'ai envie moi que l'albâtre soit souple. Et même légèrement bloblotant...

L'amour, la passion, tout cela ne sont que des mots. Il s'agit juste de la rencontre de deux êtres et d'une alchimie qui se fait, ou ne se fait pas. Parfois les peurs ressurgies des brulûres anciennes au plomb fondu empêchent l'alchimie de se faire et c'est bien dommage. Mais c'est la vie. Qui va et qui vient. Après tout, j'ai l'énorme chance d'avoir touché quelques fois la pierre philosophale. C'est clair que cela devient vite une drogue dure...Un Graal... Avec l'espoir immense et fou que la prochaine soit la bonne, la vraie, jusqu'à la fin de la vie... Las, ce n'est pourtant pas l'intensité de la communion qui garantira le long terme. Alors quoi ?

Commentaires

Aaaaattention, Philippe Souaille !
L'Amour, c'est aussi ces moments intenses où les synapses
se transforment en flagelles et réciproquement.
D'où confusions.

;o)

Écrit par : Blondesen | 05/04/2009

Vous n'êtes pas obligé de me croire, mais sincèrement désolé.

On dit que le temps arrange tout, c'est ce que je vous souhaite dans un sens comme dans l'autre.

"Dans le monde selon Martine (et quelques autres), la déconstruction de l'ego serait le passage obligé pour que naisse un monde meilleur..."

C'est la porte ouverte à la manipulation de l'un sur l'autre et un manque de respect de l'autre. Critiquer, remettre en questions, oui, mais pas déconstruire une personnalité. Ce n'est pas aimer. Toujours chercher le pourquoi. Ca peut aider.

Écrit par : Johann | 05/04/2009

Aïcha, dont on parle dans le blog voisin, avait 9 ans lorsqu'elle a épousé Mohammed (ou 6 ou 12, selon les sources) qui pour elle a répudié Zeinab, son épouse précédente qui se montrait indocile. Très bel exemple de respect de la femme.
Accessoirement, pour pouvoir donner des avis de droit ou être versée dans les sciences, il faut avoir fait un minimum d'études. J'aimerais savoir ce qu'en pense les jeunes afghanes pourchassées par les talibans pour avoir voulu simplement aller à l'école.
Ceci dit, il est vrai qu'au Yémen, à quelques encablures de la Mecque il y a eu des reines qui régnaient seules. Et, jusqu'à ces dernières années, des vallées où la tradition ne connaissait pas la voile. Manque de bol, l'intégrisme est passé par là et le voile obligatoire avec lui.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

Cher Monsieur,
Vous faites beaucoup d'erreurs quand vous parlez de l'Islam. Pourtant, vous êtes capables de réflexions fort intéressantes, comme "Doit-on réellement chercher à dépasser les contradictions égotiques en embrassant l'Univers ? "
Peut-être serait-il temps, à votre âge, de reconnaître Celui qui vous a donné la vie?
Hani Ramadan

Écrit par : Hani Ramadan | 05/04/2009

Purée, PS, on ne comprend pas très bien dans quel ordre s'inscrit votre commentaire...
"d'avoir touché quelques fois la pierre philosophale. C'est clair que cela devient vite une drogue dure...Un Graal"
C'est parfaitement vrai. Mais la vie est une succession de quêtes : la suivante n'est-elle pas précisément la recherche de la sérénité dans et avec sa propre personne ?

Écrit par : Géo | 05/04/2009

"Après le décès de Khadija, sa première épouse, il épouse la veuve Saouda, puis, pratique conforme aux normes et aux valeurs de l'Arabie de l'époque, épouse Aïcha fille d'Abu Bakr âgée de 6 ans (trois ans plus tard il consomme le mariage"
Wikipedia

Écrit par : Géo | 05/04/2009

Merci Blondie et Johann de vos avertissements. Il est vrai que l'homme a parfois tendance à se laisser guider par ses excroissances... et celles des dames du beau sexe, ce qui tend à lui obscurcir le jugement. Mais ce n'est pas demain la veille que je vais me faire aater...
Cela étant Johann, je ne crois pas que l'ego soit toute la personnalité. Et je n'ai pas le sentiment de perdre de ma substance en cherchant à le contrôler, voire à le réduire. C'est vrai que l'ego en général est cause de beaucoup des disfonctionnements de ce monde... Mais aussi le moteur de certaines avancées décisives. En amour aussi bien qu'en politique, dans les affaires ou dans les arts, partout...
En fait je dirais que toutes ces techniques de méditation et de développement personnel sont vraiment passionnantes et méritent de trouver une place prépondérante aussi bien dans l'enseignement général que dans la société. Quant à la mystique qu'il y a derrière, elle vaut largement toutes les autres, tant sur le plan de la compatibilité scientifique que sur l'ouverture d'esprit.
Il me semble toutefois qu'elle peut devenir dangereuse, comme toute forme de pensée, lorsqu'elle se laisser aller à l'absolutisme... Qui peut être aussi une forme exacerbée de l'ego. Par ailleurs, les gens sont de plus en plus nombreux à s'y intéresser et vu les critères moraux véhiculés, je trouve cela une excellente chose, mais les gens sont ce qu'ils sont, et je crains fort qu'il ne suffise pas de vouloir le bien pour que le bien arrive... Ce qui ne m'empêche pas d'avoir envie d'essayer.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

Haha! Il m'a fallut lire le "blog voisin" pour comprendre de quoi il retourne.

Censure! Censure!

Précision: mariée a 6 ans (et donc ne pouvant plus jouer dehors avec ses copines), le mariage a été consommé à 9 ans. L'imposteur en avait 54...

Quand il parle de marchandise et d'objet, il devrait faire très attention, car il y a l'exemple de l'imposteur réduisant en esclavage les dernier juifs de Yatrib après avoir fait massacré tous les hommes pubères: les femmes n'avaient pas plus de droits qu'un chameau.

Qui a le sort le plus enviable? La prostituée occidentale qui décide de pratiquer ce métier, ou la femme (juive encore une fois) qui s'est fait violer par l'imposteur après l'assassinat de son père et de son mari?

Tiens, le témoignage tout récent d'une jeune amie. Vendeuse de son état, mignonne, elle s'est fait harceler par deux riches clients musulmans (l'un 7 femmes, l'autre à la recherche d'une seconde femme) dont l'un est allé jusqu'à se frotter contre elle... propositions non ambiguës, préservatif à la main... Et après on vient parler de respect de la femme de la part des musulmans...

C'est sans doute aussi pour leur bien que les femmes sont lapidées en islam.

Écrit par : Johann | 05/04/2009

Bonjour Monsieur Souaille,

Vous avez raison ce n'est pas l'intensité qui garanti le long terme, pas plus que la recherche du "Graal" car si quand on l'a, tout ce qui nous "gouverne" c'est de ressentir à nouveau cette "passion"... bin on est déçu forcément.

Quant au monde selon Martine (et quelques autres) vous êtes sur qu'elle parlait de déconstruction de l'égo et non de dépassement du "moi" afin d'atteindre une vie (de couple) meilleure ?

Écrit par : Loredana | 05/04/2009

Géo, la pierre philosophale, je l'ai touchée au moins à deux voire trois reprises durant quelques années. Le temps de la passion. Qui manque, lorsqu'elle s'enfuit, généralement pour des raisons partagées, telles que le retour à la réalité.
Mais vous avez raison, la sérénité est certainement le stade suivant. Sauf que la sérénité intérieure peut parfois conduire l'homme à négliger sa partenaire, dont il a moins besoin. Mais d'aucuns vous diront que la sérénité cela doit être aussi la disponibilité et l'ouverture à l'autre...
Pas facile de rester clair effectivement dans ce dédale.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

M. Ramadan, au stade actuel de ma réflexion, je reconnais l'existence d'une grande soupe quantique, mais rien ne m'indique en quoi que ce soit qu'elle obéisse à un dessein intelligent ou qu'elle soit elle-même simplement consciente d'elle-même. Le Hasard et la Nécessité continuent d'être une explication valable à mes yeux.
Je ne vois Mohammad et les autres prophètes et sages qui l'ont précédé, ou suivi, que comme des gens étant au mieux de grands mystiques très intuitifs, au pire des génies de l'arnaque. Et le plus souvent, un peu des deux.
Si d'aventure je devais changer d'avis, et bien que je respecte entièrement la foi de mes amis musulmans tant qu'elle leur reste personnelle, ce n'est certainement pas vers une religion révélée que je me porterais et encore moins celle-là, particulièrement rigide et peu évolutive.
Mais puisque je fais beaucoup d'erreurs sur l'Islam, vous allez pouvoir m'apprendre quel âge avait Aïcha à son mariage et quel âge avait Mohammed, ce que j'avais omis de souligner?

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

"Cela étant Johann, je ne crois pas que l'ego soit toute la personnalité."

Alors nous ne nous sommes pas compris sur le sens du mot. Si je me réfère à la définition donnée ici:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombril_du_monde

à savoir:

"Il est tantôt considéré comme le fondement de la personnalité (notamment en psychologie) ou comme une entrave à notre développement personnel (notamment en spiritualité)."

Je l'avais clairement entendu comme le fondement de la personnalité. Et donc quelque chose de fondamentalement positif, et non comme la manifestation du moi d'abord que je relierais à l'ambition, à l'égocentrisme ou à l'égoïsme.

Dans tous les cas, commencer par la formule socratique "connais-toi toi-même" est le meilleur remède contre toutes les illusions et les désillusions. Et aussi contre les chagrins d'amour ou autre. Trop peu de gens se connaissent eux-mêmes. A qui la faute? Si faute il y a... On vit aussi dans un monde où tout va trop vite, où le stress détruit beaucoup de choses, la santé d'abord, le bonheur ensuite tous simplement.

Courage donc.

Écrit par : Johann | 05/04/2009

"Peut-être serait-il temps, à votre âge, de reconnaître Celui qui vous a donné la vie?"

Ceux qui m'ont donné la vie sont mes parents. Et je leur en suis infiniment reconnaissant. Votre dieu n'est qu'une vue de l'esprit pour tenter d'expliquer des choses qui vous dépassent. Mais en fait d'explication, vous expliquez surtout votre incapacité à comprendre le monde en rabâchant une idéologie vieille de 14 siècles. Je suis aussi unique que les 6,5 milliards d'habitants de la planète, aussi unique que les animaux et les plantes qui nous entourent, alors que votre divinité est multiple, aussi multiple qu'il y a de sectes et d'imposteurs qui se vantent de détenir la vérité par une révélation qui relève de la psychiatrie ou de la manipulation.

Il faut être vraiment naïf pour croire à toutes ses bonnimenteries sur l'au-delà, l'enfer, le paradis. On voit que vous n'avez jamais été en contact avec une personne souffrant de la maladie d'Alzheimer. Peut-être alors seulement vous pourriez commencer à comprendre quelque chose à la vie.

Écrit par : Johann | 05/04/2009

Lorédane, le terme de déconstruction est de moi. Dépassement oui, mais sans doute un peu plus que cela, si j'ai bien compris ce que j'ai lu, par exemple Eckart Tolle. L'égo est bel et bien présenté comme une partie de soi à faire disparaitre.
Ce qui doit permettre, notamment dans une vie de couple, un quotidien serein, sans attentes déçues...
Je partage globalement ce point de vue même si comme expliqué, je n'en partage pas la finalité mystique.
En tout cas, il est bon d'en parler, car je découvre que vraiment beaucoup de gens sont en prise avec ce genre de réflexions, sans que cela sorte tellement à l'extérieur, car vécu précisément comme du développement personnel.
Johann, je suis certain que vous le savez, les hommes irrespectueux des femmes se rencontrent dans toutes les religions et chez les athées aussi. De même qu'on trouve partout de parfaits gentlemen.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Philippe,

en voilà un billet sincère qui dénote avec les sujets qu'on peut lire habituellement.

Profond et sincère, humain en somme.

La question de l'amour est vaste. Avec le temps, je me suis rendu compte que certains amours qui n'étaient pas vécus, ou vécus à moitié, restaient bien plus profondément ancrés en nous. Qu'ils avaient ce pouvoir ne prendre à l'estomac à la seule évocation du prénom de celle pour qui, à un moment donné, le temps est resté figé.

Aussi, il peut arriver que l'on aime sans rien attendre en retour, sans même vouloir que ce sentiment vive, car si le sentiment prend vie... à l'image de l'homme et de ce qui l'entoure, il se meurt aussi...

De plus, l'amour a cette capacité d'évolution que tout homme marié ou vivant plusieurs années avec sa moitié, connait. L'amour fusionnel de débuts cède la place au respect, à l'amitié, à une tendresse infinie pour l'autre. De passion, il devient peu à peu raison et se conforte dans cette évolution.

Mais votre billet saura interpeler toute personne qui un jour, quelqu'en soit la raison, a du renoncer à vivre et partager ce sentiment avec celle que son coeur appelait de toute ses forces... nous gardons tous dans un coin secret de notre coeur et de notre esprit, cette petite lueur qui pince parfois, qui fait parfois mal, mais qui nous rend tellement vivant.

Bien à vous Philippe,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 05/04/2009

La sérénité. Le mot est lâché et c'est celui qui convient. C'est une manière de prendre du recul.

Je dis toujours que lorsqu'on a froid, lorsqu'on souffre, lorsqu'on a un chagrin d'amour, c'est la preuve que l'on est vivant. Et c'est l'essentiel. Il y a des moments où l'on sait pertinemment que l'on est en train de descendre, et l'important est de toujours savoir que lorsque l'on va toucher le fond, l'on va remonter la pente de l'autre côté. Il est aussi important de savoir contrôler la descente de sorte qu'elle ne se transforme pas en chute. Sur le comment y arriver, je n'ai pas de conseil, je pense que cela dépend du caractère de chacun.

Écrit par : Johann | 05/04/2009

Eh les gars, vous êtes gentils, mais je suis déjà en train de remonter la pente, n'ayez crainte.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

"Johann, je suis certain que vous le savez, les hommes irrespectueux des femmes se rencontrent dans toutes les religions et chez les athées aussi. De même qu'on trouve partout de parfaits gentlemen."

Oui. Tout à fait. La seule différence est que les non-croyants non pas l'excuse de la religion.

Écrit par : Johann | 05/04/2009

Monsieur Souaille,

"la finalité mystique" ?? pas bien compris ce que cela veut dire ?!

Autre chose, il me semble avoir lu un comm. de votre part concernant la bonne ortographe de votre nom... merci de faire de même pour mon prénom :o(

Écrit par : Loredana | 05/04/2009

Oups j'ai oublié le "h" à orthographe, je rectifie. Pas envie de me faire incendier...

Écrit par : Loredana | 05/04/2009

Loredena, par finalité mystique, je pense à la conviction de certains méditants de pouvoir ainsi accéder à la communion avec ce que l'on a bien du mal à nommer.
Si je comprend très bien tous les avantages à retirer, pour l'individu comme pour la société, d'une meilleure connaissance et maîtrise de soi-même, de ses pulsions et de sa pensée, par la méditation, je le conçois dans un cadre laïc.
La plupart des gens avec qui j'en parle en ce moment croient au contraire pouvoir atteindre ainsi quelque chose qu'ils nomment selon les cas, l'essence de l'être, l'être suprême, ou plus simplement la vie. Le terme de la vie, employé récemment par la dame de mes pensées, me va encore assez bien. Mais un mot n'est qu'un mot.
La vie en tant qu'assemblage particulier de particules élémentaires, je comprend et j'admet. Toutefois, je pense qu'une fois que ces particules sont dissociées pour se recombiner en autre chose, on est mort. Et donc plus présent, ni conscient ni quoi que ce soit. On n'existe plus. Que ces particules puissent conserver d'une quelconque manière la mémoire de leur assemblage précédent ne me semble pas impossible, mais extrêmement peu probable.
A fortiori je doute fort que l'univers soit doué d'une conscience de soi, et que l'on puisse communier ou communiquer avec lui au-delà de la mort. Mais je suis comme saint-Tomas: je crois ce que je vois !
Les mystiques pensent que l'être existe et qu'ils parviennent à communier avec lui, ce qui doit fatalement grandir leur sens moral, et par ricochet améliorer le sort de toute la planète. Je crains malheureusement que non.
Le sens moral dépend de nous. La culture et la méditation peuvent certes aider à le développer, en contrôlant l'égo, et c'est ce que la société, le nouvel ordre mondial doivent s'exercer à faire...
Mais tant que je ne serai pas effectivement persuadé de l'existence d'un être suprême de bonté (et tout me pousse à penser qu'il n'existe pas) je ne verrai dans cette élan mystique qu'une sorte de religion personnelle. Avec les avantages et les risques de toute religion en matière d'exclusion du non-croyant. C'est d'ailleurs une chose essentielle qui me sépare de la dame de mes pensées ( ne pas y croire ) alors que selon ma conception laïque des choses, cela ne devrait pas être un obstacle entre deux personnes de bonne volonté.

NB: Pardon pour le prénom, Lorédane, c'était une de mes très bonnes copines de lycée, sicilienne francisée.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

Wouahou !! Eh bin j'ai l'impression que vous et la dame de vos pensées, vous vous prenez un peu trop la tête !! Mais bon à chacun sa prise de tête ;o)

Pour le prénom, le pardon est accordé.... (Je n'aime pas qu'on "francise" des prénoms, sauf si c'est la personne qui le porte qui le veut)

Écrit par : Loredana | 05/04/2009

Vous devriez tenter d'embrasser l'Univers pour conquérir le coeur de votre Dulcinée.

J'aime beaucoup votre billet.
Nous sommes tous concernés par le sujet, en tant que sujets...

Vous parliez de passion qui fuit devant un retour à la réalité. En disant cela, vous sous-entendez que la passion n'est pas dans la réalité. Qu'elle n'est pas une norme et ne peut qu'être qu'un cadeau précieux mais fugace.

La norme étant la sagesse ou la sérénité.
Peut-être me trompè-je, mais vous ne ressemblez pas à un sage et semblez être un adepte d'une constante réflexion. Vous ne serez donc jamais serein.

Il y a selon mon humble avis une certaine ressemblance entre cette acceptation de la "réalité", qui est faite, par exemple, en amour de tendresse et de complicité (mais qui peut à l'occasion ressembler furieusement à de l'ennui) et certains discours religieux. Dans ce qu'ils ont de normatifs.

Je me laisse transporter par la musique que j'aime. Quand il m'arrive (encore) de danser, j'oublie tout. Je peux jouer et rire comme lorsque j'étais enfant.
Je me jette dans les bras d'un livre s'il me plaît et je peux pleurer ou m'enrager sur lui. Des morceaux de vie dans une vie certainement planplan peut-être aussi mais la passion est toujours là.
Et l'amour, je le veux tout pareil.

Bon j'avoue que je ne rigole pas tous les jours :-)

Écrit par : Pascale | 05/04/2009

Pascale votre perspicacité m'impressionne. Je me pose en effet la question de savoir si c'est bien la sérénité que je recherche, si je ne suis pas accroc à une forme de cogitation perpétuelle, dans laquelle je me sens plutôt bien.
De là mon ambition effectivement un peu donquichottesque d'appréhender l'Univers par la réflexion... ce qui malheureusement fait peur à Mme de Toboso.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2009

"Peut-être me trompè-je, mais vous (...) semblez être un adepte d'une constante réflexion. Vous ne serez donc jamais serein."

Pour moi il n'y aucune contradiction entre sérénité et réflexion constante. Tout au contraire, l'une ne va pas sans l'autre, elle est même la condition de l'autre.

Écrit par : Johann | 05/04/2009

Personnellement je ne crois pas que l'on puisse être "accro" à cette cogitation.

Et je ne crois pas non plus que l'on puisse changer, à moins peut-être d'un renoncement relativement violent, un suicide intellectuel. Du genre, la négation de soi par le dégoût que "soi" nous inspire. Ce qui induirait que "soi" a été sérieusement malmené et fortement culpabilisé.

Toutefois, s'il vous advenait d'atteindre la sérénité sans qu'il vous faille pour autant devenir un fervent adepte d'une quelconque secte, n'hésitez pas à nous en donner la recette!
:-)

Écrit par : Pascale | 05/04/2009

Johann, tout ceci est en grande partie une question de choix des termes et d'accords sur ceux-ci. La sérénité telle que la définissent habituellement les personnes auxquelles je pense et qui ne font partie d'aucune secte, c'est de remplacer la réflexion rêveuse d'avenir ou nostalgique du passé par l'acceptation du moment présent. C'est moins une négation de la pensée qu'une prise de recul à son égard. Mais c'est assez réducteur de résumer une pensée complexe en deux phrases.
Pascale, "Accro" n'est peut-être pas le bon terme, encore qu'il y ait comme une forme de jouissance intellectuelle, qui peut certainement libérer certains produits chimiques. C'est aussi une seconde nature, voire la première. Et je me vois mal parvenir à la sérénité autrement que par le biais de la cogitation, pratiquée intensément depuis l'enfance.
Elle me permet d'analyser le monde et les gens (sauf quand je suis amoureux, car l'amour est aveugle...) aussi bien que d'écrire d'assez jolis scénarios.
"Dégoût de soi", vous y allez un peu fort. On peut avoir envie d'améliorer certaines facettes de soi sans pour autant se sentir dégoûté.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/04/2009

Je ne voulais pas être réductrice, ni faire de généralité.

C'est juste ma vision de la sérénité lorsque vous parlez par exemple du renoncement à l'ego.

La sérénité telle que je l'imagine est quelque chose d'absolu, où l'émotion n'a pas sa place. Une sorte de dépassement de notre condition humaine pour parvenir à une paix intérieure. Quelque chose de l'ordre du mystique.
C'est dans cette vision que je parlais d'un événement violent qui nous porte au renoncement d'une part de nous-même, tel que, par exemple, le dégoût de soi. Cela peut être aussi l'émotion qui nous submerge.
En mentionnant les sectes, je ne pensais pas qu'à des groupements typiques, mais aussi à des pensées sectaires, mystiques, religieuses ou dogmatiques. Qui sont attrayantes car quelque part sécurisantes.
Vous parlez d'acceptation du moment présent, cela ne me semble pas si différent de ce que je viens de dire sur la sérénité. Mais vous opposez à nouveau réalité et rêve en mentionnant "réflexion rêveuse nostalgique", ce que je trouve, à mon tour, un peu réducteur.


D'autre part, lorsque je disais croire que l'on ne peut pas changer, je ne voulais pas dire que rien ne pouvait changer en nous. Car lorsque l'on cogite, analyse, cherche, c'est une démarche de changement permanent.
Je voulais parler du changement de l'état "cogitatif" en état "contemplatif". Ce changement là me semble peu probable.

Je ne suis pas vraiment d'accord avec Johann. Pour moi, si la quête de la sérénité peut être accompagnée d'une réflexion constante, ce n'est pas le cas de la sérénité.

En conclusion, vous aviez tout-à-fait raison sur "vous ne pouvez pas ... en deux phrases".

Écrit par : Pascale | 06/04/2009

"Sauf que la sérénité intérieure peut parfois conduire l'homme à négliger sa partenaire, dont il a moins besoin..."
Vous n'êtes pas très clair : êtes-vous en couple ou seul ?
Si vous êtes seul faites comme moi : profitez de votre solitude. Toutes les femmes que vous rencontrez sont des possible (je plaisante...)
Si vous êtes en couple cultivez-le de votre mieux.
What else ???

Écrit par : Géo | 06/04/2009

@Geo: Mahomet eut 9 femmes dont Marie sa servante Copte après son veuvage de sa première femme la riche khedija.Il n'a pas renié Saouda.
Khadija lui a donné 4 filles qui sont invisibles dans son histoire? Aucune des 9 femmes ne lui a donné d'enfants apparemment..aucune trace de naissance non plus? Comment a-t-il fait pour avoir 4 enfants d'une femme dans la quarantaine- il avait 25 ans - et aucun enfant de 9 femmes bien plus jeunes dont une enfant de 9 ans - la consommation du mariage? Il n'était pas assez vieux pour ne plus avoir d'enfants? Ou alors les 4 filles c'est une légende! Je ne vois pas une autre explication.

Révélations: (Source Wikipedia?)

D'après la tradition sunnite, Aïcha fut l'épouse préférée de Mahomet4,5. C'est à l'occasion des scènes de sa vie conjugale que certains versets du Coran auraient été révélés.
Aïcha a dit : « Je jalousais les femmes qui s'offrent elles-mêmes à l'Envoyé d'Allah et disais : Comment une femme ose-t-elle faire don d’elle-même ainsi ? »6
Une sourate dit : « Tu fais attendre qui tu veux d'entre elles et tu héberges chez toi qui tu veux. Puis il ne t'est fait aucun grief si tu invites chez toi l'une de celles que tu avais écartées. Voilà ce qui est le plus propre à les réjouir, à leur éviter tout chagrin et à leur faire accepter de bon coeur ce que tu leur as donnée à toutes. Allah sait, cependant, ce qui est en vos coeurs. Et Allah est Omniscient et Indulgent. »7.
Dans le Tafsir, il est écrit:
Aïcha a dit : « L'Envoyé de Dieu demandait notre assentiment (accord) au jour fixé pour chacune de nous, depuis la révélation de ce verset. » Ainsi, l'Envoyé de Dieu ne pouvait pas avantager l'une ou l'autre de ses femmes.
Une des femmes de Mahomet demanda à Aïcha: « Et toi, lui demanda Mu'âdha, que répondais-tu à l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) quand il te demandait la permission d'aller passer la nuit chez une de ses autres femmes? »
« Je lui disais, répliqua-t-elle, si cela dépend de moi, je ne donnerai la prédilection à aucune sur moi. » Ainsi, l'Envoyé de Dieu ne pouvait avantager aucune des ses femmes au profit d'une autre.8

Écrit par : Patoucha | 11/04/2009

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