16/04/2009

Secret bancaire et retournement de veste

J'ai été très surpris par un article du Temps ce matin. Je ne parle pas de celui sur la manif du 23, très bien fait et qui résume parfaitement la situation, tout en révélant un scoop, à savoir que Kadhafi, n'a pour l'heure pas annoncé sa venue. Or ce genre de chose, d'un point de vue sécuritaire, se prépare en principe longtemps à l'avance.

L'article qui a retenu l'attention de l'ego hyperproportionné que l'on m'attribue volontiers (et que JE MOI, en personne, j'essaie de contrôler, promis) parle de secret bancaire et nie carrément mon existence. Myret Zaki, journaliste émérite, y critique vertement le monde politico-journalistique qui aurait retourné sa veste sur le secret bancaire depuis que l'UBS a perdu de sa superbe.  Ceci sans exception aucune.

Or il y en a une d'exception, c'est ma petite personne, certes humble vermisseau de monde politico-journalistique romand, mais tout de même auteur d'un bouquin sur la question paru en 2007 (l'Utopie Urgente, chez Slatkine) et en tant que rédacteur en chef du Genevois à l'époque (organe du parti radical), signataire de plusieurs billets, notamment sur le site de la Radio Romande, Monélection.ch  au moment des attaques de Montebourg contre la Suisse.

Ma position était déjà antérieure et depuis n'a pas varié. Une position simple : la distinction soustraction/évasion n'est pas moralement tenable et la soi-disant concurrence fiscale néo-libérale n'est que le pillage des pays sources. Désolé Philippe (Nantermod) de, pour une fois, n'être pas d'accord avec toi.
Cela étant, et je l'ai toujours dit, il ne sert à rien de renoncer à ces pratiques si c'est pour en faire profiter d'autres à notre place. Il faut donc parvenir à un accord mondial sur la question, et ne pas lâcher avant. C'est même l'un des arguments clefs de mon livre en faveur d'une gouvernance mondiale. Une position logique, qui rejoint celle de Miret Zaki comme des personnes qui réfléchissent avec leur tête, dont certains banquiers privés de ma connaissance, mais dont je peux amplement prouver l'antériorité. Mon petit ego surdimensionné apprécierait que l'on rende à Jules ce qui lui appartient.

Surtout que si Myret n'a pas penché ses yeux sur mon bouquin (gag), son directeur, mon bien-aimé ami Jean-Jacques Roth, lui l'a lu deux fois. Et a choisi de n'en pas parler. Salopard. Parce qu'il était d'accord avec le fond, mais qu'il n'aimait pas la forme. Ce qui était son droit le plus strict, mais j'aurais préféré qu'il l'écrive... Bon, tu es pardonné Jean-Jacques.

Commentaires

Enfin quelqu'un qui écrit que la concurence fiscale est nuisible ...

D'ailleur, elle l'est également entre Etats de plus petits, comme les cantons.

Écrit par : Djinius | 16/04/2009

Oui Djinius, elle est nuisible, mais avant de la supprimer unilatéralement, il faut un accord mondial sur la question. Qui doit passer par une organisation internationale. Qui pourrit être par exemple l'OMC, ou une institution à créer, car l'ONU n'est pas assez représentative sur ce coup.
Par ailleurs, tant que la concurrence fiscale existera quelque part, ainsi que des paradis ou des méthodes paradisiaques (les trusts), je défendrai politiquement le droit pour la Suisse et pour Genève d'y creuser son trou.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/04/2009

Monsieur Souaille,

Me permettez-vous de vous faire une proposition?

J'ai l'outrecuidance de ne pas attendre votre réponse et je me lance. Malgré tout ! J'admets que le misérable vermisseau que je suis est d'une audace qui frise, que dis-je, qui dépasse la plus élémentaire des déférences face à votre Grandeur. Au vu de ce que j'ai lu ci-dessus, il s'agit d'une Grandeur que vous assumez pleinement. Comme me le disait un professeur :

« Nous seront toujours seuls à souffler dans notre propre trompette ! »

Mais revenons à la proposition. Ne vous serait-il pas possible de publier «THE» LIVRE en feuilleton, ici même, sur votre blog? Cela, afin de nous faire profiter de votre position qui n'a jamais varié et dont vous nous parlez si souvent.

N'ayant pas eu l’occasion de lire votre oeuvre, j'espère que la position à laquelle vous faites allusion ne concerne pas celle du «missionnaire», Auquel cas, je vous conseillerais très humblement de la faire varier un peu. Je puis vous assurer que les variations ne peuvent être que profitables pour tous les participant(e)s!

Mais revenons à ma proposition: le roman-feuilleton. Malheureusement tombé en désuétude, ce type de publication pourrait avantageusement être remplacé par l'essai-feuilleton.
Si il vous reste des invendus, il n’est peut-être pas opportun de publier votre oeuvre sur la Toile et de laisser le capital -pas celui de Marx, mais celui investi- dormir au stock. Cela pourrait affubler votre entreprise littéraire et néanmoins économique d'un ROI catastrophique. Actuellement déjà, ce ROI doit approcher celui d'un barrage hydroélectrique !... Les temps immémoriaux depuis lesquels vous nous parlez du LIVRE en nous faisant des appels du pied pour que nous l’achetions, me le laisse supposer !
Dans ce cas, je vous proposerais plutôt de calquer votre «marketing» sur celui de votre confrère "Le Plouc" qui fait de la pub pour son oeuvre poétique à l’enseigne de son propre blog où il le propose en souscription.
Un «Pro d'la comm.» vous aurait demandé un "saladier" pour les idées présentées ci-dessus, je ne suis qu'un amateur, pas même éclairé. Il ne vous en coûtera donc rien. Sauf une bonne bouteille pour le Plouc et sa merveilleuse idée !... Même si la pub est interdite sur le blog de 24Heures et de la TdG !

Écrit par : Père Siffleur | 16/04/2009

Désolé, Père Siffleur, Mais je ne comprend pas cette histoire de ROI ? J'ai beau me creuser...
Pour ce qui est de votre idée, à vrai dire j'avais déjà tenté le coup, en mettant une adresse email dans le blog, ce qui n'a pas donné grand chose...
Pourtant, si le tiers des lecteurs de ce blog s'y mettait, mon éditeur et moi-même n'aurions plus d'invendus...
Allez je retente le coup, vous me mettez l'eau à la bouche avec vos idées... Même si ce n'était pas le but de ce billet.
Pour commander l'Utopie Urgente, un mot suffit à info@adavi.ch

Écrit par : Philippe Souaille | 16/04/2009

EXPLICATIONS:

ROI = "Return Of Investment" (En français: RSI = retour sur investissement. Mais ça fait tellement moins "investor"!
voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Retour_sur_investissement)

REMARQUE:
J'avais appris cela il y a fort longtemps. À ma troisième leçon d'économie, si mes souvenirs sont bons C'est d'ailleurs à ce moment là que j'ai fait l'économie des suivantes. Il fallait bien que je me serve un jour du "savoir" accumulé!
Désolé que vous vous fussiez creusé pour rien... Dorénavant au lieu de vous "creuser", utilisez Wikipedia! Je sais, ce n'est pas toujours absolument exact, mais, en général, cela permet au moins une piste pour continuer les recherches.

Écrit par : Père Siffleur | 16/04/2009

Pèe siffleur, autant pour moi, je pensais à un persifflage hilariant, pas à un cours d'économie !
Si on ne peut même plus compter sur personne...

Écrit par : Philippe Souaille | 16/04/2009

"Oui Djinius, elle est nuisible, mais avant de la supprimer unilatéralement, il faut un accord mondial sur la question."

Il ne faut pas confondre concurrence fiscal et paradis fiscaux.La concurrence fiscal entre canton oblige les argentiers de mener des politiques fiscales responsable.Je suis d'accord d'un minimum de solidarité comme envers certains cantons qui investissent dans la réalisation d'hopitaux universitaire par exemple qui profitent aux résident d'autre canton non pourvu de medecine de pointe dans les CHU.(Du reste cette solidarité inter canton existe)Par contre en tant que Vaudois,je ne suis pas d'accord d'être solidaire d'infrastructure comme le stade de la praille qui ne sert à pas grand chose,tout le temps vide lors de match.

On peu aussi se poser la question sur des infrastructures trop couteuses,mais parfois utiles( comme l'agrandissement d'université ou d'hopitaux etc...)

Prenons l'exemple de Zurich qui acceptent par voix populaire pour la réalisation de ces dernières.On demendera au zougois ou uranais d'être solidaire financièrement car ces infrastructures leurs profitent aussi.Ce qui est normal en soit.Mais jusqu'ou les zougois et uranais devraient être d'accord d'être solidaire sur des infrastructures dont il n'ont pas eu voix au chapitre lors de la votation des zurichois?

Ne devrait-on pas dans ces cas là,élargir à plusieurs cantons proches le droit populaire pour mieux équilibrer pour que ceux qui paient puissent aussi tous voté.Et de laisser se démerder de payer ceux qui veulent des stades à moitiés vide ou carrément vide ainsi des jeux olympiques gouffre à millions ou autres dépenses inutiles.

D.J

Écrit par : D.J | 16/04/2009

D.J soulève effectivement des questions intéressantes :

La concurence fiscale forcerait les collectivités a bien gérer leur budget. Certe, mais divers autre outils sont la pour cela : ses citoyens ne rééliraient pas ceux qui auraient une gestion dispendieuse et un cadre législatif existe pour prévenir ceci (frein a l'endettement).

Par contre, la concurence fiscale introduit une forte incitation au comportement nuisible de "free-rider" : J'habite un canton/commune rurale mais vais travailler et bénéficie des infrastructures du voisins.

De plus ce comportement opportuniste est plutot réservé à une classe aisée dont les revenus lui permette de tels déménagement.

D'ailleurs, si D.J était vraiment cohérent, la prochaine fois qu'un match ou un concert a lieu à la Praille et qu'il est intéressé, il ne devrait pas s'y rendre ... ou alors opter pour un comportement de free-rider ?

Bref, la concurence fiscale amène bien plus de problème qu'elle n'en résoud.

Écrit par : Djinius | 16/04/2009

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