24/04/2009

Livre électronique : l'adieu au papier ?

 

Mercredi soir s'est tenu au Salon du Livre un débat d'actualité fondamental et de haute tenue, devant un parterre... quasiment désert. Il concernait l'avenir du livre électronique et l'on retrouvait sur la Tribune le patron de l'Office fédéral de la Culture (lui-même docteur en informatique), le responsable de l'édition de livres en ligne de Google pour la Francophonie, des profs de l'EPFL et de l'UNI, un éditeur, bref, des responsables aux manettes, le tout piloté par le réd en chef adjoint de la Tribune, Denis Etienne.

Le consensus fut assez rapide et large sur le fait que ce n'est vraisemblablement qu'une question de temps avant que le livre électronique prenne une place prépondérante. A mon avis il risque même de confiner peu à peu le livre papier à la portion congrue. 2 ans, 5 ans... Les debatters n'ont pas posé de date, mais on peut prendre les paris, pour savoir s'il y aura encore du papier au Salon du livre de 2020... Ce qui évidemment, remet en cause tout le fonctionnement actuel du système, à commencer par les libraires, qui un peu comme les agences de voyage, vont sans doute devoir repenser leur modèle d'affaires dans les années à venir.

Le fait que le public ait été absent au débat, en dépit de l'importance du sujet, souligne le seul aspect vraiment important qui n'ait été abordé qu'en filigrane: la renommée, la promotion et la visibilité. En l'occurrence, le débat se tenait dans une salle annexe, et n'avait pas été annoncé! C'est la même chose pour le livre qu'il soit de papier ou électronique: le premier facteur de succès, c'est la publicité, au sens large. Le fait qu'un auteur soit connu, ou qu'on parle de son oeuvre, bref, qu'il se crée du mouvement autour de sa personne et de ses bouquins. Même si un surcroit de visibilité peut agacer parfois.

La visibilité doit être la rencontre entre un talent et des facteurs de popularité. La popularité seule peut faire illusion quelques temps, mais jamais vraiment longtemps. Le talent seul, quant à lui, n'est absolument pas une garantie d'être repéré, même s'il colle à l'air du temps, sans le coup de pouce du destin qui va vous apporter la popularité. Parce qu'il y a un moment où il faut que les gens achètent vos oeuvres et qu'ils ne le feront – en quantités significatives - que si, en masse, ils vous connaissent et reconnaissent votre oeuvre. Le bouche à oreille est certes une réalité, mais qui aboutit souvent au succès d'artistes déjà morts, parfois même de vieillesse.

L'avantage d'Internet – et donc du livre électronique sur le papier - c'est qu'il y existe des moyens de publicité meilleur marché que dans le monde classique. Notamment la diffusion gratuite, auxquelles les ados – par définition fauchés – sont très attachés. Les mangas gratos font un tabac. Seulement, il faut bien que l'oeuvre soit financée par ailleurs. A moins de la larder de publicité, ce qui est la solution retenue par Google en l'occurrence... Sauf pour les oeuvres du patrimoine commun, suffisamment anciennes pour être libres de droit, qui sont disponibles sans publicité.

Le fonds de littérature classique ainsi constitué sert de produit d'appel aux oeuvres modernes, qui elles sont parées de publicité pour pouvoir rétribuer les auteurs... et payer les actionnaires de Google. Un business model gonflé et ambitieux qui nécessite évidemment d'avoir les reins extrêmement solides.

Jean-Frédéric Jauslin, le patron de l'Office fédéral de la Culture, qui vient d'obtenir des Chambres fédérales un important crédit de financement de la numérisation de la BNS, l'a bien souligné. La numérisation coûte extrêmement cher. A la réalisation et ensuite à la conservation. Entre 10 et 100 fois plus qu'une conservation papier classique. C'est énorme. L'avantage en revanche, c'est bien évidemment la disponibilité des oeuvres, qui est plus que décuplée ou centuplée: A la limite, plusieurs centaines de milliers de personnes peuvent grâce à elle consulter en même temps une oeuvre archivée.

Les Gros Cons, par exemple, oeuvre impérissable et néanmoins genevoise de mon ami Jean-Alexandre Blanchet a ainsi été vue sur Youtube 4 millions de fois ! Ce qui lui assure une renommée évidente pour ses prochains projets. Comme la chose avait été payée à l'époque par ses ventes en télévision, c'est tout bénéfice. Les centaines de milliers d'ouvrage de la Bibliothèque Nationale Suisse sont évidemment très loin d'avoir le même potentiel grand public. La question du financement de la numérisation se pose avec acuité car on parle en milliards de Francs. Et les Chambres fédérales ne sont de loin pas un puit d'argent sans fond...

Faut-il faire payer la consultation, mais comment ? Cela ne peut pas être une grosse somme et les petits paiements restent un problème sur Internet. Sans compter que les étudiants, consommateurs numéro Un de savoir, sont fauchés. La publicité ou le sponsoring pourraient être une piste, mais cela serait tellement iconoclaste que M. Jauslin ne l'a même pas évoqué... La gratuité complète, qui est la règle actuellement, ne semble pas réaliste en regard des sommes en jeu et du fait que la crise s'annonce aussi sévère que les prévisions les plus pessimistes le pronostiquaient.

Reste donc à creuser des pistes nouvelles.

Commentaires

"La numérisation coûte extrêmement cher. A la réalisation et ensuite à la conservation. Entre 10 et 100 fois plus qu'une conservation papier classique."
Est-ce que ces chiffres tiennent compte de (presque) tous les paramètres dans la durée? Par exemple l'amortissement du procédé de numérisation au cours du temps, l'espace nécessaire et les frais de manipulation nécessaires pour les ouvrages sur papier et autres facteurs qui ne me viennent pas à l'esprit, dans les postes positifs du bilan, le transfert sur de nouveaux programmes et supports, le renouvellement du matériel informatique dans les postes négatifs du bilan, tous les frais de personnels dans les deux cas?

Écrit par : Mère | 24/04/2009

je suppose que oui, c'est une évaluation faite par M. Jauslin, patron donc de l'Office fédéral de la culture, ancien patron de la BNS (Bibliothèque, pas la banque) et donc Dr en informatique de l'EPFZ.
Le support numérique comporte également un autre inconvénient c'est de consommer de l'électricité. Cela étant s'il faut renouveler régulièrement le support, et si on le fait correctement, on ne risque pas de voir la dégradation irrémédiable de tant d'ouvrages papiers. Comme par exemple ceux de la bibliothèque de HEI et les archives de l'OMC qui dépérissaient lentement mais sûrement dans l'humidité des sous-sols du bâtiment, à proximité du Lac, jusqu'à ce que les architectes chargés du bâtiment ne s'emparent du problème.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/04/2009

Un lien qui n'a rien à voir avec le présent sujet, pour répondre au président de l'UDC genevoise, qui a accusé hier, sur le plateau de Léman Bleu, le parti radical de mensonge. On peut y entendre les propos de M. Nidegger candidat déclaré UDC au Conseil d'Etat, suggérant que la police genevoise aurait eu la main lourde avec le fils Kadhafi, et que des excuses seraient les bienvenues.

http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=1053&startDate=2008-07-01&endDate=2008-07-31&selectedDate=2008-07-29&dateFormat=yyyy-MM-dd&hostname=

Écrit par : Philippe Souaille | 24/04/2009

Re-Bonsoir, me revoilà encore une fois, car ce débat m’intéresse à plus d’un titre(sic)! La renommée, et le succès immédiat, celui qui permet à l’auteur de vivre de ces œuvres, voire d’accumuler les millions en monnaie, n’est de loin pas synonyme de qualité, ni de pérennité d’une œuvre, loin s’en faut. Le calcul de marketing, à peut être tué et le sujet et l’objet!
Le livre électronique maintenant. Celui-ci pose plusieurs questions… la première, le livre électronique que l’on emporte avec soi, invention qui ne semble pas avoir remporté le succès escompté, peut-il réellement remplacer le livre en papier?
Personnellement je penche pour le non! La pratique, d’abord. Le livre est un objet transportable, agréable au toucher, « vivant ». Le livre électronique, lisible soit sur écran d’ordinateur, soit sous forme d’appareil électronique au « look » rébarbatif, et peut-être selon les développements conjoints de la TV et d’Internet en une vraisemblable fusion, sur l’appareil de « salon », ne crée pas le même rapport à la lecture. La numérisation et la consultation en ligne, ne servent principalement à mon sens et selon mon usage, qu’à rechercher des passages ou faire connaissance avec un écrit que par « survol » de ceux-ci. Si un texte demande lecture complète, soit je lis le livre-papier, en me le procurant, d’abord en bibliothèque ou d’occasion, et en dernier recours, dû aux coûts, à l’achat du titre « neuf » (de ces trois moyens, l’auteur à déjà perçu un droit, notons-le). Soit le texte trouvé sur Internet est imprimé. Ce qui coûte plus cher en encre que le livre papier.
Peut-être en est-il différemment avec les jeunes lecteurs de Mangas que vous citez, mais est-ce sûr? Combien de réels « lecteurs à l’écran » existe-t-il ? J’entends par-là des personnes qui lisent une œuvre (écrite ou Bande-dessinée) dans sa totalité? La perception des œuvres est-elle la même? Quelle « place », disons au niveau de la concentration et du « vécu » trouve le lecteur face à son écran ? Une analyse fiable sur ces thèmes à-t-elle été réalisée? Ou tire-t-on là encore une fois des conclusions hâtives sur l’abandon de la lecture… Conclusions une fois de plus dictée par « la loi du marché »?
Écologiquement, le papier est-il plus polluant que l’objet électronique? Ceci est une autre donnée. A mon sens, l’écran convient mieux pour les lectures rapides, informations, journaux et blogs, et télécharger est plus logique pour ces derniers.
Quant à la survie des artistes et créateurs, elle reste fixée aux même critères que TOUS les producteurs réels actuellement, ce que Marx appelait prolétariat, c’est à dire de plus en plus compromise.
Pas de Teufel ?, non pas de Teufel !
Bien à vous
Ps : comme d’hab’, difficile de développer une pensée complète dans un commentaire…

Écrit par : redbaron | 25/04/2009

Baron, quand je parle de livre électronique, je parle des nouveaux appareils qui, pour l'un d'entre eux vient de sortir sur le marché européen et pour les autres, est déjà en vente aux Etats Unis et en Asie, mais pas encore en Europe.
Moins que l'esthétique, ce qui compte en l'occurrence, c'est le confort de lecture. Les écrans habituels supportent très mal l'éclairage naturel, par exemple: il est quasiment impossible de lire dehors. De plus, si l'on parle d'ordis portables, ils étaient encore passablement lours, peu autonomes, etc...
Cela change du tout au tout avec les nouveaux appareils, dont l'écran permet de lire comme avec un livre, voire mieux qu'avec un livre. Etonnament, la première clientèle, avant les très jeunes, (qui de toute manière lisent assez peu), ce sont les plus de 50 ans, dont la vue baisse et qui adorent pouvoir grossir le caractère des lettres !!!
Les lectrices de romans à l'eau de rose, façon Harlequin, comme le relevait la Tribune d'avant hier, sont également de très gosses consommatrices de l'appareil, parce que ces ménagères pressées lisent très vite ces choses qui sont à la littérature ce que des brins d'herbe sont à une orchidée, et qu'avec le ebook, elles peuvent renouveler leur stock instantanément, sans avoir à passer chez le marchand. Ce qui montre bien l'un des côtés pratiques de la chose: l'accessibilité à la chose écrite.
Ces nouveaux ebooks se vendent aux Etats-Unis comme des petits pains. Plusieurs centaines de milliers en quelques mois. Pour l'heure, en Europe, le marché reste bloqué parce que pour ménager les libraires, les éditeurs ne proposent leur version ebook qu'à un prix proche du prix du livre, alors qu'objectivement, il devrait être très inférieur: pas de papier, pas d'impression, des frais de distribution minima, pas de stock chez les libraires. or ceux-ci prennent tout de même 35% du prix de vente d'un livre, ce qui est justifié par leurs énormes frais, mais le ebook les évite.
Ces appareils sont aujourd'hui très légers, avec une grande autonomie. la prochaine génération, en préproduction, sera encore encore plus mince et même souple, voire carrément pliable... Bref, au même titre qu'un Ipod ou assimilé permet d'avoir toute sa musique avec soi, nous aurons bientôt, dans la poche, la Bibliothèque d'Alexandrie, Wikipedia et tout le Nouveau roman réunis...
Ce qui me fait penser à une chanson de mon groupe favori, Aliose (à écouter en ce moment, sur Option Musique), une histoire de petit bonhomme (ou de petite bonne femme) qu'on met dans sa poche...

Écrit par : Philippe Souaille | 25/04/2009

@redbaron
Excellente défense de ce que nous aimons. Bravo. Mais attention, jeune redbaron, vous risquez fort de vous retrouver dans le camp des vieux chnoques sentimentaux, comme moi (cette phrase m'oblige à me mettre en avant) et Ray Bradbury qui, il y a bien longtemps déjà, décrivait dans une des ses courtes nouvelles l'émerveillement de quelques gamins qui avaient découvert dans un grenier un vieux livre en vrai papier.
Ce récit met en scène un gamin dont l'ordinateur qui lui tient habituellement lieu d'instituteur à domicile est tombé en panne et à qui le service après vente a envoyé une vraie personne pour le remplacer en attendant la fin de la réparation. Là aussi, émerveillement devant le véritable contact humain et, événement extraordinaire et mémorable, la joie de recevoir en récompense une vraie pomme.
Essuyons une larme en passant et restons optimistes. Un équilibre s'établira peut-être de lui-même entre ces différents supports, du moins à court terme (donc le nôtre et celui de nos descendants directs, si nous en avons): en ce qui concerne le livre sur papier, certaines chaînes (quelle horreur) de librairies offrent déjà, ou offriront bientôt (nouvelle d'Australie) la possibilité de passer commande d'un livre au comptoir et de partir avec après une dizaine de minutes, téléchargé, imprimé et relié sur place pour un prix inférieur à ceux pratiqués actuellement, étant donné la suppression des frais de stockage et de transport et autres.
En ce qui concerne les écrans de lecture, je vois que Philippe Souaille, toujours à l'avant-garde du progrès, vous a déjà donné les dernières nouvelles.
Enfin, et après avoir sauté quelques étapes dans la cyberévolution de l'espèce humaines, toute création, dans quelque domaine que ce soit, pourra être directement envoyée dans la mémoire du lecteur, de l'auditeur ou du spectateur qui le désire et apparaître dans son cerveau avec toutes les caractéristiques d'un livre de quelque époque que ce soit, ce qui se produit en fait déjà d'une certaine manière actuellement, puisque ce que nous touchons et lisons et sentons lorsque nous lisons un livre n'est que l'ensemble des réactions produites dans notre cerveau par les messages de nos sens, relayés par nos organes de perception et nos circuits nerveux. Comme dans un rêve ou une hallucination, nous retrouverons donc tous nos vrais vieux livres, même ceux qui restaient inaccessibles à nous, les ancêtres de ces nouveaux hommes.
Continuons à rêver et à bientôt.

Écrit par : Mère | 25/04/2009

Merci Mère, de vos contributions, toujours de qualité, à la cause de la littérature

Écrit par : Philippe Souaille | 25/04/2009

Bonbon, Teufel! J'ai zieuté, l'appareil de lecture le "livre éléctronique", mais il semble que le contenu porte le même nom, coûte à lui seul entre 300 et 400 euros, ce qui fait 450 à 600 francs suisses et encore si on n'est pas surtaxé au change comme pour le prix des journaux, Dunkelteufel! Certains offrent des textes avec, des livres quoi! En ce qui concerne l'appareil, il ressemble à un "palm/PDA", mais certains sans écran lumineux, ce qui permet de lire au soleil, effectivement on peut aggrandir le caractère, certains peuvent contenir 220 livres, d'autres 600, si on en a envie, il existe un étui éclairant (50 euros=75.--fs). Ah, oui pour l'instant tout est en noir et blanc, voire en niveaux de grispour les illustrations. Voilà pour l'appareil...
Passons au conmtenu,il existe des sites qui permettent de télécharger des livres gratuits (existait déjà pour les palm,PDA, etc. en format pdf, ou "blocnote", j'eus ainsi "la guerre des Gaules" de Jules César,si, si!).
Les maisons d'éditions ne joue pas le jeu paraît-il, àcause de la numérisation.... Che ricane! La majorité des livres publiés depuis l'invention de la photocomposeuse (apparition en Suisse aux env.de 1972), rapidement remplacées par les logiciels informatiques, et les chaînes d'impression, me font juger cet argument fallacieux: Tous les textes depuis cette période, et ceux réédités avec la disparition de la composition en plomb sont déjà "numérisé". Ou alors les éditeurs et imprimeurs de livres de textes n'ont point archivés les documents de bases nécéssaires au film offset? alors soit se sont des gens de mauvaise fois soit se sont des dummkopf!

Et je reste persuadé, que comme pour la musique, même si on peut prendre sa discothèque avec soi, (le redbaron ne peut prendre "que" 20 "songs" dans sa clé USB, ja, touchours le prix... La solde n'est pas régul près de la G.T.F), Ce n'est paws le même ressenti, deux écouteurs dans les oreilles que deux colonnes à l'air, le ressenti physique de la musique n'est pas le même, le DR1 plane moins... Question de sensualité, Teufel!
Sinon, c'est peut être affaire d'habitude, jaaaa... Avec le multiplex, "ils" (ja, "ils" ceux qui ne savent pas qui c'est...) ont changé l'usage du cinéma, so je préfère voir le DVD, unt einmal, ja nicht mehr disk, alles internet-wifi...
Unt le gratuité là-dedans? Oubliée? toujours rester dans la déperdition de la créativité humaine réelle*?
Che reste dans mein DR1, mit meinen spandaustormbringer, si c'est comme ça!

PS: j'ajoute ici juste le concept, qu'en majorité, les vrais inventeurs, créateurs, ont TOUJOURS été exploité, et que le Capital ne produit RIEN,qu'il est le PRODUIT.
Bien à vous Philippe

Écrit par : redbaron | 26/04/2009

@Mère, effectivement, déjà vieux schnoque je suis, et même je me traite de vieux c.. ! Déjà la dernière note de mon blog se teminait par « But I feel I'm growing older-And the songs that I have sung-Echo in the distance.. » donc… « Tropvieux pour mourir, trop jeune pour vivre »… Et sentimental, « par défaut » comme le dit le langage (sic) informatique (si détestable et si puissant, si agréable et connaissant) . Bon, passons… Oui, la nouvelle de Bradbury que vous citez et que j’avoue n’avoir pas lue, me fait penser, et je l’ai déjé écrit une fois quelque part dans la blogosphère qui digère tout à la vitesse de l’électricité et de la nouveauté, qu’en restera-til, mystère… me fait penser au concept de la séparation (au sens situ/Debord) achevée.
Ainsi aussi au fait que justement, la « culture » (j’aime les « autour de ce mot) numérisée et plus que sous tout autre forme précarisée par un incident, une panne, un effritement, etc. Il a déjà fallut légiférer (les américains l’ont fait en tout cas), pour que les auteurs de logiciels, lors de nouvelles versions de celui-ci soient OBLIGES de rendre tous les textes ou fichiers des « anciennes » versions lisibles parla nouvelle… Puisqu’en effet, les documents officiels eux-mêmes devenaient illisibles… Donc…
Ormis ce dernier fait entre beaucoup d’autres, je pense qu’effectivement l’équilibre se créera, comme pour l’informatique, qui au début n’était utilisée qu’en certains domaine, parce que rébarbative. Personellement, je ne sui pas opposé au livre électronique, mais à côté j’aimerais voir les bibliothèques se multiplier, et que chacun y déposent les livres dont il ne veut plus au lieu de les foutre aux container à papier (que le passant ne peut plus « fouiller » et donc récupérer), etc., ceux-ci mis en commun, imaginez l’ampleur du choix…
Et enfin, sur la dernière partie, avez vous vu le film « strange days » de K.Bigelow ? si non, et que par hasard, une chaine de tv le passe entre deux falsifications informatives, trois séries clonées, et un documentaire dirigiste, prenez le temps de le voir, au-delà du film d’action distrayante il y a un thème, voire plusieurs…
Bien à vous Mère

Écrit par : redbaron | 26/04/2009

@redbaron
C'est toujours un plaisir de vous lire ... et de vous en faire compliment. Non, je n'ai pas vu "Strange Days", mais je vais essayer de me le procurer.
Je ne vais pas, en outre, manquer une occasion de faire plaisir a Philippe Souaille, qui aime mes références littéraires (j'ose utiliser cet adjectif, qui était presque proscrit dans les années '60 pour la SF) en rappelant le trop connu Fahrenheit 451 du même Bradbury (dont l'adaptation cinématographique était de Truffaut, autre fan de SF et apparemment admirateur de la jolie Julie Christie).
En cadeau une autre histoire de Bradbury, prévoyant cette fois-ci la dépendance maladive (et même criminelle) aux jeux vidéos:
L'histoire de deux enfants à qui les parents ont installé une chambre de jeux vidéos dans laquelle la réalité n'apparaît pas seulement en hologrammes réalistes, mais en réalité totalement reconstituée. Lorsque les parents les privent de jeux vidéos pour les punir d'y investir trop de temps et d'intérêt, le lecteur spectateur peut assister à une scène où les enfants, ayant déjoué la vigilance des parents, regardent avec fascination une troupe de lions en train de dévorer dans la savane deux formes indistinctes dont il est laissé à ce lecteur spectateur le soin de deviner l'identité.
Bien à vous

Écrit par : Mère | 27/04/2009

@Mère, Mmmh, quel est le titre de ce recueil de nouvelles de Bradbury, que je l'inscrive sur ma liste, Bitte? Le redbaron par l'odeur alléché... Pour en revenir au sujet, je suis par hasard, si, par hasard, tombé sans me faire mal pour une fois sur la fin des infos de "votre télévision", parce que "ce n'est pas la mienne", et là hop, il faisait de la pub, si, pour le livre électronique, enfin sur palm et téléphone portable et ordi, mais avec de la B.D... Ben, c'est la même chose, un éditeur, qui peine à faire reéditer ses albums aux U.S, déjà traduit en anglais à cette vue, se réjouit d'avoir des clients en ligne, etc., toujours le commerce dabord! M'énerves! S'il s'agit de protéger les arbres contre des productions intempestives et pléthoriques, c'est un moyen, je suis d'accord. Mais tous ces gens se bercent d'illusion... Là comme pour l'édition papier, les flux de consommation (ô combien joli terme!)seront guidés... par les mêmes, avec les mêmes mots-clés, les mêmes slogans! Seuls les curieux trouveront des perles, et les auteurs inconnus, le resteront, et seront toujours aussi matériellement em.empêchés! On n'arrete pas le progrès en ligne avec hameçon (oups, moins une et hop, j'oubliais la cédille,Teufel, ou la sébille).
Tiens, en parlant de sébille, An-artiste, mais oui machin, au début de l'informatique connectée s'était déjà dit, en bon vieux artiste-livreur de journaux, que l'abonnement en ligne... juste inventer un mini-ordi, pour lire les infos dans le bus... Il a toujours une longueur d'avance, tiens, ceux qui vendent les B.D en ligne, là, (env.6fr. le dernier Lucky Luke), éh bien, ils font ce que lui même avait pensé faire en mettant les siennes en ligne gratos lapastos,c'est à dire la page complète, et genre map (images à zone cliquable), on agrandissait toutes les cases... voyez le boulot? Mais bon, An-artiste n'est pas le sujet! Bien qu'il ait pensé depuis longtemps que le cancer était une tentative de mutation du corps pour son adaptation pérpétuelle, une recherche de création d'organes*, que les asthmatiques étaient souvent fumeurs, et pas les fumeurs asthmatiques (simple mais paradoxale sensation physique anti-étouffement) tout le monde ricanait et le zieutait comme un cinglé, sauf moi! Mais An-artiste n'est pas le sujet!
Donc, Mère, bien àvous, et pour le titre, "on" compte sur vous, merci d'avsance.
Philippe Souaille, bonsoir aussi, et de même à tous les autres pélerins des blogs
*Ayons une pensée émue pour tous les pythécantropes, leurs souffrances, et pour le chaînon manquant, et toutes ces victimes de mutations qui firent l'homme...

Écrit par : redbaron | 28/04/2009

@redbaron Concerne les deux histoires de SF mentionnées plus haut: retrouvé la deuxième dans "The Velt" in "The Illustrated Man" de Ray Bradbury; quant à la première, rien pour l'instant. Mais comme j'ai presque fini de relire la soixantaine de romans policiers de Rex Stout consacrés à Nero Wolf et son assistant Archie Goodwin, après avoir (rangé les bouquins d'une de mes bibliothèques, enfin presque), je pourrai bientôt de nouveau chercher ailleurs que dans ma mémoire années '50. Mais d'abord lire les exemplaires de New Scientist que j'ai négligés pendant mon excursion nostalgique. A bientôt donc.

Écrit par : Mère | 09/05/2009

Coucou Mère, vous me manquiez. Mais si c'était pour me tromper avec Rex Stout... Vous ^tes pardonnée!
Le tiroir "fifties" de votre mémoire me fait penser à cet excellent gag de Rollerlblade, dans lequel notre Palais des Nations genevois, a été transformé en ordinateur géant contenant toute la mémoire de l'humanité (qui du coup n'existe plus nulle part ailleurs), et qu'une fausse manip efface tout le XIIIème siècle d'un coup.
Bien à vous

Écrit par : Philippe Souaille | 10/05/2009

@Mère,Merci, mais donc en anglais, damned! Je lirais donc les recueils de nouvelles de Bradbury en français, ce ne sera de toute façon pas désagréable, et je finirais bien par tomber sur celles que vous avez citées...
Nachste aussi, et si le temps voulait bien s'arrêter un peu sans pour autant nous stopper... "Grant us one more hours to perform our art and perfect our lives" comme à écrit et récité un certain Morisson
Bien à vous

Écrit par : redbaron | 10/05/2009

@Philippe Souaille, dans le genre, non S.F, réel et gag involontaire, les allemands avaient déjà dans les années 70, informatisé... les archives de l'état, entreposé les BANDES * dans un abri anti-atomique, au cas où... Mais dans ce cas, les humains restants, s'il en resta, qu'aurait-il pu faire de ça, et produire l'électricité? etc., chaque argument de situation post-nucléairisation augmente le gag...
Une autre, une B.D de Corben encore un américain, je n'y peux rien...
Des scientifiques envoient un baroudeur avec une machine à remonter le temps, jusqu'à l'époque du "chainon manquant", en contact radio et voyants l'opération en direct par vidéo... l'explorateur et son fusil avancent dans une jungle jurassique... les feuillages bougent, il aperçoit une ombre... et malgré les imprécations des savants, TIRE! Sur le premier homme... Et dans une spirale épouvantée, le chasseur, les scientifiques, l'humanité et son histoire s'effacent jusqu'à la case blanche... ... Teufel! FYV! AHahahahah!
Nächste et bon séjour dans les amériques... du sud, si j'ai bien tout suivi.

*!!! qui utilise encore une disquette jetzt? du coté quoi "riche" avancé" de la planète...

Écrit par : redbaron | 10/05/2009

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