29/04/2009

Lamy sans doute réélu à la tête de l'OMC

Le socialiste français Pascal Lamy sera sans doute reconduit ce jeudi pour quatre ans à la tête de l'OMC par le Conseil Général, qui regroupe les 153 pays membres. Il aurait du être réélu déjà mercredi, puisqu'il n'y avait finalement pas d'autre candidat, mais de nombreux pays ont profité de l'occasion pour dresser le bilan et surtout faire le point des perspectives pour les quatre années à venir.

Un moment de démocratie bienvenu pour l'Organisation Mondiale du Commerce qui démontre ainsi davantage sa transparence. Le problème c'est que comme les trains qui arrivent à l'heure, ce genre d'exercice naturel n'excite guère la curiosité des médias. Les questions posées par les différents ambassadeurs étaient pourtant pointues.

Où en est-on du round de Doha, bien sûr, mais aussi comment la crise impacte-t-elle le commerce mondial et quels sont les risques d'un retours du protectionnisme ? En quoi le G20 a-t-il sauvé les meubles? Moins habituel: Que se passera-t-il si les Gouvernements prennent à Copenhague, pour faire face au réchauffement climatique, des mesures qui pourraient être contraires au libre échange ou aux régles du commerce mondial ?.

A toutes ces questions Pascal Lamy a répondu franchement, sans pour autant jouer au devin. Il n'est que médiateur, pas magicien. Il a souvent présenté les différentes hypothèses envisageables. Très souvent la réponse, ou une partie d'entre elle, est détenue par le Conseil Général lui-même qui doit accepter, à l'unanimité, ou refuser toute nouvelle mesure. Ce qui fait que chaque pays a son mot à dire, ce dont ils ne se sont pas privés toute la journée de mercredi.

Joyeux anniversaire à Taxi Scooter

Taxiscooter (www.taxiscoot.ch ou 022 800 11 11 ) fête ce 1er mai son premier anniversaire. Un moyen de transport à la demande rapide, sûr et économique. De plus peu polluant, avec un moteur 4 temps comme celui des voitures, mais plus petit.

Il faut savoir que tout ce que l'on dit sur les moteurs de scooter très polluants n'est vrai que pour les 2 temps, de plus en plus rares et d'ailleurs bientôt interdits par la législation européenne.

Si les transports en commun sont souvent bien pratiques, ils peuvent être un peu lents ou mal adaptés à l'utilisation par des gens accumulant les rendez-vous par exemple, ou ayant une urgence.

C'est là que taxiscoot intervient. A noter que des taxis scooters ont déjà existé à Genève, en 1982, à l'initiative d'un jeune punk. Seulement, les autorités et les compagnies de taxi automobiles lui avaient fait la guerre et il avait rapidement rendu les plaques. A Paris également, en ce moment, les scooters taxis font florès et sont combattus pour l'instant par la police, mais il semble qu'un texte de loi visant à les encadrer et donc les légaliser soit en préparation.

A Genève, avant de se lancer, la compagnie avait réussi à obtenir l'assentiment timide des autorités.

Excellent anniversaire donc et cettetaxiscoot 82-20001.JPG photo en cadeau

24/04/2009

Livre électronique : l'adieu au papier ?

 

Mercredi soir s'est tenu au Salon du Livre un débat d'actualité fondamental et de haute tenue, devant un parterre... quasiment désert. Il concernait l'avenir du livre électronique et l'on retrouvait sur la Tribune le patron de l'Office fédéral de la Culture (lui-même docteur en informatique), le responsable de l'édition de livres en ligne de Google pour la Francophonie, des profs de l'EPFL et de l'UNI, un éditeur, bref, des responsables aux manettes, le tout piloté par le réd en chef adjoint de la Tribune, Denis Etienne.

Le consensus fut assez rapide et large sur le fait que ce n'est vraisemblablement qu'une question de temps avant que le livre électronique prenne une place prépondérante. A mon avis il risque même de confiner peu à peu le livre papier à la portion congrue. 2 ans, 5 ans... Les debatters n'ont pas posé de date, mais on peut prendre les paris, pour savoir s'il y aura encore du papier au Salon du livre de 2020... Ce qui évidemment, remet en cause tout le fonctionnement actuel du système, à commencer par les libraires, qui un peu comme les agences de voyage, vont sans doute devoir repenser leur modèle d'affaires dans les années à venir.

Le fait que le public ait été absent au débat, en dépit de l'importance du sujet, souligne le seul aspect vraiment important qui n'ait été abordé qu'en filigrane: la renommée, la promotion et la visibilité. En l'occurrence, le débat se tenait dans une salle annexe, et n'avait pas été annoncé! C'est la même chose pour le livre qu'il soit de papier ou électronique: le premier facteur de succès, c'est la publicité, au sens large. Le fait qu'un auteur soit connu, ou qu'on parle de son oeuvre, bref, qu'il se crée du mouvement autour de sa personne et de ses bouquins. Même si un surcroit de visibilité peut agacer parfois.

La visibilité doit être la rencontre entre un talent et des facteurs de popularité. La popularité seule peut faire illusion quelques temps, mais jamais vraiment longtemps. Le talent seul, quant à lui, n'est absolument pas une garantie d'être repéré, même s'il colle à l'air du temps, sans le coup de pouce du destin qui va vous apporter la popularité. Parce qu'il y a un moment où il faut que les gens achètent vos oeuvres et qu'ils ne le feront – en quantités significatives - que si, en masse, ils vous connaissent et reconnaissent votre oeuvre. Le bouche à oreille est certes une réalité, mais qui aboutit souvent au succès d'artistes déjà morts, parfois même de vieillesse.

L'avantage d'Internet – et donc du livre électronique sur le papier - c'est qu'il y existe des moyens de publicité meilleur marché que dans le monde classique. Notamment la diffusion gratuite, auxquelles les ados – par définition fauchés – sont très attachés. Les mangas gratos font un tabac. Seulement, il faut bien que l'oeuvre soit financée par ailleurs. A moins de la larder de publicité, ce qui est la solution retenue par Google en l'occurrence... Sauf pour les oeuvres du patrimoine commun, suffisamment anciennes pour être libres de droit, qui sont disponibles sans publicité.

Le fonds de littérature classique ainsi constitué sert de produit d'appel aux oeuvres modernes, qui elles sont parées de publicité pour pouvoir rétribuer les auteurs... et payer les actionnaires de Google. Un business model gonflé et ambitieux qui nécessite évidemment d'avoir les reins extrêmement solides.

Jean-Frédéric Jauslin, le patron de l'Office fédéral de la Culture, qui vient d'obtenir des Chambres fédérales un important crédit de financement de la numérisation de la BNS, l'a bien souligné. La numérisation coûte extrêmement cher. A la réalisation et ensuite à la conservation. Entre 10 et 100 fois plus qu'une conservation papier classique. C'est énorme. L'avantage en revanche, c'est bien évidemment la disponibilité des oeuvres, qui est plus que décuplée ou centuplée: A la limite, plusieurs centaines de milliers de personnes peuvent grâce à elle consulter en même temps une oeuvre archivée.

Les Gros Cons, par exemple, oeuvre impérissable et néanmoins genevoise de mon ami Jean-Alexandre Blanchet a ainsi été vue sur Youtube 4 millions de fois ! Ce qui lui assure une renommée évidente pour ses prochains projets. Comme la chose avait été payée à l'époque par ses ventes en télévision, c'est tout bénéfice. Les centaines de milliers d'ouvrage de la Bibliothèque Nationale Suisse sont évidemment très loin d'avoir le même potentiel grand public. La question du financement de la numérisation se pose avec acuité car on parle en milliards de Francs. Et les Chambres fédérales ne sont de loin pas un puit d'argent sans fond...

Faut-il faire payer la consultation, mais comment ? Cela ne peut pas être une grosse somme et les petits paiements restent un problème sur Internet. Sans compter que les étudiants, consommateurs numéro Un de savoir, sont fauchés. La publicité ou le sponsoring pourraient être une piste, mais cela serait tellement iconoclaste que M. Jauslin ne l'a même pas évoqué... La gratuité complète, qui est la règle actuellement, ne semble pas réaliste en regard des sommes en jeu et du fait que la crise s'annonce aussi sévère que les prévisions les plus pessimistes le pronostiquaient.

Reste donc à creuser des pistes nouvelles.

23/04/2009

Bouquins, marketing et petites lignes

 

Le copiage, le piratage, la préservation des droits d'auteurs, la richesse insolente de certains et la galère déprimante de la plupart des autres, tout cela se retrouve en concentré lorsqu'on crée un site de diffusions d'oeuvres en ligne. Encore faut-il y ajouter une certaine mesquinerie de l'âme humaine qui a tendance à considérer que puisque les artistes de toute manière, s'en mettent plein les fouilles et que pas vu pas pris...

A quoi s'ajoute, pour les écrivains tout au moins, l'existence des blogs, qui non seulement donnent la parole à tout le monde, mais l'offrent aux lecteurs gratuitement. Du coup n'importe qui peut s'imaginer écrivain lorsqu'il n'est parfois qu'à peine écrivant. C'est en revanche un formidable portevoix. Marketing et globalisation aidant, les chiffres s'envolent pour quelques rarissimes gros succès, tandis que la classe moyenne des auteurs méritants se paupérise et végète. Le marché du livre est devenu un marché du star système, comme la variété musicale: une poignée de millionnaires et des cohortes de petits jeunes affamés qui rêvent de piquer le fauteuil des millionnaires.

Cela n'a pas toujours été comme ça. Il y a encore 10 ans, un essai socio-politique correctement écrit faisait en moyenne 10 000 ventes en France. Aujourd'hui il en fait à peine 300. Parce que les gens désormais lisent en ligne et en plus commentent, donc participent. Ces chiffres m'ont été communiqués par le directeur marketing d'une grosse chaîne de librairies. Apparemment pour me consoler d'avoir atteint ce chiffre déprimant sur la seule Suisse Romande avec la première version de l'Utopie Urgente (Slatkine éd.).

Le problème, c'est qu'écrire, faire un minimum de recherches, se relire, réécrire parfois six ou sept fois (ce que personne ne fait pour un blog) tout cela prend du temps. Et que si l'on veut des écrivains vivant, il faut bien qu'ils mangent. A 3 francs par ouvrage (10% du prix de vente en moyenne), un ouvrage vendu à 10 000 exemplaires ne permet pas de faire fortune. Il ne paie même pas très correctement le temps généralement mis à l'écrire, en principe plusieurs mois. Mais au moins, il paie. A 300 exemplaires, cela paie à peine les frais d'impression des manuscrits et d'envoi aux éditeurs...

Je ne crois pas non plus qu'il soit juste d'être pris en charge par le système sous l'unique prétexte que l'on a envie d'être artiste. Il faut tout de même avoir de la technique, de l'inspiration, un bagage et des choses, des histoires ou des sentations, à dire, à écrire ou à dessiner. Ou à mettre en musique... Ou des formes à modeler. Bref avoir du talent.

Depuis son ouverture, hier soir à 18h30, le site www.utopieurgente.org a déjà reçu quelques centaines de visites. Merci à vous, entre autres. Cela prouve que je sais au moins faire mon autre métier de communiquant. Mais jouons cartes sur table: pour l'heure aucun achat. Il est vrai que remplir un formulaire paypal pour acheter 6 francs un livre en pdf, que l'on peut lire gratuitement en restant en ligne (ou en le copiant en html, il existe évidemment des moyens d'y parvenir) ce n'est pas très engageant. Mais c'est la formule la plus économique.

J'entends déjà les persiffleurs sussurer : il n'y a pas assez de talent pour qu'on l'achète. FAUX, je le sais et l'écris sans aucun complexe. Je ne suis pas le génie du siècle en littérature, et l'Utopie Urgente développe des thèmes assez ardus (mais oh combien d'actualité), mais j'écris au moins aussi bien que la moyenne des livres qui se vendent. Et L'Anti Prophétie est drôle et captivante. J'ai tout de même quelques avis extérieurs sur la question.

Donc les gens (c'est à vous que je parle) sont pingres, ou flemmards, ou les deux. Il ne s'agit pas ici de faire la manche, mais d'offrir une prestation et d'attendre un paiement en retours. Evidemment, si généralement cela se passe dans l'autre sens depuis l'invention de la monnaie, c'est qu'il doit y avoir une raison: on paie d'abord et on profite ensuite... C'est plus sûr. Pour le vendeur !

En même temps, un artiste que l'on pourrait qualifier d'incompris et que je trouve personnellement bourré de talent, qui souhaite ici rester anonyme, a été voir le site et m'a envoyé, cadeau, quelques idées de logo sur lesquelles il a bossé cette nuit ! De la même manière, Michael Lew, le jeune informaticien développeur du site me l'a offert car il est passionné de philosophie et de cinéma. Je vais d'ailleurs l'aider à produire son premier documentaire, qui parlera... d'informatiquel. C'est sans doute ce que mon copain Charly Schwarz appelle l'économie solidaire...

Malheureusement, la solidarité ne paie ni les épinards, ni le beurre. Nous allons donc maintenir la formule actuelle quelques jours encore, pour mener l'expérience à son terme. Et sans doute ensuite allons-nous réduire la consultation libre à quelques pages à la fois. Juste pour se faire une idée, aiguiser l'appétit avant l'achat. Comme tout le monde.

22/04/2009

L'Utopie urgente est en ligne

 

YOUPIE , cette fois le site wwwutopieurgente.org est en ligne. Vous pourrez y lire (gratuitement - en tout cas au début) et y télécharger(contre une somme modique)

la version 2009 de

l'Utopie Urgente, traité sarcastique de savoir-vivre sans nations

et aussi mon dernier livre

l'Anti Prophétie, traité sarcastique de savoir-vivre sans dogmes

Le premer parle de politique, d'écologie de crise économique et de gouvernement mondial

Le deuxième de religion, des croyances et des conflits qu'elles engendrent, mais aussi des bons côtés de la foi, lorsqu'elle conduit à s'aimer soi en respectant son prochain, avec un petit tour du côté des médecines parrallèles en Suisse et dans le monde.

Le site n'est pas terminé. L'aspect graphique n'est pas définitif et surtout les forums de débat ne sont pas encore opérationnels. Mais l'essentiel y est.

Selon un sondage réalisé par l'ONU en 2006, 2/3 des habitants de cette planète souhaiteraient un gouvernement mondial, aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres. Aujourd'hui, la crise aidant  :-(  c'est possible. Pour y parvenir, il faut juste que les opinions publiques se réveillent et y croient.

Le site de l'Utopie urgente est un petit caillou sur ce long chemin. Mais si vous êtes suffisamment nombreux à aller y voir et surtout à transmettre l'information, l'effet boule de neige peut devenir une avalanche, susciter d'autres actions du même ordre ou différentes, traduire le concept dans d'autres langues, bref, devenir, en connexion avec d'autres, un mouvement mondial, des gens, des peuples qui simplement aspirent à un but commun: organiser la paix et la justice sur cette planète, ainsi que sa durabilité, tout en tenant compte des réalités de l'économie et des comportements humains.

 

21/04/2009

Livre : du passé de papier au futur électronique

Il y a du paradoxe et de la provocation à mettre en ligne sur Internet un livre électronique le jour de l'inauguration du Salon du livre de papier. J'assume. Électronique ou de papier, le livre n'est rien sans lecteurs et pas de lecteur sans publicité. Or le paradoxe et la provocation font bon ménage avec la publicité. Et j'ai besoin que mes livres soient lus. Parce que je les ai écrits pour cela.

Pour ce qui est de trouver ses lecteurs, l'édition papier est même particulièrement rude et concurrentielle, à cent lieues de ce dont on pourrait rêver pour une industrie culturelle, car les livres se succèdent à un rythme éffrené en librairie. Du coup, ils n'y restent que trois mois pendant lesquels, dans 99% des cas, ils feront 99% de leur carrière commerciale. Dans cette jungle assoiffée de sang, il ne reste aucune place pour l'ouvrage inconnu qui, lentement mais sûrement, tenterait de faire son chemin vers la lumière.

Internet, de ce point de vue est nettement moins âpre, car la majorité de ses succès sont basés sur un effet pyramidal, une boule de neige qui peut gonfler jusqu'à devenir bonhomme, puis avalanche. Un rêve, bien sûr, mais un rêve accessible aux petits, aux obscurs et aux indépendants.

Dans le monde du « vrai » livre, si vous n'êtes pas l'heureux élu d'une grande maison qui va mettre le paquet (d'euro) sur votre promotion, vous êtes cuit d'avance. Sur Internet, vous avez une chance, si vous parvenez à susciter un « buzz ». C'est ce que nous allons tenter de faire, et réussir si vous voulez bien jouer avec nous.

Vous êtes, d'un mois sur l'autre, en fonction de l'actualité, entre 2 et 5000 visiteurs différents sur ce blog, apparement intéressé à lire mes écrits. Beaucoup d'entre vous sont des habitués qui reviennent plusieurs fois dans le mois. Venez donc me lire aussi, dès demain, sur www.utopieurgente.org,

Vous ne serez pas déçu. L'intégralité des deux premiers livres, l'Utopie Urgente (traité sarcastique d'un monde sans nation) et l'Anti Prophétie (traité sarcastique d'un univers sans dogme) y est consultable en ligne et si vous aimez ce blog, qui est aux livres ce qu'une esquisse est à une fresque murale, vous aimerez les bouquins... A dégûster par petites touches.

Vous pourrez aussi télécharger les deux premiers livres, pour les lire tranquillement en pdf sur votre ordinateur ou sur votre ebook, si vous avez la chance d'en posséder un. Vous pouvez même télécharger en réserve pour le jour où vous aurez votre ebook, car pour le lancement, le prix de vente sera vraiment très bas : une surprise vous attend.

20/04/2009

Moutinot, une sortie en beauté

Laurent Moutinot ne laissera pas le souvenir d'un champion du dynamisme, mais au moins aura-t-il réussi sa sortie. Il y a de la grandeur, parfois à jouer les fusibles, surtout lorsqu'on sait qu'on a toutes les chances de devenir le bouc émissaire de la République.

En l'occurrence, il y avait un boulot déplaisant à faire, mais qu'il fallait faire, à savoir accueillir un personnage peu reccomandable, mais néanmoins chef d'un Etat important de la planète, dans le cadre d'une conférence internationale qui est au coeur de ce que doit être l'Esprit de Genève: la promotion de la conciliation et du dialogue, dans le but de parvenir à davantage d'équité et de paix sur cette planète.

Sachant sa carrière politique dérrière lui, puisqu'il ne se représente pas, le Conseiller d'Etat Socialiste s'est porté volontaire, dans un bel élan de collégialité. Qu'il en soit ici remercié. Chapeau aussi à M. Merz qui lui aussi sait faire passer l'intérêt général avant son intérêt personnel. Et l'intérêt général commande de converser avec les chefs d'Etat souverains de passage, sauf à leur déclarer la guerre, ce qui n'est heureusement pas à l'ordre du jour.

Il n'y a de plus aucune raison que notre politique extérieure soit dictée d'une autre capitale que la nôtre, qu'elle quelle soit.

Je n'allongerai pas davantage cette note, pris par le rush des dernières relectures et des réglages: je voudrais mettre en ligne mes deux livres, L'Utopie Urgente (dans une version post-éclatement de la crise) et l'Anti-prophétie, pour l'ouverture du Salon du Livre.

Le pemier rappelle l'urgence d'une gouvernance mondiale pour venir à bout des problèmes que posent la politique, l'économie et l'écologie.

Le second interroge les phémonènes de croyance, le réconfort qu'ils apportent et les dégats qu'ils font. Des thérapies alternatives traditionnelles ou new age au conflit du Moyen Orient, en passant par ma vision de l'histoire des religions.

Le tout sur utopieurgente.org très prochainement

 

18/04/2009

Suisse: tout fout le camp...

 

Suisse : tout fout le camp

Ainsi donc, si l'on est riche et connu à Genève, on n'a plus droit aux mêmes protections de sa sphère privée que le simple citoyen. Depuis plus de 30 ans que je suis journaliste à Genève, c'est bien la première fois que je vois le nom du responsable d'un accident de la route – qui plus est sans victime – publié dans la presse locale. Qu'il soit Pilote de F1 ne change rien à l'affaire. J'ose espèrer que sa couleur n'y est pour rien, et de fait c'est bien davantage le populisme ambiant de plus en plus agressif qui est coupable, propagé par certains journaux suicidaires.

Ce populisme est certes nourri des excès matuvus des trop riches, et des combinaziones bananières de la République, gauche et droite confondues, mais il nous conduit à la ruine. L'un des avantages que les riches étrangers trouvaient ici et pas ailleurs, c'est la discrétion. Si celle-ci fout le camp, adieu veaux, vaches, cochons et poules aux oeufs d'or. Vous me direz qu'il n'est pas très utile de voir des riches nous payer des impôts si c'est pour nous foncer dessus dans la rue, mais... Il n'y a pas eu de blessés, et un accrochage, cela peut arriver à tout le monde.

C'est la même chose pour le secret bancaire. Je suis depuis toujours et l'ai toujours dit, contre cette partie du secret bancaire qui permet aux riches de payer moins d'impôt. La droite et le centre-droit doivent comprendre qu'ils mènent un combat d'arrière-garde et qu'ils mentent au citoyen en lui faisant miroiter une quelconque possibilité de faire cavalier seul. Sauf à tout perdre: l'économie réelle et l'économie financière, car nos exportations ne peuvent se permettre l'isolement, tandis qu'une place financière isolée, dans le monde contemporain, n'aurait plus aucune valeur.

Seulement, ce que la gauche doit comprendre, c'est qu'il ne servirait à rien de faire cavalier seul en supprimant unilatéralement nos avantages. Tant qu'il n'y aura pas de véritable accord mondial, cela ne servirait qu'à faire fuir les riches et leurs dépôts. Les riches qui habitent ici, dans le canton et plus généralement en Suisse, et les dépôts des riches du monde entier (y compris des moyennements riches voisins européens) qui dorment dans nos coffres.

Par un tas de phénomènes économiques complexes, l'argent de tout ce petit monde est largement responsable de notre prospérité. Il paie une partie considérable des dépenses de l'Etat, et couvre à lui seul l'entier du filet social genevois. Qui se trouve être le plus généreux du monde, en dehors de quelques ilôts pétroliers, où la population touche un salaire à ne rien faire... Pensons-y avant de montrer l'exemple et nous montrer plus moralistes que des anglo-saxons dont les trusts sont des paradis fiscaux ambulants...

 

 

16/04/2009

Secret bancaire et retournement de veste

J'ai été très surpris par un article du Temps ce matin. Je ne parle pas de celui sur la manif du 23, très bien fait et qui résume parfaitement la situation, tout en révélant un scoop, à savoir que Kadhafi, n'a pour l'heure pas annoncé sa venue. Or ce genre de chose, d'un point de vue sécuritaire, se prépare en principe longtemps à l'avance.

L'article qui a retenu l'attention de l'ego hyperproportionné que l'on m'attribue volontiers (et que JE MOI, en personne, j'essaie de contrôler, promis) parle de secret bancaire et nie carrément mon existence. Myret Zaki, journaliste émérite, y critique vertement le monde politico-journalistique qui aurait retourné sa veste sur le secret bancaire depuis que l'UBS a perdu de sa superbe.  Ceci sans exception aucune.

Or il y en a une d'exception, c'est ma petite personne, certes humble vermisseau de monde politico-journalistique romand, mais tout de même auteur d'un bouquin sur la question paru en 2007 (l'Utopie Urgente, chez Slatkine) et en tant que rédacteur en chef du Genevois à l'époque (organe du parti radical), signataire de plusieurs billets, notamment sur le site de la Radio Romande, Monélection.ch  au moment des attaques de Montebourg contre la Suisse.

Ma position était déjà antérieure et depuis n'a pas varié. Une position simple : la distinction soustraction/évasion n'est pas moralement tenable et la soi-disant concurrence fiscale néo-libérale n'est que le pillage des pays sources. Désolé Philippe (Nantermod) de, pour une fois, n'être pas d'accord avec toi.
Cela étant, et je l'ai toujours dit, il ne sert à rien de renoncer à ces pratiques si c'est pour en faire profiter d'autres à notre place. Il faut donc parvenir à un accord mondial sur la question, et ne pas lâcher avant. C'est même l'un des arguments clefs de mon livre en faveur d'une gouvernance mondiale. Une position logique, qui rejoint celle de Miret Zaki comme des personnes qui réfléchissent avec leur tête, dont certains banquiers privés de ma connaissance, mais dont je peux amplement prouver l'antériorité. Mon petit ego surdimensionné apprécierait que l'on rende à Jules ce qui lui appartient.

Surtout que si Myret n'a pas penché ses yeux sur mon bouquin (gag), son directeur, mon bien-aimé ami Jean-Jacques Roth, lui l'a lu deux fois. Et a choisi de n'en pas parler. Salopard. Parce qu'il était d'accord avec le fond, mais qu'il n'aimait pas la forme. Ce qui était son droit le plus strict, mais j'aurais préféré qu'il l'écrive... Bon, tu es pardonné Jean-Jacques.

15/04/2009

PIQUE-NIQUE POUR TRIPOLI

 

Le 23 avril, dès 12h,  sur la Place des Nations, un rassemblement réclamera la libération des otages de Tripoli. Le trio de blogueurs qui, tous les jours depuis des mois, font en sorte que les deux gars ne soient pas oubliés, se nomment Stéphane Valente, Per Amann et John Goetelen. Ils m'ont gentiment proposé de m'y associer, il y a une dizaine de jours, ce que j'ai accepté volontiers, toutefois en franc-tireur.

Je propose personnellement de venir sans les couleurs natonales, et même plutôt avec le bleu clair de l'ONU, ou toutes les couleurs de l'arc-en ciel, car il me semble que ce combat, doit être celui de la planète entière, de tous les humains qui se sentent concernés par l'injustice et l'arbitraire. Or quoi de plus injuste et d'arbitraire que de retenir deux gars, sans autre raison que celle non pas d'un Etat, mais d'une famille.

Nul besoin ici de dresser le portrait de là-dite famille. Ses membres les plus éminents s'en chargent bien eux-mêmes. Vous me direz par contre qu'il y a des cas bien pires, dans le vaste monde que d'être retenus en otage dans les salons cossus d'une ambassade. C'est vrai. Je pense par exemple à ce jeune bahaïe iranien – cousin par alliance de notre astronaute national Nicollier - qui se morfond dans les geôles iraniennes. Mais leur cas est particulièrement exemplaire, car ils n'ont strictement rien à voir avec l'affaire qui leur vaut leur enfermement, hormis la couleur de leur passeport.

J'invite donc nos amis internationaux, de l'ONU, de l'OMC, du HCR, de l'UIT, de l'OMPI, du CICR et même des Ambassades, tous voisins et voisines, à venir manger un sandwich sur la place des Nations, transformée pour l'occasion en aire de pique-nique. Par leur présence, ils marqueront leur attachement à cette ville, au moment où les Genevois vont probablement voter pour leur dire qu'ils les aiment. L'enlèvement, cela peut leur arriver aussi, et même de plus en plus souvent, lors d'une de leurs missions dans l'un ou l'autre pays agité de la planète. Ils seront sans doute bien content alors de savoir qu'à Genève, on ne les oublie pas.

Cela n'a, à mon avis, rien à voir avec Durban et moins encore avec l'UDC dont le Président Genevois a mis les pieds dans le plat hier en tentant de tirer à son mouvement une couverture qui ne lui appartient pas.

Ceux qui le désirent trouveront  ici un panneau pour une affiche A4 à placarder sur le mur d'information de leur organisation.

13/04/2009

Religion, spécialisation et consternation

On pourrait penser que M. Emerhach, dont je ne partage pas le point de vue politique sioniste (beaucoup trop partisan à mes yeux), aurait une approche plus neutre et objective dans ce qui touche au coeur de sa spécialité de professeur d'université, à savoir l'étude de la foi. Or il n'en est rien. Ce qui à mon avis démontre une fois encore mon hypothèse de base, à savoir que d'être trop inscrit dans une spécialisation vous met des oeillères. Et qu'est-ce que la religion, en dehors d'une forme spécialisée, codifiée, d'approche du divin ou de la spiritualité ?

Durant ce week-end de Pâques j'ai tenté de le démontrer, en polémiquant avec un commentateur de l'oeuvre de Teilhard de Chardin et parrallèlement avec un musulman lecteur de M. Hani Ramadan. Manquait la première des trois grandes, la tradition juive. La voici. Hier, dans un long texte très universitaire, c'est à dire foisonnant de détails même pas drôles, au lieu d'aller à l'essentiel, l'auteur résume un ouvrage récent sur l'histoire des chrétiens pré-islamiques.

On sait que l'Islam des premiers âges s'est construit non seulement sur le paganisme arabe, mais aussi en agglomérant (par le verbe et/ou par le sabre) des tribus juives et chrétiennes et aussi judéo-chrétiennes (tout un courant de pensée tentant à l'époque de lier les deux). Les choses au Moyen-Orient étant ce qu'elles sont, toute étude sur la région, même historique, est à prendre avec des pincettes tant les enjeux idéologiques peuvent conduire à des dérapages méthodologiques. Je n'entrerai pas en matière sur le fond du livre, mais uniquement sur deux phrases de M. Emerhach.

Celui-ci assassine en quelques mots, une théorie qui m'est chère, en commettant une erreur monumentale.

Je cite : « les spécialistes qui se sont penchés sur l’origine de l’islam ont, pour certains, voulu y voir une hérésie chrétienne, ce qui est peu vraisemblable car l’innovation du Coran consiste justement à dénoncer le dogme de la divinité trine et à nier que Dieu ait jamais engendré ni été lui-même engendré (la yalid wa-la yulad). En fait, l’islam a pu connaître, en son temps, un groupement religieux, presque entièrement disparu, mais qui était jadis en pleine force, le judéo-christianisme : c’est à ce sujet que le présent ouvrage est consacré.  C’est donc la recherche scrupuleuse, sans parti pris, qui se déroule sous (nos) yeux. »

Qu'en est-il en réalité ? Lorsque l'Islam part à la conquête du monde, en commençant par l'Empire Romain d'Orient, le nestorianisme est une variante du christianisme condamné par Rome et par Constantinople. Cependant bien qu'officiellement combattue par l'Empereur byzantin, elle est très fortement enracinée dans l'Empire Romain d'Orient. Nestorius avait été l'archevêque de Constantinople avant d'être contraint à l'exil et dans tout une partie de l'Empire, le nestorianisme est majoritaire au sein de la population, qui vit très mal les persécutions. Dans le monde oriental non romain, en Perse notamment, le nestorianisme est carrément au pouvoir et il a essaimé partout dans les marches de l'Empire, notamment dans la Péninsule arabique.

Or la spécificité du nestorianisme, c'est précisément de nier la trinité et de n'adorer qu'un seul dieu. On voit bien là s'effondrer l'argument « définitif » de M. Emerhach. Le statut divin de Jésus-Christ n'est de ce fait pas très clair à l'époque: prophète ou fils de dieu? Les nestoriens d'alors parlent d'une double nature, humaine par la chair et divine par le verbe... ce qui n'est pas fondamentalement éloigné du statut du Prophète dans l'Islam: un homme élu, unique et révéré, à nul autre pareil, par la bouche duquel la parole divine s'exprime. Le concept sera amendé comme on imagine lorsque les survivants orientaux du nestorianisme seront récupérés par l'église de Rome.

L'important, c'est que lorsque les tribus arabes partent à la conquête de l'Empire d'Orient, elles trouvent des populations en révolte quasi ouverte contre Constantinople, qui croient à peu de choses près aux mêmes dogmes qu'elles. L'amalgame est vite fait et les conversions se déroulent par tribus et villages entiers. A noter encore que ce sont les patriarches nestoriens qui les premiers traduiront en arabe les textes des philosophes grecs anciens.

Ce qui est intéressant dans tout cela, c'est qu'on voit bien qu'aucune religion, soi-disant révélée, ne nait par génération spontanée. Toutes se nourrissent de ce qui précède. Le synchrétisme est la règle et l'islam n'y échappe pas, Mohammed empruntant des pans entiers de sa pensée aussi bien aux juifs qu'aux chrétiens, aux judéo-chrétiens... et surtout aux nestoriens !

 

08/04/2009

L'amour toujours (4) Dieu m'a dit...

 

Depuis quelques jours, un débat s'est instauré sur le blog islamiste de Hani Ramadan sur le thème de l'amour universel. Il existe un fond commun à presque toutes les religions, mais aussi à la pensée humaniste et au rationnalisme athée que l'on peut appeler la Morale et que l'on peut résumer à quelques trucs bien basiques comme « Tu ne tueras point » et « Aime ton prochain, ou à défaut de l'aimer, respecte-le ».

Il existe de même un grand mystère devant lequel personne n'a de réponse prouvée. Comme par exemple: « Qu'est-ce que cette énergie phénoménale qui fut capable d'exploser il y a 14 milliards d'années pour devenir un truc aussi géant que l'univers connu ? » Sans même parler de l'inconnu!

Ou encore « Pourquoi et comment passe-t'on à un moment donné, de l'assemblage de particules élémentaires composant des éléments inertes à un assemblage guère plus sophistiqué, mais vivant ? Puis à un assemblage vivant intelligent, conscient de lui-même et capable d'abstraction ? »

Chaque religion, de même que la science athée, tente d'apporter une réponse à ces questions. Qui lorsqu'il s'agit de réponse révélée, et donc théoriquement immuable, est comme par hasard fortement empreinte du savoir de l'époque où elle a été formulée. On est ainsi passé du stade où il y avait une divinité différente dans chaque chose, et dans chaque être vivant, y compris humain (le vaudou en apporte encore un témoignage) à une codification du nombre de dieux, restée figée à ce stade en Inde. Puis à l'émergence d'un dieu unique qui était au début celui de la tribu et de la tribu uniquement, opposable aux autres, avant qu'un fils de charpentier étende le concept à tous, en replongeant aux sources: dieu selon lui est omniprésent. Concept épuré encore, mais aussi extrêmement codifié, par un certain Mohammed et ses successeurs.

Résumer 50 000 ans d'histoire métaphysique en trois (longues) phrases est forcément extrêmement réducteur, mais dans mon livre l'anti-prophétie, très bientôt sur Internet, je détaille davantage.

Dans leur pensée, la plupart des prophètes et des grands initiés se rejoignent sur le constat de ce mystère auquel ils tentent ou non d'apporter une réponse. Les bouddhistes et les athées peuvent s'y retrouver également. C'est sur cette double base qu'il faut construire le monde de demain: l'amour universel et le constat d'un mystère.

Chacun ensuite est libre d'avancer ses hypothèses propres, tout en sachant qu'elles sont de nature à diviser plutôt qu'à rassembler. Dès lors qu'on entre davantage dans le détail, ou qu'on prétend imposer la suprématie de sa vision des choses, on quitte le terrain de l'amour pour entrer dans celui de la confrontation. Comme dans le blog de M. Ramadan où l'un de ses partisans, et pas le moins intellectuel, affirme que l'UN est amour et qu'il faut écouter l'UN qui lui, dit la vérité sur ce qui se passe au Moyen-Orient...

L'Un, s'il existe, ce dont personnellement je doute, ne peut pas être d'un côté ou de l'autre dans un conflit. Il est. Dans toute chose et dans chaque être, même dans le corps et l'esprit de Bibi Netanyahou. Et donc il ne prend pas parti. Prétendre se le mettre de son côté en se posant une kipa sur la tête ou en s'agenouillant 5 fois par jour, ce n'est ni plus ni moins que de la superstition. Qui a le droit d'exister, comme toute croyance. Mais comme toute liturgie elle a pour fonction de renforcer le sentiment d'appartenance à un groupe, pas de propager le sentiment de fusion dans l'amour universel.

07/04/2009

L'amour toujours (3) - premiers émois

Le premier émoi dont je me souvienne est le rapide bisou, sur les lèvres tout de même, qu'une jeune dévergondée de ma classe, dont j'étais épris m'asséna, sous les yeux de ma mère qui venait me chercher, en première année d'école primaire à Neuchâtel. Je n'aurais jamais osé rêver d'un tel geste dans mes rêves les plus fous, mais qu'elle le fasse sous les yeux de ma mère – qui ne s'en souvient même pas ! - lui ôta tout son charme. Gisèle, elle s'appelait Gisèle, perdit à cet instant et à jamais toute ses chances de me tenir un jour la main...

Ma fossette et ma blondeur devaient faire des ravages à l'époque, parce qu'il paraît qu'à l'école maternelle, je faisais faire mes devoirs par mes petites copines. Mais c'est du témoignage indirect, parce que moi j'ai effacé cette infâmie de ma mémoire.

Mon deuxième émoi et moi et moi (c'était à l'époque où il n'y avait que 700 millions de petits chinois, j'avais 8 ans), c'est une main baladeuse, la mienne, sur la poitrine (habillée) de la jeune fille au pair de 20 ans qui me gardait. Ce qui me valut mon unique claque manuelle de toute ma carrière de mâle alpha... ou bêta, c'est selon...

Des claques virtuelles, aussi appelées râteaux, je m'en suis pris davantage plus tard, nettement plus douloureuses pour mon ego sur le moment, bien que je ne souvienne plus du nom de toutes celles qui sont restées de marbre devant mon charme béarnais.

Ina Von Puttkammer en revanche, je me souviens de son nom, de sa main, de sa blondeur et de son corsage. De son corps sage, j'étais trop jeune, mais elle était forcément canon. Fille d'un amiral exécuté par Hitler à la fin de la guerre, elle était la petite fille du premier Gouverneur du Togo. J'aimerais beaucoup retrouver sa trace, mais apparemment, Internet a encore des limites, surtout qu'elle a largement eu le temps de prendre un nom d'épouse entretemps.

Le troisième émoi, c'était l'époque de Hey Joe. On se repassait en boucle le petit solo subtil de Hendrix sur un mange-disques Teppaz au Lycée de Pontarlier. C'était Mai 68, j'avais 13 ans et demi et Ti Lin 15.

Tous les mâles du lycée, y compris les surveillants, avaient la langue pendante et les yeux qui jaillissaient des orbites devant ce petit bijou vietnamien, débarquée de force de Paris précédée d'une réputation sulfureuse pour s'être fait virée de plusieurs établissements. Pourquoi s'est-elle entichée de moi, le plus jeune de la bande ? Mystère, je ne le saurais jamais. Mais dans une salle obscure, elle eût des mains baladeuses qui vinrent (très, trop rapidement) à bout de mes premières tensions post-pubères. Las, elle fut à nouveau renvoyée du lycée, peu de temps après.

Il y eut ensuite Jacqueline, qui m'offrait sa poitrine nue au soleil dans les champs. Rien de plus, mais c'était déjà pas mal, en écoutant la flûte de Ian Anderson de Jethro Tull... et moi qui soufflait comme une locomotive.

Et puis Irène, l'année du bac, avec qui nous tentâmes en vain et à tâtons de nous connaître bibliquement. Les cours d'éducation sexuelles étaient à l'époque dispensés par les curés (!) au catéchisme, dont j'étais... dispensé puisque j'étais athée! Ce qui me semblait un moyen quelque peu râcoleur d'essayer de rassembler les brebis égarées !

Il y a 36 ans (j'imagine qu'il en est de même pour les jeunes d'aujourd'hui?) les lieux propices à la pratique de la chose étaient rarissimes. Après cet essai râté, il fallu se contenter de quelques bécots jusqu'à la rentrée suivante, où nous nous retrouvèrent étudiants à Paris. Moi chez ma grand-mère et Irène chez une tante... d'où elle déménagea très vite pour la communauté dans laquelle vivait un chanteur du MIR, qui venait d'échapper à la police d'Allende au Chili. Impossible de régater avec un héros, artiste en plus, qui gagnait sa vie et qui vraissemblablement savait parfaitement tout ce qu'il faut savoir du corps des femmes.

Je glisserai pudiquement sur les années suivantes, faites de stupre et de débauche, juste assez pour me convaincre des bienfaits de la fidélité. Franchement, même avec la meilleure volonté du monde et sans véritables entraves du monde réel, l'amour libre, ça ne marche pas. Le don de soi, à l'autre et réciproquement, c'est autre chose qu'un simple échange de liquides divers.

Lorsque l'amour est là, le vrai, on le reconnaît, c'est clair. L'envie d'être tout entier avec l'autre, pour l'autre, en l'autre. Cela se vit dans le présent. Ce que je ne sais pas encore, c'est comment faire lorsque les années passent pour, de par et d'autre, entretenir la flamme. Certes la tendresse remplace la passion. Mais un couple, c'est aussi une histoire de corps enmmêlés. Et comment faire pour que l'enthousiasme ne s'affadisse pas devant la répétition ? Les couples qui durent ont forcémment un truc. Mais à voir la statistique des divorces, celui qui inventera le truc vraiment durable fera fortune. Des idées sur la question ?

06/04/2009

L'amour toujours... (2ème épisode)

J'avais une sorte d'à priori sur la quête de l'illumination et de la sérénité, considérant que le nirvana, quelque part, c'est l'immobilisme absolu, donc la mort (je résume, nous sommes dans un blog, mais j'ai écrit un chapitre de mon deuxième bouquin, l'Anti-Prophétie là-dessus). Or je m'aperçois que dans le cas de la dame qui occupe prioritairement mes pensées, cela débouche au contraire sur une exigence de qualité d'un niveau rarement rencontré. Niveau de qualité qui n'est pas un but innatteignable, mais qui est bel et bien atteint, à l'évidence par le travail sur soi, tant dans sa vie professionnelle que dans la quête artistique, y compris dans son entourage. Comment ne pas tomber amoureux d'une si belle personne ?

Cela me donne effectivement envie de me dépasser et de dépasser certaines attitudes désinvoltes que j'ai pu avoir par le passé, mêlant paresse et facilité, voire actes insufisamment réfléchis aux éclairs de lucidité et au travail acharné. Je ne suis pas parfait, ma Tine non plus, mais elle évolue à un niveau d'exigence qui m'impressionne. Et qui pour autant que j'en puisse juger n'est pas qu'une façade lisse. Notamment sur le plan de la beauté intérieure.

Le bémol, c'est que toute quête d'absolu débouche sur une forme de totalitarisme intellectuel.On peut facilement se retrouver prisonnier d'un système de pensée, surtout lorsqu'il fonctionne bien. Ma Tine n'y échappe pas en jugeant parfois un peu trop vite, un peu à l'emporte pièce. En même temps, il y a toujours un fond de vrai dans ses remarques, mais qui ne dépeint qu'imparfaitement toute la complexité d'une situation. Comment être aussi subtil qu'il le faudrait lorsqu'on est à ce point concentré sur son but ?

L'examen sous toutes les coutures des tenants et des aboutissements de chaque aspect d'une situation, le découpage de cheveux en quatre en d'autres termes, peut aussi conduire à l'immobilisme et au farniente. Je ne sais pas si je parviendrai à embrasser l'Univers, mais je sais que j'ai envie d'essayer. Depuis tout petit, même si une certaine forme de timidité ou de modestie, me retenait. Je ne veux pas le faire pour elle, mais pour moi. Tant mieux si cela me permet de la retrouver.

La forme de méditation que je pratique depuis mon enfance est personnelle et vernaculaire. Par la danse, et plus sûrement par l'écriture, notamment sur un scénario de fiction par exemple, cela confine à la transe. C'est en tout cas un état de conscience décalée, là où Martine prétend atteindre un niveau de conscience concentrée. Je ne veux pas être shamane à la place du shamane, je veux juste pouvoir dialoguer d'égal à égal et mon ego m'incite à tenter d'y parvenir à ma manière. Ce qui n'est pas la démarche la plus efficace lorsqu'il existe un savoir millénaire sur la question, bien documenté et assez clairement exposé.

D'un autre côté, mon expérience, mon vécu, mon savoir ne sont pas nuls et peuvent apporter un éclairage différent. La solution optimale, comme je le dis souvent, même si je l'oublie parfois quand je m'énerve, c'est la voie médiane entre les extrêmes, celle du consensus et du picorage de ce qu'il y a de mieux, où qu'on puisse le trouver. Je vais donc continuer à réfléchir à ma manière, tout en intégrant ce que je peux de l'expérience d'autrui, de celle de Martine en particulier. Nous verrons bien si nos droites parrallèles s'infléchissent un jour vers un point G commun. Après tout en physique quantique, tout n'est-il pas possible ?

J'aimerais aussi remercier ici Stéphane dont le commentaire d'hier comme celui de plusieurs autres m'a beaucoup touché. Les amours non consommées restent en nous comme des virtuels possibles et donc merveilleux. Certains autres, consommés, (pourquoi les mets-je au masculin?) sont plus prosaïques, mais pas moins merveilleux pour autant. Mes meilleurs souvenirs sont des preuves involontaires d'amour partagées, et celles-là, même si les fils se sont distendus, restent en moi pour toujours. A l'instant où elles ont existé, elles étaient vraies, elles étaient la vérité. Qui m'incite d'ailleurs à ôter une vacherie que j'avais glissé à l'intention d'une ancienne compagne dans le texte ci-dessus. Je préfère me souvenir du meilleur.

Un message enfin, non pas pour M. Hani Ramadan, que je considère comme un intégriste dangereux, mais pour mes amis musulmans et au-delà, pour les croyants de toutes obédiences. Je respecte la croyance lorsqu'elle unit et rassemble. Ce qui fut le message de la plupart des grands initiés qui vous ont offert vos croyances. Et après tout, même le mariage de Mohammed et d'Aïcha était conforme aux moeurs de l'époque. Il ne remet pas en cause pour moi l'entier de ce qu'a dit votre prophète. En revanche, il souligne combien ses propos, son attitude et son message sont tributaires de son époque et de sa culture, comme l'étaient avant lui, de leur époque et de leur culture, les messages révélés de tous les grands initiés. Qui n'étaient que des hommes sans doute plus sages et plus malins que d'autres. Or le monde évolue et les cultures sont diverses.

Je n'aime pas dans les religions et dans les idéologies, ce qui divise et sépare. Même si je reconnais qu'il faut parfois aller au combat, quand celui d'en face vous y contraint. Ce sont souvent les héritiers qui ont créé les religions, en utilisant le corpus (christi) lègué par le prophète disparu. Et les religions ont engendré la violence. Avec une mention spéciale pour l'Islam et le Judaïsme, nés tous deux marqués du sceau de la violence, lorsque c'est clairement un détournement du message originel dans le cas du christianisme.

Toutefois, dans chaque religion, parfois bien caché tout au fond, il y a un message de paix et d'amour universel. C'est celui là qu'il faut parvenir à retrouver, sur lequel nous pouvons tous nous retrouver, que nous soyons croyants ou pas. Car si l'agressivité est dans l'être humain animal, indispensable à sa survie dans la nature, qui n'est pas bonne, mais sauvage et sans pitié, la paix et l'amour sont dans l'esprit humain. Et c'est à mon sens notre destin commun que d'essayer d'en faire quelque chose de bien.

05/04/2009

L'amour toujours

 

J'aime une femme... qui m'aime bien, mais qui ne m'aime pas. Et qui en même temps me reproche de ne pas claironner mon amour sur mon blog. Voilà qui est fait. Sans doute trop tard. Elle s'appelle Martine. Et je l'aime, malgré tout.

Imaginez ma joie lorsqu'elle a publié sur mon blog un message d'amour il y a quelques semaines... et mon désespoir, lorsqu'il s'est avéré qu'il s'agissait d'un quiproquo dont elle n'était pas l'auteur. Tour cela en point d'orgue d'une séparation douloureuse d'avec celle que je prenais encore, l'année dernière, pour la femme de ma vie...

Ce genre d'histoire est au moins aussi vieille que Lucy. A 50 ans passés, on s'imagine être vacciné, avoir grandi, mais lorsque cela vous arrive, on est encore plus désemparé qu'à 20... Heureusement, les obligations professionnelles et familiales vous rappellent à la réalité d'un monde où aujourd'hui encore des jeunes pleins de vie vont périr noyés dans l'espoir d'une vie meilleure et des enfants vont pleurer le divorce (ou les altercations) de leurs parents. Ce qui relativise tout de même la blessure.

Dans le monde selon Martine (et quelques autres), la déconstruction de l'ego serait le passage obligé pour que naisse un monde meilleur... L'amour est-il donc un enfantillage ? La passion n'est-elle qu'un affolement des sens ? Néfaste la plupart du temps, lorsqu'elle n'est pas entièrement partagée, mais tellement plaisante autrement...

La méditation prétend dépasser tout cela, mais dans quel but ? Ne plus éprouver de passion ? Juste de l'amour, comme pour chaque chose ou chaque être, par et pour la grande soupe quantique qui compose le vivant comme l'inanimé, depuis 14 milliards d'années ?

Doit-on réellement chercher à dépasser les contradictions égotiques en embrassant l'Univers ? Suis-je en train de sombrer dans le mysticisme pour les grands yeux d'une spirituelle au corps d'albâtre souple? Oui je sais, l'albâtre n'est pas souple, mais puisque de toute manière, toute apparence physique n'est qu'illusion... Surtout à nos âges! :-) j'ai envie moi que l'albâtre soit souple. Et même légèrement bloblotant...

L'amour, la passion, tout cela ne sont que des mots. Il s'agit juste de la rencontre de deux êtres et d'une alchimie qui se fait, ou ne se fait pas. Parfois les peurs ressurgies des brulûres anciennes au plomb fondu empêchent l'alchimie de se faire et c'est bien dommage. Mais c'est la vie. Qui va et qui vient. Après tout, j'ai l'énorme chance d'avoir touché quelques fois la pierre philosophale. C'est clair que cela devient vite une drogue dure...Un Graal... Avec l'espoir immense et fou que la prochaine soit la bonne, la vraie, jusqu'à la fin de la vie... Las, ce n'est pourtant pas l'intensité de la communion qui garantira le long terme. Alors quoi ?

04/04/2009

Le G20 et la théorie des Ensembles

 

Ce G20 londonnien aura été un théâtre magistralement dirigé par des experts en communication. L'un des enjeux étant de restaurer la confiance des marchés, tout en rassurant les populations tentées par le rejet du capitalisme. Mais sa dimension première est restée dans l'ombre: ce fut le premier sommet de la mondialisation des grands ensembles, de la négociation directe entre ces grands ensembles, chacun obtenant ce qui lui convenait. Washington voulait davantage de relance, Paris et Berlin davantage de contrôle. On est parvenu à un compromis qui satisfait tout le monde, y compris la Chine qui se pose en rassembleuse des pays émergents, sans blesser personne, pas même la Russie, qui peut laisser venir mais n'en pense pas moins, assise sur son gros tas de matières premières.

Il faut se souvenir que ce genre de grand raoût est préparé à l'avance par les sherpas. Les hauts focntionnaires et experts de tous pays, qui discutent le bout de gras, pour préparer les accords que les chefs d'Etat n'auront plus qu'à signer devant les caméras. Le cirque de Nicolas Sarkozy juste avant l'ouverture, était au mieux un coup de bluff pour appuyer les sherpas européens, au pire un message à usage purement interne de politique intérieure française pour détourner l'attention de Billancourt.

Il est toujours intéressant après ces évènements mondiaux d'aller lire ce que racontent les médias du monde, mais aussi les blogs, dont l'acrymonie et le sans-gêne sont souvent révélateurs. Par exemple de ce qui préoccupe vraiment les gens. Ainsi, sur le site de Libé, l'article sur l'injustice de la liste des paradis fiscaux recueille 37 commentaires et celui sur la main baladeuse de Michelle Obama sur l'épaule de la Reine, 140...

On peut d'ailleurs être atterré par le niveau général des articles de soi-disant experts sur les paradis fiscaux, pas un n'expliquant l'infinie diversité de leurs offres, à l'égard des particuliers comme des entreprises. Plus vite, toujours plus vite, et plus simple, toujours plus simple. Nous sommes entrés dans l'ère de l'économie Powerpoint et de la communication politique Mtv.

Si la liste des destinations de rêve de la planète financère n'est qu'une vaste rigolade, c'est qu'elle répond aux désirs de l'axe Paris-Berlin, sans déplaire à.Washington ni a Pékin, qui peuvent conserver les leurs, qu'ils peuvent surveiller étroitement et dont ils possédent toutes les clefs. Des paradis fiscaux étasunsiens et chinois qui sont d'abord à usage interne et surtout destinés aux sociétés, ou aux fortunes suffisament importantes pour être gérées en sociétés, et investies dans l'économie plutôt que dans un bas de laine. Or l'incitation fiscale est considérée comme une vertu en économie capitaliste, plus exactement comme un puissant stimulant à l'investissement. Et les médias étasuniens se plaignent de ce qu'Obama n'a pas obtenu assez en la matière.

Pourtant, il a passablement déçu ceux qui comme moi espéraient un changement de cap. La puissance des Etats-Unis demeure son objectif principal – normal, il est élu et payé pour - et pas une seconde il ne remet en cause le jeu de l'avion. Tout au plus acccepte-t-il de lâcher du lest en acceptant un encadrement des marchés. Mais sur le fond, sa ligne directrice reste bien très très libérale et la défiscalisation des revenus des entreprises en fait partie.

Washington fait la pluie et le beau temps dans le Delaware ou la Floride, comme Pékin à Macau et Hong-Kong. Les sociétés étasuniennes qui ont un siège dans le Delaware l'ont placé là-bas au sus de tous, notamment du fisc fédéral. C'est de l'optimisation fiscale légale. Idem à Macao. Si une société chinoise s'y domicilie, qui pourrait croire que Pékin l'ignore ? Il n'y a pas de dissimulation, même si l'impôt au final, y est très fortement réduit, voire inexistant. C'est jugé utile à l'économie, de même que la France, ou Genève exonèrent d'impôts les sociétés qui viennent s'implanter.

Cependant, il est clair que les membres des classes moyennes étasunienne ou chinoise, qui comme partout sont les vaches à traire du fisc, ne vont pas créer une société pour se domicilier dans le Delaware ou à Macao.

Le problèmes des paradis fiscaux européens, c'est l'absence de réel contrôle de Bruxelles, aussi bien sur la Belgique ou l'Autriche que sur le Luxembourg et la Lithuanie. A fortiori sur la Suisse. Et le fait que le dentiste allemand ponctionné à plus de 50% a vite fait d'ouvrir un compte bancaire à Saint-Gall pour y placer les honoraires qu'il oublie de déclarer. L'accord du G20 a donc pour fonction première de pousser les paradis européens à rentrer dans le rang, en acceptant un contrôle accru de Bruxelles et notamment la fin des écrans opaques au fisc.

Dans ce contexte, la Suisse semble avoir intérêt à s'aligner et même à intégrer franchement l'UE. Elle y perdrait certes une part de sa souveraineté, mais dans le monde qui se dessine, il n'est pas certain qu'il fasse bon être un petit laissé tout seul dehors. Le message du G20, c'est charbonnier maître chez soi, et la Suisse fait incontestablement partie géographiquement de la maison Europe. Bien davantage encore que le Tibet de la Chine. Bruxelles ne va pas occuper Zurich comme Pékin occupe Lhassa, mais on peut s'attendre à ce que Washington et Pékin laissent dorénavant davantage Bruxelles et Zurich s'arranger entre elles, sans trop s'immiscer, y compris économiquement.

Par ailleurs les entreprises suisses, et pas que les banques, trouveraient dans la grande Europe le cadre institutionnel à leur mesure qui leur manque parfois. C'est un choix à faire, mais c'est sans doute celui de la raison.

La mondialisation est en marche, la gouvernance mondiale aussi. L'une des voies possibles est effectivement le renforcement des grands ensembles régionaux, à l'échelle d'un continent. Il est évidemment plus facile de s'entendre à 5 ou 6 qu'à 200... C'est apparement celle que les grands de ce monde nous ont sorti de leur chapeau. Avec apparament la volonté de prendre en charge les problèmes de tout le monde, y compris des pays les plus pauvres, ce qui parait bien le minimum si l'on veut rendre l'ensemble pérenne.

La grosse question, qui demeure, c'est celle de l'arbitrage entre les classes moyennes et les grosses fortunes. Va-t'on vers un monde d'aristocrates de la finance, ou de démocraties égalitaires ?

02/04/2009

Le système US: une prison géante ?

J'ai été frappé par un chiffre, lu hier: près de 2,4 millions de personnes sont actuellement en prison aux Etats-Unis, sur 300 millions d'habitants.  Pas "ont été en prison", non "sont actuellement en prison". Soit une personne sur 130 environ. Au moins un ou une de vos copains Facebook... Sur le nombre, les noirs sont très largement surreprésentés, puisqu'ils remplissent la moitié des prisons alors qu'ils ne forment que 20% de la population. Mais même si l'on ne considère que les blancs, ils sont plusieurs fois plus nombreux à croupir en prison aux Etats-Unis qu'en Europe... ou au Canada.  Ce n'est donc pas fondamentalement un problème racial, mais bien un problème social. Un problème de conception de la société auquel se surajoute un problème racial.

Une rapide vérification (quelles belles inventions qu'Internet et Wikipedia) le confirme. Il y a, rapporté à leurs populations respectives, dix fois moins de prisonniers en Suisse ou en France. Soit une personne sur mille, ou encore 6400 détenus en Suisse pour 7 millions d'habitants et 62 000 en France pour 60 millions. Pour être précis.

Dans un de ses films, Michael Moore découvrait qu'au Canada, le nombre de crimes par habitant était bien inférieur qu'aux Etats-Unis, équivalent en fait aux proportions européennes. Ce n'est donc pas une question de mode de vie, celui des canadiens et des étasuniens étant extrêmement proche. Michaël Moore incriminait les armes à feu, qui n'ont effectivement rien à faire en libre circulation. Mais elles le sont aussi quasiment en Suisse et le taux de criminalité helvétique reste extrêmement faible en moyenne internationale.

Au-delà de différences culturelles non négligeables (d'autant que nous sommes largement influencés) la différence réside évidemment dans le système social. Sa quasi absence, aux Etats-Unis, contrairement au Canada, joue évidemment un rôle capital dans l'explosion de la violence et le délitement de la société. Raison de plus pour chercher à l'améliorer encore en en réduisant les coûts, là où c'est possible, et en optimisant son intervention. Pour le rendre pérenne. Car avec la crise qui commence, les besoins ne vont certainement pas se réduire.

01/04/2009

OMC : les vrais enjeux d'un malentendu

 

Dans la bataille encore virtuelle autour du siège de l'OMC, le Courrier s'est fendu de deux articles qui ont le mérite de poser le problème là où il se trouve, à savoir dans la nature même de l'OMC. Il apparaît aujourd'hui évident à tous que ce n'est pas le projet architectural qui est en cause, celui-ci est exemplaire et son emprise minimale. C'est tellement vrai que même Salika Wenger a du reconnaître que le projet tel qu'il est ne posait guère de réel problème. Et d'inventer, pour justifier tout de même le référendum, un projet d'extension ultérieure qui n'est qu'un vulgaire mensonge.

La vérité, c'est qu'au cours des quatre années passées qui ont vu les responsable des bâtiments de l'OMC et de la FIPOI examiner toutes les solutions possibles et imaginables, il avait été envisagé d'agrandir dans un premier temps à l'intérieur, dans le patio, puis dans un deuxième temps, au nord, en étendant l'actuelle salle de conférence en direction de la crèche. De même qu'il avait été envisagé de déménager dans des immeubles à construire à Bellevue ou dans le complexe des Nations. Toutes ces solutions ont toutefois été définitivement écartées au profit de la variante actuelle, la moins coûteuse, la plus pratique et la plus rapide à réaliser.

Le vrai problème, pour la gauche, repose sur un préjugé initial à l'encontre de l'OMC. Pourtant, celle-ci est née du GATT, à l'initiative d'un diplomate Suisse brillant, résident genevois, Arthur Dunkel, qui fut un grand serviteur de l'humanité. Avant d'être responsable du commerce international de la Confédération, il l'avait été de la Coopération. Dès le départ, l'OMC s'est bâtie sur cette conviction que les échanges commerciaux favorisaient le développement. Ce que l'extrême gauche altermondialiste s'entête à contester sans proposer aucune solution alternative. Hormis de l'assistance pure et simple, qui n'est qu'une forme de mendicité (ou de charité selon le côté où l'on se place), donc de dépendance, qui prouve depuis les indépendances, qu'elle ne marche pas.

A quoi est du ce malentendu ? Hormis un à-priori idéologique antédiluvien à l'égard du commerce, difficile à dire. Sauf que même les alters doivent commercer pour vivre. Le "Monde diplo", par exemple, qui leur sert de bible, n'est pas vendu gratuitement et ses journalistes lui vendent leur force de travail... Au nom de quoi les pays pauvres du sud seraient-ils les seuls à ne pas avoir le droit de vendre leurs produits ?

Au moins, les écologistes, eux, sont logiques avec eux-mêmes. Ce qui les dérange, dans l'OMC, c'est qu'en favorisant les échanges, notamment alimentaires, on développe forcément les transports, donc la pollution. Il a toutefois été prouvé que le bilan carbone d'un kilog de haricots verts kenyans rendu en Europe était inférieur à celui d'un kilog de haricots verts produit localement. Ce qui est du à la mécanisation à outrance de l'agriculture européenne autant qu'au fait que le plus écolo des cultivateurs suisses consommera bien davantage de C02 dans sa vie quotidienne et celle de sa famille que son homologue kenyan.

Par ailleurs, comme me le faisait remarquer une haut-fonctionnaire européenne assez remontée contre ses agriculteurs: « personne n'empêche personne de manucurer sa forêt et ses prés si ça lui chante, mais il n'est pas admissible de le faire payer par les pauvres du sud en leur fermant nos marchés ». Car c'est bien là tout le problème et le paradoxe écologique qui peut déboucher sur des délires tels que ceux dénoncés par Jean-Claude Ruffin dans son dernier livre.

Les pauvres du sud, notamment en Afrique, n'ont rien à vendre en dehors de leurs produits agricoles. L'industrialisation n'est encore souvent chez eux qu'un voeu pieu et d'ailleurs, elle ne satisfairait pas non plus les écologistes. Pourtant, ils ont le droit comme tout le monde d'accéder aux joies de la modernité, qui sera d'ailleurs la meilleure incitation au contrôle des naissances. Ce qui est évidemment une nécessité.

Après des années de propagande et de manif, la gauche est prise à son propre piège. Les socialistes, du moins les plus lucides d'entre eux, surtout lorsqu'ils n'encourrent plus de risque électoral, comme Laurent Moutinot, l'ont fort bien compris. Le commerce mondial est une réalité, le meilleur atout du développement, et l'OMC est là pour le réguler, notamment en limitant les mouvements des plus puissants, comme l'UE ou les Etats-Unis. Prétendre qu'elle ne serait pas démocratique est mensonger.

Il y a certes des membres incontournables et tout l'art des négociateurs consiste à trouver des terrains d'entente qui puissent satisfaire tout le monde, sans froisser personne. Chaque pays, même le plus petit a le droit de veto, donc il est inadmissible de prétendre, comme le fait l'extrême gauche que les décisions sont prises dans l'ombre et imposées ensuite. C'est faux. Il ya certes des lobbys, de pays riches comme de pays pauvres, de pays subventionneurs comme de pays producteurs, mais l'OMC, ne connaissant pas la règle de la majorité, ne peut rien imposer à qui que ce soit. Ce qui cause, au demeurant, nombre d'échecs.

Tôt ou tard, si elle veut gagner en efficacité, l'OMC devra inventer un système de prise de décision majoritaire qui soit à la fois démocratique et respecte les équilibres. Il sera sans doute plus facile de le faire à l'OMC, en partant d'une page vierge, qu'à l'ONU, où personne ne sait comment faire sauter le verrou des cinq membres du Conseil de Sécurité sans faire exploser « le Machin ». On peut penser à un système bi-caméral où l'on pourrait tenir compte des volumes de population et du poids économique, par exemple, pour éviter que Kiribati et ses 15 000 habitants ait autant de poids que la Chine, cent mille fois plus peuplée... Ou qu'une majorité automatique des pays les plus pauvres conduisent les plus riches à quitter le navire...

Dans tous les cas, il faudra y venir, c'est à Genève que cela se passe et rien ne dit que les modèles retenus, s'ils fonctionnent, ne pourraient pas être ensuite proposés à l'ONU... Qui en aurait bien besoin elle aussi, car si l'on veut pouvoir prendre les décisions qui s'imposent dans le monde, il va bien falloir trouver le moyen démocratique de les imposer...